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Marie (mère de Jésus)

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Page d'aide sur l'homonymie - Wikipedia Orange Cet article traite de Marie (mère de Jésus). Pour un angle de vue spécifiquement musulman, voir Maryam (mère de Îsâ).
Page d'aide sur l'homonymie - Wikipedia Orange Pour les articles homonymes, voir Marie.
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Giotto, Vierge à l'enfant (v. 1320)

Marie, en grec Μαριαμ, Mariam, en araméen Maryam, en hébreu Myriam מרים, fille juive de Judée, est la mère de Jésus de Nazareth. Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place spéciale à Marie, qu'elles appellent Sainte Vierge, Notre Dame (plus souvent chez les catholiques) ou Mère de Dieu (plus souvent chez les orthodoxes), et qui est l'objet d'une dévotion particulière.

De nombreuses interprétations sur l'étymologie de ce nom ont été données, mais à ce jour aucune ne s'est imposée. La racine égyptienne m.r.y (= aimer) semble pourtant crédible.

Une autre très courante également est : « noble, élevée ». En revanche, il convient de tenir pour purement poétique l'explication par l'hébreu mar yam (« goutte de la mer »), latinisé en stilla maris, lui-même devenu Stella maris (« Étoile de la mer »).

Sommaire

Marie dans la tradition chrétienne

Marie dans le Nouveau Testament

Les Évangiles de Matthieu et Luc rapportent l’Annonciation, c’est-à-dire l’annonce par l’ange Gabriel à Marie puis à Joseph à qui elle était fiancée, de la conception virginale de Jésus, le récit de Luc donnant plus de place à Marie, alors que c’est l’inverse dans celui de Matthieu[1].

L'évangéliste Jean ,s'il cite plusieurs fois la mère de Jésus, ne la cite jamais par son nom mais seulement par "la mère" .

Les textes évoquent ensuite la Présentation au Temple pour accomplir le rite de rachat du premier-né. Syméon prophétise qu'elle connaîtra la douleur (Lc 2, 21-35). Plus tard se produit l’épisode de la disparition de Jésus à l’âge de douze ans (Lc 2, 41-51), lors de la montée annuelle au Temple de Jérusalem : alors que ses parents repartaient pour Nazareth, l'enfant était resté dans le Temple pour discuter avec les docteurs de la loi.

Marie apparaît à nouveau quand Jésus assiste aux Noces de Cana (Jn 2, 1-11), puis une fois où elle était à sa recherche alors qu’il enseignait (Mc 3, 31-35), enfin au moment de la crucifixion. Son fils la confie avant de mourir à son disciple préféré Jean.

« Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. »

— Jn 19, 25-26

Elle se trouve parmi les disciples lors de la Pentecôte (Ac 1, 14).

Les traditions postérieures au Nouveau Testament concernent la suite de sa vie ainsi que sa mort à Éphèse.

Marie dans les « apocryphes »

La vie terrestre de Marie dans de très nombreux textes qui ont été déclarés apocryphes par les autorités de l'Eglise latine (centré autour de l'Eglise de Rome), entre le IIIe siècle et le VIe siècle. La liste des textes apocryphes n'est pas la même dans les différentes chrétiennes. Par exemple, La nativité de Marie souvent appelé le Protévangile de Jacques n'est pas considéré comme apocryphe dans les églises orientales et en particulier dans la tradition orthodoxe.

Un apocryphe, a récemment été cité par Jean-Paul II, La Dormition de Marie. Il relate les derniers jours de Marie. Sa mort et son inhumation à Ephèse, puis son transport jusqu'à Jérusalem dans le jardin de Gethsémani, puis son ascension.

De très nombreux autres textes apocryphes anciens existent.

Marie pour l'islam

Article détaillé : Maryam.

