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Intelligence économique

Diagramme sur le système d'intelligence compétitive et technologique.

L’intelligence économique est l'ensemble des activités coordonnées de collecte, de traitement et de diffusion de l'information utile aux acteurs économiques, en vue de son exploitation. On peut y ajouter les actions d'influence et de notoriété ainsi que celles liées à la protection de l'information. Elle se distingue de l’espionnage économique et/ou industriel car elle se développe ouvertement et utilise uniquement des informations blanches ou grises et des moyens légaux, voire éthique. En effet, la plupart des professionnels du secteur la conçoivent dans un esprit d'éthique et de déontologie. Le Syndicat français de l’intelligence économique (seul syndicat du secteur), à la suite de la Fédération des professionnels de l'intelligence économique (FEPIE) aujourd'hui disparue, oblige ses adhérents à respecter une charte d'éthique[1]. Elle peut être complétée par d'autres « intelligences », comme l'intelligence sociale qui organise la mutualisation de l'information dans un but de performance collective des différents acteurs économiques.

Les spécialistes du domaine résument l'intelligence économique en un triptyque : veille (acquérir l'information stratégique pertinente), protection des informations (ne pas laisser connaître ses informations sensibles) et influence (propager une information ou des normes de comportement et d'interprétation qui favorisent sa stratégie).

Sommaire

Présentation générale[ ]

Lorsque l'on sait délivrer l’information stratégique et utile au bon moment, à la bonne personne, dans le bon contexte, on obtient un avantage compétitif décisif.

Certaines entreprises sensibles, notamment dans des secteurs fortement concurrentiels, comme les industries de l'armement, pharmaceutique ou automobile, furent des précurseurs. Rares toutefois furent celles qui anticipèrent le virage de l'intelligence économique avec succès. En France, citons Giat Industries, Elf Aquitaine, Rhône-Poulenc, Michelin et aux États-Unis Lockheed, Motorola, IBM.

Ce qui est central dans l’intelligence économique est le fait qu’elle ne se réduit pas à l’accumulation désordonnée d’informations de toutes sortes. Il s’agit de produire de la connaissance structurée pour aider les entreprises à combattre et à se défendre dans la compétition économique d'un monde post-Guerre Froide.

La plupart des spécialistes français résument l'intelligence économique aux axes suivants :

  • Veille / renseignement économique (acquérir l'information pertinente pour maîtriser son environnement),
  • Protection du patrimoine informationnel (ne pas laisser connaître ses secrets)
  • Aide à la décision (analyse, cartographie décisionnelle, « war room »…)
  • Influence (propager une information ou des modes de comportement et d'interprétation qui favorisent sa stratégie)[2].

Le référentiel en intelligence économique publié en 2005 en France met l'accent sur la trilogie formée par acquisition de l'information (veille…), sa protection et enfin l'influence. L'insistance sur l'influence, (à la fois sous la forme du lobbying, de l'influence politique de soutien aux conquêtes de marchés par les entreprises, mais aussi de capacité d'imposer internationalement des normes, images, valeurs et idées générales favorables à vos desseins économiques) est une des caractéristiques des chercheurs français. À la différence de l'information qui fait l'objet de la veille ou de la protection du patrimoine informationnel et qui a besoin d'être vraie pour être utile, l'information dont traite l'influence est un objet de croyance. Ce qui importe, ce n'est pas qu'elle soit conforme à la réalité mais que beaucoup y adhérent (ou du moins, ceux que l'on désire influencer, comme le législateur ou le dirigeant dans le cas du lobbying). Avec le débat sur le patriotisme économique, cette approche qui met largement l'accent sur les facteurs politiques, idéologiques et de communication de l'intelligence économique constitue une sorte de spécificité nationale.

Définitions[ ]

La définition de l'intelligence économique a longtemps fait l’objet d’intenses débats théoriques et pratiques. La première définition de l'intelligence économique moderne date de 1967 par Harold Wilensky, dans un ouvrage intitulé L'intelligence organisationnelle (Organizational Intelligence : Knowledge and Policy in Government and Industry)[3]. Il définit l'intelligence économique comme l'activité de production de connaissance servant les buts économiques et stratégiques d'une organisation, recueillie et produite dans un contexte légal et à partir de sources ouvertes.

Cette définition a été reprise et travaillée une première fois en France par la Commission Intelligence Économique et Stratégie des Entreprises du Commissariat Général du Plan en 1993, sous la présidence d'Henri Martre, et ayant notamment comme initiateurs et rapporteurs Christian Harbulot, Philippe Clerc et Philippe Baumard.

La mise en place de l’intelligence économique en France :

L’intelligence économique, issue du souci des ingénieurs et cadres de l'industrie du besoin d'amélioration continue des procédés de R&D, est née en France de l’action conduite par des hommes et des femmes issus de milieux très variés. Dès le départ, elle est portée par des enseignants, des fonctionnaires issus du corps préfectoral ou du monde du renseignement, des dirigeants et cadres d’entreprises constitués en associations, des associations, dont d'anciens élèves, reconnues d'utilité publique, ou écoles de pensée (en fait on peut considérer que sa genèse vient d'ingénieurs et scientifiques de haut niveau confrontés aux besoins de réalisation de plus en plus rapides, efficaces et concrètes et au fait qu'ils ne peuvent alors plus tout couvrir, eussent-ils travaillé 24/24 365j/365 ; il leur faut alors s'organiser autrement pour disposer de l'information pertinente pour décider).

L’univers de l’intelligence économique étant très vaste, il englobe parfois des réalités très différentes. À titre d'exemple, voici quelques définitions reflétant les différentes tendances observables dans le domaine de l'intelligence économique:

