Translohr
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Translohr du tramway de Clermont-Ferrand.
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| Identification | |||
| Désignation : | Translohr | ||
| Composition : | 3 à 6 caisses | ||
| Commande : | 149 rames | ||
| Construction : | 2006- | ||
| Constructeur(s) : | Lohr Industrie | ||
| Nombre : | 79 rames | ||
| Utilisation : | Ligne A Clermont-Ferrand T5 Île-de-France T6 Île-de-France Padoue Mestre Shanghai Tianjin | ||
| Caractéristiques techniques | |||
| Écartement : | Système propriétaire | mm | |
| Captage : | 1 pantographe | ||
| Tension ligne de contact : | 750 | V | |
| Longueur hors tampons : | 25, 32, 39, 46 ou 51 | m | |
| Capacité : | 127, 170, 213 ou 255 | pl. | |
Translohr est le nom d'un système de tramway sur pneumatiques développé par la société Lohr Industrie.
Sommaire |
Le système
Le Translohr roule sur des pneus, mais il est guidé par un rail central serré entre deux galets. Les essieux, au nombre de 4 à 6 sont situés entre les modules (système de bogie-pneu). Chaque essieu compte 2 galets de guidage.
Le Translohr est à propulsion électrique, alimenté par ligne aérienne mais il peut également recevoir un système de batteries pour circuler dans des zones où les câbles d'alimentation sont indésirables; sa vitesse est alors limitée à 30 km/h.
Le véhicule est un ensemble articulé de 3 à 6 caisses (aussi appelées modules), avec une cabine de conduite à chaque extrémité. Les configurations suivantes sont possibles (capacité pour 4 pers/m²):
- STE3 (3 caisses, 25 m de long, 127 personnes)
- STE4 (4 caisses, 32 m de long, 170 personnes)
- STE5 (5 caisses, 39 m de long, 213 personnes)
- STE6 (6 caisses, 46 m de long, 255 personnes)
La voie utilisée par le Translohr peut aussi bien être en site propre qu'en site partagé.
Avantages
Le Translohr génère nettement moins de bruit que le tramway classique ou le bus[réf. nécessaire] et l'infrastructure à installer est plus légère que celle d'un tramway classique, puisqu'il n'y a qu'un rail à installer[réf. nécessaire].
L'utilisation de pneus procure une adhérence supérieure au rail : le Translohr peut ainsi franchir des pentes de 13 %[réf. souhaitée] (contre 8,5 % pour le tramway de Ténérife mais 13,5 % pour celui de Lisbonne). Son freinage et ses accélérations sont aussi plus efficaces et reprennent les avancées du métro sur pneu. Toutefois, afin de respecter les normes pour le confort des voyageurs, ces performances plus grandes ne sont pas exploitées en service commercial car les accélérations et freinage de service sont plafonnés. Le freinage d'urgence est plus performant que les tramways sur fer.[réf. nécessaire]
Le rayon de braquage du Translohr (10,50 m au rail de guidage) est plus réduit qu'un tramway sur rail à voie normale (25 m[réf. souhaitée]) et sa taille réduite de 2,20 m lui permet d'emprunter des rues plus étroites ce qui était réservé aux tramway à voies métrique (St-Etienne, Bâle, Genève, Lisbonne, etc.) à la capacité moindre.
Enfin, le Translohr a un poids plus réduit que son équivalent sur rail (7 tonnes par essieu)[réf. nécessaire], source de moins de vibrations[réf. nécessaire] qui, théoriquement, réduit le phénomène d'orniérage dû au passage répété des pneus sur la plate-forme de roulement, par rapport au TVR.
Inconvénients
À l'inverse d'un tramway conventionnel, le système de guidage du Translohr est un système propriétaire. C'est-à-dire qu'une fois l'infrastructure installée, seul du matériel Lohr peut utiliser le rail, ce qui impose cet unique prestataire lors du renouvellement du parc de véhicules. Le principe de système de guidage déposé bloque toute mise en concurrence entre constructeurs. A contrario, les villes de Nantes ou Strasbourg, équipées d'un système tram classique, ont pu remplacer le constructeur initial lors de l'extension du réseau : Strasbourg, la ville de l'Eurotram (Bombardier), a choisi le Citadis et Nantes, la ville qui a vu rouler le premier tram d'Alstom, a choisi le constructeur Adtranz (depuis racheté par Bombardier).
