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Joachim du Bellay

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Joachim du Bellay

Description de cette image, également commentée ci-après - Wikipedia Orange

Joachim du Bellay (1522-1560)

Activités poète
Naissance vers 1522
château de la Turmelière, Liré, Anjou, Pavillon royal de la France.png - Wikipedia Orange Royaume de France
Décès 1560 (à 37 ans)
Paris, Pavillon royal de la France.png - Wikipedia Orange Royaume de France
Langue d'écriture française
Mouvement La Pléiade

Joachim du Bellay[1] est un poète français né vers 1522 à Liré, en Anjou, et mort le 1er janvier 1560 à Paris. Sa rencontre avec Pierre de Ronsard fut à l'origine de la formation de la Pléiade, groupe de poètes auquel Du Bellay donna son manifeste, la Défense et illustration de la langue française. Son œuvre la plus célèbre, Les Regrets, est un recueil de sonnets d'inspiration élégiaque et satirique, écrit à l'occasion de son voyage à Rome de 1553 à 1557.

Sommaire

Biographie

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Plaque commémorative située impasse Chartière qui rappelle la présence du collège de Coqueret où étudia Joachim du Bellay.
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Portrait de Joachim du Bellay,
"gentil-homme angevin".

Joachim du Bellay naît à Liré, en Anjou, en 1522. Il est le fils de Jean Du Bellay, seigneur de Gonnord et de Renée Chabot, de Liré[2]. Ses parents meurent en 1532 quand il avait 10 ans. De santé faible[3], il est élevé par son frère aîné qui le néglige. Il appartient à la branche aînée des Du Bellay, une famille noble et illustre. Vers 1546, il part faire ses études de droit à Poitiers où il y rencontre Salmon Macrin[3]. En 1547, il fait connaissance avec Jacques Peletier du Mans et Pierre de Ronsard, qu'il rejoint au collège de Coqueret, à Paris. C'est là, sous l'influence de son professeur de grec, Jean Dorat, qu'ils décident de former un groupe de poètes appelé d'abord la Brigade, puis la Pléiade. Jacques Peletier du Mans les accompagne dans leur choix du français. Du Bellay publie alors en 1549 un manifeste : Défense et illustration de la langue française: il signe, mais ce manifeste est une œuvre collective. L'objectif de la Pléiade est de créer des chefs d'œuvres en français aussi bons que ceux des Latins et des Grecs (objectifs parfaitement en accord avec François 1er, qui souhaite donner des lettres de noblesse au français). La Brigade se transforme en Pléiade avec l'arrivée de quatre nouveaux membres : Rémi Belleau, Etienne Jodelle, Pontus de Tyard et Jean-Antoine de Baïf. Joachim du Bellay publie dès l'année suivante, en 1550, son premier recueil de sonnets, L'Olive[3], imitant le style de l'italien Pétrarque.

En 1553, du Bellay quitte la France pour accompagner le cardinal Jean du Bellay, un cousin de son père, à la cour pontificale, à Rome. Il doit pourvoir aux dépenses de la maison du cardinal malgré le peu de moyens financiers[3]. Il attend avec impatience de découvrir Rome et la culture antique mais en est déçu[3]. Comme intendant de son parent, du Bellay vit une vie d'ennui, loin de la liberté qu'il espérait, et se retrouve au beau milieu des intrigues de la cour du pape. Il y écrit Les Regrets, où il critique la vie romaine et exprime son envie de rejoindre son Anjou natal et Les Antiquités de Rome. En août 1557, le cardinal Jean du Bellay renvoie Joachim, malade, en France. Il loge au cloître Notre-Dame chez son ami Claude de Bize[3]. Il fait publier en janvier 1558 par Fédéric Morel l'Ancien son recueil Les Regrets ainsi que Les Antiquités de Rome.

Du Bellay meurt d'une apoplexie, à sa table de travail dit-on, le 1er janvier 1560, à l'âge de 37 ans. Il est inhumé à Paris, en la chapelle de Saint-Crépin.

Œuvres principales

Défense et illustration de la langue française

Défense et illustration de la langue française (La Deffence, et Illustration de la Langue Francoyse dans l'orthographe originale) est un manifeste littéraire, écrit en 1549 par le poète français Joachim du Bellay, qui rassemble les idées des poètes de la Pléiade.

Le texte, plaidoyer en faveur de la langue française, paraît dix ans après l'ordonnance de Villers-Cotterêts qui impose le français comme langue du droit et de l'administration française. Du Bellay montre sa reconnaissance envers François Ier, « notre feu bon Roi et père », pour le rôle que celui-ci a joué dans les arts et la culture : création du Collège des lecteurs royaux, pérennisation d'une bibliothèque du roi enrichie d'achats et du dépôt légal. Du Bellay veut faire de la langue française « barbare et vulgaire » une langue élégante et digne. Il lui faudra l'enrichir avec ses camarades de la Pléiade pour en faire une langue de référence et d’enseignement.

L'Olive

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Ruines du château de Liré où vécut Joachim du Bellay.(Plus mon petit Liré, que le mont Palatin).

L'Olive est un recueil de poèmes publié par Joachim du Bellay entre 1549 et 1550. Il célèbre dans ce recueil une maîtresse imaginaire en s'inspirant de Pétrarque.

Ce recueil comporte d'abord 50 sonnets écrits en 1549, mais en comporte 115[4] à sa publication en 1550 chez Corrozet et L'Angelier.

Les Regrets

Les Regrets est un recueil de poèmes écrit lors de son voyage à Rome de 1553 à 1557 et publié à son retour en 1558 par l'imprimeur Fédéric Morel, l'Ancien sis rue Jean-de-Beauvais à Paris.