  • Le rapport Martre, œuvre collective du Commissariat du Plan intitulée Intelligence économique et stratégie des entreprises (La Documentation Française, Paris, 1994), donne la définition suivante : « L’intelligence économique peut être définie comme l'ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de l'information utile aux acteurs économiques. Ces diverses actions sont menées légalement avec toutes les garanties de protection nécessaires à la préservation du patrimoine de l'entreprise, dans les meilleures conditions de qualité, de délais et de coûts. L’information utile est celle dont ont besoin les différents niveaux de décision de l’entreprise ou de la collectivité, pour élaborer et mettre en œuvre de façon cohérente la stratégie et les tactiques nécessaires à l’atteinte des objectifs définis par l’entreprise dans le but d'améliorer sa position dans son environnement concurrentiel. Ces actions, au sein de l'entreprise, s’ordonnent autour d’un cycle ininterrompu, générateur d’une vision partagée des objectifs de l'entreprise. »
  • Définition de Christian Harbulot : l’intelligence économique se définit comme la recherche et l’interprétation systématique de l’information accessible à tous, afin de décrypter les intentions des acteurs et de connaître leurs capacités. Elle comprend toutes les opérations de surveillance de l’environnement concurrentiel (protection, veille, influence) et se différencie du renseignement traditionnel par : la nature de son champ d’application, puisque qu’elle concerne le domaine des informations ouvertes, et exige donc le respect d’une déontologie crédible ; L’identité de ses acteurs, dans la mesure où l’ensemble des personnels et de l’encadrement – et non plus seulement les experts – participent à la construction d’une culture collective de l’information ; ses spécificités culturelles, car chaque économie nationale produit un modèle original d’intelligence économique dont l’impact sur les stratégies commerciales et industrielles varie selon les pays[4].
  • Le rapport Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale, rapport au Premier ministre du député Bernard Carayon(La Documentation Française, Paris, janvier 2003). M. Carayon en a fait, quant à lui, "une politique publique de compétitivité, de sécurité économique, d'influence, notamment auprès des organisations internationales, et de formation. Elle procède d'une grille de lecture originale de la mondialisation qui prend en compte le quotidien de la vie des marchés, le contournement de ces règles, les jeux de puissance et d'influence". C'est une "vision nouvelle", que le député croit essentielle, "comme ont pu l'être, en leur temps, les politiques de la Ville, du Logement, du Développement durable…"
    L'intelligence économique est "une politique publique d'identification des secteurs et des technologies stratégiques, d'organisation de la convergence des intérêts entre la sphère publique et la sphère privée", rappelle le député. C'est "une politique publique se définissant par un contenu et par le champ de son application. Le contenu vise la sécurité économique. Il doit définir les activités que l'on doit protéger et les moyens que l'on se donne à cet effet. Il détermine comment accompagner les entreprises sur les marchés mondiaux, comment peser sur les organisations internationales où s'élabore aujourd'hui les règles juridiques et les normes professionnelles qui s'imposent aux États, aux entreprises et aux citoyens".
  • Définition de Claude Revel : cette définition présente l'intelligence économique sous 3 volets : la gestion d'information ou des connaissances, la protection et l'influence : "L’intelligence économique, c’est la maîtrise de l’information, le but étant de connaître son environnement extérieur et par conséquent d’adapter par avance sa conduite. Elle permet d’identifier les opportunités et les déterminants du succès, d’anticiper les menaces, de prévenir les risques, de se sécuriser, d’agir et d’influencer son monde extérieur dans une optique de compétitivité internationale. L’intelligence économique se compose de trois volets. Le premier concerne le traitement de l’information. Cela consiste à recueillir les informations nécessaires, à les trier et à les valider. En d’autres termes, ce premier volet consiste à avoir l’information pertinente sur ses concurrents, sur les règles et les normes et d’une manière générale sur tout son environnement extérieur international. Le deuxième volet consiste à se sécuriser au niveau matériel mais surtout au niveau immatériel, c’est-à-dire à avoir la capacité d’anticiper les risques et les problèmes qui se rattachent notamment à la propriété intellectuelle, aux attaques sur son image ou sur son capital. Ce deuxième volet accorde une grande importance à la sécurisation des actifs immatériels. Le troisième volet consiste à savoir influencer et argumenter, convaincre, négocier, faire du lobbying professionnel mais également à savoir exercer l’influence normative en anticipant les règles et les normes internationales et en participant éventuellement à leur élaboration. L’intelligence économique permet de mieux connaître ses concurrents, les donneurs d’ordre, les règles et les normes qui peuvent influencer son activité et donc d’agir sur son environnement au lieu de le subir. Reste à noter que l’intelligence économique doit être déontologique et loin des pratiques d’espionnage, de vol et de trafic d’influence"[5].

Formes de l'intelligence économique[ ]

L’intelligence économique a donné naissance à une déclinaison particulière qui est l’intelligence économique territoriale. Cette dernière, telle qu’elle fut conçue par le préfet Rémy Pautrat[6], permet d’organiser en un système faisant sens, en une stratégique cohérente au service de la croissance et de l’emploi, les actions variées d’aménagement du territoire, de politique industrielle et de développement économique en général qui sont menées à l’échelon central et local avec un déficit de coordination.

Par conséquent, on peut définir l’intelligence territoriale comme la valorisation, la coordination et la protection des atouts économiques et savoir-faire industriels et technologiques des territoires et de leur tissu de PME-PMI, afin de les transformer en avantages comparés décisifs dans la compétition commerciale européenne et mondiale.

De quoi est constituée concrètement l’intelligence territoriale ? Elle se compose en fait de quatre types d’actions s’agrégeant en un dispositif unifié et coordonné.

  • La première est l’intelligence économique territoriale (IET), élaboration de stratégies concertées de développement économique et technologique pour les territoires, en s’appuyant sur les pôles de compétitivité qui sont l’exemple emblématique de ces schémas de développement stratégiques des régions. Ils reposent sur le repérage des spécialités locales, des savoir-faire et des filières d’excellence locale et leur mise en valeur via des réseaux organisés de travail et d’échanges d’informations. Il s’agit en somme de créer une dynamique régionale de coopération, en favorisant le regroupement des services de l’État et des collectivités territoriales, des entreprises (notamment les PME-PMI), des universités et des centres de recherche autour de projets stratégiques communs.
  • La deuxième consiste en la définition et la préservation d’un périmètre économique stratégique, c’est-à-dire d’un ensemble d’entreprises œuvrant dans le domaine des technologies sensibles et qu’il convient de protéger pour des raisons d’intérêt national ou européen et de conquête de positions privilégiées sur les marchés hautement rentables des hautes technologies duales (i.e. concernant les domaines militaire et civil).
  • La troisième est la constitution de réseaux d’experts et de décideurs, inter-entreprises et inter-administrations, mais aussi entre l’État, les entreprises, les universités et les différents acteurs du développement économique et social local.
  • La quatrième est la sensibilisation et la formation à l’intelligence économique, car cette dernière est indispensable à la construction de la compétitivité durable des entreprises françaises.

En effet, la scène internationale et la vie des nations doivent aujourd’hui s’interpréter à l’aide d’une nouvelle grille de lecture. Nous sommes entrés dans l’économie de la connaissance, corollaire de la mondialisation des échanges et des idées. L’un des éléments essentiels du capital stratégique qui déterminent aujourd’hui la prospérité des sociétés, la compétitivité des entreprises et donc l’évolution de l’emploi, est l’information. Savoir la chercher, la traiter et la diffuser (tout en protégeant la part de données sensibles qui doivent être protégées) constitue l’une des tâches prioritaires de tous les acteurs économiques et la définition même de l’intelligence économique.

Historique[ ]

L’intelligence économique, en tant que recherche d'informations et exploitation avec un objectif économique, existe depuis très longtemps. Dans l’histoire, elle a souvent été liée aux explorations, au commerce et aux informations ramenées par les explorateurs et les commerçants…

Les récits de voyage ont constitué des mines d'informations importantes pour les entreprises et les gouvernements.

Sans remonter à l’Antiquité, on pourrait citer le commerce à partir de la République de Venise, les explorations des missionnaires franciscains (surtout) en Asie, jusqu’en Extrême-Orient (Chine) au XIIIe siècle, et la consignation des informations sous forme de récits de voyages (informations géographiques, botaniques…). Puis Marco Polo et le devisement du monde ont eu le succès que l'on connaît.

Une autre source historique, actuellement réétudiée en France, est celle de l’explorateur belge Jean de Mandeville qui, après un voyage de 34 ans en Asie (c’était considérable pour l’époque), compila en plusieurs langues le récit de ses propres voyages (1322-1356) et de ceux d’autres explorateurs antérieurs, sous une forme quelquefois ésotérique ou mythique ce qui fait qu’on l’a négligé. Jean de Mandeville s’était mis au service des Anglais, alors que la France était encore dans la guerre de Cent Ans.

Les œuvres de Jean de Mandeville furent imprimées en de nombreuses langues dans la deuxième moitié du XVe siècle, et elles furent lues par le jeune Christophe Colomb, qui comprit de la sorte que la Terre était ronde (on le savait déjà dans les milieux cultivés depuis longtemps). Ainsi, les informations géographiques structurées sous forme cartographique permirent aux Européens d’acquérir la suprématie mondiale au XVIe siècle.

Sautons quelques siècles : au XVIIIe siècle, les colons anglophones établis sur le sol de l’Amérique du Nord, ne souhaitant pas payer les taxes exigées par la couronne britannique, revendiquèrent leur indépendance. L’un des artisans de cette indépendance, Thomas Jefferson, défendit âprement les principes de la propriété intellectuelle, qui se trouvèrent ainsi dans la culture de cette nation.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les États-Unis ont connu une période de très forte immigration en provenance d’Europe (Europe centrale, Irlande, Italie…). Ils ressentirent le besoin de comptabiliser la population, et ils utilisèrent pour cela la technique naissante de la carte Hollerith et de la mécanographie pour effectuer le premier recensement automatisé de l’Histoire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le centre de renseignement de Londres, qui comprenait essentiellement des Américains et des Anglais, exploitait toutes les informations en provenance du continent (européen). Les Anglo-Saxons furent très habiles pendant la Seconde Guerre mondiale pour la collecte et le traitement des informations.

