Consul (Rome)
| Rome antique | |
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| Cet article fait partie de la série sur la politique de la Rome antique, sous-série sur la politique. |
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Monarchie romaine Principat Ordinaires Extraordinaires Titres et honneurs
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Les consuls sont des magistrats romains qui apparaissent au Ve siècle av. J.-C., avec le début de la République. Formant un collège de deux magistrats élus pour un an par le peuple romain réuni en comices centuriates, ils exercent le pouvoir suprême civil et militaire et commandent les armées romaines. L'élection exigeant de nombreux appuis et de plus en plus de moyens, le consulat n'est accessible qu'à l'aristocratie. Les anciennes familles patriciennes tentent de l'accaparer, mais doivent en ouvrir l'accès aux plébéiens les plus riches. L'exercice du pouvoir consulaire à la tête de l'armée permet d'acquérir gloire et popularité pour soi-même et sa famille, et aussi influence et richesses. Au IIe et au Ier siècle av. J.-C., la compétition pour obtenir le consulat s'exacerbe, et des généraux ambitieux l'utilisent pour asseoir leur domination sur la République, jusqu'à ce que Jules César et Octave accaparent le pouvoir de façon définitive.
Sous l'Empire, les élections sont remplacées par la ratification formelle du Sénat des candidats recommandés par l'empereur et le consulat devient un titre honorifique vide de tout pouvoir, pour un mandat réduit à quelques mois, avec l'honneur de donner son nom à l'année pour les consuls en titre au premier janvier. Néanmoins, la prestigieuse qualité d'ancien consul ouvre l'accès aux postes élevés de l'administration impériale. Malgré la transformation de l'empire au IVe siècle, le consulat perdure, partagé entre Rome et la nouvelle capitale à Constantinople. Le dernier consul annuel est désigné en 541 par Justinien et le titre de consul n'est plus qu'une dignité mineure parmi la liste de titres byzantins.
Sommaire |
Évolution historique
Période républicaine
Création du consulat
Musée du Capitole - Rome
Après la chute de la monarchie romaine en 509 av. J.-C., les pouvoirs royaux sont partagés entre un rex sacrorum pour les rites religieux qui exigent la participation d'un roi, et un collège de deux magistrats au pouvoir identique désignés pour une durée limitée à un an. Aujourd'hui encore, les historiens ne savent pas d'où peut provenir l'idée d'un pouvoir partagé à l'identique pour une durée faible. L'idée romaine semblerait donc profondément originale, bien qu'il y ait eu des précédents en Grèce, certaines cités grecques, comme Sparte, Athènes et Messène, avaient aussi un système à plusieurs rois[1].
Quoique les historiens antiques situent les consuls dès les premières années de la République romaine[A 1], les historiens modernes supposent sur la base de la mention par Tite-Live[A 2] que les premiers magistrats s'appelaient des prætores (préteur) dirigés par un prætor maximus, ou des judices (juges). La date de l'apparition de l'appellation de consules est discutée, et n'a peut-être lieu qu'à partir de 449 av. J.-C. environ, après la proclamation de la loi des Douze Tables[1],[2] ou, pour certains auteurs hypercritiques, après les lois de 367 av. J.-C. organisant l'accès au consulat[3].
L'étymologie du mot consul est incertaine : du verbe consulere, « consulter, juger, décider » selon Festus[A 3], ou bien cum salire, « ceux qui vont ensemble », de con/cum, ensemble, et de salire, bondir, sauter, jaillir[4], en d'autres termes « les collègues », reflet de la collégialité fondamentale de cette première magistrature de la République[2].
Ouverture du consulat aux plébéiens
Selon les historiens antiques, les patriciens monopolisent l'accès au consulat, tandis les plébéiens vont pendant un siècle et demi d'âpres rivalités allant jusqu'à la sécession lutter grâce à leur représentants, les tribuns de la plèbe, pour limiter l'arbitraire du pouvoir des consuls et obtenir qu'on leur donne l'accès régulier au consulat. Cette vision prévaut de Theodor Mommsen (1817-1903) à Karl Julius Beloch (1854-1929), mais depuis l'examen de la liste de consuls donnée par les Fastes consulaires et l'identification de titulaires plébéiens corrige cette vision uniforme, indiquant des alternances d'ouverture et de monopôle patricien. De 509 av. J.-C. à 486 av. J.-C. apparaissent douze consuls plébéiens. Le dernier, Sp. Cassius est exécuté à la sortie de son troisième consulat sous l'accusation d'avoir voulu devenir roi. Sur la période suivante de 485 av. J.-C. à 470 av. J.-C., tous les consuls sont patriciens, puis quelques rares plébéiens sont élus à partir de 469 av. J.-C.[5].
