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Imprimerie

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L'imprimerie est un ensemble de techniques permettant la reproduction d'écrits et d'illustrations sur support matériel en grande quantité, permettant ainsi une distribution de masse. Généralement, on utilise des supports plans et la matière la plus utilisée est le papier.

Ces techniques forment ce que l'on appelle communément la chaîne graphique. Elles vont de la composition des textes au façonnage (reliure, pliure, brochure…) en passant par le traitement des illustrations (photogravure), l'impression et la relecture. L'expression « industries graphiques » est apparue après la Seconde Guerre mondiale pour remplacer le terme « imprimerie », trop générique. L’imprimerie permet de produire des documents en les transmettant sur du papier.

Histoire[ ]

L'histoire de l'imprimerie est étroitement liée au développement de l’humanité et de la culture. Depuis que l'homme a développé ses moyens d'expression (représentations artistiques, théâtre…), il a cherché à pérenniser ses œuvres et à les diffuser.

Des scribes dans l'Égypte antique, qui gravaient sur la pierre et écrivaient sur papyrus, aux moines copistes médiévaux, qui passaient leurs journées à reproduire des œuvres — religieuses pour la plupart — en les recopiant à la main, l'homme a régulièrement essayé d'automatiser ces moyens de copie. L’imprimerie permet ainsi une diffusion rapide et à moindre coût du savoir. Elle permit à ses premiers inventeurs, les chinois, de diffuser le bouddhisme, l'écriture et l'essentiel de la culture chinoise (musique, peinture, calligraphie, architecture, textile, etc.), en Corée, puis au Japon.

En Extrême-Orient[ ]

Sūtra du Diamant, 868, Dunhuang, province de Gansu, Chine.

La xylographie a été pratiquée dès le VIIe siècle en Chine.

Les plus anciens xylographes ont été découverts :

  • en Chine — 642 : Une peinture datée de 642 dans la grotte no 220, des grottes de Mogao, à 15 km au Sud-Est de Dunhuang représente des fidèles regardant avec des lampes, sept images similaires aux impressions trouvées dans la grotte no 17, datées de la seconde moitié du VIIe siècle, imprimées en xylographie à l'encre sur papier. Elles représentent un bouddha portant un bol dans ses mains, faisant penser au bouddha de la médecine, Bhaisajyaguru, mais pouvant également être Shākyamuni.
  • 650 — 670 : un exemplaire du dharani sutra découvert en 1974 à Xi’an, la capitale de la dynastie Tang, au Shaanxi[1]. Un second daté de 690 à 699 reproduit le Snddharma pundarik[1]. Le Sūtra du Diamant, rouleau de cinq mètres daté de 868, livre sacré bouddhique illustré, trouvé en 1907 pans les grottes de Mogao et conservé à Londres (British Library)[2] ;
  • en Corée — 704-751 : le dharani sutra de la lumière pure de 63 × 8 cm, découvert en 1966 au temple de Bulguksa à Kyongju[3];
  • au Japon — 764-770 : une autre version du dharani sutra, imprimé en chinois à 1 million d’exemplaires, de généralement 6 × 45 cm, avec d’autres prières et scellé dans de petits stûpa en bois par l’impératrice Kōken, appelé aussi Hyakumantō Darani (百万塔陀羅尼). Plusieurs centaines de ces petits documents nous sont parvenus.
  • En Chine Xe siècle : Impression xylographique polychrome sur un thème bouddhiste, Shaanxi, Chine.
  • Au XIe siècle, sous la Dynastie Song du Nord (960 – 1127), sont imprimés les billets de banques, appelés « jiaozi » 交子, jiāozǐ, les plus anciens connus à ce jour.

Techniques traditionnelles d'Extrême-Orient[ ]

Les presses mécaniques n'étaient pas utilisées avant l’importation de presses européennes : l’impression se fait manuellement, la matrice gravée est enduite d'encre à l'aide d'une brosse ressemblant à un gros blaireau en Chine. La page est ensuite imprimée manuellement, en frottant le verso de chaque feuille avec l'outil approprié :

  • En Chine, on utilise une sorte de petite poutre en bois, entourée de tissu et poussée le long de la feuille, permettant une poussée relativement égale sur toute la largeur. Ce procédé est encore utilisé au XXe siècle dans les manufactures de livres.
  • Au Japon, on utilise le frotton (japonais : 馬連 (baren?)) au Japon, sorte de petit rond avec poignée fait traditionnellement de feuilles de bambou (aujourd’hui de plastique), permettant une pression relativement homogène. Ce procédé est encore utilisé dans les estampes artisanales.

Caractères mobiles[ ]

Les Chinois ont été les premiers à utiliser les caractères mobiles, au XIe siècle. Cette technique leur permit de conserver fidèlement les traditions culturelles en accélérant les procédés de mise en page des textes par la réutilisation des caractères, plutôt que de graver toute une planche à chaque page. L’inventeur chinois Bi Sheng employa, dès 1040, des caractères mobiles en terre cuite[4].

Les caractères métalliques auraient vu le jour en Corée vers 1234, inventés par Choe Yun-ui[5]. Le plus ancien exemplaire encore existant de livre imprimé à partir de caractères mobiles en métal date de 1377. Il s’agit du Jikji Simkyong conservé à la Bibliothèque nationale de France[6].

Expansion vers l'Ouest avec les Mongols[ ]

impression de la dynastie Yuan en caractères hanzi (Han) et 'phags-pa (mongols)

En 1207 les Mongols, dirigés par Gengis Khan, transportent et utilisent du matériel d'imprimerie xylographique lors de leurs conquêtes[7].

En 1269, sous le règne en Chine de Kubilai Khan de la dynastie Yuan, mongole, l'écriture 'phags-pa, carrée est créée, s'inspirant de l'écriture tibétaine elle-même dérivée de l'écriture indienne brahmi. Jusque là les Mongols utilisaient une écriture dérivée de l'alphabet syriaque, introduite par l'écriture ouïghoure, ligaturée. Cette nouvelle écriture permet alors de diviser en blocs carrés la langue mongole et de l'adapter aux caractères mobiles. Les Coréens suivront peu de temps après en passant des caractères han à une version simplifiée des caractères 'phags-pa, l'écriture hangeul.

