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Ordre du Saint-Esprit

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Frères Hospitaliers du Saint-Esprit.
Ordre du Saint-Esprit
Image illustrative de l'article Ordre du Saint-Esprit
Croix de l’Ordre du Saint-Esprit

Devise Duce et Auspice
Création 31 décembre 1578[1]
Statut Ordre éteint[2]
Langue officielle Français
Siège Couvent des Grands Augustins
Royal Standard of the King of France.svg Paris (France)
Membres « Souverain Grand Maître » (Roi)
« Officiers-commandeurs » (4)
« Commandeurs » (8)
« Chevaliers » (100)

L’ordre du Saint-Esprit fut, pendant les deux siècles et demi de son existence, l’ordre de chevalerie le plus prestigieux de la monarchie française. Ce n’est cependant pas le plus ancien, puisque l’ordre de Saint-Michel a été fondé 110 ans auparavant.

Histoire de l’Ordre[ ]

Ancien Régime[ ]

C'est le 31 décembre 1578, en pleines guerres de religion, qu’Henri III fonda l’« ordre et milice du benoît Saint-Esprit ».

Le monarque choisit le nom de Saint-Esprit, en référence à sa propre naissance, à son couronnement sur le trône de Pologne et plus tard sur celui de France, les trois événements étant survenus le jour de la Pentecôte.

Il s'agit du premier ordre de la monarchie française et les monarques de France en étaient les grands-maîtres. Ses membres doivent être catholiques, d'une noblesse héréditaire remontant au moins à leur arrière-grand-père, et avoir au moins trente-cinq ans[4]. Les princes étrangers au sang de France pouvaient être reçus dès vingt-cinq ans, les princes du sang dès quinze ans et les fils de France le recevaient dès leur baptême.

Tous les chevaliers du Saint-Esprit étaient faits chevalier de l'ordre de Saint-Michel avant leur réception et portaient de ce fait le titre de « chevaliers des ordres du roi ».

Bien que cet ordre soit initialement réservé aux plus hauts dignitaires du royaume, le roi Henri IV permit à un nombre restreint de monarques et de grands seigneurs étrangers de confession catholique, orthodoxe, anglicane d’y entrer.

Un impôt spécifique appelé marc d'or fut instauré pour subvenir aux besoins de l’Ordre dont le siège se trouvait au couvent des Grands-Augustins à Paris. Sa devise était « Duce et Auspice »: Sous la direction et la protection (du Saint-Esprit).

"Sous Henri IV et Louis XIII, le règlement qui exige quatre degrés de noblesse semble avoir subi des entorses. C'est encore quelquefois le cas sous Louis XIV : (...). Sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI en revanche, il semble que tous les chevaliers satisfont aux preuves."[5] rapporte Benoit Defauconpret.

De la Restauration à nos jours[ ]

Louis de Bourbon, « duc d'Anjou », portant la plaque de chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit.
« Philippe VIII », « duc d'Orléans », portant, entre autres décorations, la plaque de chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit.

Supprimé en 1791 pendant la Révolution française, l’ordre du Saint-Esprit fut ensuite rétabli en 1814. Louis XVIII le conférera notamment à Alexandre Ier de Russie, à Francois Ier d'Autriche, à Frédéric-Guillaume III de Prusse et au duc de Wellington. Charles X restaura les cérémonies de l'ordre.

L’ordre est définitivement aboli[6] par Louis-Philippe Ier en 1830.

Par la suite, il est devenu un ordre dynastique français et fut porté ainsi que conféré par divers prétendants au trône de France, orléanistes et légitimistes[7] suite au décès d’Henri, comte de Chambord (dernier Bourbon direct). Ainsi, malgré l’abolition de l’Ordre par le duc d’Orléans, des ralliements légitimistes se sont opérés pour les Orléans, la branche cadette, au nom du sang français se serait rendue « légitime » — puisque suivant les règles de dévolution de la Couronne de France, elle serait attribuée aux Bourbons d’Espagne, descendants de Philippe de France (1683-1746). Plusieurs prétendants ont donc porté l’Ordre du Saint-Esprit :

Organisation[ ]

L’ordre est doté de la personnalité morale, ce qui permet notamment au souverain de l'utiliser pour lever des emprunts. La direction en est réservée au roi, qui en est le souverain grand maître.

Listes des grands-maîtres de l'ordre du Saint-Esprit :

  • 1578 à 1589 Henri III, 1er grand-maître, fondateur de l'ordre ;
  • 1589 à 1610 Henri IV, 2e grand-maître ;
  • 1610 à 1643 Louis XIII, 3e grand-maître ;
  • 1643 à 1715 Louis XIV, 4e grand-maître ;
  • 1715 à 1774 Louis XV, 5e grand-maître ;
  • 1774 à 1791 Louis XVI, 6e grand-maître ;
  • 1814 à 1824 Louis XVIII, 7e grand-maître ;
  • 1824 à 1830 Charles X, 8e grand-maître.

