Musée des Augustins de Toulouse
| Musée des Augustins | |||||
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| Informations géographiques | |||||
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| Ville | Toulouse | ||||
| Adresse | 21, rue de Metz | ||||
| Coordonnées | |||||
| Informations générales | |||||
| Date d’inauguration | créé par décision du 23 décembre 1793 | ||||
| Collections | sculptures de l'époque romane au XIXe siècle peintures du XIVe au XIXe siècle |
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| Nombre d’œuvres | 4000 | ||||
| Informations visiteurs | |||||
| Site web | http://www.augustins.org/ | ||||
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Le musée des Augustins est le musée des beaux-arts de Toulouse en Haute-Garonne. Créé par décision du 23 décembre 1793 et ouvert en 1795, il est abrité dans l'ancien couvent des Augustins de Toulouse. Il rassemble des collections importantes de peinture et de sculpture.
Historique
Création du musée
Avant d'être affectés au musée, les bâtiments étaient une maison de l'ordre des ermites de saint Augustin. Dans son emplacement actuel, à l'intérieur des murs de la cité, le couvent des Augustins de Toulouse fut construit en 1309 avec l'autorisation du pape Clément V. Il fut transformé en musée après la suppression des ordres religieux à la Révolution française.
Le couvent des Augustins devient bien national par décret le 2 novembre 1789. Il est désaffecté puis démembré en 1790 lors de la suppression des ordres monastiques. Le Muséum provisoire du Midi de la République, crée le 19 décembre 1793, s'installe aux Augustins et ouvre solennellement ses portes le 27 août 1795, ce qui en fait l'un des plus anciens musée de France, très peu de temps après le Louvre.
Histoire des collections
Les premières collections sont formées de saisies révolutionnaires et des œuvres de l'Académie Royale des Sciences et des Arts. Le musée des Augustins de Toulouse a été intégré à la liste des quinze musées institués par le décret du 13 fructidor an IX (31 août 1801), dit décret Chaptal, du nom du ministre de l'intérieur de l'époque. Sa proposition consistait à répartir entre chacune des villes concernées des lots tels que « chaque collection présente une suite intéressante de tableaux de tous les maîtres, de tous les genres, de toutes les écoles ». Le 1er septembre 1801, paraissait un autre décret imposant aux villes de préparer à leurs frais « une galerie convenable » pour recevoir les œuvres déposées (plus de 600 le seront par vagues successives en 1802, 1805 puis, par décret impérial, le 15 février 1811). Ce dernier dépôt est l'un des plus importants que le musée ait reçu.
En 1800, le sculpteur François Lucas (alors conservateur du musée) obtient un envoi d’œuvres de Paris en échange de tableaux toulousains destinés à être déposés au Museum spécial de l’École française à Versailles. Sous le Consulat et l'Empire le musée reçoit 29 tableaux en 1803 et 12 œuvres en 1805. Parmi ces œuvres italiennes, flamandes et françaises on trouve Saint Jean et saint Augustin de Pérugin, Apollon et Marsyas de Guido Reni, Le Christ en Croix de Rubens.
En 1804, le musée et l’École des arts s'installent dans l'aile Est du petit cloître Renaissance.
Lors de son passage à Toulouse en 1808, Napoléon confirme la cession du couvent à la Ville à des fins muséologiques. En 1812, le musée reçoit de Napoléon 30 nouveaux tableaux (hollandais, flamands, italiens et français) dont la Réception du duc de Longueville dans l'ordre du Saint-Esprit de Philippe de Champaigne.
Le Temple des Arts
En 1823, l'architecte Jacques-Pascal Virebent propose de démolir les cloisons séparant la sacristie, la chapelle Notre-Dame-de-Pitié et la salle capitulaire pour en faire une galerie unique. En 1828 l’École des arts fait démolir les murs et les hautes fenêtres afin d'y présenter les antiques. Au cours de ces travaux, le maire se voit obligé de débloquer des fonds supplémentaires pour des travaux urgents : murs de l'abside ruinés, voûtes lézardées. On suspend également une voûte en berceau plein-cintre, qui atténue le caractère religieux du bâtiment. L'architecte Urbain Vitry termine les travaux en 1831 et aménage une galerie de peinture dans l'église , que l'on appelle « temple des Arts ».
L'aile Ouest et le grand réfectoire du XVe siècle, achetés en 1862, sont détruits en 1868. La municipalité confie alors la rénovation du bâtiment à Eugène Viollet-Le-Duc en 1873 pour en faire un vrai musée, l'escalier monumental Viollet-Le-Duc a été créé avec son collaborateur Denis Darcy qui reprendra les travaux à sa mort. De 1880 à 1901, il édifia le bâtiment actuel longeant la rue Alsace-Lorraine. Le nouveau musée est enfin terminé.
L’École des Beaux-Arts quitte les Augustins pour la Daurade en 1892. La municipalité décide alors de démolir l'aile sud (chapelle de l'Ecce Homo, archives, bibliothèques, apothicairerie) pour faire place à un jardin.
Restauration au XXe siècle
En 1950, pour faire face à un problème de place et d'agencement, l'administration des Monuments Historiques décide de rendre alors à l'église son aspect ancien. Les œuvres qui se trouvaient dans ce « Temple des Arts » sont mises en réserve, dans l'attente du réaménagement des locaux anciens de l'église. Celle-ci est l'un des joyaux du patrimoine gothique méridional de Toulouse, elle est composée d'une nef unique à huit travées sur croisées d'ogives, de chapelles latérales entre les contreforts et d'un chevet voûté en étoile.