Maryam, Mariam ou Meryem (en arabe : مريم‬), est le nom de la mère de Îsâ, la prononciation de Jésus en arabe Jésus et en hébreu. Elle est considérée comme vierge dans le Coran, dédiée a Dieu des sa naissance, jamais fiancée ou mariée (mais seulement protégée et guidée par Joseph). Le christianisme professe la conception miraculeuse de Jésus (ou Îsâ) par l'intervention du Saint Esprit Gabriel. Le Coran vient confirmer cette croyance, contredisant ainsi l'avis des rabbins véhiculé dans le talmud. Marie est citée plus de fois dans le Coran que dans la Bible, et une sourate porte son nom. Il s'agit de la sourate 19. Le prophète Mahomet la décrit comme étant l'une des rares femmes ayant atteints le degré de "perfection", à travers sa dévotion intense a Dieu, et sa patience lors de l’épreuve de l'enfantement miraculeux, que sa communauté accueillera par la suspicion et l'accusation.

La famille de Maryam

Le Coran fait référence à Maryam comme faisant partie de la maison d'Imran (en hébreu Amram). Maryam est la fille d'Imran [2], dont le nom a été donné à une sourate "la famille d'Imran" dans le Coran [3]. Celui-ci est considéré par les musulmans comme l'un des hommes vertueux présents à Jérusalem à cette époque. La femme d'Imran [4], la mère de Maryam, porte le nom de Hannah (l'équivalent arabe d'Anne), fille de Fanqudh [5]. Elle est également honorée par les musulmans comme femme très vertueuse. L'histoire de la consécration de Marie à Dieu des sa naissance est parfaitement claire dans les versets 33 a 37 de la sourate 3 Al Imran:

Certes, Allah a élu Adam, Noé, la famille d'Abraham et la famille d'Imran au-dessus de tout le monde. (33) En tant que descendants les uns des autres, et Allah est Audient et Omniscient. (34) (Rappelle-toi) quand la femme de Imran dit: «Seigneur, je T'ai voué en toute exclusivité ce qui est dans mon ventre. Accepte-le donc, de moi. C'est Toi certes l' Audient et l'Omniscient. (35) Puis, lorsqu'elle en eut accouché, elle dit: «Seigneur, voilà que j'ai accouché d'une fille» or Allah savait mieux ce dont elle avait accouché! Le garçon n'est pas comme la fille. «Je l'ai nommée Marie, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre le Diable, le banni». (36) Son Seigneur l'agréa alors du bon agrément, la fit croître en belle croissance. Et Il en confia la garde à Zacharie. Chaque fois que celui-ci entrait auprès d'elle dans le Sanctuaire, il trouvait près d'elle de la nourriture. Il dit: «O Marie, d'où te vient cette nourriture?» - Elle dit: «Cela me vient d'Allah». Il accorde certes la nourriture à qui Il veut sans compter. (37)

Arbre généalogique

   'Îmran Joachim    Îsâ - Jésus;
     Maryam - Marie 
 (Hannah) Anne ° 
 Élisabeth ° 
     Yahyâ - Jean le Baptiste 
   Zacharie 
 ° Personnage non cité par son nom dans le Coran

Le récit de Maryam

Maryam est fréquemment citée dans le Coran, aussi bien dans des versets mecquois que médinois. Il est surtout question d'elle dans les sourates 3 et 19.

Sa naissance

La naissance de Maryam est relatée dans la troisième sourate du Coran. La littérature islamique raconte qu'Imran et Hannah étaient âgés et sans enfants, mais qu'un jour, la vue d'un oiseau sur un arbre donnant la becquée à son petit suscita le désir d'un enfant dans le cœur de Hannah. Elle pria Allah de satisfaire à son désir d'enfant et s'engagea à vouer l'enfant au service d'Allah, si sa prière était réalisée[6]. Elle pria que son enfant soit protégé de Satan, et la tradition islamique rapporte un hadith qui affirme que les seuls enfants nés sans le contact de Satan étaient Maryam et Îsâ[7].

Ses premières années

Le Coran dit que Maryam grandit en prière dans le temple, où elle avait pour elle une place spéciale. Elle était confiée au prophète Zechariah (Zacharie dans la Bible). Les récits islamiques indiquent que des anges furent envoyés pour être les gardiens de Maryam, et c'est ainsi qu'elle fut placée sous la protection de Zechariah. Chaque fois que Zechariah entrait dans la salle de priere de Maryam, il trouvait auprès d'elle de la nourriture. Il lui demandait d'où cela provenait, et elle répondait qu'Allah donne de la nourriture à qui Il veut sans compter[8].

