Nec pluribus impar
Nec pluribus impar est une expression latine ayant servi de devise à Louis XIV, le plus souvent inscrite sur un emblème symbolisant le Roi Soleil rayonnant sur le monde.
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Sens et origine de la devise
L'interprétation la plus largement répandue de cette devise est celle qu'en donne Onésime Reclus :
« Louis XIV avait pris pour devise : Nec pluribus impar, « A nul autre pareil!" , ; il se croyait le plus grand des rois, le premier des hommes et peut-être plus qu'un homme[1]. »
Les spécialistes considèrent cependant que le sens précis de l'expression latine demeure obscur. Pierre Larousse écrit ainsi :
« Louis XIV s'était choisi pour emblème un soleil dardant ses rayons sur le globe, avec ces mots : Nec pluribus impar. On ne voit pas bien clairement ce que signifie cette devise. Louvois l'explique ainsi : Seul contre tous, mais Louis XIV, dans ses Mémoires, lui donne un autre sens : Je suffirai à éclairer encore d'autres mondes. Le véritable sens est probablement celui-ci : Au-dessus de tous (comme le soleil)[2]. »
L'historien Yves-Marie Bercé propose pour sa part les traductions suivantes :
« Dès 1662, [Louis XIV] s'approprie le symbolisme solaire. Ses médailles montrent un visage rayonnant de flammes au-dessus d'un globe terrestre avec la devise Nec pluribus impar, qu'on peut traduire littéralement par « Suffisant (seul) à tant de choses », ou, plus simplement « Tout lui est possible »[3]. »
Quant à l'origine de la devise, souvent attibuée à Louis XIV qui disait : « S'agrandir est le plus digne et la plus agréable occupation des souverains[4] », elle a été elle aussi remise en question par les historiens. Ainsi, selon Édouard Fournier :
« Il serait bon d'en finir aussi, avec les plaisanteries d'un goût douteux dont Louis XIV a été rendu l'objet pour son fameux emblème du soleil ayant ces mots : Nec pluribus impar, pour devise. Il ne prit de lui-même, ni la devise, ni l'emblème : c'est Douvrier[5], que Voltaire qualifie d'antiquaire, qui les imagina pour lui à l'occasion du fameux carrousel, dont la place, tant agrandie aujourd'hui, a gardé le nom. Le roi ne voulait pas s'en parer, mais le succès prodigieux qu'ils avaient obtenu, sur une indiscrétion de l'héraldiste, les lui imposa. C'était d'ailleurs une vieille devise de Philippe II, qui, régnant en réalité sur deux continents, l'ancien et le nouveau, avait plus le droit que Louis XIV, roi d'un seul royaume, de dire, comme s'il était le soleil : Nec pluribus impar (Je suffis à plusieurs mondes)[6]. »
Diverses utilisations de la devise
La devise a été adoptée par plusieurs unités militaires françaises, dont le 1er régiment de cavalerie de la Légion étrangère, le 5e régiment de cuirassiers (dissout) et l'école de sous-officiers de la gendarmerie de Montluçon. Elle a par ailleurs été largement reproduite sur divers supports à l'époque du Roi Soleil.
Louis II de Bavière reprend cette devise qui orne le hall d'entrée de son château de Linderhof où elle s'entoure des rayons d'un immense soleil d'or. Elle surplombe une statue équestre de Louis XIV, en marbre noir de Belgique, copie de celle qui fut érigée, à Paris, place Louis-le-Grand en 1699.
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Dans la première édition du Dictionnaire de l'Académie française en 1694
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Sur la rosace du transept sud de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans
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Sur une pièce d'artillerie conservée au musée de l'Armée à Paris
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Sur le fronton de la cathédrale Saint-Pierre de Rennes
Notes et références
- Onésime Reclus, Le Plus Beau Royaume sous le ciel, Paris, Hachette, 1899, p. 3.
- Pierre Larousse, Fleurs latines des dames et des gens du monde ou Clef des citations latines que l'on rencontre fréquemment dans les ouvrages des écrivains français, Paris, Larousse, 1894, p. 262.
- Yves-Marie Bercé, Louis XIV, Paris, Le Cavalier bleu, 2005, p. 5.
- Lettre de Louis XIV au marquis de Villars, 8 janvier 1688, citée par Hubert Méthivier, Le Siècle de Louis XIV, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? » 1995, p. 59.
- Louis Douvrier ou d'Ouvrier, médailliste « antiquaire, que Colbert avait fait nommé à la Petite Académie en 1662 et mort à Paris en 1680. En 1857, M. Mahul, dans son Cartulaire et archives des communes de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne le définit comme « gentilhomme languedocien , lequel, dans le 17e siècle , acquit une réputation littéraire par son érudition variée et surtout par son talent à trouver des emblèmes avec des devises ingénieuses et surtout à composer des inscriptions, genre de littérature auquel on donnait à cette époque une importance singulière. »
- Édouard Fournier, L'Esprit dans l'histoire : recherches et curiosités sur les mots historiques, Paris, Dentu, 4e éd., 1882, p. 315, n. 1.