Le système de roulement pneu/enrobé est à première vue plus économique à la construction[réf. nécessaire], mais laisserait apparaître des problèmes liés à l'usure des pneus qu'il faut changer 2 fois par an[réf. nécessaire], ainsi qu’un orniérage [réf. souhaitée] de la plate-forme de roulement (des problèmes similaires qui ont été rencontrés aussi avec le système TVR à Nancy et à Caen)[réf. souhaitée]. De plus, l’adhérence supérieure du roulement pneu par rapport au roulement fer se traduit irrémédiablement par une consommation énergétique plus importante[réf. souhaitée].
Le système de guidage oblige un réglage ferme de la suspension du tramway et peut affecter le confort de roulement. En effet aux aspérités de la plate-forme (joint entre deux dalles) un choc et un bruit peuvent être ressentis par les voyageurs, ce qui pour certains, donne une impression de "tape-cul" et une sensation de roulement proche de celui des trains sur des voies à rails éclissés (phénomène observable lors du parcours du tram dans la rue Montlosier à Clermont-Ferrand où la plate-forme est apparemment irrégulière).[réf. nécessaire]
Le coût du matériel roulant Translohr est significativement plus cher. Le Translohr s'avère même être le tramway le plus coûteux du monde[réf. nécessaire] pour le nombre de personnes transportées. Cette situation s’explique par sa largeur plus faible (2,20 mètres) que celle d’un tramway sur fer (2,40 à 2,65 mètres), et par la complexité de sa technologie et le faible nombre de séries construites et proposées par un seul fabricant qui se trouve ainsi en position de monopole[1].
À titre d'exemple, deux marchés ont été passés en 2010, l’un par la RATP, pour la commande de 28 Translohr de type STE6 d’un coût de 171,6 M€ (dont 22,8 M€ pour le système de guidage) pour 250 places dont 60 assises par engin[2], l’autre par le Syndicat des transports de l'agglomération de Tours (Sitcat), pour la commande de 21 tramways classiques sur fer Citadis fabriqués par Alstom, d’un coût de 73,2 M€ pour 291 places dont 85 assises par engin[3].
Ramené au nombre de places, le coût du Translohr en 2010 (hors système de guidage) est de 21 257 € la place (5,31 M€ par rame) et celui d’un Citadis est de 11 978 € la place (3,49 M€ par rame). Le Translohr est donc 77 % plus cher qu’un tramway classique à roulement fer pour le nombre de places proposées.
Comme un tramway classique, il ne peut quitter son rail de guidage. Par conséquent, en cas d’incident sur la ligne, il ne peut contourner l’obstacle. Les réseaux souterrains doivent être déplacés de la même manière que lorsqu’on construit une ligne de tramway fer pour permettre leur maintenance ultérieure sans devoir interrompre la circulation.
Enfin, d’un point de vue esthétique, le Translohr ne permet pas les mêmes aménagements qu’un tramway sur rail, un espace de roulement pour les pneus étant nécessaire. Par exemple, les voies engazonnées sont plus difficiles et plus coûteuses à installer.
Incidents notables
La première année d'utilisation en conditions réelles du Translohr a mis en évidence une sensibilité importante du système de guidage à l'environnement extérieur.
En effet, le 2 octobre 2006, une rame de Clermont-Ferrand déguide sur le viaduc Saint-Jacques lors de la marche à blanc. La présence d'un objet étranger dans la gorge du rail est en cause. L'accident ne fait aucun blessé mais la mise en service sera retardée d'un mois. Depuis cet incident, la plate-forme est systématiquement nettoyée par un véhicule spécialisé avant chaque début de service et les rames de Clermont-Ferrand sont équipés d'un dispositif de dégagement d'objets; appelé DDO. De plus, à la même période, une rame de Padoue déraille pour une raison similaire lors d'une phase de test.
