Radiodiffusion-télévision française
Radiodiffusion-télévision française
Logos de la R.T.F. de 1949 à 1959 et de 1959 à 1964
| Création | 9 février 1949 |
|---|---|
| Dates clés | 1954 : création du Programme en modulation de fréquence 4 février 1959 : transformation en EPIC, changement de logo 5 juillet 1962 : disparition de France V 21 décembre 1963 : création de R.T.F. Télévision 2 |
| Disparition | 27 juin 1964 |
| Personnages clés | Wladimir Porché Gabriel Delaunay Christian Chavanon Raoul Ergman Robert Bordaz |
| Forme juridique | Société nationale jusqu'au 4 février 1959 Établissement public à caractère industriel et commercial |
|---|---|
| Siège social | 75008 Paris Maison de la R.T.F. |
| Direction | Robert Bordaz |
| Activité | Audiovisuel |
| Filiales | Stations de radio : France I France II France III France IV France V Chaînes de télévision : R.T.F. Télévision R.T.F. Télévision 2 |
La Radiodiffusion-télévision française (ou R.T.F.) est une société nationale française chargée du service public de l'audiovisuel, créée le 9 février 1949 en remplacement de la Radiodiffusion française (R.D.F.). La R.T.F. est devenue un établissement public à caractère industriel et commercial le 4 février 1959. Elle a été remplacée par l'Office de radiodiffusion télévision française (O.R.T.F.) le 27 juin 1964.
Sommaire |
Histoire
Un « T » pour bien symboliser la télévision
Le 9 février 1949, la R.D.F. devient la R.T.F., la Radiodiffusion-Télévision Française pour bien marquer l'essor du nouveau média. Malgré tout, son mode de fonctionnement ne change pas. La R.T.F. est totalement dénuée d'autonomie propre et est toujours placée sous le contrôle direct de l'État, par l'intermédiaire du ministère de l'Information. Le 29 juin 1949 voit l'apparition du premier journal télévisé conçu par Pierre Sabbagh, mais sans présentateur. Le 30 juillet, une redevance audiovisuelle de 4 000 anciens francs par an est instaurée pour les quelques trois mille possesseurs de téléviseurs (jusqu'alors, seuls les équipements radio étaient assujettis à la redevance). Le 12 février 1950, plusieurs diffuseurs européens, dont la R.T.F., forment l'Union Européenne de Radio-Télévision. La diffusion de la télévision française à la nouvelle norme de 819 lignes débute officiellement le 25 avril, en parallèle de la diffusion au standard 441 lignes qui doit être maintenue jusqu'en 1958.
C'est également sous l'ère de la R.T.F. qu'apparaîssent des nouveaux programmes, notamment les émissions religieuses du dimanche matin (toujours diffusées aujourd'hui sur France 2), la première émission jeunesse (Le Club du jeudi), les premières pièces de théâtre diffusées en direct, les premières années de la diffusion en direct du défilé du 14 juillet (retransmis la première fois le 14 Juillet 1950[1]) et les premières retransmissions internationales qui permettront aux téléspectateurs français d'assister en direct au couronnement de la souveraine britannique Élisabeth II le 2 juin 1953. Cet évènement contribue énormément au succès de la télévision en France par l'achat massif de téléviseurs qui passent de 59 971 à 125 088. En parallèle, l'offre de radiodiffusion s'enrichit avec la création du Programme musical en modulation de fréquence le 29 mars 1954 à l'inititaive du poète Jean Tardieu, directeur su Club d'Essai de la R.T.F.
Le 3 janvier 1956, la diffusion en 441 lignes s'arrête définitivement suite à un incendie de l’émetteur. Entre-temps, entre 1950 et 1969, la télévision régionale fait progressivement son apparition, en commençant par Télé-Lille. Les stations régionales servant également de relais, les programmes, jusqu'alors exclusivement parisiens, peuvent être reçus à chaque zone couverte par une antenne régionale.
De la refonte des radios à la transformation en EPIC
Le 1er janvier 1958, l'offre radiophonique est considérablement modifiée. Le programme musical à modulation de fréquence, France IV, est supprimé, et l'offre radio de la R.T.F. se retrouve composée de trois chaînes, qui changent de nom pour l'occasion :
- Paris-Inter devient France I, montrant que c'est désormais LA station de référence de la R.T.F. qui diffuse 24h sur 24h un programme qui privilégie l’information directe et instantanée et reflète tous les aspects de la vie quotidienne.