Cette culture du renseignement permit aux Américains de développer les premiers systèmes de traitement électronique de l’information (ordinateurs) vers 1942 (von Neumann), en vue de la reconversion de l’industrie américaine en économie de guerre, qui fut le plus grand projet mondial de l’Histoire.

Les réflexions sur le renseignement à cette époque (1948-1949, soit un peu après l’apparition du premier ordinateur) étaient pourtant fondées sur des modèles de communication assez simplistes : transmission d’un émetteur à un récepteur (voir Claude Shannon).

La vision actuelle de l’intelligence économique est une évolution très importante par rapport au renseignement classique, dans la mesure où l’apparition de l’internet (web, messageries électroniques) et des réseaux informatiques d’entreprise étendue (intranet, extranet) multiplie les émetteurs et les récepteurs, et permet un effet rétroactif qui n’existait pas à une grande échelle avec les systèmes télégraphiques et téléphoniques, et pas, sous une forme numérique, avec la radiodiffusion, et la télévision. L’informatique d’entreprise s’est développée dans les années 1970 sur des cellules (entreprises) généralement déconnectées les unes des autres (sauf exception, EDI dans l’automobile).

L’internet constitue ainsi une force d'influence importante.

Dès la Révolution, et issue de renseignements depuis au moins le début du XVIIIe siècle, une structure de départ en quatre grands ensembles avec d'autres se dessine ; l'École polytechnique pour les grands corps, l'École des langues O pour les ambassades, l'École des maîtres, le Conservatoire et le Musée des Arts et Métiers. Pour être reconnus, tous les auditeurs doivent alors produire à un instant ou à un autre un rapport (avec exposé ; les fameuses leçons) pour l'action, la décision, issue de veille et d'observation au quotidien, assidues et perfectionnées ; plusieurs milliers de mémoires sont alors utilisés ainsi depuis le début XIXe siècle. Le procédé rapidement reconnu par son efficacité s'étend à tout le territoire.

Cycle, contenu et fonctions de l’intelligence économique[ ]

L’intelligence économique peut :

  • soit rechercher des informations sur un sujet déterminé considéré comme stratégique : question posée par la direction conduisant à la recherche de renseignement,
  • soit recueillir des informations sur le contexte de l'organisation à partir du processus de veille, discerner celles qui sont d'un intérêt stratégique pour l'entreprise, les structurer dans la mémoire collective, et définir les plans d'action.

La première approche est l'approche classique du renseignement qui était adoptée par les services secrets.

La deuxième approche est la nouvelle approche de l'intelligence économique, qui s'impose dorénavant en raison de l'importance du contexte dans le cadre de la mondialisation. Elle privilégie la perception de l'environnement, en utilisant les sources ouvertes, qu'elles soient obtenues par les relations humaines ou des sources écrites.

Article détaillé : Intelligence des sources ouvertes.

Les Américains appellent le processus d'intelligence des sources ouvertes open source intelligence (OSINT).

Aux États-Unis, plusieurs concepts illustrent l'interaction croissante entre les domaines d'activité (environnement, social, économique, juridique, militaire…) :

Cycle du renseignement[ ]

Le cycle du renseignement correspond à l’ancienne approche utilisée par les services secrets. Le fonctionnement du cycle est le suivant :

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  • L'orientation

La base du cycle est constituée par les questions auxquelles on cherche à répondre. Elles sont le plus souvent définies par la direction de l'organisation. Ces questions vont orienter les "capteurs" qui vont permettre l'accès aux sources d'informations.

  • La collecte d’informations

Elle a lieu à la fois dans les réseaux internes et externes et dans la mémoire de l'intelligence économique. Des informations peuvent également provenir des sources les plus diverses (documentations publiques, médias, salons et rencontres, brevets, normes, back-engineering)

  • L’exploitation

Les informations collectées sont analysées par les experts de l’organisation. L'analyse est supposée comprendre la validation des données, leur recoupement, leur mise en perspective.

  • La diffusion

Les informations analysées et structurées (c’est-à-dire rendues exploitables) sont diffusées aux personnes concernées dans l’organisation, afin qu'elles soient utilisées par les acteurs qui en ont besoin dans le cadre de leurs fonctions. Notamment, on transmet les informations à la direction qui pourra définir de nouvelles questions.

Critique de l'approche dite de cycle de renseignement[ ]

Le premier auteur qui ait critiqué la notion de cycle de renseignement est Harold Wilensky en 1967. Ces critiques seront reprises et développées par Steven Dedijer en 1972, lors de la création de la première formation universitaire à l'intelligence économique à l'université de Lund en Suède. Les deux auteurs émettent les critiques suivantes:

  • Le cycle du renseignement a été développé dans des contextes militaires et de renseignement. Son propos est avant tout politique, en ce sens qu'il est justifié par une séparation entre le recueil (les agents) et l'analyse (les analystes, proche du commandement) dans un but sécuritaire: protéger les intentions du commandement vis-à-vis du terrain, créer un mur opaque et inviolable entre les agents et le centre de commandement. Sun Zi fut le premier à encourager cette séparation dans son chapitre consacré aux "agents sacrifiés" dans son Art de la guerre.
  • La deuxième critique apportée par Steven Dedijer en 1989 tient à la dimension temporelle de l'exploitation du cycle « plan de recherche » vs « recueil ». Fort de son expérience de 50 ans de pratique de cycles de renseignement, Steven Dedijer soulignait qu'entre le démarrage d'un effort de renseignement et son aboutissement, les structures de pouvoir changent si bien que les systèmes de commandement ayant initialement demandé le renseignement seront probablement différentes à l'aboutissement. Dans ce cas, le mur qui est opposé aux agents de recueil (leur incapacité à remonter vers la source de commandement) crée des défaillances majeures. Une telle faille est intervenu aux États-Unis dans le cadre de la non détection des attentats du 11 septembre 2001. Il existe aux États-Unis un double mur : entre le recueil et le politique d'une part, entre les deux agences domestiques et globale d'autre part. Cette question fut très largement documentée dans le rapport du Congrès sur les attentats du 11 septembre.
  • La troisième critique provient de sciences du management, notamment dans les travaux de P. Baumard qui souligne en 1991 dans Stratégie et surveillance des environnements concurrentiels, que l'accélération des rythmes de la compétition (cycles technologiques courts, vélocité sur les marchés, mouvements stratégiques rapides) nécessite une décentralisation des processus de formulation des stratégies d'entreprise, et rend les cycles lourds, centralisés, inefficaces et peu productifs. Il souligne qu'une formulation décentralisée de la stratégie d'entreprise nécessite que le mur entre recueil et analyse soit aboli, pour que les agents de recueil au plus proche de l'action stratégique sur le terrain produisent l'interprétation (analyse) lorsque les ruptures apparaissent dans l'environnement ou dans le comportement des acteurs. Il souligne également qu'étant donné la variété et la taille des actions gérés par les grands groupes multidivisionnels, il est impossible qu'une cellule centralisée puisse cumuler et capitaliser la connaissance nécessaire pour pouvoir animer de tels cycles sans encourir de fortes déformations, des biais importants et créer des angles morts.

La plupart des consultants en intelligence économique continuent à "vendre" tel quel le "Cycle du renseignement" aux entreprises, parce qu'il confère une image de rigueur et un semblant méthodologique à la discipline, mettant de côté le fait que ce cycle, inspiré du renseignement militaire, doit impérativement être adapté au monde de l'entreprise.

Approche moderne de l’intelligence économique[ ]

Dans le deuxième cas, on ne sait pas exactement ce que l'on va trouver. Par rapport à la vision technique du renseignement, l'analyse des informations, leur structuration, leur déclinaison en stratégie et la mise en œuvre des actions sont plus élaborées et beaucoup plus réparties dans l'organisation.

