Fils aîné de l'Église
Fils aîné de l'Église est un titre qui fut porté par les rois de France.
Plusieurs auteurs ont étudié les origines de cette désignation[1],[2],[3]. Cette filiation spirituelle qui lie le roi de France à l'Église catholique remonte à l'époque carolingienne mais sa systématisation, de même que la transmission de cette filiation à la France en tant que nation, remonte à la Renaissance.
La France est fille aînée de l'Église, car ses rois sont les successeurs directs de Clovis Ier, premier roi barbare baptisé catholique et sont à ce titre fils aînés de l'Église.
La notion de filiation spirituelle des rois Francs apparaît à l'époque de Pépin le Bref[4],[5].
Cependant, cette mention d'aînesse se manifeste surtout dès la Renaissance[6] :
- le pape Alexandre VI appelle Charles VIII son fils aîné ;
- les rois de France Louis XII et François Ier se diront premiers fils de l'Église ;
- la reine Catherine de Médicis assure en 1562 à l'ambassadeur d'Angleterre que « le royaume de France était l'aîné de la sainte Église » ;
- la ligue en lutte contre Henri III déclara la France fille aînée de l'Église.
Le titre de Fils aîné de l'Église peut être comparé à celui de Très chrétien, également spécifique au roi de France.
Notes et références
- Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve ‑ XVIIIe siècle, P.S.R. éditions, 2004, p. 127.
- Joseph Leclerc, Le roi de France, "fils aîné de l'Église". Essai historique, in : Études, Paris, 1933, t. 214, p. 21-36.
- Cardinal Paul Poupard, La France fille aînée de l'Église, in : Revue des deux mondes, Paris, juillet 1986, p. 37-45 et août 1986, p. 273-280.
- Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve ‑ XVIIIe siècle, P.S.R. éditions, 2004, p. 84.
- Jean de Pange, Le Roi très chrétien, Fayard, 1949 (réédition – Arma Artis, 1985, Paris), p. 148, 151, 152.
- Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve ‑ XVIIIe siècle, P.S.R. éditions, 2004, p. 85.