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Musée napoléonien de l'île d'Aix

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Musée napoléonien
Musée napoléonien-Ile d'Aix1.jpg - Wikipedia Orange
Informations géographiques
Pays Drapeau de France - Wikipedia Orange France
Ville Île-d'Aix
Adresse Rue Napoléon
17123 Île-d'Aix
Coordonnées 46° 00′ 44″ N 1° 10′ 30″ W / 46.012093, -1.17500646° 00′ 44″ Nord
       1° 10′ 30″ Ouest
/ 46.012093, -1.175006
  
Informations générales
Date d’inauguration 1928
Collections Souvenirs napoléoniens
Informations visiteurs
Site web [1]

Géolocalisation sur la carte : Charente-Maritime

(Voir situation sur carte : Charente-Maritime) - Wikipedia Orange
Musée napoléonien - Wikipedia Orange

Le Musée napoléonien de l'île d'Aix est un musée français situé à Île-d'Aix en Charente-Maritime, qui fait partie des Musées nationaux napoléoniens[1]. Partageant le label musée de France avec le Musée africain tout proche, il abrite mobilier, armes, vêtements, portraits et divers objets évoquant l'épopée et la légende de l'Empereur Napoléon Ier qui séjourna dans cette maison du 8 au 15 juillet 1815 avant de se rendre aux Anglais et de quitter la France définitivement.

La Maison de l'Empereur et les jardins font l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques depuis le 24 septembre 1925 pour la première et le 17 décembre 1934 pour les seconds[2].

Sommaire

Localisation et accès

 - Wikipedia Orange
Localisation de la rue Napoléon au sud de l'île

Construite entre 1808 et 1809, la maison qui abrite le musée est située au sud de l'île, dans la partie comprise à l'intérieur de ses remparts connue sous le nom de « bourg », dans la rue Napoléon, soit à quelques dizaines de mètres du Musée africain. Son architecture imposante contraste avec celle des autres constructions de la rue, qui sont pour la plupart d'anciennes maisons basses de pêcheurs.

Le fronton triangulaire de la façade sommé d'un grand aigle aux ailes déployées, porte une plaque de marbre gravée de l'inscription suivante, qui daterait du Second Empire : « À la mémoire de notre immortel Empereur, Napoléon Ier, 15 juillet 1815. Tout fut sublime en lui, sa gloire et ses revers. Et son nom respecté plane sur l'Univers. »

Le musée est assez proche du débarcadère, on y accède à pied, à bicyclette ou en calèche, puisqu'il n'y a pratiquement pas de circulation automobile sur l'île.

Histoire

En avril 1808 Napoléon se rend sur l'île d'Aix pour une tournée d'inspection des chantiers en cours et décide à cette occasion la construction du fort Liédot, d'une poudrière et d'une maison pour le commandant de la place. Lui-même ne reviendra pas à Aix avant plusieurs années.

La résidence de l'Empereur

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La chambre de Napoléon
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Brouillon de la lettre de reddition (14 juillet 1815)

À l'été 1815 la situation de Napoléon est critique : la défaite de Waterloo le 18 juin a sonné le glas de ses ambitions. L'Empereur déchu doit partir, il se rend à Rochefort puis, depuis Fouras à bord de la frégate la Saale, à l'île d'Aix le 8 juillet. Avec ses proches il s'installe dans la maison du commandant de la place qu'il a fait construire quelques années auparavant.

Napoléon passe ses derniers jours en terre française dans une chambre simple, tendue de jaune, que l'on peut visiter aujourd'hui. Après tergiversations et pourparlers qui n'aboutissent pas, c'est là qu'il rédige le 14 juillet 1815 sa lettre de reddition au prince-régent d'Angleterre dans les termes suivants :

« En butte aux factions qui divisent mon pays, et à l'inimitié des plus grandes puissances de l'Europe, j'ai terminé ma carrière politique. Je viens, comme Thémistocle, m'asseoir sur le foyer du peuple britannique ; je me mets sous la protection de ses lois que je réclame de Votre Altesse Royale comme du plus puissant, du plus constant, du plus généreux de mes ennemis[3]. »

Il la confie à son aide de camp, le général d'artillerie Gaspard Gourgaud – qui en conserva le brouillon, exposé sur la table de la chambre. Le 15 juillet 1815 il revêt son uniforme, gagne L'Épervier dont la vedette l'attendait à l'embarcadère, puis monte à bord du Bellérophon, avant d'être transféré le 7 août 1815 sur le Northumberland qui le dépose à Sainte-Hélène où il mourra en 1821.