Les travaux consistent tout d'abord en la reconstitution des murs séparant la chapelle et la sacristie dans l'aile orientale. A partir de 1975, on procède à l'augmentation de la surface des salles d'exposition et à la restauration du couvent. Enfin une nouvelle entrée est construite au sud-est en récupérant le portail de la chapelle des Pénitents noirs, autrefois rue Saint-Jérôme. En 1981, les travaux initiés par Paul Mesplé, conservateur du musée et l'architecte Sylvain Stym-Popper en 1950 puis repris par l'architecte Yves Boiret et le conservateur Denis Milhau sont terminés. Le nouvel aménagement de l'ancienne église a permis au musée de se doter d'un remarquable orgue de facture allemande classique conçu par Jürgen Ahrend et décoré par Pierre Belin. Il a été inauguré en 1981 et il est toujours possible aujourd'hui d'écouter des concerts tous les mercredis soirs dans l'église du musée.
L'édifice est classé au titre des monuments historiques depuis 1840 (parties médiévales) et inscrit (escalier Darcy) depuis 1990[1].
Le jardin
Le jardin du musée des Augustins fut mis en place à l'occasion d’une exposition qui lui a été consacrée au mois d’octobre 1995 sous le nom de « Les jardins d’un couvent ». Le jardin est issu d’un partenariat entre la conservation du musée et les Espaces vert de la ville de Toulouse. Les parcelles sont composées sur le plan des jardins de l'abbaye de Saint-Gall en Suisse qui est le plan de référence utilisé pour les constructions monastiques de l’Occident médiéval. Celui-ci est divisé en quatre parties. Chaque zone a une utilité propre : chacune des 112 espèces végétales est répartie selon sa fonction.
Tout d’abord, le jardin central est principalement orné de fleurs et permet de réaliser des bouquets pour agrémenter les autels. On peut notamment y voir des roses et des lys, mais aussi des violettes, des capucines, des acanthes et des pervenches.
La seconde partie, l’Herbularius autrement appelé « jardin des plantes médicinales », est situé du côté du logis du médecin et lui sert à cultiver les plantes dont il a besoin pour ses remèdes. Certaines d’entre elles telles que la marjolaine disposent de propriétés antiseptiques, permettant de soigner la nervosité et les maux de tête une fois bues en infusion. Cependant, de nombreux autres maux peuvent être soignés ou soulagés par l’intermédiaire de ces plantes comme, par exemple, la petite absinthe qui a comme vertu de soigner les maladies de l’estomac telles que le mal de mer et la nausée.
Ensuite, l’Hortus ou « le potager », situé près des cuisines, est composé de légumes et de fines herbes utiles à l’alimentation des religieux. Il suit également le schéma strict du plan de l’abbaye de Saint-Gall. Des courgettes, du persil, des carottes et de la batavia sont des exemples de légumes consommés par les religieux.
Pour finir, l’Arboretum ou Fructum qui se situe généralement du côté du cimetière, n’est autre que le verger. Le jardin dispose d’arbres fruitiers et d’arbustes servant à l’alimentation et au fleurissement du jardin avec entre autres des pommiers, des cerisiers, des poiriers et des cassissiers.
Les collections
Les saisies révolutionnaires et le reversement des fonds de l'ancienne Académie royale de peinture et de sculpture de Toulouse ont permis d'accumuler une collection impressionnante (plus de 4 000 pièces) d'œuvres d'art réparties également entre peintures et sculptures.
Peinture
École française
Les courants artistiques français représentés vont du néoclassicisme au réalisme en passant par le classicisme. Abritant une collection de peintures françaises des plus exceptionnelles, on retrouve dans les salons Rouge, Bleu et Blanc, les tableaux de grands artistes tels que :
Hyacinthe Rigaud, peintre français du XVIIe siècle, spécialisé dans les portraits. Il peignit de grands noms de la noblesse et de la bourgeoisie française, tels que Louis XV, Corneille, Desjardins, Mansart ou encore La Fontaine et Racine. Il intégra Académie royale de peinture et de sculpture en 1700. Aux dires de tous, Hyacinthe Rigaud était un homme généreux, admirable, et un artiste au talent incontestable. A sa mort, la France et toute l’Europe lui rendirent hommage. Un musée abritant une importante collection de ses œuvres a vu le jour dans sa ville natale, Perpignan. Portraitiste de renom, il a notamment peint le Portrait de Germain Louis Chauvelin, garde des sceaux (1727). Cette œuvre représente l’éminent personnage dans son costume de premier magistrat de France. Drapé de noir, il tient dans sa main un pli portant l’inscription "Au Roy". Ce détail témoigne de l’importance de Germain Louis Chauvelin et de sa place privilégiée dans la société. Cet effet est accentué par l’attitude noble du personnage, et par le décor somptueux qui l’entoure.
Autre peintre représenté aux Augustins,Jean-Baptiste Oudry, peintre et graveur français du XVIIe siècle, fut le directeur de Académie de Saint-Luc après y avoir été admis à l’âge de 22 ans. Oudry fut nommé professeur en 1717 et fut admis à l'Académie royale de peinture la même année. Il est représenté dans les collections du musée des Augustins de Toulouse par le tableau de Louis XV chassant le cerf (1730) dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye. Ce tableau qui lui a été commandé par Louis XV en 1728, offre une précision impressionnante dans les détails. Ainsi, chaque personnage est traité comme un portrait à part entière et est parfaitement identifiable.
Élisabeth Vigée Le Brun était réputée pour être une grande portraitiste du XVIIIe siècle. Née à Paris elle est notamment reconnue pour avoir été le peintre attitré de la reine Marie-Antoinette d'Autriche à l’époque où sa famille était implantée en face du Palais Royal. Le Portrait de la baronne de Crussol (1785), est un cadeau pour la famille de Crussol, qui lui a permis d’émigrer à Rome sous la Révolution. La baronne de Crussol était l’épouse d’Henri-Charles-Emmanuel de Crussol-Florensac, lieutenant général des armées du roi. Portraiturée à mi-corps, de dos, son visage est cependant tourné vers le spectateur. Le peintre s’est appliqué à reproduire le texte et les notes de la partition que la baronne tient dans ses mains. Il s’agit de l’opéra de Gluck Écho et Narcisse, joué à Paris en 1797. De nombreuses références à la reine sont présentes notamment le fichu « à la Marie-Antoinette » et le fait que Gluck était le musicien préféré de la reine.