L'annonciation

Une mention explicite de l'annonciation figure dans la sourate 19, au verset 20[9], où Maryam demande à Gabriel comment elle pourrait concevoir un fils alors qu'elle est vierge. La réponse de Gabriel assure Maryam que pour Allah, tout est possible, et que la naissance miraculeuse de Îsâ sera un signe pour l'humanité. Sa naissance est compare a celle de Adam (Paix soit sur lui), comme le cite le verset 59 de la Sourate 3 Al Imran: Certes, l'Exemple de Jesus pour Dieu est semblable a l'Exemple d'Adam, Il le crea de terre puis Il lui dit:"Sois!", Et il fut.

Il est aussi question de la naissance de Îsâ dans la sourate 66, au verset 12[10]. Une troisième mention de l'annonciation apparaît dans la sourate 3, au verset 42, quand Maryam reçoit l'heureuse nouvelle qu'elle a été choisie parmi toutes les femmes de la création[11].

La naissance miraculeuse de Jésus

Le Coran raconte la naissance miraculeuse de Îsâ dans les sourates 3 et 19. Le récit le plus détaillé est dans la sourate 19, versets 17 à 34. L'exégèse dit qu'elle eut lieu peu après l'annonciation. Le récit de la naissance virginale de Îsâ est assez différent de son équivalent du Nouveau Testament[12]. Le Coran dit que Maryam était au milieu du désert et que les douleurs de l'enfantement commencèrent alors qu'elle était sous un palmier. Maryam pleura de douleur et se tint au palmier. À ce moment elle entendit une voix qui venait d'en dessous d'elle. Certains estiment que cela fait référence à Îsâ qui était encore dans son ventre. Cette voix lui disait de secouer le palmier pour en faire tomber des dattes, et les manger pour être apaisée. Le Coran continue en disant que Maryam fit le vœu de ne pas parler à un homme durant ce jour, car Allah allait faire parler Jesus dans son berceau, qui allait ainsi, par ce miracle, defendre la virginite de sa mere. Maryam apporta l'enfant Jesus au temple, où les rabins commencèrent à se moquer d'elle et a l'accuser d'adultere. C'est alors que Îsâ, dans son berceau, dit

Puis elle vint auprès des siens en le portant [le bébé]. Ils dirent: «O Marie, tu as fait une chose monstrueuse! (27) «Sœur de Hârûn, ton père n'était pas un homme de mal et ta mère n'était pas une prostituée». (28) Elle fit alors un signe vers lui [le bébé]. Ils dirent: «Comment parlerions-nous à un bébé au berceau?» (29) Mais (le bébé) dit: «Je suis vraiment le serviteur d'Allah. Il m'a donné le Livre et m'a désigné Prophète. (30) Où que je sois, Il m'a rendu béni; et Il m'a recommandé, tant que je vivrai, la prière et la Zakât; (31) et la bonté envers ma mère. Il ne m'a fait ni violent ni malheureux. (32) Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant.» (Verset 27 a 32, sourate 17 Maryam)



   'Îmran Joachim    Îsâ - Jésus;
     Maryam - Marie 
 (Hannah) Anne ° 
 Élisabeth ° 
     Yahyâ - Jean le Baptiste 
   Zacharie 
 ° Personnage non cité par son nom dans le Coran

Le Coran indique que la grossesse de Marie s'est faite de manière miraculeuse, sans intervention d'un géniteur. L'islam mentionne plus d'une fois l'épisode de l'Annonciation. Pour l'Islam, Marie est une sainte, bénie par Dieu et particulièrement pieuse. Les sourates 3.35 à 3.47 relatent la naissance de Marie, puis celle de Jésus. Aucun culte ne lui est particulièrement rendu parce que Jésus n'est pas perçu comme le Fils de Dieu, ni comme rédempteur chez les musulmans. Il est perçu en Islam comme un prophète parmi d'autres et un messager, à la différence du christianisme qui le perçoit comme pleinement homme et pleinement Dieu. L'idée que Marie puisse être « mère de Dieu » (suivant le concile d'Ephèse) et qu'elle s'inscrive dans une théologie du salut est impensable pour l'Islam.

