Massacre de Wassy
Le massacre de Wassy désigne l'échauffourée survenue le 1er mars 1562 à Wassy au cours de laquelle une cinquantaine de protestants furent tués par les troupes du duc de Guise.
Cet évènement constitue un évènement majeur des guerres de religion car il marque une étape essentielle dans le processus de déclenchement de la guerre civile.
Le massacre de Wassy intervient six semaines après la signature de l'Édit de Janvier par lequel le roi autorisait les protestants à se rassembler publiquement à l'extérieur des villes pour célébrer leur culte.
Le 1er mars, François de Guise, chef charismatique des catholiques, se rendant à Paris, passe avec son escorte à Wassy, en Champagne. Il apprend qu’une assemblée de protestants se tient dans une grange située à l'intérieur de la ville, ce qui constitue une entorse à l'édit de janvier. Envoyés sur place, ses émissaires reçoivent de la part des protestants un mauvais accueil. L’altercation dégénère en violence, les insultes et les pierres pleuvent sur les troupes de Guise. Arrivé entretemps sur les lieux, le duc est lui-même touché. L’assaut de la grange par ses troupes dégénère en massacre. Il fait chez les protestants une cinquantaine de morts, dont des femmes et des enfants, et environ cent-cinquante blessés.
Comme elle implique la responsabilité personnelle du duc François de Guise, ennemi du parti protestant, la nouvelle du massacre suscite aussitôt une immense émotion. Si François de Guise parle dans ses lettres, d’un accident, dans chaque camp, les partisans de la guerre se persuadent au contraire d'une préméditation de sa part et se croient autorisés à lancer la lutte ouverte. Le massacre de Wassy fit l’objet dans chaque camp, d’une importante récupération politique. Jusqu’au XXe siècle, il anima la controverse entre historiens catholiques et protestants.
Bibliographie
- Noël Valois, « Wassy » in Annuaire-Bulletin de la Société de l'Histoire de France, Paris, 1913, [lire en ligne], p. 189-235.