- Le Programme Parisien devient France II Régional, chaîne de divertissements et d'émissions des stations régionales
- Le Programme National devient France III, en s'axant sur les programmes culturels et artistiques reflètant toute l'activité intellectuelle française au plus haut niveau.
La suppression du programme musical ayant entraîné de nombreuses protestations, il est réintroduit sous le nom de France IV Haute Fidélité dès le 27 mars 1960[2].
En avril 1958 est créée par Henri Kubnick l'émission devenue culte Le Jeu des 1 000 francs à l'origine 100 000 francs par jour sur France I. À la télévision, la R.T.F. crée en 1959 le tout premier magazine d'information télévisé, Cinq colonnes à la une, qui sera diffusé jusqu'en 1968.
L'ordonnance n°59-273 du 4 février 1959 transforme la R.T.F. en établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC)[3]. La R.T.F. adopte son fameux logo « atome » qui sera conservé même après la transformation en O.R.T.F. en juin 1964.
Des nouvelles radios et une nouvelle télévision
Le premier essai de retransmission de télévision en Mondovision par le satellite Telstar entre les radômes d'Andover aux États-Unis et de Pleumeur-Bodou en Bretagne a lieu le 11 juillet 1962.
En octobre 1963, les chaînes de radio de la R.T.F. connaissent une nouvelle mini-révolution. France I et France II Régional fusionnent pour devenir R.T.F. Inter, cette dernière se divisant en deux programmes distincts en soirée : Inter Jeunesse en ondes longues et Inter Variétés en ondes moyennes. France III devient R.T.F. Promotion et récupère également quelques productions jusqu'alors diffusées sur France II.France IV Haute Fidélité devient R.T.F. Haute Fidélité et se consacre essentiellement à la musique classique[4].
Ces nouveaux noms ne durent que peu de temps, puisqu'en 1963, un référendum est organisé auprès des auditeurs pour renommer les chaînes, dans le cadre de la réforme Roland Dhordain, avec application le 8 décembre 1963.
- R.T.F. Inter devient France-Inter[5]
- R.T.F. Promotion devient France-Culture
- R.T.F. Haute Fidélité devient France-Musique
Le 14 décembre 1963, la R.T.F. emménage dans un nouveau siège situé au 116, avenue du Président-Kennedy, dans le 16e arrondissement de Paris qui regroupe en un seul bâtiment circulaire la direction générale, les directions de la radiodiffusion et de la télévision, les services et les studios de la radiodiffusion. Le 21 décembre de la même année, la deuxième chaîne de télévision, R.T.F. Télévision 2, est créée en utilisant la bande UHF 625 lignes. L'ancienne chaîne unique, R.T.F. Télévision, est dès lors appelée familièrement « la première chaîne » (mais le sigle, lui, ne change pas).
En 1964, il est décidé de réformer la R.T.F. afin de lui donner de nouveaux statuts et une plus grande autonomie. La loi du 27 juin 1964 transforme la Radiodiffusion-Télévision Française en Office de Radiodiffusion-Télévision Française (O.R.T.F.)[6]. Radio et télévision sont désormais placées sous la tutelle et non plus l'autorité du ministre de l'Information.
Identité visuelle
Logos
La R.T.F. a eu droit à deux logos. Le deuxième servira de base pour créer celui de l'ORTF :
Organisation
La Radiodiffusion-télévision française (R.T.F.) est placée sous le contrôle direct de l'État, par le biais du ministre chargé de l'Information, conformément à l'ordonnance de 1945 sur le monopole d'État sur les ondes nationales, et ne dispose d'aucune autonomie. Une ligne directe relie le bureau du ministre de l'Information à celui du directeur de la Télévision avenue de Friedland à Paris. Le 31 décembre 1953, l'Assemblée nationale vote un plan de développement de cinq ans pour la télévision, dans lequel un amendement instaure le monopole de programmation et de production de la R.T.F.
