encyclopédie par wikipédia

Affichages
P U B L I C I T É

Frison (cheval)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Page d'aide sur l'homonymie - Wikipedia Orange Pour les articles homonymes, voir Frison.
Frison  - Wikipedia Orange
Un cheval Frison - Wikipedia Orange

Espèce Cheval (Equus caballus)
Région d’origine
Région Frise, Drapeau : Pays-Bas - Wikipedia Orange Pays-Bas
Caractéristiques
Morphologie Cheval de selle et de trait léger
Taille 1,55 m à 1,66 m en moyenne
Poids 600 à 800kg
Robe noire avec zain (une étoile en tête tolérée pour les juments) et très rarement blanche
Tête Noble et expressive
Pieds Fanons importants et de large sabot
Caractère Calme
Autre
Utilisation Attelage, dressage, cirque, tourisme équestre.

Le Frison est une race de cheval de selle et de trait originaire de la Frise, province des Pays-Bas dont il tire son nom. Il porte toujours une robe noire, d'où son surnom, « la perle noire ». Ce cheval de prestige très ancien connaît une histoire mouvementée, monture de guerre, il est menacé de disparition en raison de l'engouement pour le cheval de trait lourd à la fin du XIXe siècle.

Désormais protégé, le Frison a retrouvé ses lettres de noblesse. Il est très apprécié pour le spectacle et le cinéma en raison de sa grande élégance, de son charisme, de sa robe et de son port de tête relevé. Zingaro, l'étalon fétiche de Bartabas, l'a notamment fait connaître dans le monde entier.

Sommaire

Histoire

Origine

Des chevaux sont présents en Frise depuis mille ans av. J.C. au moins, d'après les trouvailles archéologiques. Le Frison est probablement le résultat d’un croisement entre l’ancien cheval continental de type lourd et un cheval plus léger, de type Tarpan, amené dans la région par les peuples celtes. Depuis l’Antiquité, la race est influencée par des apports de sang andalou et castillan, occasionné par les guerres et le commerce, en particulier pendant l'invasion espagnole des Pays-Bas. le Frison s'allège et s'affine grâce au sang espagnol, devenant un aniùal d'attelage et de traction légère[1].

Antiquité et Moyen Âge

Jules César l’apprécie, puisqu’il évoque « les formidables chevaux de bataille du peuple frison » sous le nom de frisii[1]. En son temps, quelques-uns de ces chevaux sont emmenés en Angleterre par les Romains. Ils participent ainsi à l’élaboration de races reconnues comme les poneys Fells et Dales, et les Clydesdales.

Au Moyen Âge, il bénéficie de l’engouement de la noblesse pour les chevaux blancs ou noirs à crinière longue et aux allures relevées, et sert probablement de cheval de guerre grâce à sa capacité de portage et à sa solidité qui lui permet d'emporter des hommes en armure[1]. Il est alors exclusivement réservé aux seigneurs.

Renaissance et temps modernes

Aux XVIe et XVIIe siècle, il reçoit du sang andalou qui lui apporte son trot gracieux et son port d'encolure altier. Ses allures hautes et légères lui valent une bonne réputation pour la haute école. Au XVIIIe siècle, les officiers supérieurs de l’armée profitent de ses allures relevées, de son trot léger et rapide, de son port d’encolure et de son allure sombre pour intimider l’ennemi au combat.

Le roi de France, qui possède alors les Pays-Bas, vote une loi pour fournir les officiers de l'armée avec ces chevaux, et octroie des primes d'élevage aux meilleurs étalons reproducteurs, dans l’intérêt de la cavalerie militaire[1].

Époque contemporaine

Au XIXe siècle, avec la nouvelle mode des courses de trot, les courses de frisons montés ou attelés à la chaine frisonne deviennent très populaires. Ce trotteur est paradoxalement menacé d’extinction. En effet, réputé le plus rapide d’Europe, le Frison est victime de son propre succès : pour améliorer ses performances, les éleveurs n’hésitent pas à le croiser avec des trotteurs Orlov de Russie et des Morgans américains, d'où nait l’Oldenbourg. La modernisation de l’agriculture finit par mettre la race en péril. Ainsi, en 1865, la loi visant à protéger l’élevage frison est abrogée et les importations de chevaux lourds, plus aptes à tracter les machines agricoles, sont permises.