Marie selon les auteurs païens

Dans le Discours véritable de Celse, uniquement connu par les nombreux extraits cités par Origène dans son livre « Contre Celse », le philosophe grec rapporte les propos d'« un juif », dont il dit qu'il lui a tout appris. Ce « juif » lui aurait dit que Jésus était un enfant adultère de Marie, femme d'origine misérable, fruit d'une liaison avec un soldat romain du nom de Panthère. Celse faisant prononcer cette affirmation par un rabbin, on a avancé qu'elle aurait été reprise de textes rabbiniques qui n'ont longtemps été connus pour l'essentiel que par les réponses polémiques des Pères de l'Église. Ces affirmations furent vigoureusement réfutées par Origène.

Les propos de Celse semblent correspondre aux points de vues juifs très anciens qui ont été reportés dans le Talmud, jusqu'à ce que l'église catholique en obtiennent la censure à l'aide de pressions sur la communauté juive et de pogroms, qui ont notamment eu lieu à l'époque des croisades, mais se sont poursuivis ensuite.

Article détaillé : Disputations judéo-chrétiennes.

Ces passages censurés du Talmud, sont tout de même connus, car des anciennes versions datant du XIVe siècle ont été retrouvées. D'autres textes juifs appelés Toledoth Yeshu, sorte d'évangiles populaires juifs, rapportent des informations équivalentes.

Toutefois, on peut voir que Celse s'est trompé dans le report de ce que lui a indiqué « le juif » qui lui a tout appris:

  • Pantéra ou Pandera (Panther) n'est pas un soldat romain, mais un homme partant en Babylonie (peut-être pour faire la guerre) alors qu'ils ne sont que fiancés et qui ne revient pas;
  • le père de Jésus est appelé Joseph ben Pantéra (Joseph, fils de Pantéra) et aussi Pantéra;
  • Marie n'est pas misérable, elle est même qualifiée de « femme mariée aux rois et empereurs et terminant avec un charpentier »;

On remarque aussi, que Saint Jean Damascène et saint Épiphane, mentionnent dans leur généalogie de Marie ou de Joseph des aïeux légitimes du nom de Panther.

La question de la virginité perpétuelle de Marie

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Fra Angelico, L'Annonciation (1433-1434).
Article détaillé : Virginité perpétuelle de Marie.

La Conception virginale (le fait que Jésus Christ ait été conçu et soit né alors que Marie était vierge) est acceptée par tous les chrétiens puisqu'elle est rapportée par les Évangiles ; il n'en est pas de même de la Virginité perpétuelle de Marie (le fait que Marie soit restée vierge toute sa vie) qui est acceptée par les théologies catholique et orthodoxe mais refusée par les théologies protestantes. Cette croyance est ancienne, comme l’atteste le Protévangile de Jacques, un texte non canonique du IIe siècle où il est indiqué que Marie, fille d'Anne et de Joachim, aurait été « consacrée au Seigneur » (c'est-à-dire resterait vierge) par un vœu de sa mère, puis aurait été confiée à Joseph avant la conception de Jésus[13] et il épousa Marie la mère de Jésus Christ. Les protestants refusent cette croyance en la virginité perpétuelle de Marie en se fondant sur les passages du Nouveau Testament mentionnant des frères et des sœurs de Jésus. Quatre sont mentionnés en Mt 13, 55 et Mc 6, 3 :

« N'est-ce pas le fils du charpentier ? n'est-ce pas Marie qui est sa mère ? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères ? » (Mt 13, 55). « N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ? et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. » (Mc 6,3)

Dans l'Évangile de Matthieu, le chapitre 12 mentionne que la mère de Jésus et ses frères se trouvent dehors. Ils désirent voir Jésus qui se trouve à l'intérieur d'une maison. "Quelqu'un lui dit : Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler." (Mat 12:47)

