Sahurs
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| Sahurs | |
|---|---|
| Administration | |
| Pays | France |
| Région | Haute-Normandie |
| Département | Seine-Maritime |
| Arrondissement | Rouen |
| Canton | Grand-Couronne |
| Code commune | 76550 |
| Code postal | 76113 |
| Maire Mandat en cours |
Guy Da Lage |
| Intercommunalité | Communauté d’agglomération Rouen Elbeuf Austreberthe |
| Démographie | |
| Population | 1 300 hab. (2009) |
| Densité | 116 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | |
| Altitudes | mini. 2 m — maxi. 101 m |
| Superficie | 11,23 km2 |
Sahurs est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime et la région Haute-Normandie.
Sommaire |
Géographie
La commune se trouve sur la rive droite de la Seine, à l'extrémité d'un méandre, et en bordure de la forêt de Roumare.
Voies de communication et transports
Les ponts les plus proches permettant de traverser la Seine sont le pont de Brotonne à Caudebec-en-Caux et le pont Gustave-Flaubert à Rouen. Un bac permet de traverser la Seine et de rejoindre la Bouille.
Toponymie
Sahurs est mentionné sous la forme Salhus vers 1024[1].
Le nom actuel Sahurs s'explique très bien par les formes anciennes du type Salhus. En effet, il y a une métathèse de [l] et mutation de [l] à [r]. Ces deux phénomènes s'observent régulièrement en phonétique historique.
Ce toponyme est composé de deux appellatifs à la fois vieil anglais et norrois : vieil anglais salh (cf. anglais sallow et suédois sälg, genres de « saule ») associé à l'élément hus (vieil anglais hūs, mod. house, norrois hús « maison »), à savoir : « la maison du saule »[1],[2].
C'est un équivalent des noms de lieux anglais Salhouse (Salhus 1291)[1] et peut-être norvégien Salhus, bien que le terme « saule » soit attesté sous la forme selja en vieux norrois, norvégien selje « salix caprea » (cf. Silleron, Seltot).
Le même appellatif hus se trouve également dans Etainhus.
Les étymologies que l'on rencontre parfois sur certains sites internets ou certaines monographies sur l'histoire des communes comme, par exemple, une explication par le latin salix « saule » ou le latin « saltus » « bois » ne sont pas à prendre en compte. En effet, d'une part elles ne correspondent pas aux formes anciennes, d'autre part, elles sont impossibles phonétiquement : le latin salix a donné le vieux français (et dialectal) saus, sauce « saule » (cf. le Saussay, la Saussaye) et le latin saltus, le vieux français sault « bois ».
D'autres noms de lieux norrois se retrouvent sur la commune :
- Marbeuf, homonymie avec Marbeuf (Eure, Marbuet XIe siècle ; Marbodium 1181), composé de l'anglo-norrois mara, qui a donné mare en normand et passé dans le vocabulaire français au XVIe siècle. Le second élément est le terme norrois both, maison, village, que l'on retrouve dans Elbeuf, Criquebeuf, etc.
- Trémauville, formation toponymique médiévale en -ville « domaine rural », composé avec le nom d'homme norrois Thormod que l'on retrouve dans tous les Trémauville et Tourmauville de Normandie et, dans la Normandie ducale, le nom de personne Trumod.
Histoire et monuments
Antiquité
Moyen Âge et Renaissance
- Le château de Sahurs, démoli en 1781, appartenait aux Brévedent, qui avaient dans le chœur de la chapelle Saint-Sauveur, leur caveau sépulcral.
- L'église Saint-Sauveur est l'ancienne chapelle du château[4]. Elle fut construite au XIe siècle à l'origine. Il reste de ce temps un chevet circulaire et une partie de la nef. Le chœur date du XIIe siècle. Ils sont reconnaissables à leurs fenêtres romanes. Dans les murs, on remarque des arcades qui communiquaient avec des collatéraux disparus. Le XVe siècle a commencé la nef et n'en a bâti que la partie inférieure. La cloche « Marie-Louise » sonne toujours et date de 1738. À l'intérieur, un retable en bois polychrome du XVe siècle représente une mise au tombeau dont les personnages ont les yeux bridés et la barbe en pointe. Saint-Sauveur conserve également une copie d'un tableau de Guido Reni, représentant l'Annonciation et offert par Napoléon III en 1860[5].