Louise Moillon est une artiste du XVIIe siècle, issue d’une famille de peintres protestants. Elle est spécialisée dans les natures mortes aux fruits. C’est l’une des femmes peintres françaises les plus célèbres. On compte plus d’une quarantaine de tableaux de l’artiste. Ils font partie de ses œuvres de jeunesse et ont donc été peints entre 1630 et 1640.
Son œuvre Fruits (ou Nature morte aux mûres) témoigne d’un raffinement et d’une simplicité qui lui sont propres. Cette toile représente un panier d’osier entouré de pêches, d’un abricot et d’une nèfle. Il contient des branches de mûrier et de framboisier chargées de fruits. Les couleurs sont restreintes et sobres, les motifs peu présents et la composition aérée.
L'école française compte également d'autres maîtres, notamment Philippe de Champaigne (quatre peintures dont Réception d'Henri d'Orléans, duc de Longueville, dans l'Ordre du Saint-Esprit et L'Annonciation),Valentin de Boulogne, Simon Vouet (Délivrance de saint Pierre), Sébastien Bourdon, Pierre Mignard, Jacques Stella (trois œuvres dont Le mariage de la Vierge et Sainte Famille), Jean-Baptiste Monnoyer (deux natures mortes), Jean Jouvenet (Le Christ descendu de la croix, 1714), Charles de La Fosse, Pierre Subleyras, Nicolas de Largillierre,Claude Joseph Vernet, Joseph-Marie Vien, Pierre-Henri de Valenciennes, ou encore Jean-Antoine Houdon pour la période allant du XVIIe siècle au XVIIIe siècle, avec une place importante accordée aux peintres toulousains et méridionaux, tels que Antoine et Jean-Pierre Rivalz, Nicolas Tournier (nombreuses peintures dont l'immense Bataille des roches rouges et Le christ porté au tombeau), François de Troy ou Joseph Roques (La Mort de Marat).
On retrouve également une belle collection de peintures du XIXe siècle et du XXe siècle, avec Toulouse-Lautrec (cinq toiles de cet enfant de la région appartiennent à la collection), Ingres, Antoine Jean Gros, Eugène Delacroix, Camille Corot, Gustave Courbet, Édouard Manet, Berthe Morisot, Vuillard, Amélie Beaury-Saurel et Maurice Denis.
École italienne
Toulouse est depuis la fin du XVIe siècle une ville catholique qui attire les artistes de toute l’Europe. De nombreux peintres italiens viennent donc y travailler.
La collection de peinture italienne du musée des Augustins n’est pas une collection mineure, même si elle ne présente pas un panorama complet de cette école.
Parmi les œuvres exposées au musée, on peut distinguer plusieurs périodes : quelques primitifs datant des XIIIe et XIVe siècles, ainsi que des tableaux plus tardifs dont certains appartiennent au courant baroque (du XVIe siècle).
Les peintres « primitifs » sont peu nombreux au musée des Augustins. Leurs peintures instaurent trois nouveaux principes : l’humanisation des personnages présentés, l’apparition de paysages et d’architectures complexes, et enfin le passage d’un style italo-byzantin à un style typiquement italien.
Un exemple d’œuvre de cette période est le Christ en croix avec l’orant du cardinal Godin, tempera (peinture à l’œuf) sur toile marouflée sur bois, anonyme, du début du XIVe siècle.
Ce Crucifix fut retrouvé dans la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse en 1847. On pensait pendant longtemps que ce panneau venait de cette église, mais il provient en réalité de l’ensemble conventuel des Jacobins. En effet, la cathédrale servait de dépôt durant la Révolution. Par la suite, l’œuvre fut transférée au musée Saint-Raymond à la fin du XIXe siècle, puis donnée aux augustins.
Le Crucifix est peint sur deux faces et est caractéristique de l’art florentin. En général, une face représente le Christ vivant, et l’autre face le Christ mort. Cependant, le Crucifix de Toulouse montre la même représentation des deux côtés : le Christ crucifié, du sang coulant de ses plaies, et le cardinal agenouillé priant à ses pieds.
Le Christ en Croix, la Vierge, saint Jean et sainte Madeleine, de Neri di Bicci est un autre exemple d’œuvre de cette période.
Cette œuvre est le réemploi d’une œuvre antérieure, un Christ en Croix de Lorenzo Monaco. Croyant en ses vertus miraculeuses, ou par respect pour l’œuvre antérieure, Neri di Bicci a peint son œuvre autour de la Croix déjà existante. La tête de mort peinte à la base du crucifix représente le crâne d’Adam. En effet, la Croix du Christ aurait été dressée à l’endroit où Adam est mort. La présence de son crâne est le symbole de la descente du Christ aux Enfers afin de permettre le salut de toute la race d’Adam, c’est-à-dire de toute l’humanité.
L'œuvre fut achetée par l’archéologue Alexandre Du Mège pour le musée des Augustins.
L’une des pièces maîtresses du musée datant de la Renaissance est le panneau d’un grand retable peint par Pietro di Cristoforo Vannucci dit Le Pérugin et datant du XVIe siècle. Le Pérugin a eu notamment comme élève un autre peintre célèbre de la Renaissance italienne, Raphaël.
Le panneau conservé au musée des Augustins, intitulé Saint Jean l’Évangéliste ( ?) et saint Augustin, appartenait à un retable qui a été disloqué et éparpillé en Europe et aux États-Unis. Il représente deux personnages monumentaux sur un fond de paysage clair. Le personnage de droite est sans nul doute saint Augustin, évêque de Carthage, alors que le personnage de gauche n’a pas été formellement identifié. Il pourrait s’agir de saint Jean l’Évangéliste, ou bien de saint Philippe.
