Rejoignez nous sur
Twitter ou Facebook
P U B L I C I T É
pdf

Reconstruction après la guerre de Sécession

La reconstruction après la guerre de Sécession, appelée aux États-Unis la Reconstruction, est la période suivant la guerre de Sécession, de 1863 à 1877, et qui vit la destruction du système esclavagiste de la Confédération, le retour des États du Sud dans l'Union et l’échec de l’intégration des affranchis afro-américains dans le système juridique, politique, économique et social dans les anciens États du Sud.

La Reconstruction sous les présidences Lincoln et Johnson[ ]

Les modalités de la politique de Reconstruction furent débattues dans le Nord pendant la guerre de Sécession et les premières expérimentations, comme l'expérience de Port Royal, eurent même lieu dès 1861. Les premières politiques furent toutefois mises en œuvre après la proclamation d'Émancipation, le 1er janvier 1863, lorsque les États confédérés passèrent l'un après l'autre sous le contrôle de l'armée de l'Union. Le président Abraham Lincoln installa ainsi plusieurs gouvernements « reconstruits » dans les États du Tennessee, de l'Arkansas et la Louisiane. L'orientation de Lincoln visait à assurer rapidement le rétablissement de l'unité du pays, en favorisant une politique d'amnistie qui devait permettre d'associer à nouveau rapidement les élites du Sud à la gestion du pays.

Après l'assassinat de Lincoln, le président Andrew Johnson nomma de nouveaux gouverneurs à l'été 1865 et déclara rapidement que les objectifs de la guerre — unité nationale et abolition de l'esclavage — avaient été atteints et que la Reconstruction était par conséquent achevée. Les États du Sud avaient profité de la période pour voter des Codes noirs restreignants fortement les droits des Afro-Américains nouvellement affranchis.

La Reconstruction radicale[ ]

Caricature menaçant les carpetbaggers de lynchage par le Ku Klux Klan

Les républicains élus au Congrès s'opposèrent toutefois à Johnson et la victoire des républicains radicaux lors des élections législatives de 1866 leur donna un contrôle suffisant sur le Congrès pour conduire la « Reconstruction radicale ». Le Congrès supprima les gouverneurs civils des États du Sud, à l'exception de celui du Tennessee, et plaça les anciens États confédérés sous l'administration de l'armée. Dans dix États, des coalitions d'hommes venus du Nord (les carpetbaggers), d'hommes du Sud qui soutenaient la Reconstruction (les scalawags) et d'esclaves affranchis coopérèrent sous la bannière du Parti républicain pour former des gouvernements. Ils initièrent des programmes de reconstruction qui s'appuyaient sur des hausses d'impôts pour établir et étendre le réseau ferré et construire des écoles publiques.

Les opposants conservateurs dénoncèrent l'étendue de la corruption qui entourait ces opérations. L'émergence du Ku Klux Klan, qui manifestait une opposition violente à l'égard des esclaves libérés et des supporters de la Reconstruction, conduisit en 1871 à l'intervention du président Ulysses S. Grant, qui interdit et démantela le groupe.

Représentation politique des Afro-Américains[ ]

Races des délégués aux
conventions constitutionnelles d'état de 1867
[1]
État Blanc Noir % de blancs Pourcentage de blancs
dans la population en 1870[2]
Virginie 80 25 76 58
Caroline du Nord 107 13 89 63
Caroline du Sud 48 76 39 41
Georgie 133 33 80 54
Floride 28 18 61 51
Alabama 92 16 85 52
Mississippi 68 17 80 46
Louisiane 25 44 36 50
Texas 81 9 90 69

Deux Afro-américains seront élus au Sénat des États-Unis, représentant le Mississippi : Hiram Rhodes Revels et Blanche Bruce.

Africains Américains dans la législature 1870–1876[3]
État Législateurs d'États Sénateur des États-Unis Membre du Congrès des États-Unis
Alabama 69 0 4
Arkansas 8 0 0
Floride 30 0 1
Géorgie 41 0 1
Louisiane 87 0 1*
Mississippi 112 2 1
Caroline du Nord 30 0 1
Caroline du Sud 190 0 6
Tennessee 1 0 0
Texas 19 0 0
Virginie 46 0 0
Total 633 2 15

La « Rédemption » : la reprise en main du Sud par les démocrates[ ]

Les démocrates conservateurs, qui se désignaient sous le nom de « redeemers » (rédempteurs) regagnèrent État par État le contrôle du Sud, en utilisant parfois la fraude et la violence pour faire pencher les élections locales en leur faveur. Le compromis de 1877, la fin de l'occupation militaire du Sud et la perte des trois derniers États contrôlés par les républicains marquèrent la fin de la Reconstruction.

Elle fut suivie par une période, désignée par les Blancs du Sud sous le nom de « Rédemption », où l'ensemble des droits accordés aux Afro-Américains furent remis en cause par l'adoption des lois Jim Crow qui créèrent un système de ségrégation raciale. Le Civil Rights Cases de 1883 puis l'arrêt Plessy v. Ferguson marqua la reconnaissance par les instances fédérale du nouveau rapport de force qui prévalait dans le Sud.

Sur le plan économique, les différentes propositions de réformes agraires qui devaient distribuer la terre aux affranchis (40 acres et une mule et Bureau of Refugees, Freedmen and Abandoned Lands) furent rapidement abandonnées au profit d'un statu quo qui maintenait la concentration de la terre aux mains de l'aristocratie du Sud. Le modèle du métayage se répandit largement, en imposant aux affranchis un taux d'endettement qui les maintenait dans une situation de servitude vis-à-vis de leurs anciens maîtres.

« Durant toute la Reconstruction, les nôtres (la population noire), partout dans le Sud, s’en remettaient entièrement à l’État fédéral, comme un enfant se repose sur sa mère. Cela n’avait rien d’anormal. L'Union leur avait rendu la liberté, et la nation entière s’était enrichie pendant plus de deux siècles grâce au travail des Noirs. Que ce soit dans ma jeunesse ou plus tard, à l’âge d’homme, il m’est toujours apparu que l’État fédéral avait commis une cruelle erreur, à notre libération, en manquant de prendre des dispositions, en sus de celles que prendrait chaque État, pour assurer une instruction à notre peuple et lui permettre d’être mieux préparé à ses devoirs civiques »

— Booker T. Washington[4].

Notes et références[ ]

  1. Rhodes (1920) v 6 p. 199; pas de rapport sur l’Arkansas
  2. The statistics of the population of the United States, embracing the tables of race, nationality, sex, selected ages, and occupations. To which are added the statistics of school attendance and illiteracy, of schools, libraries, newspapers, periodicals, churches, pauperism and crime, and of areas, families, and dwellings Table 1. United States Census Bureau. Last Retrieved October 20, 2007
  3. Eric Foner, Reconstruction: America's unfinished revolution, 1863–1877 (NY: Harper & Row, 1988), p. 354–5
  4. Booker T. Washington, Up from Slavery, ascension d'un esclave émancipé, trad. J.M. Vazelle, Paris, les éditeurs libres, 2008.

Articles connexes[ ]

mentions légales Wikipédia
politique de confidentialité à propos de Wikipédia avertissements contacts faire un don
P U B L I C I T É