Vénétie
| Vénétie | |
|---|---|
| Administration | |
| Pays | |
| Chef-lieu | Venise |
| Président | Luca Zaia (LN) (2010-2015) |
| Provinces | 7 |
| Communes | 581 |
| Statistiques | |
| Superficie | 18 399 km2 |
| Population | 4 928 671 hab. (31/08/2010) |
| Densité | 268 hab./km2 |
| Autres données | |
| NUTS 1 | ITD (Italie du nord-est) |
| ISO 3166-2 | IT-34 |
| Site officiel | www.regione.veneto.it |
| Localisation | |
La région de la Vénétie (en vénitien Rejon del Vèneto, en italien Regione del Veneto) est une région du nord-est de l’Italie. Elle a environ 5 millions d'habitants, étant la cinquième région plus habitée du pays, sur un territoire de 18 391 km². La capitale de la région est Venise (en vénitien Venessia, en italien Venezia).
Sommaire |
Géographie
Avec 18 391 km2 la Vénétie est la huitième région italienne. Elle est délimitée à l'est par la région du Frioul-Vénétie Julienne, au nord-ouest par le Trentin-Haut-Adige, à l'ouest par la Lombardie, au sud par l'Émilie-Romagne et à l'est par la mer Adriatique. Dans son extrémité septentrionale, la Vénétie est limitrophe de l'Autriche.
Le point le plus septentrional est la Cima Vanscúro, près des confins autrichiens, tandis que la Punta di Goro, dans le delta du Pô, est le point le plus méridional de la région.
Du point de vue morphologique, la Vénétie peut être divisée en plusieurs zones :
- la zone des Alpes et des Dolomites ;
- la zone préalpine ;
- les collines (Colli Euganei, Berici, Asolani) ;
- la Plaine du Pô et de ses affluents (Adige, Brenta, Piave, Sile, Livenza), qui couvrent 56,4 % du territoire régional ;
- la côte orientale du lac de Garde, le principal lac italien ;
- la côte adriatique, basse et lagunaire.
Provinces
La Vénétie est divisée en sept provinces, dont la province de Belluno est la plus grande en extension et la province de Padoue, la plus habitée.
| Province | Habitants du chef-lieu | Superficie (km²) | Habitants de la province | Densité | Communes |
|---|---|---|---|---|---|
| Province de Belluno | 36 584 | 3 678 | 213 956 | 58,1 | 69 |
| Province de Padoue | 213 151 | 2 141 | 925 640 | 431 | 104 |
| Province de Rovigo | 52 263 | 1 789 | 247 440 | 138,2 | 50 |
| Province de Trévise | 82 213 | 2 477 | 882 473 | 355,6 | 95 |
| Province de Venise | 270 867 | 2 463 | 857 221 | 347,2 | 44 |
| Province de Vérone | 265 073 | 3 121 | 912 239 | 291,7 | 98 |
| Province de Vicence | 115 292 | 2 722 | 864 871 | 317 | 121 |
Communes les plus peuplées
| Pos. | Commune | Habitants (hab.) |
Superficie (km²) |
Densité (hab./km²) |
Altitude (m) |
Province |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1° | Venise | 271 047 | 414,57 | 653,8 | 1 | VE |
| 2° | Vérone | 265 088 | 206,63 | 1 282,9 | 59 | VR |
| 3° | Padoue | 223 903 | 92,85 | 2 293 | 12 | PD |
| 4° | Vicence | 115 379 | 80,54 | 1 432,6 | 39 | VI |
| 5° | Trévise | 82 205 | 55,50 | 1 481,2 | 15 | TV |
| 6° | Rovigo | 52 290 | 108,55 | 481,7 | 6 | RO |
| 7° | Chioggia | 50 831 | 185,20 | 274,5 | 2 | VE |
| 8° | Bassano del Grappa | 42 982 | 46,79 | 918,6 | 129 | VI |
| 9° | San Donà di Piave | 41 015 | 78,73 | 521,8 | 3 | VE |
| 10° | Schio | 39 471 | 67,04 | 588,8 | 200 | VI |
Histoire
Pendant l'Antiquité, la Venétie fut une des onze régions de l'Italie Romaine (Regio X Venetia et Histria) d'après le découpage administratif de la péninsule prévu par Auguste en l'an 7. Après la fin de l'Empire d'Occident, la Vénétie passa sous l'autorité de l'Empire d'Orient, avant d'acquérir une indépendance de facto. Par la suite, le territoire régional appartint pendant des siècles à la République de Venise.
En 1797, après environ un millénaire d'indépendance, la république fut conquise par Napoléon Bonaparte au terme de la campagne d'Italie et cédée à l’Autriche avec le traité de Campo-Formio. Après la défaite autrichienne d’Austerlitz et le traité de Presbourg, la Vénétie devint partie du Royaume napoléonien d’Italie (1805). Elle fut rendue à l’Empire d'Autriche en 1815. En conséquence de la troisième guerre d'indépendance italienne, grâce à la victoire des alliés prussiens contre l’Autriche (Bataille de Sadowa, 1866), la Vénétie (avec le Frioul) fut cédée par l'Autriche à l'empereur Napoléon III qui la rétrocéda à son tour à l'Italie.
La Vénétie fut le théâtre de plusieurs batailles pendant la Première Guerre mondiale. La bataille de Vittorio Veneto scella la victoire italienne contre l’Autriche-Hongrie. L’armistice fut signé à Villa Giusti, près de Padoue. Elle fut amputée de sa partie orientale en 1945 avec la création d'une nouvelle région, le Frioul-Vénétie Julienne, afin de donner un "arrière pays" à la Ville de Trieste suite à l'annexion de l'Istrie par la Yougoslavie de Tito.