Le décret n° 58-1160 du 3 décembre 1958 abroge les dispositions de la loi du 7 novembre 1942 sur la Radiodiffusion nationale et décide dans son article premier de la gestion de la Radiodiffusion-télévision française, sous l'autorité du ministre chargé de l'Information, par un directeur général nommé par décret en Conseil des ministres sur le rapport du ministre de l'Information. Il a sous son autorité l'ensemble du personnel et des services et a rang de secrétaire général de l'Information. L'article 3 de ce décret porte sur la création d'un Conseil Supérieur de la R.T.F. dont le président est nommé par décret en Conseil des ministres sur le rapport du ministre de l'Information et douze membres nommés par simple décret. Le conseil supérieur est obligatoirement consulté sur les contrats de concession, les participations à des entreprises annexes, les projets du budget, les comptes annuels, les dons et legs, les émissions d'obligations et de bons, les programmes de travaux et sur les modifications aux lois et règlements relatifs à l'organisation et au fonctionnement de la R.T.F[7].
Une réforme plus large est réalisée par l'ordonnance n° 59-273 du 4 février 1959 et par le décret n° 59-277 du 5 février 1959 qui permettent d'ériger la R.T.F. en établissement public de l'État à caractère industriel et commercial doté d'un budget autonome, mais toujours placé sous l'autorité du ministre chargé de l'Information[8].
Le statut des personnels fait l'objet du décret n° 60-125 du 4 février 1960.
Le 21 décembre 1960, la loi de finances réaffirme le monopole « d'émission et d'exploitation » de la R.T.F.
Le 27 juin 1964, la R.T.F. devient l'Office de radiodiffusion télévision française (loi n° 64-621).
« La R.T.F., c'est le gouvernement dans la salle à manger de tous les Français ! » Alain Peyrefitte, ministre de l'Information, 1964.
Direction
La R.T.F. est placée sous l'autorité directe du ministre de l'Information et ne possède aucun organe délibérant.
- Directeurs généraux
- Wladimir Porché : 09/02/1949 - 01/01/1957
- Gabriel Delaunay : 01/01/1957 - 24/07/1958
- Christian Chavanon : 24/07/1958 - 21/03/1960
- Raymond Janot : 21/03/1960 - 24/02/1962
- Robert Bordaz : 24 /02/1962 - 27/06/1964
- Présidence du Conseil Supérieur de la Radiodiffusion-télévision française
- Henry Torrès : 26/03/1959 - 10/1959
- Pierre Descaves : 10/1959
Les directeurs de l'information et des programmes sont nommés directement en Conseil des ministres.
- Directeurs des programmes (Radio)
- Roland Dhordain : 1962 - 30/08/1963
- Pierre de Boisdeffre : 30/08/1963 - 27/06/1964
- Directeurs des programmes (Télévision)
- Jean Luc : 04/1949 - 02/1951
- Jean Arnaud : 02/1951 - 06/1952
- Jean d'Arcy : 06/1952 - 10/1959
- Albert Ollivier : 10/1959 - 18/07/1964 - Albert Ollivier est décédé le 18 juillet 1964
- Directeurs de l'information
- Louis Terrenoire : 17/07/1958 - 11/1958
- Albert Ollivier : 11/1958 - 10/1959
- André-Marie Gerard : 06/1961 - 04/1963
En avril 1963 sont créées deux directions de l'information distinctes (radio et télévision) :
- Raymond Marcillac : 04/1963 (télévision)
- Directeurs du service des sports
- Raymond Marcillac : 12/09/1958
Budget et ressources
Le budget de la R.T.F. est directement versé par le Ministère de l'Information dont elle dépend entièrement. Les dépenses sont contrôlés, à priori, par un contrôleur financier représentant le ministre des Finances. Pas un contrat, une promotion ou l'acquisition d'un nouveau matériel n'est possible sans l'acceptation du ministre des Finances. Le nouveau statut d'établissement public à caractère industriel et commercial accordé en 1959 lui permet tout de même de disposer d'un budget autonome.
Le 30 juillet 1949, une loi est votée par le Parlement taxant les récepteurs de télévision (4 000 anciens francs).
Le 24 mai 1951, la publicité sans marque ou "propagande collective d'intérêt général" est autorisée à la radio publique et est introduite à la télévision en [[1959.