Après la Renaissance, le courant baroque s’installe en Europe. Le terme baroque vient du portugais barroco qui signifie « perle irrégulière ». Ce courant artistique suppose donc une idée d’irrégularité. Le terme « baroque » est utilisé pour décrire la période et l’art pour la première fois au milieu du XIXe siècle par un historien suisse. Le courant baroque, entre les années 1580 et 1720 environ, réunit différents styles mais s’inscrit dans la lutte contre le protestantisme et la pensée luthérienne en Italie. Il touche tous les arts et est caractérisé par la surcharge, l’exubérance, la grandeur, les effets dramatiques. En effet, la peinture doit alors montrer la grandeur de Dieu par des effets impressionnants, éblouissants. Les attitudes et les expressions des personnages reflètent leurs sentiments. La religion est exacerbée. Au début du XVIIIe siècle, le baroque devient rococo.
La Gloire de tous les Saints, de Giovanni Francesco Barbieri dit Le Guerchin et datant du milieu du XVIIe siècle est l’une de ses compositions les plus ambitieuses, comportant le plus grand nombre de figures. Le tableau représente les saints protecteurs de la ville de Modène, avec une lumière et des couleurs vives. On peut y voir sur le registre supérieur Jésus au centre, ainsi que Dieu, Marie, Joseph et un groupe d’anges. Le registre inférieur montre saint François d’Assise au centre, saint Géminien, saint Pierre, saint Paul et saint Jean-Baptiste à droite, et enfin saint Sébastien, saint Grégoire, saint Jérôme et saint Étienne à gauche.
Apollon écorchant Marsyas de Guido Reni est une autre des œuvres de l’époque baroque exposées au musée. Cette peinture représente une scène issue de la mythologie grecque : le dieu Apollon écorche Marsyas qui l’a défié à la flûte. Le peintre a réalisé son œuvre en opposant ces deux personnages. En effet, Marsyas a le visage déformé par la douleur, alors qu’Apollon est serein. On note par ailleurs une opposition entre Marsyas et Apollon par la couleur de leurs corps : en effet, Marsyas a la peau dorée et Apollon a la peau blanche, montrant sa divinité.
On notera pour finir des œuvres de Jacopo Zucchi, Bernardo Strozzi, Giuseppe Maria Crespi, Carlo Maratta, Gioacchino Assereto, Giovanni Battista Gaulli dit Baciccio, Antonio Verrio, Francesco Solimena (Portrait de femme) et Francesco Guardi.
École espagnole
Il faut remarquer des œuvres d'artistes tels que Bartolomé Esteban Murillo, qui a notamment peint San Diego de Alcala de Henares en extase devant la croix (toile provenant du couvent des franciscains de Séville).
Écoles du Nord (Flandres, Pays-Bas)
La peinture hollandaise au musée des Augustins est présentée depuis l’ouverture du musée en 1795 et a été constituée grâce à différentes saisies, dons, legs épars de particuliers, ou les dépôts des différents gouvernements. Mais la constitution du fond de peintures hollandaises et flamandes, vient essentiellement des legs de Pierre Maury, grand amateur d'art, qui légua tous ses biens à la ville de Toulouse.
La collection présente au musée des Augustins est surtout constituée de peintures intimistes, natures mortes, de scènes délicates, de paysages larges et lumineux. On remarque une certaine diversité dans cette collection, contenant peu d’œuvres mais qui présente aujourd’hui des exemples de nombreux courants de la peinture hollandaise et illustre tous les genres.
Au Moyen Âge les sujets de la peinture hollandaise sont essentiellement religieux, alors qu’à partir du XIVe siècle, ce sont des sujets laïques qui prédominent. A la même époque un souci de naturalisme se manifeste : des plantes, des animaux s’introduisent dans la peinture. Apparaissent ensuite des éléments d’architecture et des objets familiers, ainsi que beaucoup de genres, des peintures d’histoire, portraits, paysages et nature mortes. À partir du XVIe siècle, dans les anciens Pays-Bas apparurent de nouveaux thèmes : joyeuses compagnies, « pique-nique », « scène de bordel », tabagies, petits déjeuners, etc.
La collection du musée des Augustins est en partie dominée par la peinture de paysage, on y trouve deux paysages de l’école de Haarlem mais aussi trois exemples de vues « rhénanes ». Quelques exemples de peinture historique illustrent différentes formes de l’influence de Rembrandt sur la peinture hollandaise, d’autres formes de la peinture d’Histoire sont représentées par quelques exemples significatifs : le maniérisme de Haarlem, la peinture issue du caravagisme d’Utresht, le paysagisme historique à l’italienne, l’art des fijnschilder. On y trouve également des « Bamboccianti jouant à la morra (jeu de mourre), ainsi que des peintures du flamand P. van Bloemen.
Le genre du portrait ne compte que trois exemples qui illustrent trois tendances différentes : l’art sobre et réaliste de Mierevelt, le portrait baroquisant d’influence flamande de Nicolas Maes et la peinture aristocratique et glacée.
Les tableaux hollandais sont complétés par des œuvres flamandes de petits formats et sont regroupés par genre, tous intéressants.
Les tableaux présents dans l’église du musée des Augustins sont Le Christ entre deux larrons de Pierre Paul Rubens et Le Martyre de saint Jacques de Thomas Willeboirts Bosschaert. Des œuvres sont également présentes dans le salon vert du musée comme Serpent, grenouille et papillons d’Otto Marseus van Schrieck, Tête de vieillard de Pieter Verelst, Le Christ présenté au peuple de Wenzel Coebergher, L’Humanité avant le déluge de Cornelis Cornelisz, Nature morte de fruits avec coupe d’argent de Pieter II van der Bosch.