Il s’agirait, selon la tradition orthodoxe, suivant en cela le Protévangile de Jacques, de demi-frères, fils d'un premier mariage de Joseph qui étant veuf aurait épousé Marie en tant que vierge consacrée au Seigneur ou, selon la tradition catholique et orthodoxe, de cousins, le mot « frères » étant pris dans ce cas au sens large, « Les langues sémitiques ne possèdent pas de terme pour rendre le mot « cousin » et le mot frère et cousin est le même dans les langues slaves (brat[14]) ; dans les sociétés anciennes, où tous vivaient ensemble, les cousins étaient assimilés à des frères. »[1] et les rédacteurs du Nouveau Testament se seraient conformés à la manière de parler orientale. Deux d'entre eux sont, en effet, signalés comme fils d'une « Marie, mère de Jacques le mineur et de Joses » en Mt 27,56 et Mc 15, 40, identifiée à Marie, femme de Clopas d'après Jn 19, 25, le troisième Jude se dit frère de Jacques et non de Jésus (Ju 1), et le quatrième Simon est clairement désigné comme un cousin germain, fils de Clopas le frère de Joseph, dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée.

Sur cette question des frères de Jésus, voir l’article détaillé Proches de Jésus

La Bible donne la réponse dans Luc. Lorsque l'ange lui annonce la conception prochaine de Jésus, la Vierge Marie répond : « Comment cela peut-il se faire puisque je ne connais point d'homme ? », réponse étonnante car elle est fiancée, et prochainement mariée officiellement, à Joseph. Si Marie imaginait vivre une relation sexuelle avec Joseph après le mariage, elle n'aurait pas trouvé surprenante l'annonce de l'ange (elle sera enceinte). ce « je ne connais point d'homme » est une traduction allégée du grec qui signifie « je n'ai pas eu de relation avec un homme ».


Thomas d'Aquin, l'auteur de référence de l'Église catholique, analyse ce sujet de façon très méthodique dans sa Somme Théologique, IIIa pars, Q. 28, art. 2 à 4 : art. 2 : virginité pendant l'enfantement, art. 3 : virginité après l'enfantement, art. 4 : La question du vœu de virginité (qui est une question différente et indépendante de la précédente). Il conclut à la virginité perpétuelle et au vœu de virginité.

Saint Augustin cite les écritures à propos de cette question de la virginité perpétuelle de Marie: "Il me ramena vers la porte extérieure du sanctuaire, du côté de l'orient. Mais elle était fermée. 2 Et Yahvé me dit: Cette porte sera fermée, elle ne s'ouvrira point, et personne n'y passera; car Yahvé, le Dieu d'Israël est entré par là. Elle restera fermée". (Ezéchiel (LSG) 44,1 et 2)

Autre verset biblique sur ce thème:

"Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n'ouvrira": (Apocalypse (LSG) 3,7)

Perspectives religieuses

Catholicisme et orthodoxie

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Vierge de Vladimir (Russie, XIIe siècle)
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Maître de Moulins, Nativité (v. 1490)
Article détaillé : Mariologie.
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La Vierge couronnée de Lourdes

Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place spéciale à la Vierge Marie, qui est l'objet d'un culte particulier, le culte d'hyperdulie qui est le culte rendu à la Vierge Marie, supérieur au simple culte rendu aux saints et aux anges (dulie). Ce terme est à distinguer de celui d'adoration (ou latrie) qui ne convient que pour Dieu.

Une grande partie de la spiritualité mariale (l'adjectif n'est utilisé que par les catholiques) a été développée postérieurement à l'époque de la rédaction des Évangiles, mais elle se fonde sur le texte de Luc 1, 26 et suivants qui rapporte l'Annonciation, la Visitation et le Magnificat.

« Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, parce que le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses » (Lc 1, 48).

Le concile d'Éphèse (431) et les suivants reconnaissent Marie comme Théotokos, celle qui a mis Dieu au monde, la « Mère de Dieu ».

La virginité perpétuelle de Marie fait partie du dogme catholique et orthodoxe.