Après des années de tension sociale, les consuls et les tribuns de la plèbe se démettent en 451 av. J.-C. au profit d'un collège de decemvirs chargé de codifier les lois. La loi des Douze Tables publiée en 449 av. J.-C. met fin à l'arbitraire des sanctions par une règlementation écrite, affichée pour être connue de tous et commune aux plébéiens et aux patriciens[6],[7].
Mais ces lois ne donnent pas la parité d'accès au consulat. De surcroît l'exercice du pouvoir se complexifie, car les consuls sont parfois remplacés à partir de 444 av. J.-C. et selon les années par des tribuns militaires à pouvoir consulaire, plus nombreux que les deux consuls, mais aux pouvoirs et aux prérogatives plus limités. Théoriquement, les candidats à ces magistratures peuvent être plébéiens, mais les élus sont encore patriciens pour la plupart. On élit de moins en moins des consuls après 426 av. J.-C., et plus aucun entre 391 et 367[8]. Enfin en 367 av. J.-C., les tribuns de la plèbe Caius Licinius Stolon et Lucius Sextius Lateranus, après avoir bloqué pendant cinq ans la tenue des élections, font voter les lois licinio-sextiennes qui rendent obligatoire qu'un des deux consuls soit un plébéien[9].
Comme une tentative de parade aux concessions accordées aux plébéiens ou une solution pour mieux assurer l'administration de Rome face aux sollicitations militaires quasi permanentes, les pouvoirs civils des consuls à Rome sont partiellement réattribués à d'autres magistratures, dont les patriciens se réservent l'exclusivité[8] : créés en 444 av. J.-C., les censeurs procèdent tous les cinq ans au recensement de la population romaine et à sa répartition dans les différentes centuries, selon la fortune et les mœurs de chaque citoyen[10]. Un préteur annuel est créé vers 367 av. J.-C., puis un second en 242 av. J.-C., qui déchargent le consul de la gestion de la justice civile à l'intérieur de ville[11]. Ces préteurs ont toutefois un pouvoir (imperium) inférieur à celui d'un consul[9].
Mainmise de la nobilitas
À partir de 342 av. J.-C., le partage du consulat est régulièrement respecté, et au moins un consul sur deux est un plébéien. La valeur guerrière constitue à Rome le meilleur critère pour l’accès au gouvernement, et la conduite de la guerre qu’offre l’exercice du pouvoir consulaire permet d’acquérir richesse et célébrité, d’entretenir de vastes clientèles et de nourrir les ambitions des familles nobles[12],[13]. L’obtention d’un second consulat, ou de la censure, réservée aux anciens consuls, couronne une carrière politique[14].
Au IVe et au IIIe siècle av. J.-C., le pouvoir des patriciens s’effrite au profit de celui des grandes familles plébéiennes, et ces deux classes vont ensemble va constituer la nobilitas, ceux dont les ancêtres ont exercé le consulat. Des études prosopographiques des listes de consuls tentent de cerner la mainmise de cette nobilitas sur les magistratures. Selon Élisabeth Deniaux, les membres de la nobilitas ont tendance à se réserver de génération en génération l’accès au consulat grâce à leurs relations familiales et leur clientèle. On observe ainsi qu’au IIIe siècle les Caecilii obtiennent 19 consulats, les Fabii 18 et les Valerii 13. Mais les pertes considérables de la deuxième guerre punique ont créé des vides et obligé à un renouvellement, et au IIe siècle, cette monopolisation s’atténue, des hommes nouveaux (homo novus) dont la famille n’a pas encore eu accès aux magistratures supérieures apparaissent. À la fin du au IIe siècle et au Ier siècle, la nobilitas reprend sa prépondérance et il devient difficile à un homme nouveau d’accéder au consulat[15]. Ainsi, si de 284 à 224 av. J.-C. on dénombre 15 hommes nouveaux, il ne sont plus que 4 de 200 à 146 av. J.-C., et les deux cents consuls entre 233 et 133 av. J.-C. n'appartiennent qu'à cinquante-huit familles, et parmi celles-ci, les Cornelii, les Aemilii, les Fulvii, les Postumii et les Claudii Marcelli cumulent cinquante-deux consulats[16]. Néanmoins, Mireille Cébillac-Gervasoni considère qu’une certaine fluidité existe jusqu’au milieu du IIe siècle, illustrée par le consulat en 195 av. J.-C. de Caton le Censeur, un homme nouveau. Elle constate qu'un tiers des consuls ne compte pas de consul dans les trois générations antérieures, et seulement un tiers des consuls ont un fils qui obtient le consulat[14].
Malgré les exemples de consul à la pauvreté vertueuse célébrés par les historiens romains, la naissance aristocratique et la fortune sont indispensables pour mener une campagne électorale, entretenir par sa générosité ses clients qui sont autant d’agents électoraux, et assumer ensuite une magistrature non rémunérée. Aux revenus de leurs propriétés, les consuls et proconsuls ajoutent les revenus licites du butin de leurs campagnes militaires, et, pour certains, les gains illicites des exactions sur les peuples soumis[17]. La conduite de la guerre devient pour nombre de consuls l’occasion de célébrer un triomphe, et d’accroître ainsi leur popularité. Les triomphes deviennent des démonstrations fastueuses après celui de Scipion l'Africain en 201[A 4], de Lucius Fulvius Noblior en 186[A 5], au point qu'en 179 av. J.-C. le Sénat plafonne les dépenses des triomphes[14].