En France, Bernard Besson et Jean-Claude Possin penchent pour cette nouvelle approche, de même que toutes les nouvelles instances d'intelligence économique (AFDIE, Fépie…)

Les axes d'effort sont alors :

  • Traitement et interprétation des données recueillies
  • Formulation des raisonnements stratégiques
  • Mise en œuvre des actions et animation des réseaux
  • Évaluation des effets et mutualisation des pratiques

Chacune de ces étapes devrait dans l'absolu faire l'objet d'une approche spécifique d'intelligence économique.

De plus, l'intelligence économique ne se limite plus aux entreprises, mais devient de plus en plus un enjeu d'État. C'est notamment tout le débat sur le patriotisme économique.

Contenu de l’intelligence économique[ ]

L’intelligence économique ne se résume pas à la veille. Selon les travaux de l’AFDIE (Association française pour le développement de l’intelligence économique), inspirés par les idées développées aux États-Unis par la Society of Competitive Intelligence Professionals (SCIP) la décennie précédente, l’intelligence économique comprend les tâches suivantes :

  • Recherche et recueil des informations et des connaissances clés
    • Veille ;
    • Recherche documentaire ;
    • Investigation (sources humaines).
  • Traitement et interprétation des données recueillies
  • Mise en œuvre des actions et animation des réseaux
    • Animation de réseaux d'influence ;
    • Déploiement préventif ou curatif des actions offensives ou défensives ;
    • Préparation puis mise en œuvre d'une war room;
    • Communication sur les valeurs.
  • Évaluation des effets et mutualisation des pratiques
    • Étude d'impact ;
    • Rétroveille sur les processus ;
    • Échanges de pratiques et de savoirs ;
    • Audit d’intelligence économique, auto-évaluation.

Fonctions de l’intelligence économique[ ]

Dans ce but, un certain nombre de fonctions ont été définies pour participer à son fonctionnement . Bernard Besson et Jean-Claude Possin en distinguent quatre[7] (maîtrise, mémoire, réseau, analyse) que nous présentons dans l'ordre suivant :

  • Le réseau.
On le divise souvent en
* réseau externe : constitué de personnes n'appartenant pas à l'entreprise, de provenances diverses (connaissances des employés, clients, fournisseurs, partenaires, contacts délibérés…) ;
* réseau interne : les employés de l'organisation pouvant servir d’experts sur une question, et fournir des informations.
C'est le seul organe spécifique de l’intelligence économique. La mémoire est chargée de mémoriser les informations et connaissances explicites de l'entreprise, obtenues ou non grâce à l'intelligence économique. Elle peut être organisée dans le cadre d'un projet d'ingénierie des connaissances. Il s’agit d'un référentiel structuré dont, idéalement, les données principales (métadonnées) sont compatibles avec la structure du système d'information et répondent à des normes de mise en cohérence interne et externe.
  • La maîtrise.
L'intelligence économique est au service de l'organisation. À ce titre, elle est pilotée par le chef d'entreprise, qui doit définir ses objectifs et les grandes questions auxquelles elle devra répondre. La qualité des questions est capitale pour obtenir des informations intéressantes. Au départ, les questions devront rester les plus ouvertes possibles pour ne pas exclure a priori des informations clés qui pourraient surgir du contexte. L'éthique et la déontologie relèvent de cette fonction.
  • L'analyse.
Il s'agit des correspondants du réseau d'intelligence économique qui produisent des questions pertinentes et valident les réponses en offrant des choix multiples à l'entreprise. Elle est organisée transversalement, comme le réseau et la mémoire.

Jean-Louis Levet et Robert Paturel identifient, de leur côté, les quatre fonctions suivantes : maîtrise du patrimoine scientifique et des savoir-faire, détection des occasions et des menaces, coordination des stratégies, mise en œuvre de pratiques d'influence[8].

On peut rapprocher ces fonctions de notions similaires quoiqu'assez différentes : les éléments clés de la stratégie donnée en réseau centré du département de la défense des États-Unis[9].

Processus d'intelligence économique dans le cycle moderne[ ]

Certains consultants en intelligence économique affirment que sa mise en place devrait avoir pour préalable l'évaluation de la culture stratégique de l'entreprise, en commençant par :

  • une phase d'audit d'intelligence économique,
  • une veille sur les méthodes des concurrents,
  • une analyse des meilleures pratiques à l’intérieur de l’organisation.

Cette conception de l'intelligence économique peut rencontrer des difficultés:

  • Les « audits d'intelligence économique » peuvent être des approches dangereuses pour l'organisation car ils confient à un intervenant extérieur le rôle de faire parler les acteurs sur un sujet délicat.
  • Les travaux scientifiques sur l'intelligence économique ont montré qu'un manager est incapable de formuler des besoins de connaissance sans éviter de lourds biais de perception et d'interprétation.
  • Un tel audit, même fait correctement peut rencontrer deux écueils: (1) On dit au client des choses qu'il sait déjà ou (2) On lui dit des choses qu'il n'a pas envie d'entendre.
  • La veille sur les méthodes concurrentes pourrait conduire à l'imitation, le mimétisme et l'homologie, mais, si elle est réalisée correctement, peut être riche d'idées, et lever des inhibitions ("si d'autres le font, pourquoi pas nous ?").

Recherche et recueil des informations et des connaissances clés[ ]

Le recueil des informations est l’objet du processus de veille (passif) ou de renseignement (actif), qui est une recherche proactive d'informations. Ces informations sont :

Le processus d'intelligence fait appel à des qualités de discernement ou d'intuition de la part des veilleurs et des experts, dans la perception de l'environnement.

L'intuition est une prise de conscience immédiate et individuelle. Elle peut conduire à des erreurs d'appréciation. Il faut donc vérifier les informations à partir de plusieurs sources, et discerner par perception précoce quelles sont les informations justes, utiles, dont on pourra faire le meilleur usage, en fonction de la réglementation par exemple, ou du contexte.

La veille passe aujourd'hui par l'utilisation sur le Web de moteurs de recherche très sophistiqués[10], dont les performances dépendent des caractéristiques techniques : recherches plein texte, ou, de plus en plus, recherches sémantiques avec utilisation de métadonnées. La veille doit dépister les stratégies de diversion de l'adversaire, qui peuvent se manifester par des rumeurs[11], des bruits, de la désinformation.

Les différents types de veille classés par ordre alphabétique sont :

Toutefois, l'intelligence économique cherche à aller plus loin, en mémorisant ses propres résultats et en adoptant une démarche proactive visant à faire fructifier l'information recueillie : c’est l’objet des étapes suivantes du cycle.

L'esprit de typologie est l'intellectualisation des esprits pauvres. La catégorisation présentée ci-dessus s'avère le plus souvent très dangereuse pour l'entreprise en faisant penser aux décideurs qu'une approche fonctionnelle de ses problèmes stratégiques est une solution adéquate. Elle donne l'illusion aux décideurs qu'ils peuvent compartimenter le social du technique, le média du commercial, le territoire et le stratégique, etc. Aucun de ces domaines n'est indépendant, et les éléments de rupture les plus importants ont toujours lieu à l'intersection ou dans la combinaison de ces différents domaines. Dès lors, les consultants en intelligence économique, en encourageant la création de typologies d'observation au sein des entreprises, créent (1) des angles morts, (2) une contre-productivité de l'effort d'intelligence économique détruisant l'information essentielle se trouvant aux intersections et (3) un faux sentiment de maîtrise issu de l'existence d'une typologie.

Traitement et interprétation des informations recueillies[ ]

Les informations recueillies sont analysées et structurées par des méthodes Forces, Faiblesses, Occasions, Menaces (matrice FFOM). L'équivalent en anglais est Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats (voir SWOT).