Entre 1274 et 1291, le voyageur italien Marco Polo séjourne pendant dix-sept ans à la cour de Kubilai Khan. Il y apprend la culture et les techniques chinoises et mongoles.

En 1294, Mahmud Ghazan Khan (凯嘉图汗, Kǎijiāyú hàn, transcription de Casanus Khan), gouverneur mongol en Perse, fait imprimer en xylographie à Tabriz des sortes de billets de banques où figure en haut le caractère chinois (chāo, signifiant billet)[8].

Les Mongols utilisaient la xylographie notamment pour des édits, mais les traces de ces documents sont rares. Ils utilisent notamment l'écriture 'phags-pa carrée, reprenant en cela les principes de l'écriture chinoise[9].

En 1313 en Chine, Wang Zhen, décrit dans son livre d'agriculture, un système de caractères mobiles en bois, utilisant une roue.

Dans le monde musulman[ ]

Impression xylographique du Coran, Égypte, Xe siècle.

Des archéologues ont découvert en 1880 au Médinet el-Fayoum, en Égypte, des impressions datant de 900 à 1350[10],[11].

Dans l'Empire ottoman, dès 1485, le sultan Bajazed II interdit l'usage de la presse à imprimer[12]. En 1515, un second décret du sultan Selim 1er punit de mort toute personne utilisant une presse[13]. L'imprimerie sera introduite en 1727 par Ibrahim Müteferrika[14], mais seulement pour une ou deux décennies, avant d'être de nouveau interdite jusqu'au début du XIXe siècle[12]. Le premier journal ne sera publié qu'en 1824[12].

En fait, l'imprimerie des caractères arabes, longtemps interdite dans le monde musulman au motif que ceux-ci sont sacrés [15], est pratiquée en Europe dès le XVIIe siècle[16].

En Europe[ ]

Diffusion de l'imprimerie en Europe au XVe siècle
Graveur sur bois
Imprimerie du XVe siècle
Gravure de Jan van der Straet représentant un atelier d'impression au XVIe siècle. Musée Plantin-Moretus
Cantate des imprimeurs
Production des livres imprimés en Europe entre 1450 et 1800[17]

Le développement de l'imprimerie n'a pu se faire qu'à la faveur de deux conditions préalables. La première est le remplacement du volumen par le codex pour la fabrication des livres, transformation majeure qui s'est faite entre le Ier et le IVe siècle. La seconde est le remplacement du parchemin par le papier, beaucoup plus souple et plus économique. Le procédé de fabrication du papier se répand en Europe à partir du monde musulman et est en production dès 1056 à Xàtiva dans la région de Valence, en Espagne. C'est un facteur essentiel dans le développement de l'imprimerie.

À partir de 1450, Johannes Gensfleisch, plus connu sous le nom de Gutenberg, travaille à mettre au point le procédé de l'impression[18]. Financé par Johann Fust, il devra lui abandonner son invention en 1455, lorsqu'il sera incapable de lui rembourser son prêt. À cette date, Gutenberg a mis au point un procédé qui fait usage de caractères mobiles, donnant ainsi naissance à la typographie moderne, qui se distingue des procédés orientaux par la rationalisation et l’harmonisation des diverses techniques. Il introduit la presse à imprimer, inconnue des Orientaux, qui permet une impression uniforme et rapide. Pour la fonte des caractères dans un moule, il met au point un alliage de plomb et d'antimoine — deux matériaux très toxiques, mais qui resteront en usage à peu près inchangé pendant toute la durée de l'emploi de la typographie. Il travaille aussi à la composition de l'encre servant à l'impression, qu'il fait plus épaisse et mieux adaptée à la presse que l'encre de Chine, utilisée jusqu'alors en Extrême-Orient et au Moyen-Orient.

Le premier livre européen imprimé avec des caractères mobiles est la grammaire latine de Donatus en 1451 par Gutenberg. La première édition latine de la Bible est celle dite Bible à quarante-deux lignes en 1453 par Gutenberg. Victor Hugo élabore à son sujet une des premières analyses médiatiques de l'histoire avec le chapitre « Ceci tuera cela » dans son roman Notre-Dame de Paris[19].

Des presses s'installent rapidement dans les grandes villes d'Europe: Cologne (1464), Bâle (1466), Rome (1467), Venise (1469), Paris (1470), Lyon (1473), Bruges (1474), Genève (1478), Londres (1480), Anvers (1481) et des centaines d'autres[20]. En 1500, on comptait plus de 200 ateliers d'imprimerie dans la seule Allemagne. Les historiens estiment qu'il s'est publié vingt millions de livres en Europe dans les cinquante premières années qui ont suivi l'invention de Gutenberg, alors que la population était alors de quelque cent millions d'habitants[21]. Les incunables sont les livres du début de l'ère Gutenberg édités entre 1450 et 1500.

En France, le premier livre est imprimé en 1470, à Paris, au collège de la Sorbonne, grâce à Jean Heynlin et Guillaume Fichet. Le premier livre imprimé en langue française est La Légende dorée de Jacques de Voragine par Barthélemy Buyer à Lyon, en 1476.

L'innovation de Gutenberg réduit considérablement le nombre d'heures-hommes nécessaire à la production du livre (donc le coût), ce qui permet d'en élargir la diffusion.

Le patron des imprimeurs en Europe de l'Ouest est saint Jean Porte Latine. L'imprimerie s'est longtemps enorgueillie de certaines traditions très colorées telles que l'Article IV[22][réf. à confirmer] et un chant (d)étonnant l'accompagnant, le À la…[23][réf. à confirmer].

L'activité d'imprimeur reste longtemps au stade du petit artisanat. Si les salaires sont faibles, le travail est considéré comme prestigieux[réf. nécessaire]. Le livre restant un objet coûteux, le typographe vit en permanence au contact des lettrés, ce qui le distingue. Privilège important : il a droit au port de l'épée.

