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Théodore Chassériau

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Théodore Chassériau

Description de cette image, également commentée ci-après

Autoportrait intitulé Portrait de l'artiste en redingote, 1835, musée du Louvre

Naissance 20 septembre 1819
Santa Bárbara de Samaná, Saint-Domingue
Décès 8 octobre 1856 (à 37 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Peintre
Maîtres Jean-Auguste-Dominique Ingres
Mouvement artistique Romantisme
Influença Pierre Puvis de Chavannes et Gustave Moreau

Théodore Chassériau (20 septembre 1819 - 8 octobre 1856) est un peintre français né à Santa Bárbara de Samaná, aujourd'hui en République dominicaine, et mort à Paris.

Biographie[ ]

Il vit ses premières années sur l'ile de Saint Domingue à El Limón de Samaná, élevé par sa mère Marie-Madeleine Couret de la Blaquière, elle-même issue d'une famille de colons. L'enfance du peintre fut marquée par l'absence de son père Benoît Chassériau, un temps ministre de l'Intérieur de Simón Bolívar, probablement agent secret et consul de France à Porto Rico. Son père très peu présent laisse la charge de la famille à son fils aîné Frédéric-Victor-Charles Chassériau, lequel fait revenir ses frères et sœurs à Paris en 1822.

De 1830 à 1834, Chassériau a pour professeur Jean-Auguste-Dominique Ingres qui décèle très tôt le talent du jeune Théodore, à qui il prédit qu'il sera "le Napoléon de la peinture".

Nommé directeur à la Villa Médicis, Ingres lui propose de le suivre à Rome, offre que Chassériau décline faute d'argent.

Très tôt, vers le milieu des années 1830, Théophile Gautier s'intéresse à l'art de Chassériau. Il lui prête alors des « vies imaginaires » ou parle de « grâce étrange » pour tenter de rendre compte de l'univers particulier du peintre. En effet, Chassériau ne cesse de se jouer d'atmosphères troubles, étranges, équivoques et mystérieuses. En 1839 alors âgé de 20 ans, Chassériau commence à exposer au salon avec Suzanne au bain. Il se lie d'amitié avec Théophile Gautier qu’il rencontra la première fois quand il avait 14 ans. Gauthier sera un ardent défenseur de son œuvre et publie plusieurs critiques de ses toiles dans le quotidien La Presse. En 1840, il part à Rome avec le peintre Henri Lehmann et peint le portrait du Père Henri Lacordaire renoue un temps avec son maître, Ingres, qui lui reprochera son manque de savoir livresque et avec lequel il rompra définitivement.

Admirateur de Eugène Delacroix, Théodore Chassériau se sent attiré par l’Orient. Sur l’invitation du calife de Constantine Ali Ben Ahmed, il se rend en Algérie en 1846. Les scènes de combats de cavaliers arabes, les scènes de vie des femmes à Alger montrent combien Chassériau maîtrise le mouvement et est un grand coloriste.

Ami d'Alexis de Tocqueville, le frère ainé de l’artiste qui était conseiller d’État a pu appuyer Théodore Chassériau pour l'obtention de la commande des fresques de l’escalier d’honneur de la Cour des comptes situé dans l’ancien Palais d’Orsay et incendié pendant la Commune (remplacé par la Gare d'Orsay, aujourd’hui Musée d’Orsay).

Les fresques peintes par Chassériau de 1845 à 1848 constituent certainement l’œuvre majeure de Théodore Chassériau dont seuls quelques restes ont pu être sauvés grâce à l’initiative du baron Arthur Chassériau et d’Ary Renan. Ces fragments des fresques de la cour des comptes sont aujourd’hui conservés au Musée du Louvre.

Chassériau combine les leçons de ses deux maîtres. La pureté classique des lignes ingresques se teinte de la fougue romantique de Delacroix, son second maître[1].

Chassériau aime les femmes et leur compagnie. Il a créé un type de femme reconnaissable parmi toutes. Les femmes de Chassériau dans sa peinture sont étranges, d’une extrême sensualité et dotée d’un torse long et mince. Il faut voir Esther se parant pour être présentée au roi Assuérus, dit La toilette d'Esther, accrochée au Musée du Louvre[1].

Avec la comédienne Alice Ozy, il aura une relation passionnée[2] qui dura 2 ans et lui vaudra les foudres et le mépris de Victor Hugo.

Chassériau meurt à l’âge de 37 ans en 1856 à son domicile du 2, rue Fléchier à Paris. Il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur (3 mai 1849[3]).