L'immaculée conception de Marie est un point de foi dont la dévotion est apparue surtout aux Xe et XIe siècles, et qui a ensuite été mis en avant par les franciscains, surtout après le XIIIe siècle. Son dogme a été finalement précisé par l'Église catholique romaine le 8 décembre 1854 par Pie IX dans sa bulle Ineffabilis Deus. Ce dogme signifie que Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel, autrement dit que ses parents, Joachim et Anne, l'auraient conçue sans transmission du péché originel. Ce dogme n'est pas accepté par l'Église Orthodoxe pour qui Marie est "fille de la race d'Adam" et a été enfantée dans le péché originel comme tout homme et femme. Seulement, par sa pureté intérieure et son "Fiat" à l'ange Gabriel, elle a permis au Verbe de Dieu de s'incarner en elle. Pour les orthodoxes, c'est la conception du Christ en Marie par l'Esprit Saint qui est immaculée, et si Marie est effectivement "immaculée", elle l'est par son adhésion à la volonté de Dieu, par sa pureté intérieure et par le fait qu'elle ne se soit jamais située en dehors de la volonté de Dieu, qu'elle n'ait jamais péché. Marie est néanmoins, comme chez les catholiques, le modèle de l'humanité à suivre et la mère de tous : alors que le péché originel a pour conséquence la mort et la tendance au péché, Marie resta toute sa vie pour les orthodoxes, comme chez les catholiques, sans jamais pécher, de sa naissance à son endormissement dans la mort. Les orthodoxes parlent de dormition et non de mort, pour la Mère de Dieu.

L'Assomption est un dogme catholique selon lequel, au terme de sa vie terrestre, Marie a été « enlevée corps et âme » au ciel. Le 1er novembre 1950, ce point de foi ancien est défini sous forme de dogme par la constitution apostolique Munificentissimus Deus du pape Pie XII. Les catholiques fêtent l'Assomption le 15 août. La fête de la Dormition du 15 août célèbre, comme chez les catholiques, la mort, l’ensevelissement de la Mère de Dieu puis sa résurrection et son ascension. Les orthodoxes emploient le terme de Dormition depuis le Ve siècle. Ce terme reflète la croyance selon laquelle la Vierge est morte sans souffrir, dans un état de paix spirituelle. Les orthodoxes critiquent le nom d'Assomption qui entretient l'ambiguïté en laissant croire que la Vierge a été enlevée au ciel de son vivant.

D'une manière générale, pour les orthodoxes, la vénération à Marie s'inscrit donc dans un mystère ineffable, tout comme l'incarnation, à qui il se trouve lié. C'est sans doute ce qui distingue l'attitude orthodoxe d'une approche plus rationnelle de l'Occident qui a ressenti le besoin de formuler des dogmes plus précis. Le mystère de Marie est évidemment inséparable pour les catholiques, comme les orthodoxes et les protestants, de celui de l'incarnation.

Marie est priée par les chrétiens catholiques et orthodoxes, qui invoquent son intercession et qui la célèbrent en particulier le 1er janvier (Sainte Marie Mère de Dieu - seulement les catholiques), le 15 août (Dormition et Assomption), le 25 mars (Annonciation), le 8 septembre (Nativité de la Vierge Marie) et le 8 décembre (Immaculée Conception de la Vierge Marie - seulement les catholiques).

Iconographie

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Représentation du couronnement de Marie

La Vierge à l'Enfant est un des thèmes les plus fréquemment représentés dans la peinture chrétienne, aussi bien dans les icônes orientales que dans les œuvres occidentales. Il est relativement rare que Marie soit représentée seule, jusqu'à une époque récente. Sur les icônes, les trois étoiles figurant sur le front et les épaules de Marie indiquent sa virginité perpétuelle (avant, pendant et après l'enfantement).

L'Annonciation est également un sujet prisé des artistes. On y voit Marie, surprise dans sa prière, par la visite de l'archange Gabriel plein de déférence. Au-dessus se trouve la colombe du Saint-Esprit.

La pietà est la représentation de Marie portant Jésus détaché de la Croix et le pleurant. La plus célèbre des pietà est celle de Michel-Ange, vénérée dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

L'Assomption de Marie et le Couronnement céleste de Marie par le Christ sont fréquemment représentés dans les églises. Une autre image fréquente est celle de la Femme de l'Apocalypse, couronnée de douze étoiles, debout sur la lune écrasant le serpent. Le symbole marial des douze étoiles sur fond bleu, couleur du ciel, serait à l'origine du drapeau européen, suggéré par Paul M.G. Lévy, dessiné par le catholique Arsène Heitz et adopté le 8 décembre 1955, jour de la fête de l'Immaculée Conception. Il n'y a sur ce point aucune formulation explicite[15], mais on dispose d'un témoignage de Paul M.G. Lévy sur sa décision[16].