À leur retour à Rome, les consuls et les proconsuls commencent à devoir rendre des comptes[14] : en 171 av. J.-C. se tient le premier procès connu intenté à un proconsul pour ses extorsions perpétrées en Espagne. D’autres procès suivent, mais les accusés, jugés par leurs pairs, ne sont en pratique jamais condamnés[18]. En 149 est créé à Rome le premier tribunal permanent chargé de juger les exactions des gouverneurs de province[19].
En même temps, de nouvelles lois codifient progressivement la vie politique, comme la lex Villia Annalis qui organise en 180 av. J.-C. le parcours politique pour accéder au consulat (cursus honorum) et la loi de 151 av. J.-C. pour le non-renouvellement du consulat. Pour permettre aux consuls de régler les affaires à Rome avant de partir dans leurs provinces, l'entrée en charge est avancée au 1er janvier[20].
Le temps des généraux
Ces dispositions n’empêchent pas des exceptions en faveur des chefs de guerre : Scipion Émilien, candidat à l’édilité, est élu consul pour 147 av. J.-C. directement et avant l’âge légal, pour mener la siège de Carthage. Il est de nouveau élu consul en 134 av. J.-C. malgré la loi sur le non-renouvellement du consulat, pour mener la guerre en Espagne[21]. Parvenu au faîte des honneurs avec la censure, il demeure dans la stricte légalité malgré les crises politiques et sociales qui commencent à agiter la république[22]. Mais d’autres succès militaires permettent aux consuls ambitieux et charismatiques de gagner la fidélité de leurs troupes et de s’imposer lors de leur retour à Rome, y compris par la force. Marius, Sylla, Pompée, César suivent l’un après l’autre cette voie[23]. Marius, un des rares hommes nouveaux de son époque, est élu consul cinq fois de suite de 104 à 100 av. J.-C., puis s’impose par la force de nouveau en 86, au prix de l’assassinat du consul Octavius. Ses lieutenants Cinna et Carbo accumulent les consulats de 87 à 84 av. J.-C. pour le premier, et de 85 à 82 av. J.-C. pour le second. Sylla leur reprend Rome au prix d'une sanglante guerre civile, et se fait désigner consul pour 80 av. J.-C. et dictateur[24].
Grâce à son pouvoir absolu, Sylla réforme les institutions, modifie les règles du cursus honorum en relevant l’âge légal pour le consulat à 44 ans et impose un intervalle de dix ans entre deux consulats. Il fixe la date des élections en juillet, ce qui fait que les consuls en exercice jusqu’à la fin de décembre sont en recouvrement durant la moitié de leur mandat avec leurs successeurs désignés. De surcroit, Sylla restreint le pouvoir militaire des consuls, en les astreignant à exercer leur mandat à Rome et en Italie, et en les privant de forces armées permanentes, sauf autorisation du Sénat. Les provinces ne sont plus administrées que par des proconsuls ou des propréteurs[25],[26]. Sylla abdique en 79 av. J.-C. et le désarmement des consuls et de l’Italie ne dure pas : le consul de 78 av. J.-C. Lepide entre en conflit avec le Sénat et tente un coup de force ; le Sénat délègue contre lui le jeune Pompée, pourtant dépourvu de magistrature lui conférant le droit de commander. Pompée lève une armée et le chasse d’Italie[27]. Les tentatives de coup d'état et les illégalités continuent : Pompée est élu consul en 70 av. J.-C., sans avoir suivi le cursus honorum obligatoire, et se voit accorder en 67 av. J.-C. un imperium illimité sur les côtes de la Méditerranée, sans contrôle ni collègue[28]. En 63 av. J.-C., le consul Cicéron échappe à la conjuration de Catilina, mais outrepasse son pouvoir en mettant à mort ses complices sans procès. La situation à Rome dégénère au point que les élections consulaires ne peuvent se tenir en 53 av. J.-C., et le Sénat nomme Pompée consul unique pour 52 av. J.-C. Enfin, César marche sur Rome en 49 av. J.-C., après le refus de sa candidature à un second consulat.
César se fait élire consul pour 48 av. J.-C., puis réélire consul pour cinq ans, et en même temps prend les pleins pouvoirs avec une dictature renouvelée, puis permanente. Comme Sylla, il adapte le nombre des magistrats aux nécessités du gouvernement d'un empire, mais conserve la collégialité des consuls. Il augmente donc le nombre de consuls annuels en multipliant les consuls suffects, au point d'en nommer un pour le dernier jour de l'année 45 av. J.-C., en remplacement du précédent consul décédé avant la fin de l'année. Son assassinat suspend le changement de régime politique[29],[30].