Missions
L'établissement public à caractère industriel et commercial R.T.F. a seule qualité dans les territoires de la République française pour organiser, constituer ou faire constituer, entretenir, modifier et exploiter le réseau des installations de radiodiffusion, radiodiffuser ses programmes ou les mettre à la disposition d'autres organismes de radiodiffusion, percevoir les redevances et les contreparties financières de ses prestations, participer avec les administrations et organismes professionnels intéressés à la fixation des normes des matériels de radiodiffusion et au contrôle de la mise en application de ces normes, assurer directement, sans fil, ou conjointement avec l'administration des postes, télégraphe et téléphone, par fil, - aucune atteinte ne pouvant dans ce dernier cas être portée au monopole de ladite administration, sauf par décret contresigné par le ministre intéressé - la distribution au public de ses programmes ou de tout autre programme quelle qu'en soit l'origine, d'une composition et d'une importance analogues aux siens, conclure avec les administrations publiques intéressées, et notamment avec le Ministère des postes, télégraphe et téléphone en ce qui concerne les télécommunications, toutes conventions destinées à assurer la radiodiffusion d'émissions sur les teritoires où s'éxerce l'activité de la R.T.F.
La R.T.F. peut, en outre, être chargée d'apporter son concours technique aux sevices de la radiodiffusion d'états étangers amis.
Sièges
Le premier siège de la Radiodiffusion-Télévision française était situé au 36 avenue de Friedland, dans le 8e arrondissement de Paris et abritait la direction générale. Les services généraux étaient situés au 107 rue de Grenelle dans les anciens locaux affectés à la télévision par Georges Mandel en 1935. La direction, les studios, régies et locaux techniques de la télévision étaient répartis entre les huit étages du 13-15 rue Cognac-Jay et les vastes studios modernes des Buttes-Chaumont, construits en 1954 à la place des anciens studios Gaumont, qui produisaient la quasi-totalité des programmes diffusés.
Le 14 décembre 1963 à 19h00, le président de la République Charles de Gaulle inaugure la « Maison » de la R.T.F.[9][10], nouveau siège ultra moderne de 25 000 m² construit par l'architecte Henry Bernard au 116 avenue du Président-Kennedy, dans le 16e arrondissement de Paris, et qui regroupe en un seul bâtiment circulaire la direction générale, les directions de la radiodiffusion et de la télévision, les services et les studios de la radiodiffusion[11]. Elle devient la Maison de l'O.R.T.F. six mois après.
Services
La R.T.F. contrôlait quatre chaînes de radio nationales, 10 radios régionales métropolitaines, 8 radios régionales d'outre-mer et deux chaînes de télévision nationales.
Radiodiffusion
La réforme Roland Dhordain du 8 décembre 1963 rebaptise les chaînes de radio de la R.T.F. après le référendum " Baptême R.T.F. 64 " auprès des auditeurs.
| Logo | Chaîne | Directeur | Date de création | Diffusion |
|---|---|---|---|---|
| Jean Vincent-Bréchignac | 1er janvier 1947 | Chaîne généraliste nationale diffusée sur grandes ondes (à partir du 19/10/1952) et ondes moyennes et à Paris en modulation de fréquence dès le 19 mai 1963. | ||
| 14 janvier 1945 | Chaîne généraliste puis thématique nationale diffusée sur ondes moyennes. | |||
| 22 août 1944 | Chaîne généraliste puis thématique nationale diffusée sur ondes moyennes et à Paris en modulation de fréquence dès le 19 mai 1963. | |||
| Jean Tardieu | 29 mars 1954 | Chaîne thématique nationale diffusée en modulation de fréquence et en stéréophonie. | ||
| Paris IV Grenelle | Jean Tardieu | Octobre 1948 | Chaîne locale acceuillant le programme du Club d'Essai de la R.T.F. diffusée quelques heures par semaine et le dimanche après-midi à Paris sur ondes moyennes 214 m. | |
| Radio Sorbonne | 2 décembre 1947 | Chaîne locale éducative diffusant les cours de la Sorbonne à Paris sur ondes moyennes 209,9 m. |
La radiodiffusion régionale
Les chaînes de radio régionales émettent sur le réseau d'émétteurs en ondes moyennes.
