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Siège de Montauban

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Siège de Montauban
Siege of Montauban 1621 Merian 1646.jpg - Wikipedia Orange
Plan de Montauban durant le siège.
Informations générales
Date 1621
Lieu Montauban
Casus belli Rébellion huguenote
Issue Victoire des Montalbanais
Belligérants
Pavillon royal de la France.png - Wikipedia Orange Royaume de France Croix huguenote.gif - Wikipedia Orange Huguenots
Commandants
Pavillon royal de la France.png - Wikipedia Orange Royaume de France Louis XIII D'Orval
Forces en présence
25.000 hommes, 38 canons[1] 6.000 hommes, 40 canons, 32 couleuvrines
Pertes
16.000 hommes

Le siège de Montauban opposa, d'août à novembre 1621, les armées royales commandées par le roi de France Louis XIII aux protestants montalbanais.

Sommaire

Montauban, un bastion protestant

La réforme de l'Église prônée par Jean Calvin trouve dans le Midi de la France un fort écho. Ainsi, au milieu du XVIe siècle, plusieurs citadelles du Sud-Ouest adoptent le culte réformé. En 1561, l'élite protestante de la ville prend le pouvoir à Montauban et règne à partir de cette date sans partage sur la ville. Dès lors, les églises catholiques montalbanaises sont saccagées et la plupart détruites. Seule l'église Saint-Jacques, reconvertie en lieu de culte protestant, subsiste à cette révolution religieuse. La violence des guerres de religion renforce la conscience protestante de la ville qui devient un bastion de la foi calviniste dans le Quercy. Les villes et les villages environnants se convertissent eux aussi au protestantisme et restent ainsi sous l'influence de Montauban. La ville subit en 1562 un siège de la part des catholiques mais s'affirme au fil des décennies comme une ville imprenable. En 1598, l'édit de Nantes reconnaît Montauban comme une ville protestante libre où les calvinistes peuvent continuer à pratiquer leur culte. Mais la mort d'Henri IV et l'avènement de Louis XIII entrainent un changement de politique, et le jeune roi a l'intention de ramener sous son orbite les cités protestantes rebelles.

Le siège de la ville

 - Wikipedia Orange
Les fortifications de Montauban au moment du siège

Le 17 août 1621, Louis XIII et le connétable (le duc de Luynes) installent leur quartier général dans le château de Piquecos, à une dizaine de kilomètres au nord de Montauban, d'où ils dirigent le siège à la tête d'un troupe de 25 000 hommes et de 38 canons, faisant face à 6000 montalbanais armés de 40 canons et 32 couleuvrines. De leur château, le roi, alors âgé de 20 ans, dispose d'une vue imprenable sur la ville de Montauban. En arrivant en ces lieux, le roi n'a oublié ni ses plus fidèles conseillers militaires (Lesdiguières, Bassompierre, Mayenne), ni ses chiens de chasse. La prise des villages alentour ayant été accomplie, le siège de la citadelle peut commencer. Ce que le duc de Luynes ne sait pas encore, c'est que les Protestants sont bien préparés : la récolte de l'été a été bonne, et le bétail a été rapatrié à l'intérieur de la cité. Le matin du 17 aout, les guetteurs montalbanais voient arriver les premiers soldats provenant du village de Loubejac. De Luynes entend mener un siège très classique : des canonnades régulières s'effectueront en même temps que des sapeurs creusent des tranchées vers les murailles de la ville. Les protestants montalbanais, qui sont commandés par d'Orval, Saint-André-Montbrun et le duc de La Force, mettent en place une défense acharnée de la ville, motivée par la foi religieuse. Tous les jours, les treize pasteurs de la ville haranguent leur troupe, tout devient alors signe de protection divine : un arc en ciel après une tentative d'assaut infructueuse des Français, deux boulets tirés de extrémités opposées de la ville se cognent en l'air. Le Bret, historien montalbanais, pointe aussi le rôle des femmes qui ont eu un rôle actif lors du siège, telle une jeune fille qui coupe les doigts d'un assaillant alors qu'il monte à l'assaut des murailles avec une échelle ; ou encore Guillaumette de Gasc, qui après avoir tué deux officiers ennemis avec une pique, meurt d'une décharge de mousquet.