Un atelier emploie en moyenne, en plus du maître qui s'occupe des corrections, quelques compositeurs qui assemblent les types et quelques pressiers. L'apprenti est l'homme à tout faire : il doit savoir lire et écrire le latin et le grec, et fait son apprentissage durant deux à cinq ans au service du maître. Après son apprentissage, devenu compagnon, il fera son « tour de France », pour parfaire son métier avant de s'établir, comme c'est le cas dans tous les compagnonnages depuis le Moyen Âge.

Les imprimeurs signent leurs œuvres et l'on retrouve leur nom sur les livres qu'ils ont imprimés. La marque d'un maître peut être « blasonnée » et constituer ainsi une sorte d'héraldique de métier, comme ce fut le cas pour les compagnons passant tailleurs de pierre. Les marques d'imprimeur comportent des lettres : la lettre X (qui évoque le chrisme), V, S, ainsi que l'alpha et l'omega. Elle peut faire figurer des symboles comme le globe et la croix. Elle utilise aussi massivement le fameux « Quatre de chiffre », marque mystérieuse et profondément christique, qui n'a pas encore livré tous ses secrets.

La typographie occupe la scène de la communication du XVIe siècle jusqu'au troisième quart du XXe siècle.

Technique[ ]

De Gutenberg au XIXe siècle, les innovations techniques sont des modifications de détail, visant à améliorer le rendement et l'efficacité. L'alliage utilisé pour les caractères reste sensiblement le même. Au XVIIIe siècle, le Britannique Stanhope réalise la première presse entièrement métallique.

L'imprimerie a été révolutionnée dans les années 1880 par l'invention de la linotype (Otto Mergenthaler, 1884). Cette machine accélérait la composition en substituant au registrage manuel des caractères mobiles une saisie au clavier de chaque ligne de texte : non seulement l'opération était-elle accélérée, mais aussi plus sûre. La saisie du texte au clavier se traduit par la composition mécanique d'une matrice, qui sert ensuite de moule pour une coulée d'un alliage étain-plomb, formant une « ligne-bloc » d'un seul tenant. C'est cette ligne-bloc qui était encrée et qui réalisait l'impression proprement dite. La société Monotype Corporation Ltd. créa au fil des années ses propres polices de caractères, inspirées des fontes historiques, et la plupart sont encore protégées par copyright aujourd'hui. Pour les livres et la presse écrite, l'impression par machines linotype se substitua à l'imprimerie traditionnelle à partir de 1900 et régna sans partage jusqu'au début des années 1970.

Dans les années 1940, on imagina de substituer aux lignes-blocs une plaque qui pourrait indifféremment comporter du texte ou une image. Cette plaque imprimante fixait l'encre aux endroits voulus par charge électrostatique (plaque dite « électrographique ») ou par insolation (« cliché »). Cette technique donna naissance aux premiers photocopieurs et ouvrait la voie à la conception des plaques offset.

Rotative offset (imprimerie).

Parallèlement, la composition s'est informatisée. On a vu apparaître, à la fin des années 1960, début des années 1970, les premiers procédés de photocomposition. Un système de miroirs, dans lesquels les caractères étaient ajourés, servait de « pochoir » à la lumière qui allait impressionner une surface sensible, le « bromure », lequel était ensuite révélé et fixé comme un papier photographique ordinaire. Les textes ainsi composés

– au kilomètre – allaient ensuite être montés sur les supports et la mise en page se faisait manuellement. Le montage achevé, on réalisait un cliché du tout puis on insolait la plaque qui allait servir à l'impression. La photocomposition et le tirage offset allaient perdurer presque vingt ans, les procédés évoluant avec l'apparition du laser qui allait insoler directement les films, faisant disparaître les systèmes à miroirs. Dès cette époque, les livres n'étaient plus « imprimés » comme c'était encore le cas avec la linotype : on ne voit plus la pression des caractères sur le papier, l'encre est simplement absorbée sur le papier à l'endroit où elle est fixée par la plaque offset.

Le grand tournant de cette fin de siècle fut l'apparition des premiers ordinateurs personnels et surtout des Macintosh, à partir de 1984, qui ont vu la démocratisation de la publication assistée par ordinateur (PAO), auparavant réservée aux mainframes et à la mini-informatique. Ce micro-ordinateur a permis avec un budget artisanal de tout faire sur le même poste : acquisition d'images numérisées, retouche d'images, création de dessins vectoriels, mise en pages avec des logiciels dédiés, permettant d'amalgamer textes et images. Ces opérations étaient déjà possibles sur des systèmes dédiés mais au coût prohibitif. Le Macintosh, en particulier, a permis de rendre ce métier accessible tout en provoquant certains dérapages : en effet, la démocratisation d'une technique ne démocratisait pas pour autant le savoir-faire associé (connaissance par exemple des règles typographiques, incontournables dans le domaine professionnel).

Parallèlement à l'évolution de la composition, toute la chaîne graphique se met à connaître de profonds bouleversements. Ainsi, à partir du poste de composition, photogravure et mise en page sont venus s'adjoindre divers périphériques d'écriture tels que les computer to film (CtF), appelés aussi « flasheuses », qui permettent d'insoler les films de chacune des couleurs d'impression (quatre dans le cas de la quadrichromie) afin de produire les plaques par transfert optique. Ce progrès permet de se passer du montage manuel des mises en page. Le transfert optique fait cependant perdre de la définition dans les points de trame et ne dispense pas de retouches sur plaques, car il peut y avoir des « pétouilles », dépôts parasites dus à des poussières.

L'évolution suivante a été le computer to plate (CtP) — graveur de plaques — où le film a été remplacé par la plaque (base aluminium en général, parfois en polyester) qui sera alors insolée ou « gravée » directement à partir du fichier électronique. Ensuite, l'opérateur n'a plus qu'à caler ses plaques directement sur la presse.

