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Olivier Debré

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Olivier Debré

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Olivier Debré en 1995,
capture d'écran d'une vidéo
de l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain.
.

Naissance 14 avril 1920
Paris, Drapeau de la France France
Décès 1er juin 1999 (à 79 ans)
Paris
Activités Peintre
Formation École des beaux-arts, Paris
Maîtres Le Corbusier
Récompenses Membre de l'Académie des beaux-arts (1999)

Olivier Debré, né le 14 avril 1920 à Paris où il est mort le 1er juin 1999, est un peintre français représentant majeur de l’abstraction lyrique.

Il est le fils du professeur Robert Debré, le frère de Michel Debré et l'oncle de Bernard Debré et de Jean-Louis Debré.

La formation[ ]

Troisième enfant de Robert Debré et de Jeanne Debat-Ponsan (fille du peintre Édouard Debat-Ponsan), le jeune Olivier est un bon élève au lycée Montaigne[1]. Il passe ses vacances à Nazelles chez son grand-père maternel, Édouard Debat-Ponsan, qui l'encourage à peindre, dessiner et sculpter, puis à partir de 1933, dans le domaine Les Madères acquis par son père à Vernou-sur-Brenne, dont il hérite avec sa sœur en 1978 et où il a installé depuis lors un de ses ateliers.

Après avoir passé la seconde partie de son baccalauréat de philosophie, il s'inscrit en 1937 pour des études d'architecture à l'École des beaux-arts de Paris dans l'atelier de son oncle Jacques Debat-Ponsan, et s'inscrit à la Sorbonne pour une licence d'histoire qu'il obtient en 1942. Il fréquente l'atelier de Le Corbusier.

Les premières œuvres[ ]

En juin 1937, il subit un choc en voyant, exposé au Pavillon de l’Espagne de l’Exposition internationale à Paris, le Guernica de Picasso. Georges Aubry, dont la galerie est située rue de Seine à Paris, l'encourage en l'exposant le premier. Il est remarqué par Dunoyer de Segonzac et Picasso[2] qu'il rencontrera en 1941, ce dernier l’invitant à son atelier 7, rue des Grands-Augustins pendant l’hiver 1942-1943. C'est à cette époque que Georges Aubry expose ses premières toiles abstraites.

En 1944, il épouse Denise Coulon, qui est l'arrière-petite-fille d'Eugène Scribe et la petite-nièce de Camille Pelletan, avec qui il aura deux enfants, Patrice et Sylvie ; puis il rejoint son père et son frère dans la résistance des maquis. Il peindra dans la propriété familiale de sa femme à Saint-Georges-de-Didonne ainsi que sur le port de Royan jusqu'à sa mort. Durant la Seconde Guerre mondiale, son art est marqué par l'expression graphique. Le dessin lui permet de traduire toute l'horreur de la guerre : Le Mort de Dachau, Le Sourire sadique du Nazi, Le Mort et son âme. En 1946, il installe un atelier à Cachan, il y peint une toile de 8 m de long : La Vérité et la Justice poursuivant le crime. Il rencontre Lanskoy.

En 1949, il présente sa première exposition personnelle à la galerie Bing, à Paris, marchand de Soutine et de Modigliani. À l'automne, Olivier Debré installe un second atelier rue de Saint Simon à Paris. Il est invité pour la première fois au Salon d'automne auquel il est resté fidèle. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de ses grands aînés, les peintres abstraits Hans Hartung, Gérard Schneider, Serge Poliakoff, Maria Elena Vieira da Silva. Il réalise ses premiers Signes-personnages[2].