Population
Jusqu’au début des années 1970, la Vénétie, région pauvre et agraire, fut une terre d’émigration massive. Entre 1870 et 1970, plus de 3 millions de Vénètes abandonnèrent leur patrie pour chercher une meilleure qualité de vie, émigrant surtout vers l’Amérique du Sud et après la Seconde Guerre mondiale aussi vers les pays les plus développés de l’Europe. Beaucoup d’entre eux émigrèrent vers d'autres régions d’Italie (Marais Pontins, les centres industriels du nord-ouest, Milan, Turin et Gênes).
À partir des années 1970, grâce à l’industrialisation massive, la Vénétie se transforma en terre d’immigration, au début de l’Italie du Sud, depuis un quinzaine d’années surtout de l’étranger. Aujourd’hui, plus de 350 000 citoyens étrangers habitent dans la région, c’est-à-dire 7,3 % de la population régionale.
Outre l’italien, la majorité de la population parle vénitien. Il y a des minorités linguistiques germanophones (Sappada) et ladines dans la province de Belluno, frioulanes dans la zone de Portogruaro. La région ne jouit pas d’un statut spécial d’autonomie, contrairement à ses voisins du Trentin-Haut-Adige et du Frioul-Vénétie Julienne. C’est pourquoi beaucoup de communes limitrophes de ces territoires ont organisé des référendums visant le rattachement aux régions autonomes avec statut spécial, lesquelles disposent d'un régime fiscal privilégié.
Politique
Région traditionnellement conservatrice et très religieuse, la Vénétie fut pendant quarante ans un bastion des démocrates chrétiens italiens. Depuis la disparition de la Démocratie chrétienne, la région est gouvernée par des coalitions de centre-droit. L'actuel président de la région est Luca Zaia, au pouvoir depuis 2010.
En conséquence du fier passé de Venise les tendances autonomistes sont très prononcées. La Ligue du Nord - Ligue Vénète (Lega Nord-Liga Veneta), est très populaire. Les maires de Vérone et Trévise sont membres du parti. Aux dernières élections parlementaires italiennes la Ligue du Nord a obtenu plus de 26 % des suffrages. Il y a aussi la Ligue vénète République (anciennement Liga Fronte Veneto, Ligue Front Vénétie) et Projet Nordest (Progetto Nordest). Ce sont de petits partis politiques italiens, implantés en Vénétie pour laquelle ils réclament l'autonomie voire l'indépendance. La Vénétie fut aussi pendant très longtemps un fief de l'extrême droite italienne, notamment dans la ville de Vérone.
À l'issue des élections régionales de 2010, le conseil régional de Vénétie compte 23 élus de la Ligue du Nord, 21 élus du Parti démocrate, 18 élus du Peuple de la liberté, 4 élus de l'Italie des valeurs, 3 élus de l'Union de Centre, 1 élu du Parti des retraités, 1 élu de l'Union du nord-est et 1 élu de Parti de la refondation communiste.
Présidents de la région de la Vénétie
| Président | Parti | Temps au pouvoir |
|---|---|---|
| Angelo Tomelleri | DC | 1970–1972 |
| Piero Feltrin | DC | 1972–1973 |
| Angelo Tomelleri | DC | 1973–1980 |
| Carlo Bernini | DC | 1980–1989 |
| Gianfranco Cremonese | DC | 1989-1992 |
| Franco Frigo | DC | 1992–1993 |
| Giuseppe Pupillo | PDS | 1993–1994 |
| Aldo Bottin | PPI | 1994–1995 |
| Giancarlo Galan | FI, PDL | 1995–2010 |
| Luca Zaia | LN | 2010– |
Économie
La Vénétie est aujourd’hui une des régions les plus riches d’Italie, ayant su se transformer de région agraire en région industrielle.
Pourtant l’agriculture joue un rôle important dans l’économie régionale. La Vénétie est une importante région viticole : Soave (vin), Valpolicella, Amarone della Valpolicella et Prosecco sont les vins les plus connus. Le radicchio est un autre produit typique de l’agriculture vénète.
L’industrie est caractérisée par des petites et moyennes entreprises. Dans la province de Venise il y a des raffineries de pétrole, des chantiers navales et fabriques chimiques. Noale, dans la même province, est le siège du constructeur des motocyclettes Aprilia. À Porto Tolle (province de Rovigo) il y a la plus grande centrale thermoélectrique de l’Italie. L’industrie de la mode est très forte dans la région: Benetton, Geox, Lotto et Diesel ont leur quartier général ici. Luxottica, le plus grand producteur mondial de lunettes, a son siège à Agordo, dans la province de Belluno.
Le tourisme est une ressource fondamentale pour l’économie de la Vénétie, qui est la première région touristique italienne, avec 60 millions d’arrivées en 2007. Venise et les autres chef-lieu de province, ainsi que les localités plus petites, Cortina d’Ampezzo sur les Dolomites, la station thermale d’Abano Terme, Peschiera et Malcesine au bord du lac de Garde, les plages adriatiques et les villas de Palladio attirent des millions de visiteurs..
En comparaison avec le produit intérieur brut par habitant de l’Union européenne, la Vénétie dépasse la moyenne de 21,5 % (Vénétie : 121,5, UE : 23 500), avec 28,700 €[1]. En termes de produit régional brut, la Vénétie est la troisième région italienne, après la Lombardie et le Latium, avec 135 milliards d’euros. Le taux de chômage est de 4,2 %.
Monuments
- Vérone: la ville de Roméo et Juliette
- autres villes
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Padoue: la ville de Saint Antoine de Padoue, avec un jardin botanique patrimoine mondial de l’UNESCO
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Vicence, connue par les constructions de Palladio
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Belluno, chef-lieu sur les montagnes