Langues chamito-sémitiques
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| Langues chamito-sémitiques | |
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| Région | Afrique du Nord, Sahara, Corne de l'Afrique, Moyen-Orient |
| Classification par famille | |
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| Codes de langue | |
| ISO 639-2 | afa |
| ISO 639-5 | afa |
| IETF | afa |
Les langues chamito-sémitiques (appelées aussi langues afro-asiatiques[1]) sont une famille de langues parlées au Moyen-Orient et dans le nord de l’Afrique.
Sommaire |
Classification interne
Les langues chamito-sémitiques sont réparties généralement en cinq branches :
- les langues berbères sont parlées en Afrique du Nord et dans le Sahara ;
- l’ancien égyptien et copte en Égypte ;
- les langues couchitiques sont parlées essentiellement dans la Corne de l'Afrique et au Soudan. À l'intérieur de cette branche, la place des langues omotiques est controversée. Certains linguistes les voient comme une sixième branche chamito-sémitique ;
- les langues sémitiques[2], dont la plus répandue est l’arabe, sont principalement parlées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ;
- enfin, les langues tchadiques sont parlées en Afrique.
Evolution de l'« afro-asiatique »
Le classement typologique des langues est à distinguer de leur classement génétique[3]. Or, depuis quelques années les recherches sur le modèle chamito-sémitique se diversifient, notamment en direction de la linguistique historique, avec des auteurs comme Lionel Bender[4] et Christopher Ehret[5]. On peut également signaler l'existence de thèses défendues par quelques auteurs, comme Gabor Takacs[6] ou Alain Anselin[7], qui soutiennent l'idée d'une origine purement africaine de l'afro-asiatique. Ces thèses restent cependant très marginales, et ne sont que très peu reprises par les autres spécialistes.
Ces auteurs conçoivent l'« afro-asiatique » comme étant essentiellement un « macrophylum » africain, avec des ramifications asiatiques, précisément des langues sémitiques d'Asie[8]. Ainsi, selon Anselin[9] :
« Tout se passerait comme si les nouveaux locuteurs d'une langue « africaine au départ » avaient conservé partie de leur vocabulaire d'origine, et triconsonnantisé systématiquement bien au-delà de ses propres tendances (cf. C. Ehret, 1989), le lexique africain lui-même. Des exemples classiques ne manquent pas : couchitique : *kVr- , tchadique : *kVl- , chien, sémitique : k-l-b ; couchitique : *k'Vc- , tchadique : *gVs- , petit, sémitique : q-t-n , etc. »
D'autres auteurs, tel que le linguiste somalien Mohamed Ndiriye Abdullahi, vont jusqu'à remettre en cause l'appellation même de « afro-asiatique » ou « afrasian » :
« D'une manière ou d'une autre, des sémites ont émigré depuis les bords de la Mer Rouge et ont exporté un langage africain vers l'Asie, où ils rencontrèrent des populations asiatiques [...] C'est la seule façon logique de prendre en compte la présence d'une branche [sémitique] africaine entourée de langues non sémitiques. [...] Il serait cohérent de remplacer le terme de famille afro-asiatique par quelque chose comme famille éthiopienne ou famille éthio-chadique[10] »
Typologie philologique
La famille chamito-sémitique regroupe des langues parlées en Afrique septentrionale et saharienne, au Proche-Orient et Moyen-Orient[11].
En voir la liste dans cet autre article.
Deux langues seraient de position incertaine : le béja, généralement considéré comme couchitique, et l'ongota.[réf. nécessaire]
Propriétés communes
Des propriétés communes des langues chamito-sémitiques sont[réf. nécessaire] :
- deux genres au singulier, le féminin marqué par le son /t/, et un pluriel épicène, c'est-à-dire ayant la même forme pour les deux genres (berbères, béja, égyptien, et sémitiques distinguent le genre au pluriel) ;
- typologie syntaxique VSO avec tendance SVO ;
- un ensemble de consonnes emphatiques, réalisées comme des glottalisées, pharyngalisées ou des implosives ;
- une morphologie dans laquelle les mots sont fléchis au moyen de changements internes (introflexion) et l'utilisation de nombreux autres affixes.