Le temps du succès[ ]

Autour de 1950, il privilégie la matière et les couleurs sourdes. Olivier Debré expose à New York à la Perspective gallery. Il est invité au Salon de mai auquel il participera jusqu'à sa mort. En 1951 la librairie-galerie la Hune présente pour la première fois les gravures d'Olivier Debré. L'année suivante, il participe à son premier Salon d'Octobre qui regroupe les peintres les plus significatifs de l'art non figuratif et abstrait. Il y côtoie Geneviève Asse, Claude Bellegarde, Francis Bott, Jean Degottex, Pierre Dmitrienko, Jacques Doucet, Jacques Germain, Charles Lapicque, Jean Messagier, Kumi Sugaï, Zao Wou-Ki, parmi d'autres. 1953 correspond à une période charnière dans l'œuvre d'Olivier Debré qui délaisse les signes-personnages pour les signes-paysages. C'est à cette époque qu'il prend conscience des possibilités multiples offertes par la technique de la lithographie qu'il n'a jamais cessé de pratiquer[2]. Il participe pour la première fois en 1954 au salon Comparaisons. En 1956, Michel Warren organise sa première exposition individuelle à Paris. L'année suivante, la seconde exposition chez Michel Warren le fait figurer « désormais en bonne place parmi les chefs de file de l'École de Paris », écrit John Prossot dans Apollo dont la couverture reproduit le tableau exposé. Après un voyage en Espagne, il expose, en 1959, à la Phillips Gallery à Washington. Il rencontre Rothko. En mai, première exposition personnelle à la Knoedler Gallery aux États-Unis, avec une préface de Pierre Courthion. Il participe à Peintres d'aujourd'hui au Palazzo delle Arti à Turin.

Au tournant des années 1960, il revient au paysage, sa peinture est plus fluide avec des ponctuations de concrétions épaisses qui délimitent et créent l'espace. Il qualifie alors sa peinture d’abstraction fervente car elle symbolise l'émotion ressentie devant le paysage. En 1960, il expose à la galerie Knoedler à Paris. La presse se fait l'écho de cet événement[2]. Durant l'été, il séjourne en Vénétie avec sa famille[2]. L'année suivante, il effectue un nouveau voyage en Espagne avec son fils Patrice. En 1962, il voyage en Grèce avec sa famille. À l'automne, une exposition de ses œuvres a lieu au musée de l'Athénée à Genève. Il participe pour la première fois au Salon Grands et Jeunes d'aujourd'hui à Paris. Il expose un bahut en bois sculpté posé sur un socle de métal à l'exposition Antagonismes 2-L'objet au musée des Arts décoratifs à Paris.

En 1963, double exposition à la galerie Knoedler à Paris puis à New York. C'est le poète Francis Ponge qui écrit le texte pour les deux catalogues. La presse se fait largement l'écho de cet événement en France comme aux États Unis ; à cette occasion, Olivier Debré retourne à New York où il rencontre Rothko pour la seconde fois.

La gloire internationale[ ]

Le temps de la maturité correspond aux grandes réalisations pour des commandes et à la reconnaissance internationale. Ainsi, 1965 marque la réalisation de grandes toiles de 1,8 × 8,8 m - 1,8 × 15 m pour le lycée de Royan. Il participe à de nombreuses expositions itinérantes en Amérique latine et en Europe de l'Est. La première exposition personnelle d'Olivier Debré à Oslo se tient à la galerie Haaken A.Christensen en 1966. Il voyagera et peindra en Norvège jusqu'à la fin de sa vie. Une exposition rétrospective qui se tient au musée du Havre est abondamment relayée dans la presse. Une exposition a lieu à Francfort, à la galerie Appel und Fertsch[2].

À partir de 1967, Olivier Debré participe à de nombreuses expositions collectives et personnelles ; il figure à l'exposition internationale de Montréal « Expo 67 ». Il réalise une gigantesque peinture de 5 m × 2,5 m, Signe d'homme, pour le pavillon français. C'est l'époque où paraît la première monographie consacrée au peintre par Pierre Courthion. Olivier Debré reçoit plusieurs commandes pour des établissements d'enseignement, lycées et facultés. En 1970, il réalise sa première exposition au Japon, à la Nippon Gallery à Tokyo. Daniel Abadie présente sept de ses grandes toiles au Prieuré de Vivoin et signe la préface du catalogue[2]. Olivier Debré participe en 1971 au concours d'architecture pour le Centre Georges-Pompidou en présentant deux projets. Il continue à recevoir de nombreuses commandes et à faire des expositions personnelles. Ainsi, une rétrospective de ses œuvres a lieu au Musée d'Art et d'industrie et à la maison de la culture et des loisirs de Saint-Étienne, exposition reprise en partie au musée Picasso à Antibes.