- Radio-Alger, qui devient France V le 1er janvier 1958, jusqu'au 5 juillet 1962 où elle redevient Radio-Alger suite à l'indépendance de l'Algérie, passant de la R.T.F. à la Radiodiffusion-télévision algérienne.
- Radio-Strasbourg
- Radio Lyon
- Radio-Nancy
- Radio-Normandie
- Radio Rennes - Radio Bretagne
- Paris Ile de France : programme régional créé en novembre 1963 en décrochage sur l'émetteur en ondes moyennes de France Inter jusqu'en 1973.
Chaînes régionales d'outre-mer :
- Radio-Saint-Denis : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de la Réunion (crée en 1929)
- Radio-Saint-Pierre et Miquelon : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Saint-Pierre et Miquelon (crée en 1930)
- Radio-Guadeloupe : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Guadeloupe (crée en 1937)
- Radio-Nouméa : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Nouvelle-Calédonie (crée le 3 juin 1937)
- Radio-Martinique : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Martinique (crée le 22 octobre 1937)
- Radio-Tahiti : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Polynésie française (crée en 1949)
- Radio-Guyane : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Guyane (crée le 9 juin 1951)
- Radio-Comores : radio généraliste régionale à destination des auditeurs des Comores (crée en 1961)
Télévision
| Logo | Chaîne | Directeur | Date de création | Diffusion |
|---|---|---|---|---|
| R.T.F. Télévision | Jean Luc (1949-1951), Jean Arnaud (1951-1952), Jean d'Arcy (1952-1959) et Albert Ollivier (1959-1964) | 23 mars 1945 | Chaîne généraliste nationale avec décrochages régionaux diffusée sur la bande VHF 441 lignes jusqu'au 3 janvier 1956 et en 819 lignes en noir et blanc depuis le 25 juillet 1948. | |
| R.T.F. Télévision 2 | Philippe Ragueneau | 21 décembre 1963 | Chaîne généraliste nationale diffusée sur la bande UHF 625 lignes en noir et blanc. |
La télévision régionale
Jusque-là expérimentation parisienne, la télévision française, en retard de développement vis-à-vis des États-Unis et de l’Angleterre, voit sa zone d'émission s'étendre dès 1950, avec la décision du gouvernement de créer les premières stations régionales de télévision, afin de permettre aux régions urbanisées et industrielles, à proximité des frontières, de capter les signaux de télévision :
- 10 avril 1950 : mise en service de l'émetteur de télévision régionale à Lille. Télé-Lille, première télévision régionale française, émettant pendant environ deux heures en fin de journée, et dotée de son propre journal télévisé régional Images du Nord. Le journal national est acheminé chaque jour en train et diffusé sur la région le lendemain en différé. Télé-Lille arrose une grande partie de la Belgique de Gand à Tournai et compte alors cinq fois plus de téléspectateurs belges que français. Le minuscule studio, le télécinéma, la régie et les équipements d'émission sont installés au sommet du Beffroi de l'Hôtel de Ville. Au début des années 60, la RTF remplacera l'émetteur du Beffroi par un grand centre situé à Bouvigny, près de Lens (62) qui diffusera également vers le Sud, sur un autre canal, les émissions régionales d'Amiens,Télé-Picardie.
- février 1952 : premier faisceau hertzien de télévision entre Lille et Paris, permettant à l'émetteur lillois de devenir le premier relais de l'émetteur parisien de la Tour Eiffel et de relayer le programme national de la RTF. Il continuera néanmoins à diffuser aussi des émissions régionales, notamment à destination de ses téléspectateurs flamands.
- 15 octobre 1953 : mise en service de l'émetteur régional de télévision de Strasbourg Lauth, à l'angle de la rue Lauth et de la place de Bordeaux (à l'emplacement actuel de France 3 Alsace). Télé-Strasbourg diffuse ses premières émissions. La construction de cet émetteur provisoire a été accélérée pour éviter que les Alsaciens achètent des récepteurs allemands en 625 lignes incapables de capter par la suite la RTF en 819 lignes : à Strasbourg, le Couronnement de la reine Elisabeth II le 2 juin 1953 avait été présenté au public par un commerçant captant le tout nouvel émetteur de Baden-Baden de la Télévision allemande. Par la suite, l'ORTF construira un émetteur plus puissant à Nordheim en 1964.