C’est en plein cœur de la crise, en 1879, que le stud-book du Frison s'ouvre grâce à deux nobles nostalgiques, C. Van Eyzinga et A.J Velligen, que suivent des paysans fidèles à leurs chevaux traditionnels. En 1913, ils regroupent les trois derniers étalons frisons qui restent encore dans une vaste bâtisse : Prins 109, le premier étalon approuvé par le FPS, Friso 117, et Alva 113. Malgré tous leurs efforts, il ne reste en 1913 que quelques centaines de juments et trois étalons âgés, dont Alva 113, mort en 1915, qui est le premier étalon « preferent » (prédicat décerné à un sujet ayant contribué à l'amélioration de la race) et l’un des quatre pères de la race du Frison actuel.

 - Wikipedia Orange Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Constitués en société, les passionnés se mobilisent alors pour sauver la race et sélectionnent Paulus et Prins, deux étalons qui deviennent deux piliers des lignées de l’élevage actuel. Au XXe siècle, le frison traverse la Première Guerre mondiale en subissant beaucoup de pertes. Il a pour charge des canons montés sur char, ce qui le rend sensiblement plus fragile au développement de la race. Cependant, il reste quelques milliers de chevaux à la fin des années 1940. Ainsi, il n'y a plus que trois étalons aptes à la reproduction, Ritske, Tetman, et Age.

Dans les années 1960 à 1970, le Frison est menacé en raison de l’engouement immodéré pour le Pur Sang. Ses défenseurs échappent de justesse à ce danger en l’exposant à la consanguinité plutôt qu’aux croisements inopportuns. Il se révèle alors excellent aux épreuves d’attelage et, en 1972 cela lui vaut d’être à nouveau au cœur d’une vague de popularité.

Le cheval frison est désormais une figure emblématique de l’histoire hollandaise, il est le seul cheval habilité à conduire l’attelage de la reine Beatrix, marraine de l’association royale du stud-book du frison (FPS), lors de l'ouverture de la session annuelle du parlement hollandais[2].

La race est reconnue par les Haras nationaux français depuis 2004, en tant que cheval de selle.

Description

 - Wikipedia Orange
Cheval Frison, au modèle.
 - Wikipedia Orange
Tête du Frison

Le Frison toise de 1,55 à 1,66 mètre au garrot environ, il peut atteindre 1,75 m pour les plus grands spécimens. Son port de tête le fait paraître plus grand qu'il n'est en réalité. Il est toujours noir zain (seule une marque en-tête est acceptée pour les juments), c'est pour cela qu'on le surnomme « la perle noire ». Les « frisons blancs » ne sont pas de pure race et ont hérité leur robe d'apparence blanche d'aïeux non-Frison, ils ne sont donc pas considérés comme des frisons.

Ses formes sont très marquantes. Sa tête est noble et expressive, pas très longue, avec de petites oreilles dont les pointes se rapprochent. L'encolure, portée très haut, rehausse son port de tête altier. Son encolure corpulente typée est héritée du cheval espagnol, c'est-à-dire incurvée en col de cygne, posé sur un poitrail très ouvert et de fortes épaules. Il possède des antérieurs et des postérieurs très puissants, une croupe ronde et musclée, avec énormément de crins (crinière, queue, fanons). Le frison de type sport possède moins de crins. Autre particularité : il possède de petits poumons qui lui interdisent la haute compétition dans certaines disciplines. Son dos est court et fort, l'épaule longue et profonde. La croupe est légèrement oblique. C'est un cheval puissant, avec des fanons et une crinière très fournie de longs crins caractéristiques : noirs et souvent ondulés ou frisés. Aucune marque blanche n'est acceptée : ni liste, ni balzane.

Tempérament et entretien

Considéré en 1929, comme étant un cheval « lymphatique », le cheval frison est contrairement à ce que l'on pense, à sang chaud. Il est très réactif et sensible. C'est un cheval dit « tardif ». Il est communément admis qu'il atteint l'âge adulte vers 5-6 ans, au lieu de 3 ans pour la majorité des autres races de chevaux. Son caractère est « en or », très attachant, il se prête volontiers aux ordres de son cavalier.

Modèles

 - Wikipedia Orange
Frison baroque.
 - Wikipedia Orange
Frison type sport.