De 1980 à 1985, Olivier Debré est nommé professeur, chef d'atelier de peinture murale à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il réalise une céramique pour le mur extérieur de l'hôtel Nikko à Paris. De nombreuses expositions personnelles lui sont consacrées en France et à l'étranger, à Washington, au Danemark, à Houston. Il crée les décors et costumes de la pièce Racines pour le festival d'Avignon. Une rétrospective a lieu dans les musées d'Orléans et de Metz en 1985-86. Plusieurs expositions personnelles se tiennent à l'étranger, à Dakar, à Stockholm, à Genève, à Luxembourg. Olivier Debré accorde une importante donation de 170 estampes à la Bibliothèque nationale, et réalise le rideau de scène et de fer de la Comédie-Française, qui est inauguré en 1987 par le ministre de la culture, François Léotard et par Jean Le Poulain. Deux ans plus tard, on inaugure le rideau de l'Opéra de Hong Kong commandé par la fondation Louis-Vuitton pour la création. Ses dessins d'après-guerre sont exposés au musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis en 1990, avec une préface de Bernard Noël. L'année suivante, le peintre reçoit une commande de la Régie immobilière de la ville de Paris, par l'intermédiaire de son directeur, Michel Lombardini, pour un immeuble d'ateliers d'artistes et de logements dans le XIIIe arrondissement de Paris, 54 rue Albert, inauguré en 1993. Olivier Debré gagne le concours pour la construction d'une église à Compiègne, l'église Notre-Dame de la Source.

La consécration du peintre est également marquée par l'inauguration d'une salle Olivier Debré au Musée des beaux-arts de Tours en 1992. Dans le parc Lafontaine à Montréal, est inauguré par Jacques Chirac le Mémorial du général de Gaulle commandé à Olivier Debré par le maire de Paris et offert à la ville de Montréal pour le 350e anniversaire de la cité québécoise. On inaugure également cette année-là le mur extérieur de la Villa Kujoyama à Kyoto, et l'année suivante, la céramique destinée au temple Daikakuji à Kyoto. L'année 1994 voit l'inauguration de quatre sculptures en acier pour l'entrée du tunnel sous la Manche. Le peintre réalise des fontaines pour les Autoroutes du Sud de la France.

Une rétrospective des œuvres d'Olivier Debré a lieu en 1995 à la galerie nationale du Jeu de Paume à Paris, Daniel Abadie étant le commissaire et directeur[3]. La rétrospective est présentée dans de nombreux pays. Le peintre réalise les vitraux pour la chapelle Saint-Mandé dans le Morbihan. En 1996, on inaugure à Paris le théâtre des Abbesses, œuvre de l'architecte Vandehove, où Olivier Debré réalise le rideau et les toiles tendues des galeries des balcons latéraux. L'année suivante, c'est la première à l'Opéra Bastille du spectacle Signes avec les décors et les costumes d'Olivier Debré, spectacle dans lequel Carolyn Carlson a signé la chorégraphie. Ce ballet est inscrit dans le répertoire de l'Opéra et est repris régulièrement. Enfin, en 1998, Olivier Debré réalise le rideau de scène de l'Opéra de Shanghai.

Le 17 mars 1999, quelques mois avant sa mort en juin, Olivier Debré est élu membre de l'Institut de France, à l'Académie des beaux-arts, au fauteuil précédemment occupé par le peintre Georges Cheyssial[2]. À son décès, un hommage lui est rendu le 5 juin devant son atelier aux Madères et le 9 juin à la Comédie-Française. Il est enterré au cimetière de Nazelles[2]. Madame Denise Debré est décédée le 12 septembre 2013 à 90 ans.

L'art d'Olivier Debré[ ]

Verrière réalisée en 2006 d'après les cartons d'Olivier Debré à la Collégiale Saint-Mexme de Chinon.

Abstraite et solidement construite dans les années 1940-1950, sa peinture a évolué à partir des années 1960 vers une spatialité qui renvoie à la liberté et à l'impermanence de la nature. Grand coloriste, son intervention sur l'espace pictural exalte la couleur. Dans les années 1970, sa peinture atteint un équilibre formel dans une suite de toiles d’un format carré[2].