L’Humanité avant le déluge, de Cornelis Cornelisz
Cette peinture hollandaise a été réalisée par Cornelis Cornelisz, dessinateur maniériste (dit Cornelis Cornelisz). Il est considéré comme l’un des plus brillants représentant du maniérisme haarlémois.
Ce tableau date du XVIIe siècle (1615), c’est une huile sur bois. Le sujet représenté ici est une scène biblique puisqu’on y trouve l’arche de Noé.
Les différents tableaux regroupant les images d’assemblées de personnages nus ou courts vêtus dans la Hollande de la fin du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle sont souvent titrées l’Enfant prodige, Joyeuse Compagnie, L’Âge d’or, Banquet des dieux ou Bacchanale. Concernant l’œuvre de Cornelisz, seule l’arche de Noé permet d’identifier le sujet. Le pendant de la peinture représente l’humanité attendant le Jugement dernier.
En 1908, E. Roschanch remarque la silhouette de l’Arche de Noé, à l’horizon. C’est à ce moment précis que le tableau prend son titre actuel, L’Humanité avant le Déluge après avoir eu plusieurs titres comme « Les intempéries du jeune âge » qui lui avait été donné par Charles Blanc.
On trouve dans l’œuvre de Cornelis Cornelisz les représentations du péché originel, ou bien celle plus tourmentées de Caïn tuant Abel et du Déluge. Cette scène biblique a des accents mythologiques, elle mêle au Déluge de Noé les souvenirs de celui de Deucalion et Pyrrha et lui donne un aspect de banquet des dieux. La musique qui est l’un des éléments de ce sujet suscite l’intérêt de Cornelis dans ce tableau c’est pourquoi il représente avec précision les instruments (à gauche : une basse de procession à hautes éclisses et une lyra da bracio, avec un luth au centre).
Ce tableau présente des nudités héroïques dans des poses académiques (ces nudités sont répétées d’un tableau à l’autre chez le peintre.)
Ce pseudo-classicisme s’accompagne d’une luminosité claire et de tons variés mais modérés, les couleurs sont agréables ce qui donne notamment dans le ton bleuté une tonalité irréaliste, comme intemporelle.
Avant le Déluge, les hommes vivaient dans le péché et l’oisiveté. Ce sujet très fréquent dans la peinture des Pays-Bas s’impose comme l’envers du thème de l’Âge d’Or, dont il reprend une partie de l’iconographie. Cornelis l’a traité à plusieurs reprises avec la même élégance et avec la même technique picturale raffinée sur bois, dans Les Noces de Thétis et Pélée datant de 1594 (musée de Saint-Pétersbourg) ou bien Le tableau de Douai qui représente la même composition que L’Humanité avant le Déluge avec moins de personnages.
On retrouve aussi deux tableaux qui représentent la même composition que L’Humanité avant le déluge où l’arche est particulièrement visible l’une datant de 1629 qui est à Fort Worth l’autre datant de 1632 qui est à Singerewald (Suisse). Mais l’exemplaire des Augustins reste une œuvre très importante du peintre.
Le Martyre de saint Jacques, de Thomas Willeboirts Bosschaert
Initialement, ce tableau flamand de l’artiste Thomas Willeboirts Bosschaert était appelé Martyre d’un chrétien. Il a été conçu à Bruges au milieu du XVIIe siècle. Cette huile sur toile provient du maître-autel de l’église Saint-Jacques de cette ville et représente une scène biblique. Le musée des Augustins l’a acquis en 2004.
Largement influencé par le style de Pierre-Paul Rubens et d’Antoine Van Dyck, Le Martyre de saint Jacques est également une peinture baroque. Le baroque est un style qui naît en Italie aux XVIe etXVII sièclees et se répand rapidement dans la plupart des pays d’Europe. Il touche tous les domaines artistiques : sculpture, peinture, littérature, architecture, théâtre et musique. Il se caractérise par l’exagération du mouvement, la surcharge décorative, les effets dramatiques, la tension, l’exubérance et la grandeur parfois pompeuse.
Se remarque ici une impression de mouvement : tous les personnages semblent s’animer. Tous les corps bougent. La vie semble en sortir. Cependant, on peut reconnaître une scène dramatique marquée par le jeu des lumières et la mise en scène théâtrale qui mettent en avant saint Jacques, ses bourreaux et les anges présents à l’arrière-plan à gauche. On assiste à une véritable mise en scène : les anges portent la palme du martyre à saint Jacques, un chien devant l’homme destiné à mourir, etc.
Le Martyre de saint Jacques n’est pas la seule œuvre du peintre. On trouve aussi : Maurice et Fréderic de Nassau à la bataille de Niewport en 1600 (musée du Louvre , département des peintures), La Charité (musée des beaux-arts de Rouen), Flore et amours avec des fruits et des guirlandes de fleurs (musée du Louvre), Le Couronnement de la Vierge (palais des beaux-arts à Lille), Renaud et Armide (musée du Louvre), Les Parques et le temps (musée de Grenoble), La Mort de Pyrame et Thisbé (Musée d'art Roger-Quilliot, Clermont Ferrand).
Serpents, grenouilles et papillons auprès d’un rocher, d'Otto Marseus van Schrieck
Dans son tableau, Otto Marseus Van Schrieck décrit tout un ensemble d’animaux inquiétants et agressifs comme les reptiles, les batraciens ou encore les insectes, associés à des motifs de végétaux. La plupart de ses tableaux représentent des paysages sombres, des lieux humides avec un arrière-plan qui s’ouvre sur une clairière, un paysage.