Période impériale
La transition sous Octave-Auguste
Le retour au fonctionnement régulier de la République est de courte durée : après la tenue d’élections en 43 av. J.-C., le second triumvirat prend les pleins pouvoirs de 43 av. J.-C. à 33 av. J.-C. Les triumvirs suspendent les élections et nomment leurs partisans au titre de consuls. Octave est ensuite élu consul ordinaire en 33 av. J.-C., puis chaque année de 31 av. J.-C. à 23 av. J.-C., contrevenant à la règle d’espacement de dix ans entre deux consulats. En 27 av. J.-C., le Sénat lui confie l'imperium proconsulaire sur une certain nombre de provinces, et en 23 av. J.-C., il reçoit le pouvoir suprême, l’imperium majus, mais refuse qu’on lui décerne le consulat annuel et perpétuel, pérennisation d’allure trop monarchique[31], et dont il n’a pas besoin, puisqu’il détient de l’imperium consulaire sans être consul, et l’imperium proconsulaire sans être proconsul[32].
Les élections de consuls par les comices reprennent selon le processus ancien, mais à plusieurs reprises, en 20 av. J.-C. et en 7 ap. J.-C., de graves troubles électoraux obligent Auguste à intervenir et à nommer directement les consuls[33]. Auguste peut influer sur plusieurs étapes du processus électoral : la nominatio, confection et publication de la liste officielle des candidats, en raison de sa qualité de consul, puis de son imperium consulaire, qui lui donne les prérogatives d’un consul ; la commendatio, recommandation contraignante pour une partie des postes à pouvoir, dont Auguste ne fait que rarement usage, et qui ne s’applique peut-être pas encore au consulat. Enfin, son règne voit une innovation qui empiète sur le rôle des comices. Elle n’est connue que par la Tabula Hebana, inscription découverte en 1947 : ce texte fait référence à la loi Valeria Cornelia votée en 5 ap. J.-C., qui organise la désignation préalable des consuls (destinatio) par dix centuries (valeur portée à quinze dans la Tabula Hebana) composées uniquement de sénateurs et de chevaliers, avant le vote final des comices, réduit à une ratification[34].
Le consulat sous l'empire
En 14 Tibère achève l'évolution menée par Auguste en transférant au Sénat le rôle électoral des comices. L'élection des candidats préalablement désignés par la destinatio se limite alors à un vote par acclamation au Sénat[35]. Les sénateurs n'ont plus à débourser pour leur campagne électorale, et se cooptent pour accéder au consulat, puisqu'ils sont membres des centuries qui désignent les candidats dont ils entérinent ensuite l'« élection ». L'empereur peut aussi désigner directement des consuls extra ordinem, sans passer par ce processus[36]. Cette désignation hors vote est formalisée sous Vespasien par la loi de imperio Vespasiani, qui spécifie que ses candidats sont pris extra ordinem[34].
Aux consuls ordinaires, personnages que l'empereur souhaite distinguer particulièrement, ou l'empereur lui-même, s'ajoutent des consuls dits « suffects », élus après la démission des précédents avant l’achèvement de leur consulat : une année peut donc compter plus de deux consuls, mais seuls les deux premiers, entrés en charge au 1er janvier, donnent leur nom à l'année. Le consulat suffect est moins prestigieux que le consulat ordinaire, mais il permet d’anoblir des hommes nouveaux et de les qualifier pour les postes importants de l’administration impériale, ou de renforcer la position de l’empereur par la promotion de ses protégés. À partir de 5 av. J.-C., Auguste systématise ce système avec 4 consuls ou plus chaque année, puis on passe couramment à 6 consuls sous les Flaviens. Les mandats durent en général de deux à six mois[37]. Parfois les empereurs extravagants dérèglent ce processus, tel Caligula qui délaisse son consulat quelques jours seulement après son entrée en fonction en 39, 40, 41[A 6], tandis que sous Commode, l’année 189 connait 25 consuls[38].
La proportion des consulats ordinaires et suffects obtenus par les membres de l’ancienne noblesse républicaine diminue régulièrement : 50 % sous Auguste, 27 % à la fin du règne de Tibère et sous Caligula, 21 % sous Claude et 15 % sous Néron[37].
Antiquité tardive
Après la fondation de Constantinople en 330, le consulat perdure, magistrature prestigieuse et sans pouvoir, décernée par l'empereur. À la fin du IVe siècle, chaque ville, Rome et Constantinople, a son consul ordinaire, ou parfois une ville désigne les deux consuls. Le consulat suffect est encore attribué à Rome, au contraire de Constantinople qui n'en désigne pas[39].