Il existe trois modèles de chevaux Frisons. Le cheval baroque est massif, très puissant, il a gardé les caractéristiques de ses ancêtres. Ses allures sont très marquées, il possède de longs crins. Il est redevenu populaire. On le retrouve lorsqu'il appartient parfois à de très vieilles souches de lignées frisonnes. Le cheval luxe ou moderne est semi-massif, il s'est allégé de par son ossature, mais conserve les grandes courbes et les allures propres à la race. Le cheval sport est très léger, il a perdu quasiment toutes les caractéristiques massives de la race, tout en conservant généralement ses allures.

Sélection

 - Wikipedia Orange
Frison au trot
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Merci d’ajouter en note des références vérifiables ou le modèle {{Référence souhaitée}}.

La sélection des étalons est très stricte ; celle-ci détermine si un entier peut devenir étalon Stamboek, c'est-à-dire reproducteur : on compte environ 800 entiers inscrits chaque année et entre 200 et 300 étalons acceptés à l'inscription à Leeuwarden en Hollande. Il n'en ressort que cinq ou six. Il existe une sélection semblable aux États-Unis, étant donné la distance et le marché intéressant que les Pays-Bas entretiennent avec eux. Ainsi, en 2006, seulement 76 étalons ont été inscrits.

Différents papiers sont attribués au cheval frison :

  • Les papiers vert-jaunes : père et mère au registre du stamboek (chevaux agréés à la reproduction) ;
  • Les papiers marrons : père ou mère n'appartenant pas au registre du stamboek (chevaux non agréé à la reproduction) ;
  • Les papiers bleus : père et mère n'appartenant pas au registre du stamboek.

Les chevaux sont répartis dans différents livres :

  • Stamboek : étalons reproducteurs, juments reproductrices, hongres (au-dessus de 3 ans) ;
  • Veulemboek : poulains (en dessous de 3 ans), inscrits automatiquement lorsqu'ils sont plein papier (papier jaune-vert) ;
  • Bijboek I et II : poulains ou adultes qui n'ont pas les pleins papiers mais des papiers bleus ou marron.

Les prédicats sont des titres qui leur permettent d'être différenciés pour leur modèle, allures et aptitudes sportives entre juments, étalons, hongres et entiers.

  • Juments Stamboek : Ster (modèle et allures supérieurs), Model (modèle et allures exceptionnelles) et Preferent (transmission des qualités) ;
  • Etalons Stamboek : Ster, Preferent ;
  • Hongres Stamboek : Ster ;
  • Entier Veulemboek : Ster.

Il existe des prédicats particuliers plus rares, qui sont décernés en fonction des aptitudes sportives des frisons.

Croisements

Des très nombreuses races ont été influencées par le frison au fil des siècles. Les races hollandaises comme le groningen et, par son intermédiaire, l'athlétique KWPN, mais également l'oldenbourg allemand, grand sportif lui aussi, descendent du frison. Il a apporté la puissance aux races sportives et de l'élégance aux races de trait comme le shire. En Angleterre, il a aussi marqué les poneys dales et fell, qui lui ressemblent d'ailleurs beaucoup. Les part bred (croisements de frisons avec d'autres races) sont très appréciés, en particulier l'arabo-frison qui possède son propre stud-book, géré par l'association de la race.

Ispazon et Warlander

 - Wikipedia Orange
Warlander.

L’Ispazon est issu du croisement entre un cheval de race Frison et un cheval ibérique (Pure race espagnole ou Lusitanien) et n'est pas reconnu par les haras nationaux en France, les chevaux issus de ce croisement sont donc enregistrés en Origines Constatées en attendant. Le registre de la race est tenu par L'AFCI (association française du cheval Ispazon) qui enregistre les poulains issus de ce croisement selon les critères suivants : Le cheval Ispazon est défini par un géniteur frison et un géniteur ibérique, un géniteur frison ou ibérique et un géniteur ispazon ou deux géniteurs ispazon. Suivant les origines du cheval, il est admis soit sur le registre "Ispazon" soit sur le registre Breeding Stock, c'est-à-dire « réserve d'élevage ». Les chevaux gris ou qui grisonnent en vieillissant sont enregistrés en « réserve d'élevage » Seule une étoile en tête ou ailleurs est tolérée (pas de balzanes, pas de liste.) Ce croisement existe aux États-Unis sous le nom de Warlander. Saeta del Tessuor est la première pouliche ispazonne.