Toujours à Padoue, le 5 mai 2007 se produit un nouveau déraillement faisant un blessé léger et des dégâts sur le véhicule. La cause de l’accident n’est pas connue.
À Tianjin, une rame déraille quelques mois après l'inauguration, le 20 août 2007[4].
Le 26 décembre 2009, un Translohr s'embrase accidentellement à Clermont-Ferrand[5].
Le 10 janvier 2011, à Clermont-Ferrand, une rame sort de son rail de guidage et percute un mur[6]. Le déraillement a lieu sur le viaduc des Carmes, en pleine ligne, en dehors de tout aiguille ou courbe serrée. Le rail de guidage aurait cédé.
Le 9 novembre 2011, à Clermont-Ferrand, une rame sort de son rail de guidage et percute un poteau à la suite d'une erreur humaine (le conducteur de la rame n'a pas respecté la signalisation ferroviaire)[7]. Bien que ce type d'incident (non respect de la signalisation ferroviaire) ne soit pas propre au Translohr, les conséquences semblent l'être : le franchissement d'une aiguille en talon, alors que la position du rail est incompatible avec le trajet de l'engin, fait dérailler ce dernier.
Systèmes concurrents
De par l'usage de pneumatiques et l'appellation « tram », le concept du Translohr s'approche du TVR du constructeur Bombardier. En réalité, de nombreuses différences les opposent :
Les TVR de Nancy (à perches) ou Caen (à pantographe) sont des véhicules routiers, immatriculés comme des bus, et dont le guidage est optionnel (ils sont bimode, munis de moteurs diesel et d'un système de direction). Il en résulte qu'il leur est impossible, contrairement au Translohr, de circuler en unité multiple (plusieurs rames accouplées) comme des tramways, d'être rallongés, leur longueur étant tributaire de la législation routière et d'être réversibles : ils doivent disposer de boucles de retournement à chaque terminus.
Toutefois la possibilité de circuler sans alimentation électrique ou, du moins, sans guidage (les TVR de Nancy sont alimentés par des perches de trolleybus, la ligne n'étant guidée qu'en centre-ville) est un élément essentiel du choix de ce système : moindre investissement d'infrastructures, et réutilisation des anciennes lignes aériennes de trolleybus.
À l'inverse, le Translohr est un véhicule ferroviaire : il est réversible (peut circuler dans les deux sens), car il possède une cabine de conduite à chaque extrémité ; il n'est pas immatriculé ; son guidage est permanent (il ne peut sortir de son rail de guidage), et n'est pas bi-mode (si ce n'est les batteries) ; il peut circuler en unité multiple (deux rames accouplées), ou être rallongé ; sa traction étant assurée par des roues munies de pneumatiques, il est similaire au métro sur pneus, même si ce dernier est guidé par une voie ferrée normale, et le Translohr par un rail central.
La confusion possible avec les véhicules routiers vient de ce que le Translohr n'étant pas enterré, il roule sur la chaussée de la voirie urbaine, et non sur des pistes de roulement spécifiques.
Inconvénient majeur de tous ces systèmes intermédiaires, ils sont tous incompatibles entre eux. Le système NeoTram peut être une réponse à l'utilisation d'une même plate-forme, soit par des véhicules dits ferroviaires, soit par des véhicules routiers.
Bus ou tramway
Bien que le Translohr puisse être considéré comme un bus guidé, car roulant sur pneus, il s'apparente en fait beaucoup plus au tramway, avec lequel il partage des procédures d'homologation. Il n'est pas soumis au code de la route et n'a pas de plaques d'immatriculations, contrairement au TVR.
Il ne peut circuler qu'en mode guidé, contrairement au TVR qui est débrayable et peut circuler sur un parcours sans rail de guidage (il doit alors respecter les contraintes propres à un véhicule routier).
Comme un tramway classique, le Translohr est bidirectionnel et ne dispose pas de volant asservi à la direction, ce qui est impossible pour véhicule routier.
Comme pour un tram, l'alimentation est électrique est assurée par un pantographe et le retour du courant par un rail central.
