Diakhankés
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| Diakhankés | |
| Populations | |
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| Population totale | 70 000 |
| Autre | |
| Langue(s) | Jaxanke |
| Religion(s) | Islam |
| Groupe(s) relié(s) | Mandingues |
Les Diakhankés (ou Diakankés ou Diakhankes ou Jakhankes) sont un groupe ethnique établi au Sénégal, en Guinée, au Mali, en Gambie Ils appartiennent au grand groupe des Mandingues.
Sommaire |
Histoire
Les Diakhankés sont membres d'une communauté d'origine SONINKE. Cette communauté a été fondée par le grand patriarche El Hadj Salim SOUARE, plus couramment appelé DIAKHA LAYE SOUARE ou Mbemba Laye. Le Mouvement Diakhanké se veut basé sur l'expansion pacifiste de l'islam, est apparu au XIVe siècle et s'est développé surtout pendant le règne du célèbre Kankan Moussa, empereur du Mandé.
Diakha Laye est originaire de la ville de Diaka dans le Macina. Après de longues pérégrinations, il est passé par le Diafounou, le Saloum (Sénégal pour enfin s'installer dans le Bambouck, sur la rive du fleuve Bafing. Il fonda une localité à laquelle il donna le nom de son village d'origine, DIAKHA. Cette localité s'appelle Bambougou-Diakha ; le premier s'appelant Macina-Diakha. La communauté Diakhanké s'articule à l'origine sur quatre clans soninké : Souaré (Tandia-Sambakhès), Dramé (Kandji Missané), Fofana (Guirassy), Fadiga (Dibassy), ces quatre clans sont appelés les quatre foyers ou (boloun naano ou boulou naano). A ces quatre clans se sont ajoutés entre autres les Diakhité-Kaba, les Sylla, les Gassama-Diaby, les Dansokho,les Diakhaby,les Savané, les Badio, les Sakho etc.
L'instabilité politique qu'a subi l'empire du Manding due aux nombreuses guerres d'indépendance de ses provinces, a provoqué le déclin de Bambougou Diakha. Les Diakhanké se sont dès lors dispersés notamment vers le Sénégal oriental, dans les provinces du Boundou, Dantilia, Niokolo et Wulli, etc. Certains ont suivi les routes commerciales des Dioula. De célèbres villages ont été fondés par les marabouts Diakhankés. Les Dramé se sont installés à Goundiour, les Diaby à Didé, les Diakhité à Toumboura et Djelany, les Sylla à Bani-Israël, etc. Tous ces villages sénégalais étaient de grands centres d'enseignement religieux.
Les guerres de conquête coloniale opposant d'une part El Hadj Oumar Tall et Mamadou Lamine Dramé, et d'autre part l'armée coloniale française ont provoqué une nouvelle dispersion des Diakhanké. La ville de Touba en Guinée a été fondée au début du XIXe siècle (1815) par un autre Salim, surnommé Karamokhoba Diaby, originaire de Didé au Sénégal. Touba a été le centre principal du mouvement Diakhanké jusqu'à l'arrestation par l'administration coloniale, de Karan Sankoung, arrière-petit-fils de Karamokhoba en mars 1911. Il s'en est suivi un autre mouvement de dispersion des gens de Touba vers le Sud du Sénégal, la Guinée Bissau, la Côte d'Ivoire, etc.
Les Diakhankés se sont toujours, conformés à la doctrine de El hadj Salim Souare, opposés à toute forme de guerre (conquête ou Djihad).Ils se sont toujours occupés de l'enseignement pacifique (Heera sila) de l'Islam. Mais ils étaient aussi capables de se défendre de façon très directe, raison pour laquelle ils sont craints et respectés de tous. Les Diakhanké sont appelés Toubaka en Guinée, Azer en Mauritanie, Wangara en milieu Haoussa, Suwarians (de Souaré) par les Anglais.
Selon la légende certains clans Diakhankés seraient descendants des compagnons du Prophète. C'est ainsi que les Dramé seraient des descendants de Salman al Farissi , les Diaby de Omar Bin Khattab , les Sylla de al Abbas. Ces dires restent tout de même probables dû au fait que la ville de Macina Dia était une ville carrefour qui donnait sur le sahel à l'est et au nord et sur l’Afrique subsaharienne au sud. Il est aussi reconnu que lors de leur arrivé en Afrique certains hommes de l'armée de Oqba bin nafi prirent pour épouse et pour concubine des femmes africaine berbères pour certain et sarakholé, peul ou d'autre ethnie encore pour d'autre. Les historiens eux même qui'ils soient arabe ou ajami (non arabe) attestent de plusieurs mélange de se genre au cours de l'histoire. Cependant certaine personne mettent en doute l'origine arabe des diakhanké, en interprétant sa comme une volonté de leurs parts de se dissocier des polythéistes et autre mécréants noirs africains, malgré la sagesse de leur analyse ils ne peuvent pas apporter de preuve solide historique, qui réfuterait les origines arabe et/ou berbère de certain clans Diakhanké Sarakhollé et peul. L'installation des Diakhanké en milieu mandingue leur a fait perdre leurs langues d'origine le sarakholé, cependant certains diakhanké installé en milieu sarakhollé parle encore cette langue tel que les diakhanké du Sénégale orientale ou encore ceux toujours installé en territoire Malien. Les Diakhankés sont donc pour la plupart des Sarakhollés établis en milieu mandingue. Les Diakhankés, commence toujours l'éxégèse (tafsir) du coran en langue Sarakhollé.
