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Hildegarde de Bingen

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Hildegarde de Bingen
Image illustrative de l'article Hildegarde de Bingen - Wikipedia Orange
Hildegarde recevant l'inspiration divine, manuscrit médiéval
bénédictine
Naissance 16 septembre 1098
Bermersheim (Hesse rhénane)
Décès 17 septembre 1179  (81 ans)
Ruppertsberg (près de Bingen),
Béatification 1244
par Innocent IV)

Hildegarde de Bingen (en allemand : Hildegard von Bingen), née le 16 septembre 1098 à Bermersheim vor der Höhe près de Alzey (Hesse rhénane) et morte le 17 septembre 1179 à Rupertsberg (près de Bingen), est une religieuse bénédictine mystique, compositrice et femme de lettres franconienne du XIIe siècle. [1].

Le 10 mai 2012, le pape Benoît XVI a étendu le culte liturgique de sainte Hildegarde à l'Eglise universelle, dans un processus connu sous le nom "canonisation équivalent».


Sommaire

Biographie

Dixième enfant d'une famille noble très croyante, Hildegarde de Bingen fut consacrée à la religion dès son plus jeune âge. À l'âge de huit ans, elle entre au couvent des bénédictines de Disibodenberg sur le Rhin, dans le diocèse de Mayence, pour son instruction sous la tutelle de Jutta de Sponheim. Elle prononce ses vœux perpétuels et reçoit vers l'âge de quatorze ou quinze ans le voile monastique des mains de l'évêque Othon de Bamberg, qui de 1112 à 1115 remplaçait l’archevêque Adalbert de Mayence, prisonnier du roi Henri V.

Lorsque Jutta meurt en 1136, Hildegarde est élue abbesse de Disibodenberg, à l'âge de 38 ans.

Elle commence à 43 ans à consigner les visions qu'elle a depuis l'enfance, dans le Scivias (du latin sci vias Dei « sache les voies de Dieu »). En 1147, elle fonde l'abbaye de Rupertsberg (de).

L'approbation du pape Eugène III lors d'un synode réuni à Trèves fin 1147 - début 1148 encouragea Hildegarde à poursuivre son activité littéraire. Elle achève le Scivias, composé en 1151. Puis elle écrit le Liber vitae meritorum entre 1158 et 1163 et le Liber divinorum operum entre 1163 et 1174. En 1165, elle fonde l'abbaye d'Eibingen.

Œuvres

Littérature

La plupart de ses écrits sont réunis dans un grand livre (le Riesencodex) conservé à la bibliothèque régionale de Hesse à Wiesbaden en Allemagne. Saint Bernard lui-même lui a assuré que ses visions étaient grâces du ciel.

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L'Univers
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Le Corps mystique
Illustrations du Scivias d'Hildegarde, manuscrit de 1165
se trouvant à l'abbaye Sankt Hildegard d'Eibingen.

Liste de ses écrits :

  • Scivias seu Visionnes (1141-1151)
  • Liber divinorum operum simplicis hominis (1163-1173/1174)
  • Liber vitae meritorum (1148-1163)
  • Solutionnes triginta octobre quaestionum
  • Explanatio Regulae S. Benedicti
  • Explanatio Symboli S. Athanasii
  • Vita sancti Ruperti
  • Vita sancti Disibodi
  • Physica, sive Subtilitatum diversarum naturarum creaturarum libri novem, sive Liber simplicis medicinae (1151-1158)
  • Symphonia harmoniae coelestium revelationum
  • Ignota lingua, cum versione Latina
  • Tractatus de sacramento altaris
  • Homeliae LVIII in Evangelia
  • Causae et curae, sive Liber compositae medicinae.

Musique

Fichier audio
"O frondens virga" (info)
From Ordo Virtutum

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Hildegarde a composé plus de soixante-dix chants liturgiques, hymnes et séquences, dont certains ont fait l'objet d'enregistrements récents par des ensembles de musique médiévale notamment "Sequentia" : Ave generosa, Columba aspexit, O presul vere civitatis… Ce dernier est un hommage à Disibod, moine irlandais du VIIe siècle fondateur du monastère double de Disibodenberg, dont Hildegarde fut la biographe. L'ensemble des chants forme la collection Symphonia harmoniae celestium revelationum (Symphonie de l'harmonie des révélations célestes), qu'elle mit en musique.