L'utilisation du modèle de Learned, Christensen, Andrews et Guth (Harvard, 1962), plus connu sous le nom de SWOT, est une preuve flagrante de l'incompétence en stratégie d'entreprise du monde du conseil en intelligence économique. Cette approche, longtemps enseignée dans les écoles de commerce (et encore dans les moins performantes d'entre elles, sans aucune précaution méthodologique) est inspirée d'une conception déterministe de la stratégie d'entreprise, ce qu'on appelle le strategic choice dans la littérature en stratégie d'entreprise. Elle a été conçue en 1962, en s'inspirant des travaux d'Ansoff qui datent de l'après Seconde Guerre mondiale. À l'époque, la compétition se résume à une compétition multi-domestique d'une part, et à l'émergence de quelques produits globaux d'autre part (Coca-Cola par exemple). L'approche consiste à rapprocher des compétences internes d'occasions externes, d'où la notion d'adéquation stratégique (strategic fit). Elle est tout à fait anachronique et obsolète dans le contexte actuel, pour les raisons suivantes :

  • Il est difficile de distinguer entre "occasions" et "menaces" dans un environnement compétitif fait de coopétition et à très forte mobilité, où un actif menacé sur un segment peut représenter une forte occasion dans un autre segment. Par exemple, la prolifération des actifs dits en détresse de large bande (broadband) est une menace pour un groupe de télécommunications traditionnel, mais c'est également une occasion qui peut permettre à ce groupe de s'engager sur la Voix sur IP (VoIP) et le passage au tout IP (contenus numériques / changement de métier). Il en va de même pour les "forces/faiblesses"
  • Distinguer entre un "interne" et un "externe" d'une organisation aujourd'hui témoigne du manque complet de culture générale sur les organisations. La compétitivité aujourd'hui réside dans la capacité à intégrer des réseaux externes dans la constitution des systèmes d'offre (impartition stratégique comme le secteur automobile, ou cas exemplaire du secteur des biotechnologies). Une entreprise qui s'installe dans un schéma de perception interne /externe perdra très probablement des parts de marché importantes, s'interdisant d'agir dans ce qui fait la compétitivité des entreprises aujourd'hui.

Cette étape consiste à structurer et à mémoriser les informations. Le processus d'appropriation des informations par l'organisation conduit à une connaissance structurée dans la mémoire de l'entreprise. Ce processus s’appelle la gestion des connaissances (knowledge management en anglais).

Dans cette étape, l’analyse des informations est un processus clé, au cours duquel on va définir l'usage à faire des informations recueillies. Autrement dit, les questions juridiques prennent une importance déterminante :

Idéalement, la structure de la mémoire s'appuie sur des données principales (métadonnées) cohérentes avec le reste du système d'information.

Ainsi, veille et gestion des connaissances sont des domaines complémentaires de l’intelligence économique, qui s’alimentent mutuellement.

Formulation des raisonnements stratégiques[ ]

À ce stade, l'organisation peut être amenée à définir un plan de protection du patrimoine informationnel, et une stratégie de sécurité des systèmes d'information.

Mise en œuvre des actions et animation des réseaux[ ]

La blogosphère IE est présente sur Internet à travers de nombreux sites généralistes ou centrés sur un thème particulier comme la veille, la géostratégie, l'e-réputation, le lobbying, la cybercriminalité ou le Knowledge Management.

Évaluation des effets et mutualisation des pratiques[ ]

Les avantages de cette méthode sont essentiellement d'ordre économique et organisationnelle. La mutualisation des pratiques permet d'aboutir par un phénomène de famine à l'innovation et à la compétitivité. L'effet inverse à éviter est l'imitation, le mimémisme ou l'homologie, le manque de gout ou la pauvreté des esprits peuvent aboutir à des innovations et avancées technologiques peu signicatives. C'est le cas des grandes familles de marque de constructeurs de téléphone mobile et de smartphone comme SAMSUNG ET APPLE et la guerre des brevets (2011-2013).

Politiques mises en place[ ]

En France[ ]

Après le Japon dans les années 1970 et les États-Unis à la fin des années 1980, la France s'est lancée à son tour dans cette démarche d'intelligence économique, initialement au début des années 1990, puis à compter de 2003 à la suite de tentatives de prise de contrôle de sociétés françaises sensibles, de l'activisme de fonds d'investissement étrangers et des agissements de certaines officines de renseignement.

Historique[ ]

  • En 1994 le rapport du Commissariat général du Plan "Intelligence économique et stratégie des entreprises" appelé parfois rapport Martre (du nom de son rédacteur, Henri Martre, ancien PDG de l’Aérospatiale), apporte la légitimité de l’État à ces nouvelles pratiques. L'idée de la création d'un groupe d'études sur la question est apportée au Plan par Philippe Baumard et Christian Harbulot. Le Groupe est constitué de façon informel, et contient pour sa grande majorité des membres issus des contacts personnels de Philippe Baumard et Christian Harbulot, ce qui constitue une première pour un groupe d'études du Plan. En avril 1995 est créé le Comité pour la compétitivité et la sécurité économique, placé auprès du Premier ministre et comprenant sept membres élus pour deux ans (chefs d’entreprises, scientifiques, syndicalistes). Ce comité tombera en désuétude à partir de 1997 sous le gouvernement de Lionel Jospin, qui ne renouvellera pas ses membres.
  • En 2000 deux fonds d'investissement américains supposés proches de la CIA, Texas Pacific Group et Spectrum Equity Investors, cherchent à prendre le contrôle de la société française Gemplus, leader mondial des cartes à puces. Le ministère des Affaires étrangères est alerté une seconde fois sur le dossier Eutelsat alors visé par ces deux mêmes fonds (note du 22 février 2004). Les pouvoirs publics évoquent la "remise en cause de la continuité et de la sécurité de diffusion des chaînes publiques françaises et européennes", les "risques industriels", dans la mesure où "Eutelsat a recours en exclusivité aux services de lancement d'Arianespace", ou encore les "menaces pour l'utilisation d’Eutelsat par les forces militaires de pays européens" qu'aurait représentées cette opération. Ils réussissent à limiter la montée en puissance de ces fonds à 23,3 % contre le tiers du capital espéré.
  • Un député s'empare du sujet en juin 2003, Bernard Carayon, député (UMP) du Tarn remet au Premier ministre un rapport intitulé Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale qui la présente comme une politique publique destinée à garantir la cohésion sociale en assurant le développement économique. Une de ses annexes présente plusieurs définitions parfois contradictoires de l'intelligence économique pour mieux souligner la difficulté de la définir.
  • Parmi les conséquences de ce rapport on compte la nomination d'un Haut Responsable à l'Intelligence Économique (HRIE) rattaché au Premier ministre en la personne de M. Alain Juillet dont le parcours professionnel (postes de direction dans le Privé, et service dans les Renseignements) lui donne une forte crédibilité vis-à-vis de l'État, bien que son expérience personnelle dans le domaine de l'intelligence économique d'entreprise soit limitée, et qui tente de fédérer et de contrôler la profession par la création d'un syndicat professionnel, la Fepie (Fédération des professionnels de l’intelligence économique) ; le lancement des pôles de compétitivité par Dominique de Villepin ; la mise en œuvre d'une politique d'intelligence territoriale par Nicolas Sarkozy.