Les grands-maîtres de jures :

  • 1836 à 1844 Louis XIX (Louis-Antoine de France, duc d'Angoulême), 9e grand-maître ;
  • 1844 à 1883 Henri V (Henri d'Artois, comte de Chambord), 10e grand-maître de jure.

L’administration de l’ordre est confiée à plusieurs officiers, dont les plus élevés portent le titre de commandeur de l'ordre. On distingue plusieurs classes de membres :

  • les chevaliers : au nombre de cent, ils sont choisis parmi la plus haute noblesse du royaume. Le roi peut choisir théoriquement tout noble prouvant trois degrés de noblesse (des preuves fausses sont parfois acceptées mais les anoblis restent exclus) ; néanmoins les membres des familles ducales sont parmi les plus représentés dans les rangs des chevaliers. Les chevaliers du Saint-Esprit sont également chevaliers de Saint-Michel, ce qui fait qu’on les nomme le plus souvent : Chevaliers des Ordres du Roy.
  • les commandeurs : il s’agit d’ecclésiastiques, au nombre de huit. L’Ordre devait compter à l’origine quatre cardinaux ou archevêques et quatre évêques, mais ce ratio ne fut pas toujours respecté. Le grand aumônier de France était commandeur-né de l’ordre et n’était pas donc pris en compte dans les huit. Les commandeurs, étant ecclésiastiques, ne pouvaient être chevaliers de Saint-Michel.
  • les commandeurs officiers : il s’agit des quatre plus hauts officiers de l’Ordre. Ils étaient assimilés en dignité aux chevaliers et étaient comme eux chevaliers de Saint-Michel. Les quatre commandeurs officiers étaient :
    • le chancelier et garde des sceaux
    • le prévôt et maître des cérémonies
    • le grand trésorier
    • le greffier
Le duc de Richelieu en costume de chevalier du Saint-Esprit, par Francesco Schiaffino (1748), musée du Louvre

Il n'existait aucune condition de noblesse pour les officiers, ce qui fait que le roi pouvait utiliser ces fonctions pour honorer des personnes récemment anoblies. Les exemples les plus connus sont ceux des grands ministres de Louis XIV Colbert et Louvois, ou encore (sur la fin de son règne) celui du riche financier Antoine Crozat (marquis du Chatel de fraîche date), qui fut grand trésorier de l'Ordre (ces charges pouvaient toutefois être exercées également par des chevaliers ou commandeurs ecclésiastiques). Louis XV nomma ainsi de la même façon le frère de sa favorite la Pompadour, Poisson, marquis de Marigny. Par tradition remontant à Guillaume Pot de Rhodes, le prévôt maître des cérémonies faisait ses preuves de noblesse, comme les chevaliers[10].

Insignes et habits de cérémonie[ ]

Les insignes de l'ordre se composent [11] :

Collier de l'Ordre
  • d'une « croix » composée à partir de la forme de la croix de Malte. À quatre branches, terminées par huit pointes boutonnées ; elle est anglée de fleur de lys. D'or, les branches émaillées de vert, bordé de blanc. La croix présente en son centre : à l'avers une colombe aux ailes déployées et à la tête dirigée vers le bas; au revers Saint-Michel. La croix était habituellement portée par les chevaliers à un large ruban de couleur moirée bleu ciel porté en écharpe de l'épaule droite à la hanche gauche, d'où le surnom de cordon bleu aux chevaliers qui la portaient. Les commandeurs ecclésiastiques portaient la croix en sautoir.
  • d'une « plaque » en broderie d'argent reprenant l'avers de l'insigne, portée au côté gauche.
  • d'un « collier » formé de fleurs de lys et de différents motifs, utilisé lors des cérémonies.

Lors des cérémonies de l'ordre, les chevaliers portent un grand manteau de velours noir garni d'un mantelet de toile d'argent. Le jour du chapitre de l'ordre, le 1er janvier, les novices portent un habit en étoffe d'argent que commente ainsi le duc de Croÿ :

« Un vêtement de novice très beau et très singulier : c'est l'habit de fête de la cour de Louis XIII (sic), qui tient de celui d'Espagne du même temps. Il est remarquable et conviendrait à des hommes jeunes et bien faits, malheureusement, il ne sert qu'à des gens d'un âge relativement avancé[12]. »

Trésor de l’Ordre[ ]

À sa création, Henri III dota l'ordre d'un trésor comprenant deux groupes d'objets : douze objets antérieurs à la création de l'ordre, prélevés par le roi dans les collections royales où ils sont décrits en 1561 (dont le reliquaire en or émaillé et les deux anges-reliquaires en argent doré et cristal de roche) ; dix objets en argent doré exécutés entre 1579 et 1585.