Elle a aussi composé un drame liturgique intitulé Ordo virtutum (Le jeu des vertus), qui comporte quatre-vingt-deux mélodies et qui met en scène les tiraillements de l'âme entre le démon et les vertus.

Edition :

Linguistique

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L'alphabet qu'Hildegarde utilisa pour sa Lingua Ignota

Hildegarde est aussi connue dans le domaine linguistique car elle élabora une langue artificielle ou langue construite écrite et parlée par elle seule, la Lingua Ignota.
Voir entre autres L. Moulinier, Un lexique trilingue du XIIe siècle : la lingua ignota de Hildegarde de Bingen, dans Lexiques bilingues dans les domaines philosophique et scientifique (Moyen Âge-Renaissance), Actes du colloque international organisé par l’École Pratique des Hautes Etudes-IVe Section et l’Institut Supérieur de Philosophie de l’Université catholique de Louvain, Paris, 12-14 juin 1997, éd. J. Hamesse, D. Jacquart, Turnhout : Brepols, 2001, p. 89-111.

Culte

Hildegarde fut parmi les premiers saints pour lesquels une procédure officielle de canonisation fut appliquée, mais la procédure était si longue qu'aucune des quatre tentatives de canonisation ne fut menée à son terme (la dernière se déroula en 1244, sous le pape Innocent IV), et Hildegarde resta une bienheureuse. Cependant, elle fut très vite qualifiée de sainte par le peuple, et à la fin du XVIe siècle, comme elle était l'objet d'une dévotion de longue date, son nom fut inscrit au martyrologe romain sans autre formalité, avec le titre de sainte[2]. Cette reconnaissance est formalisée par le pape Benoît XVI en mai 2012[3].

Fête locale le 17 septembre.

La châsse contenant les reliques d'Hildegarde est conservée dans l'église paroissiale d'Eibingen près de Rüdesheim (sur le Rhin).

Évocations dans la culture populaire

Bibliographie

Œuvres traduites en français

  • Louanges (présentation et traduction de ses poésies complètes, par Laurence Moulinier), bilingue, Paris, La Différence, 1990, 127 p. "Symphonie de l'harmonie des révélations célestes" (Symphonia harmoniae celestium revelationum)
  • « Hildegarde de Bingen, Chants et Lettres (choix) », traduit du latin, présenté et annoté par L. Mouninier, dans Voix de femmes au Moyen Age. Savoir, mystique, poésie, amour, sorcellerie XIIe-XVe siècle, dir. D. Régnier-Bohler, Paris, R. Laffont, 2006, p. 77-124.
  • Le livre des œuvres divines (1163-1174), trad. Bernard Gorceix, Paris, Albin Michel, coll. "Spiritualités vivantes", 1989, 380 p.
  • Scivias : Sache les voies ou Livre des visions (1141-1151), traduit par Pierre Monat, Paris, le Cerf, 1996, 729 p. (ISBN 2-20404-864-X)
  • (en) Scivias Columba Hart,Jane Bishop

aux Éditions Jérôme Millon :

  • Le livre des subtilités des créatures divines ou Physica (1151-1158) (t. I : "Les plantes, les Éléments, les pierres, les métaux" ; t. II : "Arbres, poissons, animaux, oiseaux". Traduction Pierre Monat, Editions Jérôme Millon, 1993-1996 [1]
  • Les causes et les remèdes (Liber compositae medicinae. Causae et curae), traduction Pierre Monat, Editions Jérôme Millon, 2005, 301 p.
  • La symphonie des harmonies célestes, traduction Rebecca Lenoir et Christophe Carraud, Jérôme Millon, 2003, 224 p.
  • Lettres (1146-1179), trad. Rebecca Lenoir, Editions Jérôme Millon, 2007, 260 p. [2]