Organisation étatique[ ]

  • Nomination du haut responsable chargé de l’intelligence économique : nomination d'Alain Juillet le 31 décembre 2003, comme haut responsable chargé de l’intelligence économique au SGDN (Secrétariat général de la défense nationale) par le président de la République à la suite du rapport « Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale » du député Bernard Carayon.
  • Création d'une délégation générale de l'intelligence économique à Bercy : nomination de François Asselineau le 12 octobre 2004 au poste de directeur[13].
  • Actions publiques (au 1er semestre 2009) :
    • mise en place de responsables de l’intelligence économique dans différents ministères (Affaires étrangères — une cellule est également prévue auprès de chaque ambassadeur —, Intérieur, Économie, Finances et Industrie, responsable nommé mais sans équipe ni moyen)
    • mise en place de pilotage régionaux de l'intelligence économique par les préfets ;
    • création d'un « référentiel » destiné aux professionnels de la formation en matière d'intelligence économique ;
    • création d'une fédération des professionnels de l'intelligence économique ;
  • Définition des secteurs dits « sensibles » (septembre 2005) : le ministre de l’Industrie annonce en septembre 2005 la publication prochaine du décret d’application de la loi modifiant le code monétaire et financier. Ce décret devrait comprendre une liste de secteurs dits « sensibles » (la presse cite les casinos, l'armement, la cryptologie, les biotechnologies, la sécurité des systèmes d'information…).
  • Coordination entre le délégué interministériel au développement durable et le haut responsable à l'intelligence économique (septembre 2005)
  • Nomination du Coordonnateur ministériel à l'intelligence économique au sein des ministères de Bercy en août 2006
  • Mise en œuvre du dispositif d'intelligence économique au sein des Ministères économique et financier à Paris et dans les régions : les chargés de mission régionaux à l'intelligence économique, par la circulaire du 21 mars 2007 (publiée au JORF n° 108 du 10 mai 2007 page 8265)
  • Nomination d'un Délégué Interministériel à l'Intelligence Économique le 17 septembre 2009 http://www.gouvernement.fr/gouvernement/delegue-interministeriel-a-l-intelligence-economique
  • Nomination d'un nouveau Coordonnateur ministériel à l'intelligence économique des ministères économique et financier en août 2010 http://www.economie.gouv.fr/intelligence-economique
  • Le Premier ministre précise l'action de l'État en matière d'intelligence économique au niveau des administrations centrales et des services déconcentrés par la circulaire du 15 septembre 2011 http://www.economie.gouv.fr/politique-publique-d-intelligence-economique
  • Nomination de Claude Revel le 29 mai 2013, Déléguée interministérielle à l’intelligence économique, poste rattaché au Premier ministre. http://www.intelligence-economique.gouv.fr/

Situation actuelle[ ]

En 2006, certains experts, comme Patrick Artus ou des experts d'autres cercles, critiquent le manque de doctrine théorique dans la politique d'intelligence économique française. Patrick Artus appelle notamment à une « doctrine claire, qui pour l'instant n'a émergé ni à droite ni à gauche ». Ainsi, le gouvernement français n'a pas encore transposé en France les systèmes réseau centrés très développés aux États-Unis[14].

Sur le plan pratique et en particulier en direction du monde économique, le MEDEF a publié pour ses adhérents PME en novembre 2006 un guide pratique d'intelligence économique.

Selon Bernard Carayon, l'Union européenne est dans une situation de totale dépendance dans les technologies de l'information vis-à-vis des États-Unis. La politique d'intelligence économique française doit être développée dans les directions suivantes :

  • elle doit être coordonnée avec les autres politiques européennes, en particulier celle de l'Allemagne,
  • elle doit approfondir les questions de normalisation.

La délégation générale pour l'armement a défini un cadre d'architecture des systèmes d'information analogue à ceux déjà définis par le département de la défense des États-Unis (DoDAF) et par le ministère de la défense britannique (MODAF).

La politique publique se poursuit, en mettant l'accent sur les pôles de compétitivité et les petites et moyennes entreprises. La conclusion du pacte PME devrait permettre de définir un Small Business Act à l'européenne.

L'intelligence économique à la française se heurte à une faiblesse numérique des sites internet en français (4 % des pages web dans le monde étaient en français en 2003), par rapport aux sites en anglais (45 % des pages web étaient en anglais à la même date). Il faut noter que la situation s'est améliorée entre 1996 et 2003, puisque la proportion de pages web en français était en 1996 de 3 %, contre 75 % en anglais[15].

Formations en intelligence économique[ ]

Dans l'Union européenne et les États membres autres que la France[ ]

Le deuxième rapport de Bernard Carayon sur l'intelligence économique indique qu'il n'y pas de véritable contrôle politique du travail des institutions européennes par les États membres (voir Principe de subsidiarité du droit communautaire#Le contrôle politique). La Fondation Prometheus qu'il préside propose des agendas prospectifs permettant de connaître l'échéancier communautaire à venir dans les secteurs "stratégiques" (santé, développement durable, défense, énergie…). Les acteurs suivis sont le Conseil européen, la Commission européenne, le Parlement européen, le Comité des Régions, le Conseil Économique et Social Européen, les agences et clubs qui en émanent, ainsi que les associations et think tanks dont la vocation est de participer au processus décisionnel. De plus, Bernard Carayon préconise la mise en place au niveau de l'Union européenne d'un registre du commerce et des sociétés garantissant la transparence des acteurs.

La France n’est pas le seul pays européen à avoir mis en place une politique d'intelligence économique[20].

À la date du 1er janvier 2006, tous les pays membres de l'Union européenne, à l’exception des Pays-Bas, de la Belgique et de l'Autriche, ont mis en place des dispositifs de contrôle des investissements étrangers concernant l'ordre public et la défense nationale.

  • Le Danemark, interdit l'acquisition de groupes spécialisés dans le transport maritime et aérien ou l'exploration pétrolière à toutes les sociétés non danoises.
  • L'Allemagne dispose d'un droit de veto pour tout investissement étranger égal ou supérieur à 25 % dans des activités de défense et de cryptologie. De plus certaines entreprises (Caisses d'épargnes, Volkswagen, producteurs d'acier…) sont protégées par la présence des Länder à leur capital, encore que d'après certains spécialistes, cette protection pourrait devenir illusoire lorsque ces sociétés auront besoin de capitaux frais, mais qui en attendant les protège des tentatives de prise de contrôle.
  • L’Espagne protège les secteurs de la défense nationale, des jeux, de la télévision et de la radio.

Mais l'enjeu le plus sensible est sans doute celui de la diversité culturelle et linguistique de l'Union européenne comparée à la forte présence de la langue anglaise dans le monde.

Voir sur ce point :

Aux États-Unis[ ]

Aux États-Unis, l'intelligence économique est pratiquée activement depuis la Seconde Guerre mondiale.

Alors qu'en France, on considère que le volet offensif est du domaine des entreprises, et le volet défensif (dispositifs de protection contre des investisseurs non nationaux) du domaine de l'État, les États-Unis ne font pas cette distinction. Les secteurs militaires et civils communiquent beaucoup plus qu'en Europe.

À la fin des années 1980, l'administration américaine a lancé la politique d'advocacy de soutien aux entreprises, qui est essentiellement une stratégie offensive.

Grandes lignes de la politique d'intelligence économique des États-Unis[ ]

La politique actuelle d'intelligence économique des États-Unis résulte du constat effectué après la guerre du Viêt Nam de la nécessité d'adapter l'armée américaine au contexte des guerres modernes. Le programme CALS a d'abord été conçu dans les années 1980 pour édicter des exigences vis-à-vis des fournisseurs du département de la défense. Puis les exigences sur l'ensemble des fonctions militaires ont été décrites dans C3ISR (guerre du Golfe), devenu C4ISR.

De nouveaux concepts de systèmes d'information en réseau, le Network centric warfare, ont été utilisés pour la première guerre du Golfe[21]. Ils structurent depuis le début des années 1990 l'architecture des systèmes d'information des organismes stratégiques des États-Unis. Un cadre d'architecture des systèmes d'information a été défini en 2003 (DoDAF), dans l'esprit de la stratégie des données en réseau-centré (Net-centric data strategy, NCDS).

Globalement, on peut dire que la stratégie actuelle du département de la défense s'articule autour de trois éléments clés :

Cette stratégie influence en fait pour une grande part les systèmes d'information mondiaux sur la Toile.