À la fin du IVe siècle, Théodose Ier accorde le consulat à des généraux d’origine franque et naturalisés romains comme Mérobaud, Richomer, Bauto, malgré la désapprobation de l’opinion publique[40]. Cette ouverture aux militaires d'origine barbare les plus influents continue avec les consulats de Stilicon en 400 et 405, Aspar en 434, Ricimer en 459.
La dernière division de l'empire en 395, ou la chute du dernier empereur d'Occident en 476 ne remettent pas en cause le principe d'un consul en Occident et un en Orient, même si des tensions se produisent quand une Cour ne reconnaît pas le consul de l'autre[41].
Les derniers consuls figurés dans les Fastes sont Decius Theodorus Paulinus pour l'Occident en 534, et pour l'Orient Flavius Basilius désigné sans collègue en 541 ap. J.-C. Justinien ne désigne plus de consul après ces derniers, et le consulat n'est plus revêtu que de temps en temps par l'empereur[42]. Le Ier janvier 566, l'empereur Justin II célèbre avec faste son consulat[43]. Le dernier empereur qui revêt ce titre est Constant II en 642. Par la suite, le titre se dévalue et figure comme une dignité honorifique mineure dans la hiérarchie des titres byzantins, avec diverses déclinaisons : hypatos (consul), dishypatos (deux fois consul), anthypatos (proconsul), apohypatos (ancien consul)[44].
Pouvoirs et responsabilités sous la République
Conditions d'éligibilité
L'accès aux magistratures et particulièrement au consulat et au commandement des troupes requiert l'expérience militaire, au moins dix campagnes en servant dans la cavalerie, ce qui suppose un certain statut social et le niveau de fortune suffisant pour être chevalier[45]. L'usage veut que l'on soit simple citoyen pour être candidat, pour ne pas abuser de l'avantage de sa charge de magistrat pour faire campagne. Si un ancien consul est rééligible, ses mandats sont de ce fait espacés d'au moins un an.
En 180 av. J.-C., la Lex Villia Annalis organise l'accès aux magistratures en définissant un âge légal pour être candidat. Elle prévoit ainsi qu'on ne peut postuler à la charge de consul avant 41 ans et après avoir été édile puis préteur. L'intervalle imposé entre deux consulats est de dix ans. Cette règle est respectée, le cas de Scipion Émilien, élu directement consul avant l’âge légal en 148 av. J.-C. étant une exception[45].
On tolère que le candidat soit absent de Rome et ne postule pas en personne, mais le cas de Marius élu plusieurs fois consul en son absence (in absentia) est souligné par les historiens romains[A 7]. De surcroît, Jules César cantonné en Gaule cisalpine se voit refuser cette dérogation en 51 av. J.-C.[46]
En 80 av. J.-C., Sylla retouche ces dispositions en rendant l'édilité facultative, et en relevant la condition d'âge à 43 ans, et pour éviter tout accaparement comme ceux de Marius et de Cinna, impose un intervalle de dix ans[47].
Toutefois cette condition d'âge subit des entorses en faveur de personnages importants et par des coups de force politiques : en 82 av. J.-C. le fils adoptif de Marius devient consul à 26 ans, ou Pompée est consul en 70 av. J.-C. à 34 ans.
Élection et passation de pouvoir
Les élections sont en principe organisées par le consul sortant qui a été élu le premier et a exercé à partir du 1er janvier. Exceptionnellement en l'absence du consul, un magistrat détenteur de l'imperium majus, c'est-à-dire un dictateur ou un interroi est qualifié pour organiser l'élection. L'organisateur reçoit les déclarations de candidature (professio), en apprécie la recevabilité et peut en refuser. Il convoque les comices centuriates (comitia centuriata) dans un délai de trois marchés après les candidatures, soit 26 ou 27 jours, selon un usage établi progressivement. Il s'assure que les auspices sont favorables, surveille le bon déroulement du scrutin, et proclame le nom du candidat élu (renuntiatio)[46]. Enfin, selon une procédure purement formelle héritée de la période royale, une autre assemblée, les comices curiates, confirme l'élection des magistrats par le vote de la lex curiata de imperio[48].
L'entrée en fonction n'est pas immédiate, car le consul qui a organisé les élections doit terminer son année. Dans l'intervalle, les consuls élus sont qualifiés de « consuls désignés ». L’entrée officielle en fonction est marquée par une procession (processus consularis) : le consul monte au Capitole, prend les auspices, offre un sacrifice à Jupiter, et prononce des vœux pour le salut de la République[A 8].
Le nouveau consul doit remercier publiquement le peuple qui l'a élu[49]. Ainsi, le premier discours public de Cicéron (sur la loi agraire et contre Rullus) est un exemple de discours de remerciements et de présentation[A 9].