Protestantisme

Luther a insisté sur l'humilité de Marie et son accueil de la grâce. Calvin a affirmé qu'elle avait besoin du pardon, et refusé, à la différence de Luther, de célébrer les fêtes mariales. Il resta prudent sur le terme « Mère de Dieu », qui avait cependant l'intérêt de rappeler à la fois l'humanité et la divinité de Christ.

Le protestantisme est resté longtemps muet à propos de Marie. C'est à partir du dogme de l'Immaculée Conception en 1854 puis de celui de l'Assomption en 1950 que se creuse à nouveau l'écart avec le catholicisme. Le protestantisme dénonce le culte rendu aux saints et en particulier le culte marial.

Pour la plupart des protestants, Marie était vierge avant la naissance de Jésus, mais a eu d'autres enfants, les frères et sœurs de Jésus cités dans les Évangiles en Mc 6, 3.

À la même époque, Pierre l'Arétin compare Marie à Léda.


Bibliographie

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Chartres Grande Verrière


Notes et références

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L'Adoration des Mages (v. 1380), Le Maître des parements de Narbonne
  1. a et b

    « Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L'ange entra chez elle, et dit : « Je te salue, toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi. » Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L'ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus… Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? L'ange lui répondit : Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fiǀls de Dieu. »

    — Lc 1, 21- 35

    « Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint-Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble. Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint-Esprit ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : "Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous". »

    — Mt 1, 18- 23

    Le prophète dont il est question est Ésaïe :

    « C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. »

    — És 7, 14

    Dans la suite du récit, Marie rend visite à sa cousine Élisabeth (c'est la Visitation) et exprime sa joie dans le Magnificat (Lc 1, 39-55). Elle donne naissance à Jésus à Bethléem (Mt 2, 1-6 ; Lc 2, 4-7) où son Fils reçoit la visite des bergers et des mages (Mt 2, 7-12 ; Lc 2, 15-21).

  2. Voir la sourate 66, 12 du Coran.
  3. Coran, Sourate 3
  4. Coran, 3:35
  5. Tafsir Ibn Kathir
  6. Sourate 3, verset 31. Voir la traduction de la sourate par Kasimirski sur Wikisource.
  7. D'après Bukhari, Anbiya, 44; d'après Mouslim, Fada'il, trad. 146, 147.
  8. Ceci est raconté à la sourate 3, verset 37.
  9. Comment, répondit-elle, aurais-je un fils ? Aucun homme n’a jamais approché de moi, et je ne suis point une femme dissolue (traduction de Kasimirski).
  10. Et Marie, fille d’Imran qui conserva sa virginité, nous y insuflames de notre esprit. Elle crut aux paroles du Seigneur, à ses livres; et elle était du nombre des personnes pieuses (traduction de Kasimirski).
  11. Seigneur, répondit Marie, comment aurais-je un fils ? Aucun homme ne m’a touchée. - C’est ainsi, reprit l’ange, que Dieu crée ce qu’il veut. il dit : Sois, et il est (traduction de Kasimirski).
  12. Raconté dans l'évangile de Luc, chapitre 2 (voir la version Segond sur Wikisource), et très succinctement dans l'évangile de Matthieu, chapitre 1.
  13. « Anne répondit : « Aussi vrai que vit le Seigneur Dieu, je ferai don de mon enfant, garçon ou fille, au Seigneur mon Dieu et il le servira tous les jours de sa vie. » » (Protév. Jc 4,1). « Alors le prêtre : « Joseph, Joseph, dit-il, tu es l'élu : c'est toi qui prendras en garde la vierge du Seigneur. ». Mais Joseph protesta : « J'ai des fils, je suis un vieillard et elle est une toute jeune fille. Ne vais-je pas devenir la risée des fils d'Israël ? » » (Protév. Jc 9,1-2).
  14. Les langues slaves précisent aussi en parlant de frère du premier degré, frère en français moderne, ou frère germain en français vieilli, différent du frère du deuxième degré (équivalent pour les Français à cousin germain)
  15. Qui se cache derrière le drapeau européen ?
  16. Témoignage de Paul M.G. Lévy sur la création du drapeau européen

Voir aussi

Dogmes et croyances catholiques et orthodoxes

Cultes

Prières mariales

Articles connexes

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