Religion
Les Diakhankés sont essentiellement connus pour leur érudition dans les sciences islamiques et leur très grande piété. Le célèbre explorateur ibn Batuta en témoigne dans son livre. En effet, lors de son voyage dans l'empire du Ghana, il s'est arrêté au village de Diakha dans le Macina, village dont sont originaires les Diakhankés. Il écrit à leur sujet : « les gens de Diakha sont anciens dans L'islam, ils sont pratiquant et chercheurs de sciences ». Les Diakhanké sont très respectés par les différentes ethnies d'Afrique de l'ouest qui les considèrent comme des descendants de Walîy (saint), en effet un nombre incalculable d'érudit Diakhanké ont atteint le degré de proximité avec Allah le plus élevé, celui de la wilaya. Ils sont souvent maîtres soufis, versé dans les sciences du Batin(secret). Ils adhèrent à l'école de jurisprudence de l'imam Malik ibn Anas (fiqh Maliki) et au dogme (aquida) acharite. Les clercs Diakhankés interprètent les rêves et donnent des amulettes de protection, qui continuent à être très prisées. Ils célèbrent le Mawlid an-Nabi (naissance du Prophète), l'aid el fitr (عيد الفطر), fête de la fin du Ramadan, et l'aïd al-Adha.
Méthode d'enseignement
La méthode d'enseignement Diakhanké est respectée partout dans le monde musulman et reconnu pour produire d'éminents érudits musulmans. Leur méthode consiste à éduquer les jeunes aux valeurs musulmanes, tout en encourageant les activités intellectuelles dans leur environnement naturel le programme standard du Majliss. Cela incorpore une introduction formelle dans les règles régissant la lecture et la mémorisation du Coran.
Elle est suivie par une enquête approfondie dans les études classiques de Ulum al-hadith (science du hadith), Usul al-fiqh (jurisprudence islamique), Nahw arabi ou Qawāidu 'l-luġati «l'Arabiyyah (arabe standard Grammaire) : acquisition du langage. Le programme est conclu par la suite par des cours de niveau avancé sur la science de l'exégèse coranique (tafsir). Autrefois Un total de 28 livres devaient être maîtrisées avant que l'étudiant puisse recevoir sa hijaza ou sanad (autorisation d'enseigner) de l'Université. Pour obtenir leurs diplômes, les étudiants étaient tenus de complètement copier ces 28 livres individuels à la main. Si elle est approuvée par le cheikh, l'étudiant obtenait la permission de commencer l'enseignement islamique dans son propre Karanta (l'école).
Personnalités Diakhanké
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Les quatre calebasse (Kalama Nano)(ou boulounda naano) les quatre foyers
Diakha Laye Souaré à Diakhaba (Mali), Mohamed ba Dramé à Diakhaba(Mali), Kharou Mahmoud Fofana à Diakhaba(Mali), Toullé Fadiga à Diakhaba(Mali), ces quatre grands savants de leur époque sont les fondateurs des quatre clan (boulon nano), en effet leurs mères à tous les quatre sont sœurs, de même père et de même mère, ils sont donc cousins maternels, Diakha laye Souaré étant le plus âgé des quatre. Ils furent tous les quatre de grands savants et waliy, surtout EL hadj Salim Souaré qui fut un Qotb Kamil (plus haut degré de la wilaya) et qui fonda, à l'aide de ses cousins, la cité universitaire de Bambougou-Diakha sur les rives du fleuve Bafing.