Consulat suffect
Parfois, un consul décède ou démissionne avant la fin de son mandat de douze mois. Le consul restant rétablit la collégialité par l’élection intermédiaire si le délai restant le permet ou par la désignation directe d’un consul suffectus (du participe passé du verbe sufficiere, remplacer). Ce consul entre en charge immédiatement, il a les mêmes privilèges et les mêmes pouvoirs que le consul remplacé, mais il n’est en charge que pour la durée du mandat qui reste à couvrir[50].
Pouvoirs
Pouvoirs consulaires initiaux
Aux premiers temps de la République, les consuls reprennent l’imperium royal, à l'exception de la fonction sacerdotale. L’imperium est le pouvoir suprême civil et militaire, figuré par les douze licteurs qui précèdent le consul et portent les faisceaux qui symbolisent son pouvoir de coercition. Comme l’imperium ne se partage pas, et lorsque les consuls sont deux, ils disposent du pouvoir et des faisceaux à tour de rôle, pendant un mois à Rome[51], ou chaque jour s'ils commandent la même armée[A 10]. Généralement, un consul conduit la guerre en cours, tandis que l'autre exerce à Rome le gouvernement civil[52].
Les Romains distinguent deux formes d'imperium selon le lieu où le consul exerce son autorité[51] :
L'imperium domi s'applique dans la ville de Rome et dans le périmètre sacré du pomœrium qui l'entoure à mille pas de l'enceinte de la ville. Ce pouvoir civil autorise le consul à proposer des lois, à convoquer le peuple réuni en comices et à superviser les scrutins, à réunir le Sénat, lui adresser des communications et lui soumettre des délibérations. Le consul fait appliquer les décisions du Sénat, et maintient l'ordre dans la communauté romaine[51]. A la tête d'une haute juridiction criminelle civile, il détient le pouvoir coercitif sur les citoyens en temps de paix[53].
L'imperium militæ s'exerce en dehors de l'espace sacré du pomœrium, après l'accord du Sénat sur l'action militaire à mener. Le consul est alors un chef de guerre, qui lève les troupes, nomme les officiers, conduit la guerre et négocie avec les vaincus et leur impose des contributions[51]. Dans l'exercice de son commandement militaire, il dispose du pouvoir de vie et de mort sur les citoyens-soldats[53].
Lorsqu'il prend son commandement militaire et quitte le périmètre de Rome, le consul doit respecter certains rites : il prend les auspices au Capitole, il échange sa toge prétexte pour le manteau de général (paludamentum), et ses licteurs portent la hache au milieu de leurs faisceaux, indiquant le droit du commandant de faire mettre à mort un soldat sous ses ordres.
L'imperium militæ peut être prolongé par le Sénat au-delà du mandat annuel, et devient alors un imperium proconsulaire, c’est-à-dire le pouvoir consulaire sur une mission limitée civile ou militaire, nommée provincia, qui avec l'extension de la domination romaine devient une province géographique[54],[55].
Le consul dispose comme les autres magistrats supérieurs du droit de prendre et publier des édits (ius edicendi), qui lui permet de rendre publiques et obligatoires les décisions qu'il prend dans l'exercice de sa charge[56].
Limitations des pouvoirs
La collégialité des consuls, voulue dès la création de cette magistrature, constitue une limitation fondamentale contre leurs éventuels abus de pouvoir, puisque chacun des deux consuls peut frapper de nullité les actes de son collègue. Les tribuns de la plèbe peuvent également s'opposer à l'exécution d'un ordre donné par le consul, mais seulement à l'intérieur du pomœrium[57].
Selon les dispositions promulguées par le légendaire consul de 509 av. J.-C. Valerius Publicola et rapportées par Tite-Live[A 11] et Cicéron[A 12], les consuls sont dès l'origine sous le contrôle du peuple, et leur pouvoir coercitif dans le périmètre de Rome est soumis au droit d'appel au peuple contre une condamnation à mort ou à la flagellation, la provocatio ad populum des tribuns de la plèbe[58]. Néanmoins, les historiens doutent que ce droit date des débuts de la République, car plusieurs lois postérieures évoquent ce droit d'appel : les lois Valeriae Horatiae de 449 av. J.-C. l'auraient rétabli après sa suppression par les decemvirs[A 13]. La lex Valeria de 300 ap. J.-C. prive les consuls de leur pouvoir de coercition dans le périmètre de Rome[11]. Elle est étendue par les lois Porciæ, instaurées par Caton le Censeur en 198 ou 195 av. J.-C., qui interdisent de battre de verges un citoyen hors de Rome, et aggravent les pénalités infligées en cas de non-respect de la provocatio[59].
Cas exceptionnels
Mais depuis 121 av. J-C., en cas de crise grave menaçant l'intégrité de la République, les pleins pouvoirs sont remis aux consuls par un senatus consulte ultimum. Par ce senatus consulte, ils sont alors investis du pouvoir dictatorial, tombé en désuétude après les guerres puniques, sans restriction du sénat, mais pour un temps limité. Ils ont alors le droit de mettre à mort des citoyens sans jugement[46].