Gustave Moreau réalisera en hommage à son ami et sans doute maître[4], le tableau le Jeune Homme et la Mort conservé au Fogg Art Museum de l'université d'Harvard et le dessin au Musée d'Orsay.

Le frère ainé du peintre Frédéric-Victor-Charles Chassériau fit don des esquisses faites de la chapelle des fonts à Saint Roch et de l’hémicycle de l'Église Saint-Philippe-du-Roule au Musée de la ville de Paris (Petit Palais)[5].,

L’œuvre de Chassériau a fait l’objet d’une des plus grandes donations faites aux musées nationaux. En 1936, le cousin issu de germain du peintre, baron Arthur Chassériau (fils de l'architecte en chef d'Alger, Charles Frédéric Chassériau) donna aux Musées nationaux l'ensemble des œuvres de Chassériau qu'il mit une vie à réunir, soit 74 peintures et quelques 2 200 dessins.

Les œuvres de Chassériau sont aujourd’hui visibles notamment au Musée du Louvre où une salle lui est consacrée, au Musée d'Orsay, au Metropolitan Museum de New York, au Fogg Art Museum de l'université d'Harvard ou encore à la National Gallery of Art de Washington, D.C.

Les musées américains Detroit Institute of Arts, Museum of the Art Rhode Island School of Design, J. Paul Getty Museum et Art Institute of Chicago disposent également d'œuvres de Chassériau.

La dernière grande rétrospective Chassériau s'est tenue en 2002 au Grand Palais à Paris et s'est déplacée par la suite au Metropolitan Museum de New York et au Musée des Beaux-Arts de Strasbourg.

Vénus marine dite Vénus Anadyomène, 1838, Musée du Louvre - Paris
Andromède attachée au rocher par les Néréides, 1840, Musée du Louvre - Paris
Esther se parant pour être présentée au roi Assuérus, dit La toilette d'Esther, 1841, huile sur toile, 45x35 cm, Musée du Louvre - Paris
Othello et Desdémone à Venise, 1850, huile sur bois, 25x20 cm, Musée du Louvre - Paris

Principales œuvres[ ]

De 1835 à 1849[ ]

Théodore Chasseriau, Le Christ au Jardin des Oliviers, 1844 - Souillac (Lot, France), Abbatiale Sainte-Marie.
L'Enfant & la poupée, portrait de Laure Stéphanie Pierrugues, 1836, huile sur toile, 80 x 60 cm, Coll. privée

De 1850 à 1856[ ]

Sans date de référence[ ]

Retrospectives consacrées à Théodore Chassériau[ ]

Expositions[ ]

  • Exposition 'Les Orientales (Delacroix, Colin, Deveria, Boulanger, Chassériau) - Maison de Victor Hugo, Paris, 2010
  • Exposition 'Le Louvre, prêt de la Vénus Anadyomène de Chassériau - Musée National de Corée, Séoul, 2007
  • Le Second Empire - Musée Jacquemart-André, Paris, 1957
  • Exposition des orientalistes - Galerie Charpentier, Paris, 1933
  • Exposition coloniale de Paris - organisée à la Porte Dorée à Paris, 1931
  • Centenaire de la conquête de l'Algérie. 1830-1930 - Petit Palais, Paris, mai-juin 1930
  • The French painters of northern Africa - The John Wanamaker galleries, New York, 1927
  • Exposition d'art français - Maison municipale de Prague, Prague, 1923
  • Exposition Föreningen Fransk Konst (Exposition d'art français), Stockholm, 1922
  • Exposition du théâtre romantique, Musée Victor Hugo, Paris, 1921

Bibliographie[ ]