Quelques personnalités Diakhanké célèbre pour leur érudition, leur piété et leur sainteté :
Souleymane Diakhabi à Diakhaba(Mali), El hadj Fodé Lassana Sylla à Bani (Sénégal), Karamokhoba Diaby à Touba (Guinée), Kaba Moubarak (Kaba Barkaba)à Touba, Karan Taslimanga Diaby à Touba, Karan Koutoubo Diaby à Touba, Batourdian Dramé à Touba (Guinée), Karan Jeri Diakhaby (Guinée), Karan Sankoung Diaby à Touba, Karan Walo Diaby à Touba (Guinée),Fode khairaba Dramé à Touba (Guinée) Karan Sambou Lamine Diaby à Sutunkung (Gambie), Karan Dembo Diaby à Sutunkung (Gambie), Karan Sanoussy Souaré à Soumboundou (Sénégal), Karan Kandioura Souaré à Marakissa (Sénégal), Karan Mamadou Souaré à Diabycounda(Guinée Bissau), Karan Mady Hawa Souaré à Barrocounda(Gambie),Karan Ali Souaré à Barrocounda(Gambie), Karan Madiba Diaby à Kandialon (Sénégal), El Hadj Mbalou Fodé Diaby à Marsassoum (Sénégal), El Hadji Mohamed Fadiga (Guinée), El Hadji Ibrahima sory Fadiga (Guinée), El Hadj Soriba kéba Diaby à Makacolibantan (Sénégal), El Hadji Abdoulaye Diaby à Makacolibantan (Sénégal), Karan Bacaye Diaby à Niandanki (Sénégal), El hadj Sidiya Diaby à Taslima (Sénégal), Elhadji Karamba Diaby a Massembeh (Gambie), Elhadji Alkaly Dramé (Marsassoum), EL Hadj Mama Fodé kaba (Missirah), El hadj Batouo kaba (Missirah), Fodé Sékhou Diakhité (Kolda), El hadj Ntaye Diakhaby (Kolda), Karan Kalifa Diaby (Kolda), El hadj Thierno Diakhaby (Bambadinka), Elhadj Bangaly kaba (Djelani), El Hadj Moro Diakhité (Soutouko en Gambie) kARAN El hadji Mouhamadou Sanoussy Danso à Pikine (senegal), Karan El hadji Famara Danso à Guediawaye(senegal),Elhadji Mouhamed Batou Sylla à Bignona(Senegal),El hadji Cherif Sylla à Ziguinchor (Senegal), El hadji Karamba Sylla à Pirang (Gambie), El hadji Thierno Sylla à Djinany (Senegal)EL HadJI Bassory Dramé à Wouly Touba( missirah);EL hadji thierno dramé à Wouly Touba (Missirah),El Hadji sekhou Sankhanokho à Wouly Touba,El Hadji Djime Gassama à Wouly Touba, El Hadji Keba yona à safalou numero 1,El Hadji Mbanding Savané à Safalou numero 2,El Hadji Kéba Sylla à Safalou numero 2.El Hadji Bandiata Diaby à( Bira).El Hadji Koutoubo Savane à Wouly Touba.
Au fil du temps, par leurs activités commerciales et par la religion, les Diakhankés ont été au centre de métissages et de brassages divers. Au point que leur langue à l'origine soninké est fortement influencée, en fonction des milieux par le mandingue, le sousou, et même le peul. Mais par-delà les frontières qui les dispersent entre la Guinée, le Sénégal, le Mali, etc., la tradition diakhanké survit aux influences. La cuillère traditionnelle ou kalama continue de symboliser l’unité et la concorde. La religion reste aussi un ciment fédérateur, pour le groupe en lui-même et par rapport à son environnement.
Population
La population Diakhanké est estimée à 70 000 personnes réparties entre le Sénégal (40 000), la Guinée Conakry, la Gambie, la Guinée Bissau, le Mali (dans la zone de Kéniéba). Les Diakhankés sont une communauté d'origine soninké, installée en milieux mandingues dont ils ont emprunté la langue. Ils sont souvent agriculteurs ou commerçants, et fréquemment prédicateurs musulmans ou marabouts.
La variante mandingue que les Diakhankés parlent est appelée Diakhangakan ou parler Diakhanké qui selon les milieux est proche du Khassonké, du kabounké, du malinké. Le vocabulaire Soninké a tendance à disparaître pour être de plus en plus remplacé par les expressions mandingues. On note aussi des emprunts à la langue peul et sousou.
Au Sénégal, ils se sont surtout établis dans les régions de Tambacounda, de Kédougou, de Kolda, de Ziguinchor. La plus grande localité Diakhanké du Sénégal est certainement Missirah (Tambacounda). On pourra donc remarquer que beaucoup de diakhankés portent des noms de familles d'origine pulaar tels que Sidibe, Diallo.
Bibliographie
- (en) Lamin Ousman Sanneh, The History of the Jakhanke People of Senegambia. A Study of a Clerical Tradition in West African Islam, Londres, SOAS, 1974, 474 p. (Thèse publiée en 1979 sous le titre The Jakhanke. The History of an Islamic Clerical People of the Senegambia, 276 p.)
- (en) Lamin Ousman Sanneh, « The Jahanke », The International Journal of African Historical Studies, vol. 14, n° 4, 1981, p. 738-741
- (fr) Pierre Smith, « Les Diakanké. Histoire d'une dispersion », Cahiers du Centre de recherches anthropologiques, n° 4, 1965, p. 231-262
- (fr) Pierre Smith, « Notes sur l'organisation sociale des Diakanké. Aspects particuliers à la région de Kédougou », Cahiers du Centre de recherches anthropologiques, n° 4, 1965, p. 263-302
- (fr) Pierre Smith, « Le réseau des villages diakhanké », Objets et mondes, t. XII, fasc. 4, hiver 1972, p. 411-414
Voir aussi
Liens externes
- (en) Fiche Ethnologue
- (fr) « Guinée. Symbiose ethnique : les Diakhankés, ces cousins des Peuls » (Article sur le site Institut PANOS Afrique de l'Ouest)