Dernière évolution en date, concernant la presse offset classique, c'est l'embarquement du système CtP sur la presse. C'est ce que l'on appelle le direct Imaging (DI). Il n'y a alors plus d'opération intermédiaire entre le poste de mise en pages et la presse, la gravure se faisant directement sur le cylindre porte-plaque de la presse offset. Avantage : repérage exceptionnel des différents groupes et économie de temps de calage.

Un autre créneau nait de l'évolution des photocopieurs : les presses dites numériques où tout le système classique a été remplacé par des systèmes de transfert d'image du type photocopieurs, permettant alors des tirages instantanés et fidèles du document d'entrée (fichier, épreuve…), avec un coût largement supérieur qui le réserve dans un premier temps, aux courts tirages (thèses, autoédition…).

Connectés à des bases de données, ces procédés d'impression numérique permettent également de produire des documents contenant des textes et des images variables : annuaires, horaires, tarifs, catalogues simples…

Différents types de procédés d'impression[ ]

Procédés traditionnels (avec forme imprimante)[ ]

Offset[ ]

Article détaillé : Offset (imprimerie).

C'est l'un des procédés qui produit le plus gros volume d'imprimés (timbres, magazines, journaux, emballage, livres…) et possédant une technique d'impression « à plat » : il n'y a en effet ni relief ni creux sur la forme imprimante. Il est basé sur la répulsion de deux produits antagonistes : l'eau et l'encre grasse. Ce procédé, selon les machines utilisées, permet d'imprimer des feuilles une à une, c'est l'impression dite « à plat » ou « feuille à feuille » ou une bande continue dite « bobine ».

Dans ce procédé, l'image « copiée » sur la forme imprimante (plaque de métal) sera après traitement représentée par la « couche sensible » grasse par nature, tandis que la partie sans image sera représentée par le métal nu dépouillé de sa couche (aluminium traité) qui lui est hydrophile.

La plaque sera ensuite humidifiée, les parties « blanches » fixeront l'eau, tandis que l'image « grasse » repoussera l'eau et pourra accepter l'encre (grasse).

Le procédé offset se distingue des autres procédés par la technique du décalquage (« off set » en anglais), l'impression s'effectue par décalque de l'image sur un cylindre en caoutchouc appelé blanchet, puis du blanchet au papier sous l'action du cylindre de pression. Cette opération se fait à partir de plaques en aluminium.

  • Tirage : de moins de 1 000 à plusieurs millions d'exemplaires.

Historique :

La lithographie évolua vers la métallographie et Aloys Senefelder lui-même utilisa le zinc et le cuivre jaune, puis l'étain, sans grand succès. Il mit sur pied une machine dotée d'un cylindre gravé à l'eau-forte ; la principale difficulté à l'époque étant la préparation de la surface imprimante.

En 1879, un brevet est déposé par Trottier et Missier donnant naissance à la calcographie ; l'utilisation d'un habillage caoutchouc permettant le report de l'image. Henri Voirin s'appliqua à donner une impulsion vigoureuse à ce procédé. Cette machine permet d'imprimer sur des surfaces flexibles, étoffes, cuirs, peaux… mais il se heurte, en France, à une résistance tenace auprès des patrons et ouvriers lithographes de l'époque. Auguste Marinoni et Jules Michaud firent breveter, en Angleterre, le 4 septembre 1884, sous le matricule 12010, une machine perfectionnée imprimant une ou plusieurs couleurs sur métal, bois, papiers et autres ; il est question d'une presse rotative indirecte. Une machine, baptisée « Diligente », fut présentée par la maison Marinoni, à l'exposition universelle de Paris de 1889. Jules Voirin, fils de l'inventeur, reprit l'étude de ce système et présenta en 1910 à l'exposition des Arts Graphiques, une nouvelle roto-calco Voirin.

Les Anglo-saxons ont coutume d'attribuer à l'imprimeur américain Ira Washington Rubel, le mérite d'avoir inventé en 1903, le procédé Offset pour l'impression sur papier[24].

Héliogravure[ ]

Article détaillé : Héliogravure.

C'est un procédé dans lequel la forme imprimante est en creux. Le cylindre d'impression est en cuivre ou en inox et est gravé par un diamant, chimiquement ou au laser.

C'est la profondeur des « alvéoles » qui détermine la tonalité de la couleur et permet de reproduire la gradation de l'image.

L'encre utilisée doit être très liquide pour bien remplir les alvéoles.

Le tirage peut aller de quelques centaines de milliers à plusieurs millions d'exemplaires.

Ce procédé permet l'utilisation de papiers couchés de faible grammage (« light weight coated » ou LWC : moins de 50 g/m²) avec une bonne puissance de couleurs.

Flexographie[ ]

Article détaillé : Flexographie.

C'est un procédé en relief reprenant le principe de la typographie. La forme imprimante utilisée est le plus souvent un polymère. L'image est obtenue par photo-polymérisation (modification physico-chimique par l'action des UV).

La flexographie permet l'impression sur des supports très variés. On imprime essentiellement les emballages alimentaires. La flexographie permet d'utiliser des encres à séchage ultra rapide ou par ultra-violets.

  • Utilisation : procédé non traumatisant pour le support, qui autorise donc : carton ondulé, sacs (papier ou plastique) et même des journaux (en Allemagne notamment).

La qualité obtenue est moyenne car le procédé n'autorise pas l'utilisation de trames fines mais de gros progrès sont en cours.

Sérigraphie[ ]

Article détaillé : Sérigraphie.

La sérigraphie (« screen printing » en anglais) tire son nom de la soie avec laquelle étaient fabriqués les « écrans » (sorte de pochoirs) qui sont utilisés avec cette technique. Une partie de cet écran est masquée (par utilisation d'un procédé photographique) et l'encre ne traverse que les parties nues de l'écran qui s'interpose entre le support et l'encre.

Cette technique présente l'avantage de pouvoir s'appliquer à des supports variés et pas nécessairement plats (bouteilles, boîtes, textiles, machines, bois, etc.) et sur de grandes surfaces.