Racines communes
Voici des radicaux apparentés[réf. nécessaire] :
- b-n- « bâtir », attesté en tchadique, arabe (*bny), omotique et hébreu (bana) ;
- m-t « mourir », attesté en tchadique (haoussa mutu), égyptien, berbère (mmet, yemmut), arabe (*mwt) et hébreu (met) ;
- s-n « savoir », attesté en tchadique, berbère, et égyptien ;
- l-s « langue », attesté en arabe (*lasaan/lisaan), hébreu (lašon), égyptien (ns, copte las), berbère (iles), tchadique (haoussa harshe) ;
- s-m « nom », attesté en arabe (*ism), hébreu (šem), berbère (isem), tchadique (haoussa suna), couchitique et omotique (on considère que la forme berbère, isem, et la forme omotique, sunts, pourraient être empruntées au sémitique[réf. nécessaire](?) ;
- d-m « sang », attesté en berbère (idammen), arabe (*dam), hébreu (dam), tchadique, et peut-être omotique.
Notes et références
- Le nom « afro-asiatique » est utilisé [Où ?], tandis que la dénomination traditionnelle « chamito-sémitique » est toujours utilisée en France et en Europe. Cf. à ce propos les remarques de David Cohen dans : A. Lonnet & A. Mettouchi, « Entretien avec David Cohen », dans les Langues chamito-sémitiques (afro-asiatiques) vol. 2, Paris, Ophrys, 2006, p. 9-26.
- David Cohen, « Chamito-sémitiques (langues) » dans Encyclopædia Universalis, 2007.
- Jacques Leclerc, « L'origine des langues ». Consulté le 18 janvier 2009
- Lionel M. Bender, Omotic : a New Afroasiatic Language Family, Museum Series, 3, Carbondale, 1975
- Christopher Ehret, Reconstructing Proto-Afroasiatic (Proto-Afrasian): Vowels, Tone, Consonants, and Vocabulary, University of California Press, 1995.
- Gabor Takacs, Selected new Egypto-Afrasian correspondences from the field of anatomical terminology, in Papers from the 8th Italian Meeting of Afroasiatic Linguistics, Naples, 1995
- Alain Anselin, L'Oreille et la Cuisse. Essais sur l'invention de l'écriture hyérogliphique égyptienne, éd. Tyanaba, 1999
- Actes du Colloque de Frankfort, mai 2001 : « Afroasiatic as an African family languages »
- Les noms des parties du corps en égyptien ancien, essai de grammaire culturelle, in Cahiers Caribéens d'Egyptologie, n°3/4, éd. Tyanaba, 2002, p.252
- « Semites emigrated from the Africa side of the Red Sea anyway and exported an African language to Asia where they met Asians [...] This is only logical way to account for the presence of an African branch in a place where it is surrounded by unrelated languages. [...] It would make sens to change the name of the [afroasiatic] group to something like Ethiopic or Ethio-Chadic. », Propos rapportés par Alain Anselin dans CCdE n°3/4, 2002, pp. 252-253
- Joseph Greenberg, The Languages of Africa, Bloomington, Indiana University, 1963[réf. incomplète]
Voir aussi
Bibliographie
- Alan Henderson Gardiner, Egyptian Grammar, Oxford, 1927
- Joseph Greenberg, The Languages of Africa, Bloomington, Indiana University/La Haye, Mouton, 1963
- Marcel Cohen, Essai comparatif sur le vocabulaire et la phonétique du chamito-sémitique, éd. Champion, Paris, 1969
- David Cohen, Dictionnaire des racines sémitiques ou attestées dans les langues sémitiques, éd. Mouton, Paris, 1970
- Publications de Christopher Ehret
- Bernd Heine, The Sam Languages, a history of rindille, Boni, and Somali in Afroasiatic Linguistics, 1978
- Salim Chaker, Linguistique berbère, étude de syntaxe et de diachronie, Louvain, 1995
- Robert Hetzron, The Semitic Languages, Routledge, 1997
- Roger Blench, The languages of Africa : macrophyla proposals and implications for archeological interpretation, in Roger Blench & Matthew Spring, Archeology and Language IV, Routledge, Londres, 1999