Lorsque l’Ordre du Saint-Esprit fut supprimé à l’avènement de Louis-Philippe en 1830, le trésor qui avait entièrement survécu — à l’exception d’une grande croix processionnelle en cristal de roche et argent doré — fut versé au musée du Louvre où il est exposé, au même titre que plusieurs des quatorze manteaux de l’Ordre conservés dans les collections publiques françaises[13].

Galerie[ ]

Quelques chevaliers et commandeurs de l'Ordre du Saint-Esprit portant leur insigne

Notes et références[ ]

  1. L’Ordre, malgré son abolition en 1791, continua à être distribué sous l’Empire par le comte de Provence en tant que « Roi de France et de Navarre » (après la mort de son neveu Louis XVII en 1795). En 1815, il fut rétabli officiellement par Louis XVIII, devenu roi.
  2. L’Ordre fût aboli le 30 juillet 1792 par l’Assemblée nationale législative avant d’être rétabli sous la Restauration (Louis XVIII et Charles X). Le 1er août 1830, il fut de nouveau aboli par Louis-Philippe considérant l’Ordre de la Légion d’honneur comme étant le seul ordre « national » — ce qui est valable jusqu’à nos jours.
  3. Ce tableau montre le roi, au centre, en costume de grand-maître de l'Ordre, recevant le serment de fidélité d'Henri II d'Orléans. Louis XIII est entouré de Claude Bouthillier, grand trésorier de l'Ordre, du chancelier Claude de Bullion, du greffier du Saint-Esprit Charles Duret et du prévôt maître de cérémonie Michel de Beauclerc. Au-dessus du roi est figurée la colombe symbolique, les ailes étendues dans une auréole. La richesse des décors et des costumes participe à la solennité de la scène. Les revers jaunes orangés des manteaux de l'Ordre apportent des touches colorées. Celui destiné à Henri d'Orléans, porté par Michel de Beauclerc sur l'envers, qui lance des reflets flamboyants. La dignité simple des attitudes s'accompagne de portraits qui témoignent d'une grande attention psychologique. Aucun de ces personnages conscients de leur importance, hormis peut-être le chancelier Claude de Bullion, n'accorde le moindre regard au nouveau venu dans l'Ordre.
    Source 
    « Notice no 05620000045 », base Joconde, ministère français de la Culture
  4. Statuts de l'ordre.
  5. Benoit Defauconpret, Les preuves de noblesse au XVIIIe siècle, ICC, 1999, page 85.
  6. Dès le 31 juillet 1830, date où l’on confie au duc d’Orléans la lieutenance générale du royaume, il décide que l’ordre de la Légion d’honneur ne soit l’unique ordre national.
  7. État présent de la maison de Bourbon. Quatrième édition. Paris, Le Léopard d’or, 1991 ; p. 222: « Louis XIX, Henri V, Charles XI et Jaques Ier continuèrent à donner l’ordre dans la discrétion et en 1972, Jacques-Henri VI suivit leur exemple, son fils Alphonse II faisant de même. »
    L’État présent… donne ensuite le nom de quatre chevaliers, créés par lettres patentes de 1972 et 1973.
  8. Photo sur sa page Facebook
  9. Osservatore Romano, 9 novembre 2008
  10. Saint-Simon, Traités politiques et autres écrits », « Légères notions des commandeurs, chevaliers et grands officiers de l'ordre du Saint-Esprit – Prévôts et grands maîtres des cérémonies », bibliothèque de la Pléiade, p. 867.
  11. Les informations suivantes proviennent de la version de numérique du bulletin n°12 de la Société des amis du musée national de la Légion d'honneur et des ordres de chevalerie.
  12. Duc de Croÿ, Mémoires sur les cours de Louis XV et de Louis XVI, Paris, 1895-1896, p. 172, à la date du 1er janvier 1759, c'est-à-dire lors de sa propre nomination à l'ordre.
  13. http://communaute.louvre.fr/louvre/manteaux-de-lordre-du-saint-esprit

Voir aussi[ ]

Bibliographie[ ]

  • Hervé Pinoteau, Etat de l'Ordre du Saint-Esprit en 1830 : Autour des dynasties françaises ; et, La survivance des ordres du roi, vol. 2, Éditeur Nouvelles Editions Latines,‎ 1983, 165 p. (ISBN 9782723302135, lire en ligne) ;
  • Patrick Spilliaert, Les insignes de l'ordre du Saint-Esprit, Que nous apprennent les archives du musée de la Légion d’honneur sur les insignes de l’ordre du Saint-Esprit ?, in Bulletin n°12 de la Société des amis du musée national de la Légion d'honneur et des ordres de chevalerie, 2009, pp 4-33.
  • Ouvrage collectif, Spécial ordre du Saint-Esprit, in Bulletin n°5 de la Société des amis du musée national de la Légion d'honneur et des ordres de chevalerie, 2005, pp 3-35.

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