Le réalisme des animaux vient du fait que Van Schrieck en gardait chez lui des tiroirs entiers de petits insectes morts. Il élevait aussi des reptiles et des insectes. Les scènes représentées par Marseus sont irréalistes : en effet, il peint des insectes au plus proche du réel mais dans un paysage qui n’existe pas.
Le sentiment qui domine est celui de la mort, rendue présente par l’instinct de tueurs et de prédateurs des animaux présents dans le tableau. Serpents, grenouilles et papillons auprès d’un rocher met en scène la lutte de l’âme contre la mort : le papillon représente l’âme humaine insouciante et passive, victime du crapaud, symbole de la mort et du péché.
Le musée possède une collection de tableaux de peintres hollandais et flamands comme Rubens, Antoon Van Dyck, Pieter Coecke van Aelst, Cornelis Cornelisz van Haarlem, Jan Bruegel l'ancien, Jacob Jordaens, Gaspard de Crayer, Matthias Stom, Willem van Aelst, Aelbert Cuyp, ou Gérard de Lairesse.
Sculpture
Sculpture romane
Le musée des Augustins conserve une des collections les plus riches au monde en matière de chapiteaux et sculptures de l'époque romane (XIIe siècle). Ces fonds proviennent des trois principaux édifices religieux de Toulouse de cette période : le prieuré de Notre-Dame de la Daurade, la basilique Saint-Sernin et la cathédrale Saint-Étienne.
Basilique de la Daurade
Les œuvres romanes de l’église de la Daurade ont été sculptées de trois façons différentes et par trois ateliers : le premier atelier qui marque le début de l’art roman et qui intervient de 1100 à 1110 ; le second qui travaille de 1120 à 1130, et le troisième qui œuvre de 1165 à 1175. Du premier atelier, visiblement de formation moissagaise, huit chapiteaux appartiennent à la collection romane du Musée. Il s’agit de représentations simplifiées de figures petites et trapues, où domine la forme ovoïde du visage. Elles sont statiques, le plus souvent frontales et se dégagent en fort relief du fond nu. Parmi eux Le Festin d’Hérode, Daniel dans la fosse aux lions ainsi que La Danse de Salomé.
Les sculptures qui proviennent du second atelier correspondent à 19 chapiteaux dont 12 historiés sur le thème de la Passion du Christ réunissant les épisodes bibliques allant du Lavement des pieds à la Pentecôte. Cet atelier fait ressortir plus de détails : c’est la période de maturité de la sculpture romane avec des scènes plus dynamiques et spirituelles qui produisent une intensité émotionnelle et dramatique. Parmi eux La Victoire sur Satan, La Descente du Christ aux Enfers, L'Arrestation du Christ, Le Lavement des pieds ainsi que La Résurrection du Christ.
Enfin du troisième atelier sont exposées au Musée six statues-colonnes, sept reliefs et les chapiteaux-frises qui les surmontent. Les thèmes et les personnages sont principalement des rois, des reines et des prophètes difficilement identifiables. Les thèmes principaux correspondent aux nouvelles réflexions théologiques et en particulier au Nouveau Testament. Le troisième atelier concilie l'ouverture vers le premier art gothique tout en gardant des formes romanes. Sont surtout représentés des ornements et les animaux comme dans La Chasse à l’Ours. On compte aussi parmi eux L’Histoire de Job et Le Roi David accordant sa Harpe.
Basilique Saint-Sernin de Toulouse
La basilique Saint-Sernin, commencée vers 1070, est un chef-d’œuvre de l’art roman qui voit se succéder deux campagnes artistiques : La première, en 1120, est celle qui a laissé inachevé le portail occidental de la basilique. Son style le rapproche de l'art du portail des Orfèvres de Saint-Jacques-de-Compostelle. On retrouve au musée Le Signe du Lion et le Signe du Bélier qui est un haut-relief en marbre qui se trouvait probablement sur un pilier du bras sud du transept, à la porte des Comtes. Ce haut-relief représente deux femmes qui tiennent un lion et un bélier et l’on pense que ce sont des représentations des signes du zodiaque.
La deuxième est celle que l’on peut qualifier d’invisible puisque le cloître construit vers 1120-1140, fut détruit durant le début du XIXe siècle. Ce cloître se situait au nord de la basilique Saint-Sernin à la place de l’actuelle place Saint-Sernin. 13 des chapiteaux qui ornaient ce cloître représentaient principalement des monstres ou des animaux (comme Oiseaux dans des lianes, l’un des 19 chapiteaux qui ont pu être sauvés. C’est un bas-relief en pierre comme la plupart de ces chapiteaux). D’autres sculptures étaient murales comme L’Annonciation, qui date du XIIe siècle.
Cathédrale Saint-Étienne de Toulouse
Il ne reste que très peu de vestiges du cloître de la cathédrale Saint-Étienne. On estime à 96 le nombre de chapiteaux qui ornaient cet immense édifice et seulement sept ont été retrouvés. Parmi eux La Mort de saint Jean-Baptiste, œuvre du style de Gilabertus, maître de la sculpture toulousaine du XIIe siècle. On a aussi retrouvé huit bas-reliefs qui représentent le collège apostolique, on pense qu’ils ornaient la salle capitulaire de l’église. Deux d’entre eux sont aussi des œuvres du célèbre artiste Gilabertus (cette signature se trouvait sur le chapiteau), soit saint André et saint Thomas.
Sculpture gothique
Ce fonds, faisant part belle à la production régionale entre le XIVe et XVe siècle, rassemble de nombreuses sculptures issues de la chapelle de Rieux (Notre-Dame de Grasse, et les œuvres du maître de Rieux), construite vers 1340 au couvent des Cordeliers. De ce couvent, le musée des Augustins conserve également les gargouilles exposées dans le cloître.
Sculpture de la Renaissance
On peut y découvrir un ensemble remarquable — et unique — de huit personnages en terre cuite datant du XVIe siècle et attribué à Jean Bauduy.