Le recueil comprend 191 sonnets, dont certains en alexandrins. C'est une nouveauté. Autre innovation, c'est un recueil de facture pétrarquiste. Mais le sujet n'est pas l'amour pour une femme. Le pays natal la remplace. On distingue deux sources d'inspiration : élégiaque, et élogieux. Il s'inspire également du mythe d'Ulysse cherchant à revenir dans son pays natal. Revenu en France, le poète y retrouve les travers observés à Rome.

On y trouve l'extrait le plus célèbre de son œuvre:


Note : l'orthographe et la graphie employées à gauche sont celles de l'auteur au XVIe siècle, celles de droite sont les actuelles.

Heureux qui, comme Vlyſſe, a fait un beau uoyage,
Ou comme ceſtuy là qui conquit la toiſon,
Et puis eſt retourné, plein d’uſage et raiſon,
Viure entre ſes parents le reſte de son aage !

Quand reuoiray-ie, helas, de mon petit uillage
Fumer la cheminee, et en quelle ſaiſon,
Reuoiray-ie le clos de ma pauure maiſon,
Qui m’eſt une province, et beaucoup d’auantage ?

Plus me plaiſt le ſeiour qu’ont baſty mes ayeux,
Que des palais Romains le front audacieux:
Plus que le marbre dur me plaiſt l’ardoiſe fine,

Plus mon Loyre Gaulois, que le Tybre Latin,
Plus mon petit Lyré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la doulceur Angeuine.

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison,
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aieux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine,

Plus mon Loire Gaulois, que le Tibre Latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur Angevine.

Les Antiquités de Rome

Les Antiquités de Rome est un recueil de 32 sonnets édité en 1558, alternant sonnets en décasyllabes et en alexandrins. Ce recueil est une méditation sur la grandeur de Rome et sur sa chute. Il utilise le mythe de la Gigantomachie.

Culture populaire

En 1894, la ville d'Ancenis fait ériger une statue réalisé par le sculpteur Adolphe Léonfanti. Elle représente la poète en costume du XVIe siècle, tenant à la main un exemplaire de son recueil Les Regrets. Dans les années 1960, elle est installée sur la rive gauche de la Loire, face à Liré[5]. En 1934, son nom est donné au Collège des jeunes filles d'Angers, qui devient le Collège Joachim du Bellay, l'actuel Lycée Joachim-du-Bellay.

En 1947, la ville de Liré inaugure une statue représentant le poète assis, méditant, oeuvre du sculpteur Alfred Benon. Les Archives Nationales commémorent en 1949 le quatre centième anniversaire de son ouvrage Défense et illustration de la langue française[3]. En 1958, un timbre postal de 12 f. surtaxé 4 f., vert est émis dans la série « Célébrités ». Il porte le n° YT 1166[6]. En 1960, pour le quatre centième anniversaire de sa mort, une commémoration avec conférence et récitations de ses textes est tenue devant les ruines du château de la Turmelière[3].

En 2007, le chanteur Ridan reprend un extrait des Regrets de Joachim du Bellay et en le travaillant à sa façon dans sa chanson Ulysse.

Musée Joachim du Bellay

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Musée Joachim Du Bellay, à Liré.

En 1957, l'« Association des Amis du Petit Lyré » acquiert à Liré une demeure de 1521 ayant appartenu à la Famille du Bellay et y fonde un musée inauguré le 8 juin 1958. Le musée devient propriété communale vers 1990. Depuis 1998, il présente en cinq salles dédiées à la vie et l’œuvre de l'écrivain de la Pléiade, ainsi qu'à la poésie et à la Renaissance. Le musée organise également des manifestation autours de l'écriture, de la poésie et de la langue française[7].

Œuvres

Annexes

Notes et références

  1. Prononcé /ʒoaʃɛ̃ dy bɛlɛ/Jo-a-chin ») selon Léon Warnant dans son Dictionnaire de la Prononciation française, et non /ʒoakɛ̃ dy bɛlɛ/, soit approximativement «JO-a-kin(e) du BÈ-lè» (ni « YO-a-kime »).
  2. Port 1978, p. 72
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Port 1978, p. 73
  4. Joachim du Bellay, L’Olive, édition critique par Ernesta Caldarini, Droz, « Textes Littéraires Français » 214, 2002, p. 36
  5. ancenis.fr: La statue de Joachim du Bellay
  6. Catalogue Yvert et Tellier, Tome 1
  7. Le Musée sur Blog du musée Joachim du Bellay. Consulté le 05 mai 2012

Liens externes

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Bibliographie

  • Henri Chamard, L'enfance et la jeunesse de Joachim Du Bellay (1522-1545), Société des sciences, lettres et beaux-arts de Cholet, Cholet, 1935, 11 p.
  • Célestin Port, Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou : D-M, t. 2, Angers, H. Siraudeau et Cie, 1978, 2e éd. (notice BNF no FRBNF346493103) 
  • Bruno Roger-Vasselin, Du Bellay, une révolution poétique ? La Deffence, et illustration de la langue françoyse & l'Olive (1549-1550), PUF, Paris, 2007, 188 p.
  • Françoise Argod-Dutard, L'écriture de Joachim du Bellay : le discours poétique dans " Les Regrets ", l'orthographe et la syntaxe dans les lettres de l'auteur, éditions Droz, Genève, 2002, 535 p.
  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Joachim du Bellay » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878  (Wikisource)
  • Pierre Villey, Les sources italiennes de la Défense et Illustration de la langue française de Joachim du Bellay, 162 p., Librairie Honoré Champion, Paris, 1908
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