Arabo-Frison

 - Wikipedia Orange
Arabo-frison

Le croisement du Frison avec l'Arabe donne un arabo-frison, un cheval très élégant. Il est de robe noire et conserve l'excellent caractère du frison.

Diffusion de l'élevage

 - Wikipedia Orange
Jument et poulain frison
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Merci d’ajouter en note des références vérifiables ou le modèle {{Référence souhaitée}}.

Le Frison fait la fierté des Pays-Bas, cette race est la « mascotte » hollandaise. Ceux-ci possèdent les 3/4 des chevaux frisons dans le monde et se sont rendu compte de la valeur marchande de leurs chevaux, ils ont rapidement développé un marché fructueux avec les États-Unis, qui achètent les poulains par lot et qui s'offrent, comme pour certains millionnaires Américains, des étalons approuvés autour de 1 500 000 €. Un poulain de 6 mois avec de bons papiers est vendu entre 3000 € et 6000 € selon les lignées et les élevages. Un cheval de 3 ans, plein papier, mais sans prétention, se négocie entre 7 500 € et 10 000 €. Au-delà de 12 000 €, les poulains proposés doivent présenter de lignées intéressantes. Sauf exception, les pouliches avec de bonnes origines sont bien plus chères car elles sont destinées à l'élevage. Une jument Ster sans confirmation de lignée (aucune autre Ster dans ses antécédents) coûte environ 12 000 €. Si, dans ses lignées, on trouve profusion de Ster, et pourquoi pas Preferent, les sommes peuvent dépasser les 50 000 €.

Utilisations

 - Wikipedia Orange
Attelage traditionnel avec des Frisons, aux Pays-Bas.
 - Wikipedia Orange
Frison monté.

Il est apprécié pour son allure, en particulier le trot car il est très gracieux, ce qui le rend très populaire pour les attelages. Sa présence en compétition de dressage reste encore marginale. Le Frison est très à l'écoute à l'attelage et impose une certaine classe. Il est le prestige de la discipline même. Une chaise frisonne lui est même attribuée. Seul le frison est habilité à la conduire. Cette dernière est rare et numérotée (chaise frisonne : Steejstaard).

Le cirque est pour le Frison une manière de trouver une « utilité » à la race ; grâce à sa docilité, sa complicité, son amour pour le jeu, l'attention porté vers son dresseur. C'est ici qu'il nous fait découvrir ses aptitudes à la haute école.

Le dressage est une discipline où le Frison est de plus en plus accepté. Il y était souvent rejeté à cause de son modèle considéré comme trop typé.

Le TREC et la randonnée sont des disciplines où on retrouve parfois des chevaux Frisons, plutôt légers. Malgré le fait qu'il ait de trop petits poumons, il peut, de façon raisonnable, exécuter les niveaux les plus faciles.

C'est dans l'endurance qu'il montre ses moins bonnes performances puisqu'il ne possède pas une grande résistance à un effort intense et durable. Il faut, là encore, entraîner son souffle. Le saut d'obstacles n'est pas non plus sa discipline de prédilection, mais il exécute quand même quelques parcours de droits et d'oxers.

Frisons célèbres et impact culturel

 - Wikipedia Orange
Statue "het Friese Paard" (le cheval Frison), par Auke Hettema en 1981, placée dans la Nieuwestad de Leeuwarden.

Certains chevaux frisons ont acquis une renommée internationale, c'est le cas de Zingaro, cheval de Bartabas qui a donné son nom à la troupe. Eeltje, la mascotte de Cheval Magazine, a également une certaine renommée du fait des très nombreux lecteurs de la revue.

Le frison a été remarqué dans plusieurs films, ainsi Tornado, le cheval de Zorro, en est un dans le film avec Antonio Banderas[3]. C'est également le cas de Goliath, le cheval du Capitaine de la Garde Étienne de Navarre dans Ladyhawke, la femme de la nuit[4], et de Bucéphale, la monture d'Alexandre le Grand, dans le film avec Colin Farrell. Une charge de frisons peut être vue à la fin du film Barbarossa, l'Empereur de la Mort, de Renzo Martinelli. Il apparaît également dans "La Colère des Titans", de Jonathan Liebesman en tant que pégase. Il a deux ailes fictives dans le film, évidemment.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

mentions légales Wikipédia
politique de confidentialité à propos de Wikipédia avertissements contacts faire un don
P U B L I C I T É