  • Utilisation : impression à l'aide de couleurs puissantes et vives sur matériaux divers : logos, marques, emballages alimentaires sur boîtes, bouteilles, T-shirts, panneaux, bois, métal, plastique.

Tampographie[ ]

Article détaillé : Tampographie.

Procédé d'impression basé sur le principe du timbre en caoutchouc, la tampographie est une technique consistant à transférer l'encre contenue dans le creux d'un cliché, obtenu par photogravure chimique, sur un objet au moyen d'un tampon transfert en caoutchouc silicone. Parfaitement adapté à tous types de formes, de graphisme et de pièces, ce procédé garantit un marquage précis et rapide quels que soient les volumes à réaliser.

  • Utilisation : touches de clavier, boutons dans les voitures, capsules de bière…
  • procédé d'impression indirect
  • Forme imprimante en creux.

Stencil ou cyclostyle[ ]

Articles détaillés : Stencil et Cyclostyle.

Il s'agit d'un procédé employant un cliché sur celluloïd composé à la machine à écrire, qui est reproduit à l'aide d'une solution à base d'alcool sur une presse rotative (le cyclostyle) appelée aussi « machine à alcool ».

Procédés numériques (sans forme imprimante)[ ]

Article détaillé : Impression numérique.
Les différents types d'impression numériques

Les procédés d’impression numérique ont trois caractéristiques principales:

  1. L'impression se fait de façon continue de l’ordinateur au tirage, sans interruption du flux numérique.
  2. L’image est imprimée sur le support sans utiliser de forme imprimante.
  3. L'image imprimée peut être modifiée à chaque exemplaire imprimé, ce qui permet de remplacer à la volée des passages de textes ou des illustrations. Les informations modifiées sont appelées « données variables ». L'impression de données variables ne diminue pas la vitesse d’impression, et permet d’accroître la valeur ajoutée de l’imprimé.

Jet d'encre[ ]

Article détaillé : Jet d'encre.

Une surpression est créée dans un réservoir d'encre et entraîne l'éjection d'une goutte d'encre. Cette surpression peut-être créée thermiquement ou mécaniquement (à l'aide d'un cristal piézoélectrique).

  • Cette goutte peut être créée continuellement puis guidée sur le média à imprimer ou dans un réceptacle pour la recycler dans le cas du « continous ink jet » (CIJ). Ce procédé permet des vitesses importantes d'impression mais à une moindre qualité.
  • Dans le cas du « drop on demand » (DOD) (« goutte à la demande »), cette goutte est générée uniquement si elle est désirée sur le média. La vitesse d'impression est moindre mais la qualité est meilleure.

Électrophotographie ou xérographie[ ]

Article détaillé : Électrophotographie.

Le cylindre d'impression est recouvert d'un polymère spécial qui est éclairé au laser ce qui induit un changement dans ses propriétés. Il va alors attirer de fines particules contenues dans un toner liquide ou solide (les toners liquides donnent une meilleure qualité car ils permettent de transférer plus de particules pour une même masse). L'encre va, par la suite, être transférée sur le papier puis chauffée (cuisson) afin d'assurer sa cohésion.

Impression thermique[ ]

Un ruban Jimmy contenant de l'encre est chauffé et piqué là où un point de trame est voulu. On reprend ainsi le principe de la dorure à chaud.

Étapes de la fabrication d'un imprimé[ ]

La fabrication d'un imprimé passe par différentes étapes rassemblant des savoir-faire et des matériaux différents et complémentaires. En règle générale elles sont regroupées sous un seul nom : la chaîne graphique.

Préparation[ ]

La préparation d'un travail destiné à l'impression passe par les phases de réflexion sur le produit, l'écriture de son contenu, le rassemblement des matériaux illustratifs (photographies, dessins, graphes, etc.), puis sur l'ébauche de ce que devrait être le produit fini. Pour ce faire, on réalisera un rough (dans l'univers de la presse écrite, on parle aussi de la réalisation d'un « monstre ») sur papier ou sur écran dans lequel on mettra le plus souvent du faux-texte. Une fois l'ébauche validée, on fournira à l'étape suivante le matériel nécessaire pour travailler le produit.

Maquette[ ]

Le maquettiste va exécuter une ou plusieurs versions de mise en pages avec les matériaux fournis (textes, images, rough…) et l'on passera à l'étape de la composition. Dans l'édition de luxe la maquette est un moyen de créativité artistique où les disciplines typographiques, le graphisme, la conception de la reliure sont parfois confiés au même professionnel dont le nom sera cité.

Composition[ ]

La composition est l'étape qui consiste à mettre en forme un texte ou une page de texte afin d'être exploitable pour l'impression. Initialement elle était dite « typographique » et réalisée manuellement par assemblage de caractères en plomb, puis plus tard automatisée par des machines du genre « Linotype ».

Par la suite apparut la photocomposition qui générait le texte par projection d'un faisceau lumineux au travers d'une matrice (sorte d'écran négatif) produisant le résultat par insolation en continu sur du film en rouleau. Ces machines étaient souvent reliées directement à une développeuse pour un traitement automatique en continu.

Plus tard l'avènement de l'informatique a permis la saisie du texte (composition) directement sur ordinateur avec l'aide d'un logiciel de traitement de texte. Le résultat étant obtenu sur fichier informatique facilement exportable. Ainsi souvent le texte sera directement saisi et fourni par le client.

Dans certains cas on utilise une technique permettant de récupérer du texte déjà imprimé à l'aide d'un scanner et d'un logiciel de reconnaissance optique de caractères (OCR).

Mise en pages[ ]

La mise en pages consiste à réunir et assembler tous les éléments (textes, images, illustrations, fonds de couleurs) qui constituent la page finalisée.

C'est le travail de la publication assistée par ordinateur (PAO). Il s'inspire de la maquette fournie pour faire la mise en pages et suit sur son écran d'ordinateur le chemin de fer qui définit l'ordre des pages et les emplacements des rubriques, publicités, hors-texte, etc.