- À la rentrée de 1954, des décrochages régionaux seront mis en place certains jours de la semaine (variables selon les régions), sur le réseau 819 lignes à Lille, Lyon, Marseille et Strasbourg avant le début du programme national.
- 20 septembre 1954 : inauguration de la station marseillaise de télévision de la RTF, Télé-Marseille.
- 24 décembre 1954 : création au Cap Matifou de la station régionale d'Alger, Télévision d'Algérie, qui à la suite de l'indépendance deviendra la Radiodiffusion-télévision algérienne (RTA), le 28 octobre 1962 et abandonnera le 819 lignes français (norme E) au profit du 625 lignes européen (norme B Gerber ou CCIR).
- août 1961 : naissance de la station régionale de Toulouse émettant de Pechbonnieu, dans la proche banlieue, mais surtout du Pic du Midi, capté dans une vaste zone allant de Castelnaudary à Montauban, Biscarosse et presque jusqu'à Bordeaux.
- Octobre-décembre 1963 : le ministre de l’information, Alain Peyrefitte, décide une régionalisation de la R.T.F. autour de Centres d’Actualités Télévisés (CAT) et la mise en place de journaux télévisés régionaux pour toutes les régions. Le ministre inaugure lui-même toutes ces nouvelles éditions régionales en commençant par Lille, le 15 novembre 1963. À partir de cet instant, l’information occupe une place prépondérante dans les programmes régionaux par rapport à la production artistique.
- 6 décembre 1963 : le Centre d'actualité télévisée de Toulouse-Pyrénées produit son premier journal régional (plateaux et télécinéma) réalisé dans l'immeuble de la Direction Régionale de la R.T.F. 78 allées Jean Jaurès à Toulouse, et qui prendra le titre Midi-Pyrénées Actualités. Il est diffusé par l'émetteur du Pic du Midi de Bigorre et relayé sur la région toulousaine par l'antenne de Pechbonnieu. Dès septembre 1961, tous les samedis à 13 heures 30, un magazine filmé relatait pendant 25 minutes les faits marquants de la semaine passée sous le titre Echos et Reflets ; tandis qu'un mercredi par mois une émission intitulée Rencontres permettait, grâce à un court métrage ( 12 minutes ) , de faire la connaissance d'une personnalité de passage dans le sud-ouest.
- 12 décembre 1963 : le centre de production télévisé de Lorraine-Champagne-Ardenne s'installe dans les locaux de la radio à Nancy, et inaugure Télé Lorraine-Champagne.
- février 1964 : la région de Nice reçoit son premier journal local depuis le centre de la Brague à Antibes, en décrochage de la station marseillaise.
- 26 juin 1964 : la région RTF de Nantes (Loire-Atlantique, Ouest du Maine-et-Loire, Nord de la Vendée) reçoit Télé-Loire-Océan depuis le centre émetteur de Haute-Goulaine.
- 30 novembre 1964 : Télé-Normandie voit le jour depuis le studio de Rouen, la station couvre les cinq départements normands (Seine-Maritime, Eure, Calvados, Manche et Orne). Début 1966, la deuxième station normande installée à Caen diffuse son premier journal destiné aux téléspectateurs du Calvados, de la Manche et de l'Orne.
- 4 décembre 1964 : Télé-Maine-Anjou-Touraine-Perche est, avec le journal de Toulouse diffusé depuis le Pic du Midi, l'une des éditions régionales couvrant les plus vastes zones de province. Diffusé par le pylône de Mayet, haut de 300 mètres, près du Mans, ce journal est reçu dans la Sarthe, le Maine-et-Loire, la Mayenne, l'Indre-et-Loire, l'Indre, le Loir-et-Cher et l'Eure-et-Loir.