  • Aglaus Bouvenne Théodore Chassériau : Souvenirs et Indiscrétions (1884), réédition par Les Amis de Théodore Chassériau, 2012 (en langue française), 2013 (en langue espagnole)
  • Xavier de Harlay, « L'Idéal moderne selon Charles Baudelaire & Théodore Chassériau », revue Art et Poésie de Touraine no 180, 2005 et éditions Litt&graphie, 2011
  • André-Pierre Nouvion, Trois familles en Périgord-Limousin dans la tourmente de la Révolution et de L'Empire : Nouvion, Besse-Soutet-Dupuy et Chassériau, Paris, 2007
  • Marie-Cécile Forest, Bruno Chenique, Stéphane Guégan, Emmanuelle Brugerolles et Henry-Claude Cousseau (Préface), Quand Moreau signait Chassériau, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts, 2005
  • Stéphane Guégan et Louis-Antoine Prat, Chassériau (1819-1856) : un autre romantisme, Louvre : conférences et colloques, 2002
  • Christine Peltre, Théodore Chassériau, Gallimard, 2002
  • Bruno Chenique, Stéphane Guégan, Vincent Pomarède et Louis-Antoine Prat, Théodore Chassériau 1819-1956, The Unknown Romantic, Exhibition Catalogue, Paris, Grand Palais ; Strasbourg, Musée des Beaux Arts ; New York, Metropolitan Museum of Art, 2002-2003
  • Christine Peltre, Théodore Chassériau, exposition, Grand Palais, Gallimard, 2002
  • Louis-Antoine Prat, Cahiers du Dessin Français no 5. Théodore Chassériau (1819-1856), Galerie de Bayser, 1989
  • Louis-Antoine Prat, Dessins de Théodore Chassériau: 1819-1856, 2 vol., Musée du Louvre, Cabinet des dessins, Paris : Ministère de la Culture et de la Communication, Éditions de la Réunion des Musées Nationaux, 1988
  • Marc Sandoz, Théodore Chassériau, 1819 1856, catalogue raisonné des peintures et estampes. Paris : Arts et Métiers Graphiques, 1974
  • Werner Teupser, Theodore Chasseriau, Zeitschrift für Kunst
  • Léonce Bénédite, Théodore Chassériau: sa vie et son œuvre, Paris, 1931
  • Goodrich, Théodore Chassériau, 1928
  • Henri Focillon, « La peinture au XIXe siècle : Le retour à l'antique » in Le Romanticisme, Paris, 1927
  • Jean Laran, Théodore Chassériau, Paris, 1913, 1921
  • Léandre Vaillat, « L'Œuvre de Théodore Chassériau » in Les Arts, août 1913
  • Léandre Vaillat, « Chassériau » in L'Art et les Artistes, 1907
  • Valbert Chevillard, « Théodore Chassériau » in Revue de l'art ancien et moderne, no 3, 10 mars 1898,
  • Alice et Aline, une peinture de Théodore Chassériau, par Robert de Montesquiou Ed. Charpentier et Fasquelle, Paris, 1898
  • La Chronique des arts et de la curiosité, no 9, 27 février 1897
  • Ary Renan, Les Peintres orientalistes, Galerie Durand-Ruel, 1897
  • Valbert Chevillard, Un peintre romantique : Théodore Chassériau, Paris, 1893
  • Aglaus Bouvenne Théodore Chassériau : Souvenirs et Indiscrétions, A. Detaille, Paris, 1884
  • Théophile Gautier, « L'Atelier de feu Théodore Chassériau » in L'Artiste, no 14, 15 mars 1857
  • Théophile Gautier, critiques de toiles de Théodore Chassériau dans La Presse, 25 mai 1832, 27 mars 1844, 24 juin 1853

Notes et références[ ]

  1. a et b Théodore Chassériau 1819-1956, The Unknown Romantic, Exhibition Catalogue by Bruno Chenique, Stéphane Guégan, Vincent Pomarède et Louis-Antoine Prat, Paris, Grand Palais ; Strasbourg, Musée des Beaux Arts ; New York, Metropolitan Museum of Art, 2002-2003
  2. Alice Ozy ou l’Aspasie moderne par Jean-Louis Vaudoyer - Trémois, Paris, 1930 - « Un jour Alice Ozy remarqua dans l’atelier un tableau représentant "la fille du Gréco". Enthousiasmée, elle demande à l’artiste à ce qu’il lui offre. Il refusa, disant qu’il le destinait à sa famille. Elle insista alors tant et tant que, de guerre lasse, il céda. Quelques jours plus tard, il déjeunait chez Alice lorsqu’elle annonça que l’encadreur venait de rapporter la toile. Ils se levèrent de table, mais à la vue de son œuvre, il fut pris d’un tel remords de sa faiblesse, il entra dans une telle colère contre lui-même que se saisissant d’un couteau, il lacéra le tableau et s’enfuit pour ne plus remettre les pieds chez sa maîtresse »
  3. « Notice no LH/500/62 », base Léonore, ministère français de la Culture
  4. From the Classicists to the Impressionists: Art and Architecture in the 19th Century par Elizabeth Basye Gilmore Holt, Edition Yale University Press, 1986
  5. Les donateurs du Musée historique de la ville de Paris par Charles Poisson - 1868

Voir aussi[ ]

Articles connexes[ ]

Liens externes[ ]

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