Photogravure[ ]

Le photograveur entre alors dans la ronde. C'est lui qui va, grâce au scanner, numériser les images et les divers éléments qui composeront la page finalisée. Il a en charge la retouche des images avec un logiciel dédié : ajustement de la colorimétrie et du contraste des images, élimination des poussières, des défauts, et mise à l'échelle…

Il se charge également de l'assemblage et de la mise en place des éléments qui composent la page (souvent seront incorporés plusieurs images, du texte et des fonds de couleurs). Il substituera alors à la « maquette de placement » une image finalisée en « haute définition » et fournira à l'imprimeur soit des films obtenus par « flashage », soit un fichier numérique contrôlable par l'intermédiaire d'un système OPI.

Flashage[ ]

Cette opération réalisée par le photograveur ou une entreprise spécialisée consiste à produire les films nécessaires à la fabrication de la forme imprimante (plaques en zinc ou aluminium). L'équipement utilisé (flasheuse) transpose les informations du fichier numérique finalisé en éléments concrets et exploitables par l'imprimeur : les films « tramés » des quatre couleurs qui composent la quadrichromie dite CMJN (cyan, magenta, jaune, noir).

Ces films (ou le fichier numérique) servent également à réaliser l'épreuve contractuelle soumise au client pour approbation. Après d'éventuelles corrections une dernière épreuve définitive appelée « BAT » (bon à tirer) est fournie à l'imprimeur qui pourra alors réaliser les plaques d'impression et s'efforcer au cours du « tirage » de respecter ce BAT.

Épreuve[ ]

Le document numérique achevé, on va produire l'épreuve contractuelle (appelée abusivement Cromalin ou Iris, qui sont des marques de systèmes d'épreuves) qui anticipera l'aspect définitif et la conformité du travail (la typographie, l'emplacement des illustrations, le respect des couleurs). Ce document devenu « bon à tirer » servira de référence à l'imprimeur qui devra en respecter l'aspect. L'épreuve est dite contractuelle car elle sert de référence en cas de litige.

L'épreuve peut être produite à partir des films, elle est « analogique » (Cromalin, MatchPrint) ou à partir du fichier numérique finalisé et dite alors « numérique » (Iris, Cromalin Digital).

Par le passé les épreuves étaient réalisées en photogravure sur des presses à contre-épreuves donnant un résultat assez flatteur mais difficile à reproduire par l'imprimeur. Cependant beaucoup d'imprimeries étant équipées de presses imprimant deux couleurs à la fois, elles demandaient au photograveur des épreuves accompagnées de « gammes progressives » déclinaison des assemblages de couleurs utilisés par la machine de l'imprimeur (gamme verte pour certains, violette pour d'autres). L'évolution du nombre de presses 4-couleurs est telle ainsi que le coût démesuré de l'investissement et la complexité pour le photograveur que ce genre d'épreuves a été totalement abandonné.

Bon à graver[ ]

Le « bon à graver » doit être distingué du « bon à tirer ». Ce premier terme n'est pratiquement plus utilisé de nos jours ou employé à tort. Il était employé jadis quand la photogravure était encore un art et non une industrie. Il faut rappeler (ou dire) qu'à cette époque le délai moyen habituel pour finaliser un travail en photogravure variait de quelques jours à plusieurs semaines. Le photograveur était alors tenu de présenter à son client un « état » provisoire de son travail. L'épreuve alors appelée « essai » entrainait presque toujours des retouches et des corrections inévitables. Une fois le client satisfait du travail, les corrections exécutées, les images retouchées, il donnait alors le « bon à graver » (BAG) dûment daté et signé. Ce document donnait le feu vert pour la fabrication (donc la gravure) des éléments à fournir à l'imprimeur.

Le BAG dégageait le photograveur de toute responsabilité à propos d'éventuelles erreurs (mise en page, fautes de frappe, d'orthographe ou de syntaxe, taille ou police de caractères…) qui auraient pu être constatées a posteriori. Le terme « BAG » ne devrait plus être employé de nos jours.

Imposition[ ]

Lorsque l'imprimeur reçoit les films ou les fichiers numériques de toutes les pages qui constituent l'ensemble de sa commande, son rôle consiste à en prévoir l'imposition, c'est-à-dire de disposer les pages par « cahiers ». Cette disposition est particulière à son système en fonction de sa presse, du format, du nombre de pages, du pliage et du façonnage. Souvent l'imprimeur réalise une épreuve de contrôle appelée aussi Ozalid afin de s'assurer de la bonne séquence des pages et du pliage correct. Ce document sera plié et découpé afin d'en faire une morasse. L'imposition peut également se contrôler à l'aide d'un polichinelle : petit papier au format A4 plié autant de fois qu'il y a de poses dans le cahier, comme un petit livret dont les pages sont numérotées. Une fois déplié, le polichinelle donnera le plan d'imposition.

Création des plaques[ ]

Les plaques d'impression qui constituent la forme imprimante d'un travail peuvent être réalisées de deux façons :

  • De manière traditionnelle, à partir des films fournis ou obtenus par la technique du flashage CtF. Cette technique n'existe plus à ce jour ou, alors, dans de très rares cas.
  • Directement d'après le fichier numérique finalisé par la technique CtP.

Dans la méthode traditionnelle, les films sont « copiés » par « insolation » sur la plaque offset métallique (zinc, aluminium, cuivre…) qui est ensuite développée par un processus chimique (ou à l'eau) identique à celui du développement des anciens papiers photographiques.

« Bon à tirer » (ou BAT ou BàT)[ ]

Article détaillé : Épreuve contractuelle.

À la fin du travail de photogravure ou de PAO, lorsque la page complète est assemblée, les images et les textes mis en place et les couleurs ajustées, un contrôle est effectué au moyen d'une épreuve sur papier, d'abord dans un but interne pour vérifier le travail accompli et pour soumettre également celui-ci à l'approbation du client. Celui-ci peut alors demander des corrections ou des modifications et une nouvelle épreuve devra lui être soumise.