- Le manoir de Marbeuf et la chapelle de Notre-Dame-de-la-Paix sont situés au hameau de Marbeuf (ou du Marais)[6]. De style gothique, le manoir date de 1515 et sa façade est en colombage et en pierre de Caumont, les autres parties anciennes ont été détruites et remplacées par une aile du XVIIIe siècle. La chapelle est une construction de pierre, attribuée à Louis de Brézé, sénéchal de Normandie et époux de Diane de Poitiers, qui l'aurait élevée vers 1525. Terminée par un chevet à trois pans, elle n'est composée que de deux travées très élégamment voûtées. Les fenêtres ont encore leurs meneaux, mais elles ont perdu leurs verrières. On y trouve : une jolie piscine, des lambris du XVIe siècle, des dalles formant pavage et recouvrant un caveau sépulcral[7]. En 1635, cette chapelle, alors dédiée à Notre-Dame-de-la-Paix selon la volonté de Pierre de Marbeuf, prit le nom du Vœu à cause d’un vœu qu’y fit Anne d'Autriche[8] : la reine avait promis de donner à cette chapelle une statue d’argent s’il lui naissait un fils. L’image devait être du poids du dauphin. Elle eut Louis XIV 2 ans plus tard, ce qui fait dire à l'époque : « c'est Sahurs qui donne un roi à la France ». En 1638, elle fit porter à la chapelle une image en argent et pesant vingt-quatre marcs (près de 6 kg), sur laquelle on pouvait lire l'inscription commémorative en latin : Beate Marie Salhutiensi de Pace dictae. Cette image y est restée jusqu’à la Révolution. Depuis cette époque, la chapelle est devenue un lieu de pèlerinage très fréquenté et de dévotion révéré du voisinage.
Renaissance et période moderne
- L' ancien château de Soquence date de la fin du XVIe siècle[9]. Il a été édifié par Charles Gruchet, conseiller au parlement de Normandie, Soquence abrite une « maison de campagne » typique de la période de la Renaissance en cette province. Le corps de logis s'organise autour d'une cour centrale et adopte la forme traditionnelle en U : les ailes perpendiculaires sont réservées aux communs, et la partie centrale, découpée en son milieu par une grande arcade, s'ouvre sur une succession de terrasses exposées au sud et dévalant vers la Seine ; on parle à l'époque du « beau et fructueux vignoble de Soquence ». La chapelle a disparu. Cet ancien monument est souvent confondu avec le château de Soquence qui est une bâtisse en brique et pierre de 1840 de style néo-gothique.
Autres lieux et monuments
- Château de Trémauville[10].
- Maison conservant des éléments de l'ancienne église Saint-Maur, dont une niche avec la statue de Saint-Maur rappelle l'emplacement. L'église a été supprimée à la révolution.
Administration
| Période | Identité | Étiquette | Qualité | |
|---|---|---|---|---|
| 1886 | 1902 | Leroux | ||
| mars 2001 | Guy Da Lage | |||
| 2008 | Guy Da Lage | |||
| Toutes les données ne sont pas encore connues. | ||||
Démographie
Personnalités liées à la commune
- Louis de Brézé, époux de Diane de Poitiers, fait construire le manoir de Marbeuf.
- Pierre de Marbeuf, poète du XVIIe siècle, né dans le village, habite le même manoir.
- Anne d'Autriche fait un vœu, dans la chapelle de ce manoir, pour avoir un fils: ce sera Louis XIV.
Voir aussi
Articles connexes
Notes et références
- François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-maritime, éditions Picard 1979.
- René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses Universitaires de Caen, 1996 (ISBN 2-905461-80-2), p. 214.
- Abbé Cochet, Répertoire archéologique de la Seine-Inférieure, Imprimerie nationale, Paris, 1871
- Notice no IA00021535, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
- Le Patrimoine des communes de la Seine-Maritime, tome II, Flohic éditions, 1997, p. 753-754.
- Notice no IA00021537, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
- Abbé Cochet, Op. cité.
- Vœu d'Anne d'Autriche
- Notice no PA00101015, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
- Notice no IA00021534, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
- Résultats du recensement de la population - Sahurs sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
- Recensement de la population au 1er janvier 2006 sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
- Populations légales 2009 en vigueur le 1er janvier 2012 sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.