Sculptures du XIXe et XXe siècle
Après avoir été le privilège de l'Église et des princes, la sculpture du XIXe siècle se démocratise. Son essor est facilité par de très nombreuses commandes publiques. En toile de fond, il y a la transformation urbaine, la sécularisation de la société et le développement d'une bourgeoisie fortunée avec son goût pour la statuaire des monuments funéraires et pour les petites pièces en bronze. Les commandes de l’État sont accompagnées de vastes programmes d’urbanisme où la sculpture tient lieu d’ornement sur les principaux monuments, les espaces publics et les cimetières. La sculpture du XIXe siècle est remarquable par sa richesse et la diversité de ses sujets, de ses techniques, l'ampleur de ses réalisations.
Toulouse, comme beaucoup d’autres villes, fût marquée par les grands projets d’urbanisme et le développement de sculptures commémoratives ou funéraires au XIXe siècle. Pour le XIXe siècle, le musée des Augustins conserve un fonds tout à fait remarquable de par son ampleur et la qualité de ses sculptures. L'école toulousaine, qui s'est formée autour de la personnalité de son chef de file, Alexandre Falguière, à l'École des beaux-arts de Paris, est évidemment particulièrement présente.
Le musée présente, dans l’escalier monumental Viollet-le-Duc (1882), des chefs-d’œuvre de sculpteurs toulousains. À ces sculptures s’ajoutent des bustes d'Auguste Rodin et de Camille Claudel présentés dans le Salon Rouge.
Plâtre original
Le XIXe siècle est marqué par l’apparition d’une technique de reproduction d’œuvres : le « plâtre original », premier tirage réalisé à l’aide du moulage de l’œuvre de l’artiste. Il occupe une position médiane : souvent unique, il est le support de la reproduction en bronze ou en marbre de l’œuvre. Le musée des Augustin recèle nombre d’œuvres en plâtre, bronze ou marbre et plâtres originaux, comme David vainqueur de Goliath d’Antonin Mercié (1870), élève d'Alexandre Falguière.
Les courants du début XIXe siècle
Le XIXe siècle est marqué, dans la sculpture, par le néoclassicisme. Apparu à la Renaissance mais surtout utilisé au XIXe siècle, le néoclassicisme, qui signifie « inspiré de l'Antique », s'est développé à la fin du XVIIIe siècle dans un contexte de découvertes archéologiques. Dans le domaine de la sculpture, c’est la recherche de la beauté idéale avec ses nudités héroïques et ses drapés à l'antique. Le néoclassique ne s’achèvera, pour la sculpture, qu’au milieu du XIXe siècle.
Alexandre Falguière (1831-1900) – Un sculpteur majeur de la IIIe République.
Diplômé des Beaux-Arts de Paris, Alexandre Falguière est considéré comme un sculpteur majeur de la IIIe République. Très attaché à l’art antique, le jeune sculpteur réalise sa principale œuvre de jeunesse, le Faune à la grappe.
Plus tard, Alexandre Falguière choisit de traiter un sujet totalement différent et moralisateur inspiré d’un roman de l’archevêque de Westminster et réalise Tarcisius martyr chrétien en 1868. Tarcisius est un jeune chrétien qui fut pris au piège par des païens alors qu’il portait l’eucharistie à des martyrs lyonnais condamnés à être livrés aux fauves. Il fut lapidé pour avoir voulu sauver l’hostie de la profanation.
Au contraire de nombreux sculpteurs de son époque, Alexandre Falguière s’appliqua à converser la tradition des sujets mythologiques tout en y ajoutant une touche de réalisme. Par exemple, il choisit de réaliser une Nymphe chasseresse en s’appuyant sur les traits physiques des femmes de son époque et non de celles de l’Antiquité. C’est pourquoi cette nymphe chasseresse, probablement au service d’Artémis, est représentée avec des rondeurs et des cheveux courts et ondulés, caractéristiques de la mode de l’époque.
De même, la sculpture de Junon ou La Femme au paon est en rupture avec l’art antique, car cette femme est représentée avec une expression plus intériorisée et une étrangeté « fin de siècle » qui rappelle le courant symboliste. Cet artiste reconnu, n’hésita pas à se mesurer à Auguste Rodin, le plus grand sculpteur de son temps, avec son Monument à Balzac.
Vers 1820, les jeunes artistes tentent de se détacher du style « antique » et de ses règles trop contraignantes pour aller vers un mouvement plus naturaliste et romantique. La période romantique sera très courte (20 ans). Ce courant est caractérisé par l’attention à l’individu et aux passions, ainsi qu’à la littérature et l’histoire nationale. Certains artistes, encore non détachés du culte de l’Antiquité classique, feront des œuvres d’inspiration antique avec une approche naturaliste et la représentation de la nudité. Certaines œuvres comme Chloris caressée par Zéphir (1849, James Pradier) sont présentes dans les collections du musée.
James Pradier (1790-1852), Chloris caressée par Zéphir, 1849.
James Pradier est considéré comme l’un des artistes les plus à la mode sous le règne de Louis-Philippe. Son principal chef-d’œuvre en marbre, Chloris caressée par Zéphir, a été réalisé en 1849. Ce marbre est l’illustration même du thème qui s’impose dans les arts français au milieu du siècle : le renouveau sensuel. C’est pourquoi Chloris est représentée ici en train de se faire dévêtir par Zéphir, dieu du vent et amant invisible, tout en succombant à la tentation de ses caresses.
Bernard Lange Philopoemen à Sellasie, 1892.