Lorsque le client est satisfait et accepte le résultat, il signe et date cette épreuve qui devient le « bon à tirer » (« BAT »). Ce document déclenche alors le travail de l'imprimeur, la réalisation de la forme imprimante et sera son référentiel (l'étalon en quelque sorte).

Il guidera l'imprimeur qui devra se conformer à l'« image » de ce BAT tout au long du tirage.

En principe, cette épreuve doit être fournie par le studio de création au client, puis confiée à l'imprimeur une fois signée. Parfois, on demande à l'imprimeur de la fournir, mais cela ne doit pas être la règle, la création étant propriété (et responsabilité) de celui qui la réalise.

Impression[ ]

On commence par procéder au « calage » : mise en place des plaques sur les cylindres de la presse offset : machine à feuilles ou rotative, puis le conducteur procède au réglage des encriers (estimation du débit d'encre en fonction des consommations selon les parties claires ou sombres de l'image qui sera imprimée).

Vient ensuite le « pré-encrage » qui consiste à débuter l'impression lentement pour laisser l'encre se répartir sur les rouleaux, « nourrir » le blanchet et vérifier que l'image s'imprime correctement. Cette partie du tirage qui est une phase de réglage est détruite ou réutilisée ; elle est appelée la « gâche papier » ou « macules ». Le conducteur doit également vérifier et ajuster le repérage de l'impression des quatre couleurs selon que la presse a un ou deux ou quatre cylindres d'impression simultané. Selon le souhait du chef d'atelier ou (et) du conducteur, l'ordre de passage des couleur peut varier. Pour une presse une couleur (rare en Occident au XXIe siècle) si l'atelier n'est pas sous contrôle hygrométrique, on risque que le papier « travaille » (souvent en éventail) entre l'impression des couleurs, le choix sera dès lors de commencer par l'impression du jaune. Mais cette technique à son revers car il est difficile de maintenir tout au long du tirage la régularité de l'encrage (par manque de contraste). Pour une meilleure visualisation de l'intensité de l'encrage, le choix se portera par commencer le tirage par le rouge, ensuite le jaune, le bleu et, en dernier lieu, le noir afin de « contraster » à la demande le tirage.

Dès que l'encrage est correct et après vérification de la « barre de contrôle » (élément de mesure et de contrôle de la qualité appelée « gamme »), on affine le résultat pour être en conformité avec le BAT. Si le client est présent au tirage, il signe alors le « bon à rouler » ou il peut déléguer cette fonction à un BaTman : professionnel des arts graphiques, bien souvent ancien conducteur, qui est là pour régler les "compromis". Il vérifie également l'ozalid (tierce), le repérage, le registre et souvent il contrôle aussi le façonnage. (en leurs absences, le chef d'atelier ou le conducteur assument cette fonction).

Le tirage proprement dit peut commencer ; c'est le « suivi du tirage ». L'opérateur a une tâche bien précise pendant l'impression, celle de vérifier la stabilité de celle-ci : équilibre entre l'eau et l'encre, correspondance de la couleur vis-à-vis du modèle ou de la référence couleur qui lui est fournie. Au cours du tirage, il effectue différents relevés afin de contrôler ses réglages (à l'aide de la gamme de contrôle, visuellement ou à l'aide d'un densitomètre, manuel ou automatique par balayage) et être attentif aux défauts d'impression pouvant nuire à la qualité de son travail.

Tout au long de l'impression, il doit également s'assurer de la quantité suffisante d'encre, se trouvant dans les encriers et vérifier la qualité de sa solution de mouillage. Il a une obligation finale, celle de livrer au département de la finition ou du façonnage la quantité nécessaire à la transformation du papier (ou du support d'impression).

Le travail des opérateurs ou de ses assistants se termine par l'entretien de la presse (nettoyage si nécessaire des différents organes de celle-ci) en vue d'une nouvelle impression.

Façonnage[ ]

Article détaillé : Façonnage.

Une fois le travail d'impression terminé, les travaux complexes comprenant plusieurs cahiers assemblés et disposés selon l'imposition choisie se présentent soit sur une feuille à plat et en « pile » (c'est le cas des machines à feuilles) ou en bande continue (c'est le cas des rotatives).

Il est alors nécessaire de récupérer individuellement chaque feuillet ou chaque cahier et de finaliser le produit.

C'est le travail de finition appelé « façonnage » qui comporte plusieurs opérations : pliage du cahier (pour retrouver les pages dans l'ordre normal de lecture après la pliure), massicotage (pour couper le document au format définitif), assemblage des cahiers (par piqûre, collage ou agrafage), reliure (dans le cas de livres ou revues de luxe) et distribution.

Dans le cas des rotatives, les opérations de pliage, massicotage et même l'assemblage sont souvent automatisées et réalisées en continu sur la même machine.

Les techniques diffèrent quelque peu s'il s'agit de magazines, de livres, d'étiquettes ou des journaux.

  • Le massicotage consiste à couper les feuilles au format définitif car on travaille toujours avec un format de papier légèrement plus grand, cet excédent appelé « coupe » ou « rogne » assure une présentation plus nette de l'image après massicotage.
  • La pliure se fait avec une plieuse (dans le cas d'un cahier de plusieurs pages) dans un ordre précis afin que les pages (folios) se suivent dans le bon ordre de lecture. Il existe différentes sortes de plis ; le pli croisé, le pli parallèle, le pli économique, en accordéon, le pli roulé, en porte-feuille…
  • Il y a trois sortes de plieuses : à couteaux, à poches et mixtes qui combinent les deux précédentes.

Anecdotes[ ]

  • En nombre de pages distinctes composées par an (mais pas en nombre de pages imprimées), IBM était dans les années 1970 considéré comme le plus gros éditeur du monde ; aussi cette société développa-t-elle dès le début de cette décennie la PAO (en chasse fixe en raison des techniques de l'époque) pour ses propres besoins (SCRIPT, qui devint en 1979 le GML, ancêtre direct du SGML, de l'HTML et du XML).
  • Le plus gros tirage de l'édition moderne sur papier est le catalogue IKEA, tiré à près de 100 millions d'exemplaires.