Études sur Hildegarde de Bingen

  • Laurence Moulinier, L'Œuvre scientifique d'Hildegarde de Bingen, Thèse, Université Paris-VIII, 1994.
  • Laurence Moulinier, Le manuscrit perdu à Strasbourg. Enquête sur l'œuvre scientifique de Hildegarde, Paris/Saint-Denis, Publications de la Sorbonne-Presses Universitaires de Vincennes, 1995.
  • Victoria Sweet, Rooted in the Earth, Rooted in the Sky: Hildegard of Bingen and Premodern Medicine, Routledge, 2006. (ISBN 0-41597-634-0)
  • Régine Pernoud, Hildegarde de Bingen, conscience inspirée du XII° siècle, édité par LGF - Livre de Poche (1er février 1996), (ISBN 2-25313-913-0)
  • Victoria Sweet, "Hildegard of Bingen and the Greening of Medieval Medicine", Bulletin of the History of Medicine, 1999, 73:381-403.
  • Sylvain Gouguenheim, La Sibylle du Rhin: Hildegarde de Bingen, abbesse et prophétesse rhénane, édité par Publications de la Sorbonne (1er janvier 1996), (ISBN 2-85944-297-9)
  • G. Epiney-Burgard et E. Zum Brunn, in Femmes Troubadours de Dieu, Introduction et chapitres 1 et 2, Éditions Brepols, 1988, (ISBN 2-50350-011-0)
  • Arnaud de La Croix, Hildegarde de Bingen: La langue inconnue, Alphée, 2008.

Discographie

  • Hildegard von Bingen: Canticles of Ecstasy, CD audio édité par Deutsche Harmonia Mundi (13 décembre 1994).
  • Ordo Virtutum, CD audio édité par RCA, ensemble Sequentia (7 avril 1998).
  • Saints, Hildegarde von Bingen - Barbara Thornton, CD audio édité par Deutsche Harmonia Mundi (11 août 1998).
  • 900 Years, anthologie des œuvres de H. von Bingen, CD audio édité par Deutsche Harmonia Mundi (15 septembre 1998).
  • Chants de l'extase, Hildegarde von Bingen - Sequentia, CD audio édité par Dhm (16-21 juin 1994).
  • Symphoniae (Coll. Splendeurs), Hildegarde von Bingen - Sequentia, CD audio édité par Dhm (29 mars 2004).
  • Heavenly Revelations, Hildegard von Bingen - Oxford Camerata (sous la direction de Jeremy Summerly), CD audio édité par axos (HNH International Ltd., 2001) code no 8.550998.
  • Sequences & Hymns, A feather on breath of God, Hildegard von Bingen - Gothic Voices (sous la direction de Christopher Page), CD audio édité par Hypérion (2 avril 2001).
  • Materia Mystica : Eine Hommage an Hildegard von Bingen (1998), album du groupe de musique médiévale allemand Estampie.
  • Vision - The Music of Hildegard von Bingen, arrangements dans le style « Nouvel âge » par Richard Souther, CD audio édité par Angel Records (1er novembre 1994).
  • 11,000 Virgins, Chants for the Feast of St-Ursula, ensemble Anonymous 4, 1997 édité par Deutsche Harmonia Mundi
  • Celestial Harmonies: Responsories and Antiphons, Hildegard von Bingen - Oxford Camerata (sous la direction de Jeremy Summerly), CD audio édité par Naxos (2008) code no 8.557983
  • Sponsa Regis : La victoire de la Vierge dans l'œuvre d'Hildegard, ensemble La Reverdie avec I Piccoli Cantori San Bartolo (sous la direction de Roberto Spremulli) CD audio enregistré par Arcana (2 mai 1999).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Audio

Notes et références

  1. http://gloria.tv/?media=241553
  2. S. Gouguenheim, La Sibylle du Rhin. Hildegarde de Bingen, abbesse et prophétesse rhénane, Paris, 1996. L. Moulinier, "Et papa libros eius canonizavit : réflexions sur l'orthodoxie des écrits de Hildegarde de Bingen", dans S. Elm., E. Rebillard, A. Romano (ed.), Orthodoxie, Christianisme, Histoire. Orthodoxy, Christianity, Collection de l'Ecole française de Rome 270, Rome, EFR, 2000, p. 177-198.
  3. (en) Cindy Wooden, Benedict XVI formally recognises Hildegard of Bingen as a saint, Catholic Herald, 11 mai 2012
  4. Claire Pelletier, Québec Info Musique, consulté en ligne le 18 mai 2010.
  5. « Sur la planète Camille », Les Échos, 8 décembre 2011.
  6. Le film Vision Fiche sur Cinebel.be

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