Olivier Debré a parfois peint de très grandes toiles en faisant glisser une sorte de pinceau-balai sur la toile au sol, peignant toujours dehors, quel que soit le temps. Il a dessiné également un timbre-poste, des vitraux, peint plusieurs rideaux de scène, pour la Comédie-Française, pour l'Opéra de Hong Kong et le nouvel Opéra de Shanghai en Chine, ainsi que les fresques murales du Théâtre des Abbesses à Paris, ce qui ne se fit pas sans remous avec le directeur Gérard Violette[4].

Il a aussi été sculpteur et illustrateur, entre autres des livres de Michel Déon, Francis Ponge, Edmond Jabès et Julien Gracq. Il a publié quelques essais artistiques, notamment pour donner sa vision de l'évolution des formes, et proposé une nouvelle architecture adaptée à la ville contemporaine.

La création d'une Fondation Olivier Debré est programmée pour 2012 à Tours, en lieu et place de l'École supérieure des Beaux-Arts de Tours qui s'installera dans de nouveaux locaux[5].

Œuvres (sélection)[ ]

  • Signe de ferveur noir 1944 huile sur bois
  • Le Concert champêtre 1945
  • D et S ou Grise lourde 1948 (Centre Pompidou Paris)
  • Les Pins, 1971, huile sur toile, signé et daté au dos, 100 × 100 cm. Musée d'Évreux
  • La Mosquée est signé et daté au dos (collection particulière)
  • Sculpture "fontaine", implantée sur l'aire de Parcé-sur-Sarthe A11. Fontaine en deux parties, mettant en scène tout autant l'eau tumultueuse que le calme d'une eau paisible. Jets d'eau, grès, métal
  • Monument commémoratif à Charles de Gaulle érigé en 1992 au parc Lafontaine pour le 350e anniversaire de la cité québécoise : obélisque moderne et abstrait haut de 17 mètres en granit bleu de Vire[6]
  • Mur extérieur revêtu d’une céramique à la Villa Kujoyama à Kyoto, 1992
  • Quatre structures en acier peintes en rouge pour l’entrée de l’Eurotunnel à Calais, 1994
  • Céramique pour le mur extérieur de l'hôtel Nikko à Paris
  • Rideaux de scène et de fer Comédie-Française de Paris, théâtre des Abbesses Paris, Opéra de HongKong, Opéra de Shanghai
  • Décors et costumes pour le ballet "Signes" de l'Opéra Bastille

Bibliographie[ ]

  • Impressions de voyage, Galerie Ariel, 1973
  • Espace pensé, espace créé, par Olivier Debré (1999)
  • Olivier Debré, par Olivier Debré et Emmanuel Pernoud (1995)
  • L'Espace et le comportement, par Olivier Debré (1990)
  • L'Œuf dans le chocolat, par Olivier Debré (1997)
  • La Marche de Mme Ouvrard, par Olivier Debré (1996)
  • OD, fond yeo / area
  • Une de ces oeuvres est exposée pour l'exposition l'Ecole de Paris au musée de la Cour d'Or à Metz en 2014

Philatélie[ ]

En hommage à Olivier Debré un timbre reproduisant l'une de ses œuvres est émis par les Postes françaises en 1993 (valeur de 2,50 F).

Notes[ ]

  1. Jean Cortot, « Notice sur la vie et les travaux de M. Olivier Debré (1920-1999) », notice lue à l'occasion de son installation comme membre de la Section Peinture de l'Académie des Beaux-Arts, 11 décembre 2002.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Biographie Lydia Harambourg dans Olivier Debré, Éric de Chassey.
  3. Bernard Heitz, « Le paysage à l'âme. Olivier Debré au Jeu de paume », Télérama n° 2371, 21 juin 1995, pp. 59-60.
  4. Le Théâtre de la Ville s'étend aux Abbesses. Ouverture à Montmartre d'une autre salle subventionnée par la mairie de Paris. dans Libération du 20 novembre 1996.
  5. « Olivier Debré bientôt dans ses murs », Libération, 7 octobre 2008.
  6. Monument commémoratif dédié au Général de Gaulle à Montréal

Liens externes[ ]

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