- À partir du 1er avril 1964, la deuxième chaîne relaie les programmes régionaux sur la plupart de ses émetteurs UHF, afin que les éditions régionales soient distribuées au mieux du découpage des circonscriptions administratives régionales (les futures régions). Les vastes zones de réception VHF de chaque émetteur de la première chaîne sont souvent reçues par plusieurs régions différentes, le réseau ayant été initialement conçu pour couvrir un maximum de population avec un minimum de fréquences. Les réseaux UHF, complétés par des "émetteurs intercalaires" (Parthenay, Alençon, Amiens St-Just, Chaumont, Mortain, Alès Mt Bouquet, Saint-Flour...) ont des zones de diffusion qui "cadrent" bien mieux avec le découpage des régions créées en 1972.
Ainsi, l'émetteur de Niort diffuse "Poitou-Charentes" sur la première chaîne, mais relaie Nantes sur la deuxième chaîne, à l'intention des téléspectateurs du Sud-Vendée qui sont administrativement rattachés aux Pays de Loire. De même pour le Pic du Midi qui se partage entre Bordeaux et Toulouse, ou Aurillac entre l'Auvergne et le Midi-Pyrénées, avec toutefois une édition locale, la toute première de France "Quercy-Rouergue-Actualités", créée en 1966 par Emile Séverac et Jean Maynard, qui est diffusée sur l'émetteur de Labastide du Haut Mont (département du Lot), successivement animée par Jeanne Cazals, Jean Doublé et Claude Guilhem. En revanche, Paris et certaines régions proposeront pendant longtemps des émissions pour enfants sur la deuxième chaîne, créant ainsi une disparité de traitement due uniquement à des raisons techniques.
Service de la Recherche de la R.T.F.
Le Service de la Recherche de la R.T.F. est l’organe créé en 1960 par Pierre Schaeffer au sein de cette institution publique, afin d’agréger les activités de recherche fondamentale concernant la radiodiffusion et la télévision.
Notes et références
- Jean-Jacques Ledos, L'âge d'or de la télévision: 1945-1975 (ISBN 2296179312), p. 121
- Repères historiques dans les Espaces découverte de Radio France - La réforme des programmes, qui intervient le 1er janvier 1958, modifie la répartition des émetteurs et donne aux chaînes une identité plus forte.
- Ordonnance n°59-273 du 4 février 1959 relative à la Radiodiffusion-télévision française, Journal Officiel du 11/02/1959
- Repères historiques dans les Espaces découverte de Radio France - En octobre 1963, le nombre des chaînes de radio est ramené à trois.
- Le système de « double diffusion » entre Inter Jeunesse et Inter Variétés perdure jusque dans les années 1970
- Loi n° 64-621 du 27 juin 1964 portant statut de l'Office de radiodiffusion-télévision française, Journal Officiel du 28 juin 1964
- Décret n° 58-1160 du 3 décembre 1958 relatif à l'organisation de la Radiodiffusion-télévision française, Journal Officiel du 4/12/1958
- Ordonnance n°59-273 du 4 février 1959 relative à la Radiodiffusion-télévision française, Journal Officiel du 11/02/1959
- Arrivée du général de Gaulle pour l'inauguration de la Maison de la R.T.F., 14/12/1963 - INA
- Extrait du discours inaugural de la Maison de la Radio par le général de Gaulle, 14/12/1963 - INA
- Visite le la maison de la R.T.F., 14/12/1963 - INA
Voir aussi
Bibliographie
- Christian Brochand : Histoire générale de la radio et de la télévision en France, vol.2 (1944/1974), La Documentation française, 1994
- Évelyne Cohen,Marie-François Lévy (dir.) : La télévision des Trente Glorieuses, CNRS Éditions, 2007
- Jean-Noël Jeanneney (dir.) : L’Écho du siècle, dictionnaire historique de la radio et de la télévision en France, Paris, Hachette Littératures, 1999
- Marie-Françoise Lévy (dir.) : La télévision dans la République, Les années 50, Paris, Complexe, 1999
- Patrick Mahé : La Télévision autrefois, éd. Hoëbeke, 167 pages. La saga de la télévision française depuis ses débuts.
- Aude Vassallo : La télévision sous de Gaulle. Le contrôle gouvernemental de l'information. 1958/1969, INA-De Boeck, 2005
Articles connexes
- Radiodiffusion nationale
- Radiodiffusion française
- Office de radiodiffusion télévision française
- Maison de Radio France
- Radio en France
- Histoire de la télévision française
- Chronologie de la télévision française
- Service de la recherche de la RTF
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