Principales caractéristiques[ ]

La politique d'intelligence économique des États-Unis s'appuie :

  • sur des méthodologies de partage structuré d'informations comme le NCW (Network centric warfare) utilisées dans des salles d'opérations (familièrement appelées « war room », qui procurent aux entreprises des secteurs stratégiques une très grande puissance d'investigation et de décision ; le web et les métadonnées sont massivement employés pour indexer les ressources informatiques. Les organisations publiques américaines gèrent des registres de métadonnées qui permettent de partager ou de voiler (selon les cas) les informations sur le web ;
  • sur une politique d'influence dans tous les domaines : culturel et linguistique, technologique, juridique, réglementaire, fonctionnel (conseil, audit, notation), moral (corruption, droits de l'homme, écologie), multimédiatique (internet)[22] ; elle se manifeste auprès d'un grand nombre d'organisations internationales (OMC, WBCSD, ONU, OCDE, Union européenne…) ;
  • sur le concept de gestion de la perception (en américain perception management) permettant de camoufler les initiatives internes des États-Unis à des cibles sélectionnées[23] ;
  • sur des actions systématiques de normalisation, et de lobbying auprès des organismes qui définissent les règles du commerce international (chambre de commerce internationale, BASD),
  • sur l'usage de la langue anglaise ;
  • sur un système juridique (soft law) où le droit mou a plus de place ;
  • sur la puissance financière des fonds de pension ;
  • sur un dispositif de protection contre les acquisitions de sociétés américaines.
    Ce dispositif n'intervient qu'assez tard dans le processus : les projets d'acquisitions sont regardés par le Committee on Foreign Investment in the United States dirigé par le secrétaire au Trésor, qui détermine au cas par cas si la vente à un propriétaire étranger d'une entreprise est censée "menacer d'affaiblir la sécurité nationale". Des sociétés peuvent également avoir des statuts particuliers pour limiter les prises de contrôle hostiles[24]. L'Exxon-Florio National Security Test for Foreign protège également les entreprises américaines[25]. Enfin, le 11 septembre et les initiatives chinoises sur de grandes entreprises américaines jugées d’intérêt stratégique ont renforcé les réflexes protectionnistes (cf. tentative d'offre publique d'achat [OPA] du chinois CNOOC sur la septième compagnie pétrolière américaine, Unocal, en juin 2005).
  • sur un environnement législatif protégeant des domaines d'activité.
    Outre les sociétés, la loi américaine protège certains domaines d'activités comme les travaux d'infra-structures portuaires et la réparation navale interdits aux entreprises étrangères[26]. De même d'autres secteurs sont également soumis à un encadrement spécifique (compagnies aériennes…) interdisant et limitant le contrôle des sociétés américaines par des capitaux non américains.
  • sur un environnement législatif favorisant les PME.
    Le Small Business Act de 1982, programme d'aide aux PME, leur réserve 23 % des contrats gouvernementaux et 40 % de la sous-traitance[27].

En Asie[ ]

  • Au tournant du siècle, le Japon met en œuvre un nouveau modèle d'intelligence collaborative sous la forme de « communautés stratégiques de connaissance », voir [3]. Le Japon a une politique d'intelligence économique depuis 1970.
  • La Chine s’est ouverte prudemment aux investissements étrangers, pour mettre à niveau du point de vue technologique et managérial son économie, mais de façon qui reste limitée dans la plupart des secteurs (banques, aciéries, constructeurs automobiles, cimenteries, raffineries, réseaux de distribution d'essence…) pour y garder un certain contrôle. À la date du début 2006, l'acquisition d'une participation majoritaire dans une entreprise chinoise n'est pas encore permise, les investissements étrangers devant prendre la forme de partenariat limité à 20 % ou 25 % du capital suivant que l’investissement est le fait d’une seule entreprise ou d'un consortium.

Organisation de la profession[ ]

Les organisations représentant la profession en France sont :

  • SCIP France, créée en 1992, regroupe principalement des entreprises clientes et prestataires (SIE), et a pour but de développer les pratiques du métier.
  • L'AFDIE, créée en 2003, est plus orientée vers le lien entreprises / pouvoirs publics.
  • La Fepie, créée en 2005, a vocation à devenir le syndicat professionnel des entreprises prestataires.
  • Le Syndicat français de l’intelligence économique - SYNFIE - a été fondé le 14 décembre 2010 pour rassembler et représenter les professionnels de l’Intelligence Economique exerçant en France.

Questions éthiques[ ]

En 1998, l'association SCIP France adhère au Code d'Éthique de l'Association SCIP Internationale.

L’amiral Lacoste a été chargé par Alain Juillet de définir les règles de fonctionnement de la profession de l’intelligence économique. La fédération des professionnels de l'intelligence économique (Fepie) a été mise en place dans ce but. Sa charte d'éthique précise, en huit articles, les grandes lignes des bonnes pratiques que les professionnels s'engagent à respecter.

Une contribution pour ceux qui ne réduisent pas l'éthique à une pratique professionnelle[28].

Voici des liens pour approfondir ce thème : Éthique en intelligence économique, Éthique des affaires, Droit des affaires, Veille juridique

Modèle d'intelligence économique[ ]

L'Association française pour le développement de l'intelligence économique (AFDIE) a identifié 11 facteurs[29]:

Intelligence économique et business intelligence[ ]

L'intelligence économique (IE) se distingue de la business intelligence (BI) car cette dernière, malgré tout ce que pourrait suggérer une traduction littérale, correspond en réalité à une catégorie particulière d'applications informatiques[30].

En effet, l'expression business intelligence est communément employée comme synonyme d'informatique décisionnelle, concept qui couvre un périmètre beaucoup plus restreint et dont l'application pratique, jusqu'à présent, est plus souvent focalisée sur le contrôle et l'optimisation des activités que sur la connaissance globale des opportunités et des menaces stratégiques. De plus, la BI s'appuie actuellement surtout sur des données opérationnelles pré-structurées, quantitatives, déjà disponibles dans le système d'information interne, et très peu sur des données qualitatives ou externes multiformes.

Pour certains, la "Business Intelligence", ne serait qu'un slogan marketing inventé pour vendre des logiciels d'exploration de données (data-mining) et de contrôle de gestion.

Intelligence économique et développement durable[ ]

Bien qu'étant deux domaines distincts, l'intelligence économique et le développement durable ont des relations, en particulier dans les critères de choix des stratégies d'investissement durable.

Le modèle d'intelligence économique de l'AFDIE comprend un critère de perception de l'environnement, qui précise que l'entreprise doit intégrer l'analyse environnementale dans la formulation de sa stratégie. L'environnement de l'entreprise est porteur de risques qui la soumettent à des contraintes concernant le juridique, le social, le respect de l'environnement naturel, les règles particulières d'éthique, la gouvernance d'entreprise et tous les éléments participant au développement durable.

L'entreprise doit élargir l'éventail des veilles spécifiques, et ne plus se limiter à la veille concurrentielle et technologique, mais intégrer la veille environnementale, la veille juridique (de plus en plus de lois et directives européennes portent sur l'environnement), la veille sociétale. Les éléments constitutifs du développement durable constituent en effet un ensemble de signaux faibles auquel les spécialistes de l'intelligence économique doivent s'intéresser[31].

À noter également que la mise en place d'une politique d'intelligence économique a notamment pour objectif d'assurer la pérennité de l'entreprise par la prise de décisions en toute connaissance de son environnement présent et de ses évolutions futures. La conservation des informations et des connaissances (gestion des connaissances) au sein de l'entreprise, la mémoire des échecs et des succès et les prises de décisions en conséquence assurent également une stabilité à l'entreprise.

En France, le haut responsable à l'intelligence économique, Alain Juillet, a rencontré le responsable de la délégation interministérielle au développement durable, Christian Brodhag.