Salons professionnels[ ]

En France[ ]

International[ ]

Imprimerie et environnement[ ]

Les techniques dans le domaine de l'impression permettent aujourd'hui deux stratégies :

  • En amont, en utilisant des substrats d'impression « propres » (matières issues du recyclage, encres sans COV[25]…).
  • En aval, en recyclant les substrats utilisés. Il faut pour cela s'assurer de la matière utilisée. Par exemple, l'impression sur bâche peut être réalisée sur des supports en polypropylène enduit de PVC ; dans ce cas, la bâche n'est pas recyclable mais, sur bâche en PVC, le support peut être récupéré dans des centres agréés, recyclé et remis dans le circuit d'impression.

Formations[ ]

Il existe des formations en imprimerie (BEP, Bac professionnel, BTS, licence…), reconnues par l'Éducation nationale et des formations professionnelles, reconnues par la branche, qui délivrent des certificats de qualification professionnelle (CQP), simples ou complexes, en prépresse et impression, ainsi que des formations « à la carte » dans le cadre des plans de formation des entreprises.

Formations avec diplôme de l'Éducation nationale[ ]

  • CAP : sérigraphie industrielle ou dessinateur d'exécution en communication graphique (DECG)
  • BEP : métiers de la communication et des industries graphiques (MCIG) ; d'une durée de deux ans, c'est un tronc commun entre le prépresse, l'impression et le façonnage
  • Bac Pro : production imprimée (PI) , production graphique (PG), deux ans ; artisanat et métiers d'art (AMA) ; communication visuelle pluri média (CVPM)
  • BTS communication et industries graphiques ; deux options : « Étude et réalisation de produits graphiques » et « Étude et réalisation de produits imprimés » ; en deux ou trois ans suivant les écoles ou les centres de formation
  • Licence professionnelle « Flux numériques, édition et production d'imprimés »
  • Ingénieur option imprimerie-transformation

Formations professionnelles reconnues par la branche[ ]

  • CQP simple en prépresse et en impression
  • CQP complexe en prépresse et en impression
  • CQP conducteur de machine offset
  • CQP massicotier
  • CQP opérateur de plieuse
  • CQP encarteuse piqueuse
  • CQP clicheur (sérigraphie)
  • CQP coloriste (sérigraphie)
  • CQP conducteur (sérigraphie)
  • CQP façonnier (sérigraphie)
  • CQP de sérigraphie

Notes et références[ ]

  1. a et b (en) Pan, Jixing. On the Origin of Printing in the Light of New Archaeological Discoveries, in Chinese Science Bulletin, 1997, vol. 42, no 12 : 976–981. ISSN 1001-6538. Pages 979–980.
  2. (en) Recent additions to virtual books.
  3. (en) « National Treasure No. 126-6, by the Cultural Heritage Administration of South Korea (in Korean) », jikimi.cha.go.kr (consulté le 28 décembre 2009).
  4. Gutenberg a inventé l’imprimerie sur Tatoufaux.
  5. Première utilisation de caractères d’imprimerie mobiles en métal sur le site de la Cité de l'économie (Banque de France)
  6. Les premiers livres imprimés en Corée.
  7. (fr) Les grandes dates de l'histoire du monde - Après 1207
  8. 《中国科学技术的西传及其影响》(transmission et influence des sciences et techniques de Chine en Occident), de Han Qi (韩琪), p. 136
  9. (fr) Les inscriptions mongoles inédites en écriture carrée de Marian Lewicki, sur la bibliothèque numérique de la grande Pologne
  10. (en) « The Invention of Printing in China and its Spread Westward » de Thomas Francis Carter, édition The ronald Press, NY 2nd ed 1955, p. 176-178
  11. (zh) « 中国纸和印刷文化史 », de (钱存训), 2004, p. 285, ISBN 7-5633-4472-1/TS
  12. a, b et c Toby Huff, Intellectual Curiosity and the Scientific Revolution. A Global Perspective, Cambridge University Press, 2011, p. 306.
  13. Niall Ferguson, Civilization, 2011, p. 68.
  14. Niall Ferguson, Civilization, 2011, p. 86.
  15. B. Lewis, Que s'est-il passé ?, Gallimard 2002 (pour la version française),p. 197
  16. Josée Balagna, L'Imprimerie arabe en Occident : XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Paris : Maisonneuve et Larose, 1984
  17. Buringh, Eltjo; van Zanden, Jan Luiten: "Charting the “Rise of the West”: Manuscripts and Printed Books in Europe, A Long-Term Perspective from the Sixth through Eighteenth Centuries", The Journal of Economic History, Vol. 69, No. 2 (2009), p. 409–445 (417, table 2).
  18. Certains ont attribué la paternité du procédé au Néerlandais Laurent Coster, mais cette attribution n'est pas reconnue par les historiens.
  19. s:Notre-Dame_de_Paris/Livre_cinquième#II._Ceci_tuera_cela Ceci tuera cela
  20. Niall Ferguson, Civilization, 2011, p. 61.
  21. Febvre et Martin, L’Apparition du livre, Paris, Albin Michel, 1958
  22. Argot du typographe.
  23. Le À la…
  24. (en) (de) Rubel, Ira Washington - PrintersLounge.
  25. Composé organique volatil.

Annexes[ ]

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Bibliographie[ ]

  • Thomas Francis Carter, L'invention de l'imprimerie en Chine, Paris, Payot, 2009
  • Michael Twyman, L'imprimerie : histoire et techniques, Lyon, ENS/Institut d'histoire du livre, 2007 (ISBN 978-2847881035).
  • Roger Chartier (s. dir.), Les usages de l'imprimé, Paris, Fayard, 1987 (ISBN 978-2213019062).

Articles connexes[ ]

Liens externes[ ]

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