Bernard Lange quitte sa ville natale pour Rome puis part s’installer à Paris où il rencontre David et Canova. Inspiré par les Vies parallèles de Plutarques, il réalise la sculpture Philopoemen à Sellasie. Cette sculpture montre le courage du jeune guerrier achéen Philopoemen face aux troupes Spartes lors de la bataille de Sellasie. Au cours de la bataille un javelot lui transperça les deux cuisses, il l’arracha de ses chairs, poursuivit le combat et mit en fuite ses ennemis. La sculpture du héros est placée sur un piédestal orné d’un médaillon représentant le sculpteur. Cette œuvre est représentative de l’art antique de par la nudité du guerrier, ses proportions idéales et l’utilisation du marbre.
Les courants de la moitié XIXe siècle
- La naissance de l’éclectisme, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, est la confrontation des aspirations où genres, styles et sources multiples se côtoient et se marient. Pendant la deuxième Empire et la première décennie de la République, le développement d’une production sculptée éclectique et abondante se poursuit. Au musée des Augustins, des œuvres de Laurent-Honoré Marqueste viennent illustrer cette période éclectique.
La transition vers le XXe siècle
Un nouveau courant artistique va séduire certains sculpteurs : le mouvement impressionniste. C’est une forme d’art qui consiste à représenter les êtres et les choses d’après ses propres impressions sans se préoccuper des règles générales. Les sculpteurs vont s’orienter vers le style impressionniste et donner naissance à une sculpture épurée aux surfaces qui accrochent et retiennent la lumière. C’est ainsi que naissent les grands courants artistiques de l’art moderne comme le Fauvisme, le Cubisme, l’Abstraction et le Surréalisme.
La suite de Falguière
Alexandre Falguière fut une référence pour les toulousains, ces sculpteurs méridionaux partis étudier à Paris. Certains furent même ses élèves à l’exemple d’Antonin Mercié (1845-1916), qui aborda la Bible au travers de sa sculpture David vainqueur de Goliath en dotant son personnage, concentré sur le combat, de cette grâce juvénile et ambiguë des figures adolescentes caractéristique de la Renaissance florentine. Sous la IIIe République, il mit tout son talent à la valorisation des monuments publics à la gloire de la patrie et de ses grands Hommes. C’est ainsi que sa Gloria Victis exposée au Salon de 1874, ou encore Quand même, devinrent un modèle illustrant la mémoire de la résistance héroïque de la ville face à l’envahisseur prussien, pendant le siège de 1870.
Une œuvre devenue « culte » : Le Cauchemar
Eugène Thivier (1845-1920) est un sculpteur parisien peu connu qui se rapproche du courant symboliste. Le Cauchemar, est une sculpture allégorique, représentant une femme nue et allongée, en proie à un cauchemar. Cependant, le thème du rêve est surtout le prétexte à un nu féminin voluptueux, tout en conservant l’esprit fin de siècle à la fois morbide et érotique ; comme le démontre Freud dans ses théories : le cauchemar est inconscient, il « n’est qu’une variété de rêves » dans lesquels s’affrontent désirs et pulsions refoulées qui ne cherchent qu’à être satisfaits.
Au XXe siècle, la sculpture toulousaine poursuit son évolution
En effet, nous constatons à nouveau un profond intérêt pour la sculpture antique dans l’Entre-deux-guerres. Comme nous pouvons le voir dans la sculpture Hercule enfant de Sylvestre Clerc, nous retrouvons des caractéristiques de l’art antique : la vigueur du jeune héros, fils de Jupiter et de la mortelle Alcmène. Cette sculpture est l’illustration même de la force surnaturelle dont Hercule a fait preuve en étouffant les serpents envoyés par la déesse Junon (épouse bafouée de Jupiter) afin de tuer le demi-dieu dans son berceau.
Deux artistes de la vie moderne…
Auguste Rodin (1840-1917), Buste de Jean-Paul Laurens, vers 1882.
Ce buste est caractérisé par une rupture de la frontalité symétrique visible par un léger mouvement des épaules. Le style naturaliste choisi par Auguste Rodin est illustré par un profond intérêt pour les détails morphologiques. Ce buste réalisé vers la fin du XIXe siècle marque un tournant crucial dans l’art d'Auguste Rodin. Il développe un intérêt pour la notion de différence dans un traitement des œuvres plus énergique. Lorsqu'Auguste Rodin est accusé d’avoir moulé sur nature L’Âge d’airain, son ami Laurens, représenté à sa demande, lui témoigne son soutien : ce buste est donc une réelle preuve d’amitié.
Camille Claudel (1864-1943), Buste de Paul Claudel, modelage vers 1884 – fonte en 1895.
Ce buste est la représentation du frère cadet de l’artiste à l’âge de seize ans représenté sous l’apparence d’un jeune Romain, enveloppé dans un drapé. L’aspect lisse du visage marque une rupture avec les plis de sa tunique qui laisse deviner le corps. Cependant, de par la fluidité et la souplesse de ses lignes, ce buste rappelle ceux de la Renaissance florentine. Grâce à l’expression donnée au visage on peut même lire l’ambition et l’énergie qui se dégagent du personnage. Ce buste a servi de modèle à quatre autres bronzes.
Notes et références
- Notice no PA00094510, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
Sources
- Musée des Augustins Guide des collections : Peintures et sculptures du Moyen Âge au XXe siècle, vol. 1, Musée des Augustins, 1998, 118 p. (ISBN 2-901820-24-7)
- Musée des Augustins Guide des collections : Sculptures romanes, vol. 2, Musée des Augustins, 1998, 110 p. (ISBN 2-901820-25-5)
- Musée des Augustins Guide des collections : Sculptures gothiques, vol. 3, Musée des Augustins, 1999, 111 p. (ISBN 2-901820-27-1)
- Musée des Augustins Guide des collections : Peinture et sculpture XVIe-XVIIIe siècle, vol. 4, Musée des Augustins, 1999, 111 p. (ISBN 2-901820-28-x)
- Axel Hémery, La Peinture italienne au musée des Augustins, Musée des Augustins, 2003, 224 p. (ISBN 2-901820-32-8)