Ornements consulaires
Les ornements consulaires sont les attributs distinctifs qui permettent de reconnaître un consul en charge, ou un ancien consul. Manifestation de son imperium, ils sont un héritage de la période royale et d'origine étrusque[60].
Les faisceaux étaient la marque caractéristique de la dignité consulaire, héritée de l'usage royal. Dans tous ses déplacements, le consul en charge est précédé de douze licteurs, portant chacun un faisceau sur l'épaule[61]. S'ils croisent ce cortège, les passants à l'exception des vestales doivent céder le passage et les cavaliers descendre de cheval.
La chaise curule est une autre marque de la dignité du consul, commune aux autres magistratures dites curules. Il s'y assoie chaque fois qu'il siège en public[61].
Le costume faisait partie des ornements consulaires. Comme tous les sénateurs, les consuls étaient vêtus d'une tunique laticlave, à bande de pourpre, mais étaient seuls à porter une toge spéciale : dans les circonstances exceptionnelles, ils portaient une toge pourpre, et pour l'ordinaire, ils revêtaient la toge prétexte, blanche et bordée de pourpre, et des bottines rouges montant à mi-jambe (calcei patricii). Un ancien consul pouvait continuer à les porter lors des cérémonies officielles, jusqu'à la fin de sa vie. Distinction supplémentaire, ils avaient droit aux places d'honneur dans les spectacles[61].
Fin de mandat
L'usage veut qu'un consulat ne dure qu'une année, mais il n'expire pas à la fin de cette période par une péremption automatique. Le consul doit lui-même abdiquer officiellement et selon l'expression traditionnelle, déposer son imperium (deponere imperium), et le transmettre à son ou ses successeurs.
À l'issue de son mandat, l'ancien consul prend le titre de consulaire (consularis), qui lui confère une honorabilité à vie et lui donne certaines prérogatives : il est inscrit au Sénat en début de la liste des sénateurs, après les anciens censeurs, et reçoit la parole selon cet ordre hiérarchique[62]. Le consulaire le plus ancien est le princeps senatus, qui donne son avis le premier lors des délibérations[63].
Pouvoirs et obligations sous l'Empire
La magistrature continue, mais l'âge requis est abaissé à 33 ans[64] et elle est vidée de ses pouvoirs, l'empereur possédant un pouvoir supérieur à celui des consuls, et surtout le commandement militaire par son imperium majus. Le consulat n'offre donc plus de responsabilités réelles, mis à part une faible activité juridique spécialisée dans les affaires d'affranchissement, de tutelle et de fidéicommis[65], et ne devient donc qu'une distinction importante au sein de l'ordre sénatorial. Les consuls sortants rentrent dans le groupe des consulaires, rang qui ouvre l'accession à des postes importants dans l'administration impériale comme le poste de préfet de la Ville[66], ou le proconsulat des prestigieuses provinces d'Asie et d'Afrique, qui leur est réservé, privilège qui est maintenu lorsque la réforme de Dioclétien subdivise les provinces, et étendu entre 312 et 315 à la province d'Achaïe[67].
Après Constantin Ier, le consulat devient un honneur particulièrement coûteux, qui oblige, le premier janvier, jour d'inauguration du titre, à célebrer des jeux et à distribuer des cadeaux précieux, tels que les diptyques consulaires en ivoire[42]. Les consuls suffects doivent quant à eux présider le 21 avril les cérémonies anniversaires de la fondation de Rome[68].
Listes des consuls
Fastes
Les Fastes consulaires sont les listes chronologiques des consuls, traditionnellement tenues par le pontifex maximus durant la République. Celles que possèdent les historiens ont été en grande partie réalisées à partir de Tite-Live, Histoire de Rome, pour la période allant des débuts de la République à l'an 9 av. J.-C. et à partir d'une version épigraphique de l'époque d'Auguste, les Fastes capitolins[69]. Le Chronographe de 354 constitue une autre source allant de 509 av. J.-C. jusqu'en 354 ap. J.-C.. Les Fastes attribués à Hydace vont jusqu'en 468 ap. J.-C.[A 14].
Jusqu'en 153 av. J.-C., l'entrée en fonction des consuls ordinaires ne se fait pas le premier janvier, l'année consulaire ne coïncide donc pas avec l'année civile. Les listes chronologiques établies par les chercheurs sont donc entachées d'approximations dues à ces chevauchements.
Les premières années de la République sont jugées peu fiables, la chronologie n'est considérée comme assez sûre qu'à partir de 503 av. J.-C.[53]. Le classement des consuls des Ve et IVe siècles av. J.-C. comme plébéiens ou patriciens a été un sujet de controverses, entre les études de Mommsen et Beloch, qui rejetaient les mentions de plébéiens comme des interpolations, et les avis plus récents qui préfèrent admettre la présence de plébéiens sur des périodes pour lesquelles Tite-Live affirme une domination patricienne sans partage[70].