Une plaque apposée à l'entrée de la maison de l'île d'Aix rappelle que l'Empereur n'y séjourna pas seul; il était en effet accompagné de « Bertrand, sa femme et leurs trois enfants, de Gourgaud, de Savary, de Montholon, de Las Cases, de Lallemand, du colonel Planat, de Marchand et du général Becker, que le gouvernement de la Défense provisoire avait délégué auprès de lui ».

Le musée

 - Wikipedia Orange
Le musée, côté jardin

"Le baron sera très sensible à votre appréciation, la plus grande satisfaction qu'il pense retirer de son initiative est de la voir approuvée par les connaisseurs".

Elie Fabius au Dr Ledoux-Lebard (lettre du 31/08/1937).


Le musée doit en effet son existence aux efforts du baron Napoléon Gourgaud – arrière-petit-fils du baron Gaspard Gourgaud, compagnon de Napoléon à Sainte-Hélène – amateur d'arts classique et moderne et mécène.

Avec son épouse depuis 1917, la riche héritière américaine Eva Gebhard, séduits par l'île d'Aix, ils créèrent en juillet 1925 la "Société des Amis de l'île d'Aix", devenue par la suite Fondation Gourgaud. Le couple y acquiert plusieurs maisons, dont en 1926 celle dite « de l'Empereur » - ancienne résidence du gouverneur de l'île - classée monument historique par un arrêté du 24 septembre 1925. Ils transforment la maison avec l'aide de plusieurs personnalités locales, dont le baron Coudein, en un Musée napoléonien ouvert au public en 1928 et la donnent à l'État avec réserve d'usufruit en 1933.

En relation avec l'antiquaire parisien Elie Fabius, Gourgaud lui acheta dès 1911 un dessin représentant la tête de Napoléon Ier, puis consacra des sommes importantes (8000 francs en 1937) pour réunir dans son musée moult objets à l'effigie impériale : statuettes en céramique, pipes, assiettes séditieuses, pendules, flambeau, lampes de marine provenant de la chapelle ardente de "La Belle Poule", lors du Retour des Cendres,..etc.

La demeure est dotée de deux jardins entourés de murs, l'un d'environ 700 m2, l'autre, plus au sud, d'environ 1 040 m2. Ils sont à leur tour classés par un arrêté du 17 décembre 1934. Dans ce jardin, Napoléon avait greffé un frêne sur un ormeau, arbre encore vivace aujourd'hui.

Le Musée Napoléonien devient musée national en 1959, au décès de la baronne Gourgaud, mécène des musées nationaux français, et est depuis cette date rattaché au musée du Château de Malmaison et du château de Bois-Préau.


Collections

Le musée abrite un ensemble d'œuvres d'art, portraits peints, bustes, miniatures, maquettes, caricatures, souvent réalisés par des personnalités de premier plan telles que Jean-Baptiste Isabey, Joseph Chinard, Andrea Appiani, Girodet-Trioson, George Cruikshank ou Toulouse-Lautrec, auxquelles s'ajoutent nombre d'objets personnels.

Près de l'entrée, une vitrine présente les 52 pendules anciennes réunies par le baron, arrêtées à 17 h 49, heure de la mort de l'Empereur le 5 mai 1821 à Longwood.

Une salle est dédiée aux souvenirs des Gourgaud, dont des photographies et un liber amicorum comportant entre autres une dessin de Matisse.

Notes et références

  1. Musées nationaux napoléoniens
  2. La Maison de l'Empereur et les jardins, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  3. Recueil de pièces authentiques sur le captif de Ste.-Hélène : de mémoires et documens écrits ou dictés par l'empereur Napoléon. Suivis de lettres de MM. le grand-maréchal comte Bertrand, le comte Las Cases, le général baron Gourgaud, le général comte Montholon, les docteurs Warden, O'Meara ..., A. Corréard, 1821, p. 15

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Musée napoléonien : Fondation Gourgaud, Réunion des musées nationaux, 1977, 16 p.
  • Alain Chappet et Guy Godlewski, Guide napoléonien : descriptifs des musées, monuments, stèles, curiosités sur l'histoire de 1795 à 1815 en France et à l'étranger, C. Lavauzelle, 1981, p. 23
  • Alain Chappet, Roger Martin et Alain Pigeard, Le guide Napoléon : 4000 lieux de mémoire pour revivre l'épopée, Tallandier, 2005, p. 70 (ISBN 9782847342468)
  • Perron, « Notice sur le séjour de l'Empereur Napoléon à l'île d'Aix du 7 au 15 juillet », in Revue de l'Institut Napoléon, mai 1932, p. 298-301
  • Christophe Pincemaille, La folie Gourgaud : les musées nationaux de l'île d'Aix, Geste, 2009, 133 p. (ISBN 9782845615724)
 Olivier Gabet, Un marchand entre deux Empires- Elie Fabius et le monde de l'art (Skira Flammarion, 2011, p.47).


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