Les assauts face aux solides murailles montalbanaises et à une population survoltée, s'avèrent aussi inutiles que gourmands en vies humaines : Le 27 aout, un assaut donné au bastion du Moustier laisse 600 soldats royaux à terre, et le 4 septembre, un assaut sur la rive gauche du Tarn (faubourg Villebourbon) laisse 300 morts, dont le marquis de Thémines. Le 16 septembre, Mayenne est blessé à mort d'un éclat de plomb dans l’œil. Les sorties des soldats montalbanais, fréquentes et meurtrières, seront telles des épines dans le pieds des soldats royaux. La peste, fréquente à l'époque parmi la soldatesque, fait aussi des ravages dans les rangs royaux, et sera pour beaucoup dans la décision de lever le camp. D'après la légende, Louis XIII, espérant encore une reddition rapide, ordonne une nuit d'octobre de faire tirer simultanément quatre cents coups de canon sur la ville. Mais cela ne vient pas à bout de la défense montalbanaise. Les arrières de l’armée royale sont de plus harcelées par Rohan basés dans la région de Renyès. Après des tentatives de négociation avortées entre le duc de Luynes et Rohan, Louis XIII se voit contraint de lever le siège le 13 novembre 1621 et de gagner Toulouse, après avoir mis le feu aux installations de siège et aux villages alentours, dont le château de Montbeton.

Mais le roi ne s'avoue pas vaincu. L'année suivante, il revient dans la région en changeant de stratégie, préférant s'attaquer aux cités environnantes. Il prend Nègrepelisse, puis Saint-Antonin, en juin 1622. Montauban se retrouve alors isolée dans sa propre campagne, et les consuls de la ville sont de plus en plus enclins à négocier avec le roi. La prise de La Rochelle en 1628 confirme le choix des consuls, et le 20 août 1629, la ville signe sa reddition au cardinal de Richelieu, sans pour autant avoir perdu de siège.

Dès lors, les autorités catholiques mettront un point d'honneur à recatholiciser Montauban, notamment par la construction de la cathédrale Notre-Dame, puis plus tard par une répression du culte protestant.

 - Wikipedia Orange
Sur l'église Saint-Jacques, dernière rescapée des églises médiévales de Montauban, les traces d'impact de canon sont encore visibles à la base du clocher.

Héritages du siège

  • Les impacts des boulets de canon sont toujours visibles sur la façade et le clocher de l'église Saint-Jacques.
  • L'expression « faire les 400 coups », est issue de cet épisode du siège de Montauban.
  • La fête foraine des « 400 coups » (chaque année en septembre) fait référence à ce passage de l'histoire de Montauban.
  • « Les boulets de Montauban », chocolats vendus par les confiseurs montalbanais rappellent le siège de 1621.
  • « La légende des 400 coups », spectacle reprenant l'histoire du siège (chaque année en août).

Personnalités en rapport

  • Le théologien protestant Daniel Chamier est mort pendant le siège, coupé en deux par un boulet de canon.

Sources bibliographiques

  • Le Tarn et Garonne de la Préhistoire à nos jours, ouvrage sous la direction de Jean Claude Fau, Editions Bordessoules, 2003 : p192, 193 et 194.
  • Les Mystères du Tarn et Garonne, Patrick Caujolle, Éditions De Borée, 2009.
  • Histoire de Montauban, ouvrage sous la direction de Daniel Ligou, Éditions Privat, 1984.

Film

  • Un film d'animation 3D est en cours de production. Le film est intitulé : "1621 - LA LEGENDE DES 400 COUPS" et est inspiré des événements du siège de la ville de Montauban.

Notes

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