Notes et références[ ]

  1. Charte d'éthique du Syndicat Français d'Intelligence économique http://www.synfie.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=17&Itemid=157
  2. Antoine Violet-Surcouf, Les Opérations d'influence offensives sur Internet, La Bourdonnaye, Collection AEGE,‎ 2014 (ISBN 978-2824205090)
  3. (en) « Organizational Intelligence: Knowledge and Policy in Industry and Government », American sociological Review,‎ février 1968 (lire en ligne)
  4. Voir Les définitions de l'intelligence économique
  5. "L’intelligence économique permet aux entreprises d’agir sur leur environnement au lieu de le subir" propos recueillis en septembre 2009 par Imen Gharb pour l'Economiste Maghrébin
  6. Voir [1], Définition de l'intelligence économique selon le préfet Rémy Pautrat (Portail de l'intelligence économique)
  7. L'audit d'intelligence économique, Mettre en place et optimiser un dispositif coordonné d'intelligence économique, Dunod, 2e édition
  8. Levet J.-L., Paturel R., L'intégration de la démarche d'intelligence économique dans le management stratégique, Acte de la Ve conférence de l'Association Internationale de Management Stratégique (AIMS), Lille, 13-15 mai 1996, 20 p., pages 6-7
  9. Voir Net-centric data strategy, pages 3 à 9, et article DODADF
  10. http://www.journaldunet.com/ebusiness/expert/58581/veille-concurrentielle---5-outils-innovants.shtml
  11. Voir Stéphane Mortier, "La rumeur, outil d'intelligence économique", Revue de la gendarmerie nationale, no 242, juin 2012.
  12. Voir Les fondateurs de l'IE en France
  13. Voir http://www.infoguerre.fr/france-europe-puissances/creation-d-une-delegation-generale-de-l-intelligence-economique-a-bercy/
  14. Éric Denécé et Claude Revel, l'autre guerre des États-Unis, économie, les secrets d'une machine de conquête, page 58
  15. Selon un rapport de l'Unesco, Mesurer la diversité linguistique sur internet
  16. http://www.meilleurs-masters.com/master-intelligence-economique.html
  17. Studyrama - mai 2011 : Le métier de Consultant en intelligence économique inscrit au RNCP http://www.studyrama.com/formations/specialites/sciences-politiques/actualite/le-metier-de-consultant-en-intelligence-economique-inscrit-au-rncp-52014
  18. Le Parisien - décembre 2009 : L'EEIE, seule école à délivrer le titre d'État de Consultant en intelligence économique. http://www.parisetudiant.com/etudiant/orientation/formations/ecole-europeenne-d-intelligence-economique.html
  19. Portail de l'IE - ICOMTEC
  20. Culture du Renseignement et Intelligence Economique en Europe
  21. L'autre guerre des États-Unis, économie : les secrets d'une machine de conquête, Éric Denécé, Claude Revel, page 58
  22. Christian Harbulot, « La France sans doctrine de puissance économique », article extrait de l'ouvrage collectif réalisé sous l'égide de l'École de guerre économique, La France a-t-elle une stratégie de puissance économique ? mars 2004, éditions Lavauzelle
  23. Christian Harbulot, École de guerre économique, « Une nouvelle approche de l'action offensive », article publié au 2e trimestre 2002 dans la Revue historique des Armées
  24. Cf. Ford et ses "actions B" permettant aux seuls héritiers de contrôler 40 % des droits de vote avec 4 % du capital (Les Échos du 30 août 2006)
  25. L’«Exon-Florio National Security Test for Foreign» est un amendement américain au «Defense Production Act de 1950» (Section 721) adopté en 1988 et visant à bloquer l’acquisition éventuelle d’une entreprise stratégique par des intérêts étrangers. L’élaboration de cet amendement s’inscrit dans une vague d’hostilité à l’égard du Japon (voir le rapport Japan 2000, rendu public en juillet 1991 par la CIA)
  26. Cf. la loi américaine intitulée Merchant Marine Act of 1920 appelée communément Jones Act
  27. Cf. Les Échos du 31 mai 2007, page 15
  28. [2]
  29. Modèle d'intelligence économique. AFDIE (Association Française pour le développement de l'Intelligence Economique). Bernard Besson, Dominique Fonvielle, Michel Fourez, Jean-Pierre Lionnet, Economica. Collection dirigée par Jean-Louis Levet. 2004.
  30. Business intelligence et intelligence économique
  31. Modèle d'intelligence économique de l'AFDIE, Économica, page 47

Voir aussi[ ]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[ ]

  • Manuel d'Intelligence économique, sous la direction de Christian Harbulot, Presses universitaires de France (coll. Major), 2012.
  • François Jeanne-Beylot, Besoin en cotation de l’information en intelligence économique, Éditions La Bourdonnaye, janvier 2013.
  • Thibault du Manoir de Juaye, Intelligence Économique : Utilisez toutes les ressources du droit, Éditions d’organisation, 2000.
  • Thibault du Manoir de Juaye, Le droit de l'intelligence économique, Litec (coll. Litec professionnels), 2007.
  • Gagliano Giuseppe, La nascita della intelligence economica francese, Aracne, 2012.

Ouvrages généraux[ ]

Autres ouvrages[ ]

Dans cette section, la bibliographie est présentée dans l'ordre antichronologique, de façon à faire apparaître les réflexions les plus récentes en matière d'intelligence économique

  • Henri Dou, "L'intelligence économique à l'heure du Jugaad", 2014
  • Lebrument Norbert, De la Robertie Catherine, Mortier Stéphane, La politique publique d'intelligence économique: le management public au service de l'entreprise, colloque AIRMAP, Aix-en-Provence, France, 2014
  • Henri Dou, "Compétitive Intelligence et Développement Régional - Quelques réflexions", 2013
  • Pascal Frion (Premier bilan du discours sur l'IE depuis 20 ans), Généalogie de la faible percée du discours sur l'intelligence économique dans les Tpe françaises : errements épistémologiques et propositions opérationnelles, Université de Poitiers, thèse présentée publiquement le 7 décembre, 640 pages, (2012) http://www.acrie.fr/index.php/th%C3%A8se_nouveau_discours.html
  • Laurens-Bernard Olivier, La politique publique d'intelligence économique territoriale : évaluation de l'action des préfectures de région et propositions, Ministère de l'intérieur - Secrétariat du Haut-Fonctionnaire de Défense, 2012
  • Christian Harbulot (direction), Manuel de l'intelligence économique, ouvrage collectif, Presses universitaires de France, 2012
  • Claude Revel, "La France : un pays sous influences ?", Vuibert, 2012.
  • Christophe Deschamps & Nicolas Moinet (Direction), La Boîte à Outils de l'intelligence économique, dunod, 2011
  • Nicolas Moinet, Intelligence économique. Mythes et réalités, CNRS Éditions, 2011
  • Alphonse Carlier, intelligence économique et knowledge management, 2012
  • Nicolas Moinet, Petite histoire de l'intelligence économique : une innovation « à la française », L'Harmattan, 2010
  • Bertrand Warusfel, « L'intelligence juridique : une nouvelle approche pour les praticiens du droit », Le Monde du droit, 1er-15 avril 2010
  • Amos David, Intelligence économique et problèmes décisionnels, Lavoisier : Hermès Science publications, cop. 2010
  • Signaux faibles, mode d'emploi. Philippe Cahen, Paris, Eyrolles, 2010, 163 p. Prix IEC'11 (Intelligence économique et compétitivité). le jury de l'Académie de l'Intelligence Economique, président Alain Juillet) étant présidé par Henri Martre.
  • Sophie Larivet, Intelligence économique : enquête dans 100 PME, L'Harmattan février 2009.
  • Ludovic François, Intelligence territoriale, Lavoisier, 2008
  • François-Bernard Huyghe, Maîtres du faire croire. De la propagande à l'influence Vuibert, 2008, ISBN 978-2-7117-1194-9
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Études de cas[ ]

Articles connexes[ ]

Généralités[ ]

Sécurité de l'information[ ]

Phases et méthodes[ ]

Mémoire[ ]

Liens externes[ ]


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