Le Translohr est développé autour d'un chaudron pour les caisses et d'anneaux d'articulation recevant les essieux, à l'image de ce qui se fait dans le monde ferroviaire, et non sur un châssis. Cette architecture lui permet d'avoir un plancher bas et plat sur toute sa longueur utile.
À ce titre, il est intéressant de relever d'importantes différences technologiques entre le Translohr, dont la conception s'approche effectivement plus d'un tramway sur pneus, et le TVR dont le développement l'apparente plus à un trolleybus guidé, fût-il muni deux perches (à Nancy) ou d'un pantographe (à Caen).
Commercialisation
Achats confirmés
| Pays | Ville | Type | Nombre | Année de livraison |
Alimentation électrique | Observations - Particularités |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Shanghai | STE3 | 9[8] | 2009 | 750V | ||
| Tianjin | STE3 | 8 | 2006 | 750V | ||
| Medellín | STE5 | 12[9] | 2014 | 750V | ||
| Clermont-Ferrand | STE4 | 26 | 2006 | 750V | ||
| T5 Île-de-France | STE3 | 15[10] | 2012 | 750V | ||
| T6 Île-de-France | STE6 | 28 | 2014 | 750V | ||
| Latina | STE3 | 15[11] | 2014 | 750V | ||
| Mestre | STE4 | 20 | 2010 | 750V | ||
| Padoue | STE3 | 16 | 2007 | 750V + Batteries |
Projets non confirmés
Dans le cadre du 2e appel à projet de TCSP lancé par le gouvernement français à la suite du Grenelle II, la Communauté Urbaine de Strasbourg a déposé, fin 2010, un dossier auprès du Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement afin d'obtenir des subventions pour la création d'un tramway sur pneus sur l'axe Wolfisheim – Vendenheim via Strasbourg[12]. Cette hypothèse est très critiquée par des associations locales, les riverains ainsi que l'opposition municipale[12].
Avenir
Le 12 décembre 2011, Lohr Industrie annonce la mise en vente, ou au moins l'ouverture partielle du capital, de sa division tramway[13]. Alors que cette activité se trouve en réalité en bonne santé, le groupe est contraint de prendre cette décision pour éviter la faillite, l'activité historique de l'entreprise, la fabrication de camions et remorques porte-voitures, étant en chute libre[14].
Le 10 avril 2012, Alstom et le Fonds stratégique d'investissement (FSI) annoncent étudier l'achat conjoint de 85 % de Translohr. La transaction porterait sur un montant de l'ordre de 60 millions d'euros et Lohr conserverait 15 % du capital[15].
Notes et références
- La Cour des comptes régionale pointe la gestion du SMTC et de T2C sur www.cyberbougnat.net, 16 mai 2010
- [PDF]Tramway T6 sur www.ratp.fr
- Alstom retenu pour le tram de Tours sur www.ville-rail-transports.com, 10 septembre 2010
- L'information en chinois sur le site qq.com
- La Montagne, 26 décembre 2009 [lire en ligne]
- La Montagne, 10 janvier 2011 [lire en ligne]
- La Montagne, 9 novembre 2011 [lire en ligne]
- (en) Arrivée des premiers Translohr à Shanghai
- Colombie : Translohr retenu pour fournir 12 tramways sur pneus à Medellín sur Ville, Rail & Transports, 17 février 2012. Consulté le 17 février 2012.
- Page Marchés publics sur le site du groupe Lohr
- « Italie : un nouveau contrat pour le Translohr », dans Ville & Transport-Magazine, 28 janvier 2008 (ISSN 1774-3869)
- TCSP : un tram sur pneus à Strasbourg ? sur wk-transport-logistique.fr, 1er mars 2011. Consulté le 14 décembre 2011.
- Le groupe Lohr va ouvrir le capital de sa division tramway sur mobilicites.com, 12 décembre 2011. Consulté le 13 décembre 2011.
- La course pour sauver un fleuron industriel français sur Le Figaro, 12 décembre 2011. Consulté le 13 décembre 2011.
- Alstom étudie le rachat de Translohr sur mobilicites.com, 10 avril 2012. Consulté le 11 avril 2012.