Datation
Les consuls ordinaires donnent leur nom à l'année de leur mandat, dans l'ordre où ils ont été élus, on les qualifie alors de consuls éponymes. Par exemple, Suétone écrit que « Auguste naquit sous le consulat de M. Tullius Cicéron et de C. Antonius »[A 15],[46].
À partir de 312, cette méthode commence à être remplacée pour dater les actes juridiques par l'indication de l'année d'indiction, suivant une chronologie administrative[71]. Néanmoins, on continue la diffusion du nom des consuls ordinaires dans toutes les provinces, où ils sont rendus publics pour la désignation de l'année[72].
Exceptionnellement, sous le Bas-Empire, il y a eu des années sans consuls (351, 375, 477). L'année sans consul est alors datée par la formule « après le consulat de X et Y ». Par deux fois, les années 531/532 et 536/537 n'eurent pas de consuls. Bélisaire étant seul consul en 535, 536 est l'année après le consulat de Bélisaire (post consulatum Belisarii), et 537 est la deuxième année après le consulat de Bélisaire (II post consulatum Belisarii). Les années qui suivent le dernier consulat de 541 sont numérotées de II à XXV après le consulat de Basile, puis lorsque l'empereur devient consul perpétuel en 567, les années sont comptées à partir de son consulat[72].
Épigraphie
Le mot consul dans l'épigraphie latine s'abrège en : COS pour CO[n]S[ul], au pluriel COSS pour CO[n]S[ule]S[73]. La disparition du [n] s'explique par le fait qu'en latin un [n] devant un [s] n'était pas prononcé dans la diction courante mais s'amuïssait (en allongeant la voyelle précédente. Ainsi, consul était prononcé [ko:sul]. La graphie complète est cependant restée consul pendant presque toute la latinité par influence de la langue littéraire, très conservatrice.
Pour désigner une personne ayant été huit fois a cette charge, on écrit COSVIII : Consul pour la huitième fois.
Notes et références
Ouvrages antiques
- Tacite, Annales, I, 1 ; Tite-Live, Histoire romaine, I, 60 ; Denys d'Halicarnasse, IV, 74, 5
- Tite-Live, Histoire romaine, III, 55, 12
- Festus, De la signification des noms, II, CONSULAS
- Polybe, XVI, 23, 7
- Tite-Live, XL, 44
- Suétone, Vie de Caligula, 17
- Salluste, Guerre de Jugurtha, 114
- Tite-Live, Histoire romaine, XXI, 63
- Ciceron, De Lege agraria contra Rullum, Lire en ligne
- Tite-Live, Histoire romaine, XXII, 45, alternance entre Paul-Émile et Varron avant la bataille de Cannes
- Tite-Live, Histoire romaine, II, 8
- Cicéron, De republica, II, 53-54
- Tite-Live, Histoire romaine, III, 55
- (la) Hydace de Chaves, Fastes, [1]
- Suétone, Vie d'Auguste, 5
Ouvrages modernes
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- Le Glay 1990, p. 61
- Piel et Minéo 2011, p. 93
- Theodor Mommsen, Histoire romaine, Depuis l’expulsion des rois jusqu’à la réunion des états italiques, chap. premier
- Heurgon 1993, p. 274
- Cébeillac-Gervasoni, Chauvot et Martin 2003, p. 57-58
- Deniaux 2001, p. 40
- Cébeillac-Gervasoni, Chauvot et Martin 2003, p. 59
- Christol et Nony 2003, p. 43-44
- Deniaux 2001, p. 56-57
- Cébeillac-Gervasoni, Chauvot et Martin 2003, p. 96
- Christol et Nony 2003, p. 47
- Deniaux 2001, p. 17
- Cébeillac-Gervasoni, Chauvot et Martin 2003, p. 138
- Deniaux 2001, p. 102
- Christol et Nony 2003, p. 78
- Christol et Nony 2003, p. 78-79
- Cébeillac-Gervasoni, Chauvot et Martin 2003, p. 130
- Deniaux 2001, p. 94
- Christol et Nony 2003, p. 80
- Deniaux 2001, p. 22
- Christol et Nony 2003, p. 91
- Cébeillac-Gervasoni, Chauvot et Martin 2003, p. 159
- Christol et Nony 2003, p. 106
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- Vincent Puech, Constantin, 2011, Ellipses édition marketing, (ISBN 978-2-7298-6670-9, pp. 115-117)
- Piel et Minéo 2011, p. XIII
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Bibliographie
Auteurs antiques
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Auteurs modernes
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- Marcel Le Glay, Rome, grandeur et déclin de la République, Perrin, 1990 (ISBN 2-262-00751-9)

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- Cécile Morrisson (dir.), Le monde byzantin, t. 1, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio – l’histoire et ses problèmes », 2004 (ISBN 2-13-052006-5).

- Paul Petit, Histoire générale de l’Empire romain, Seuil, 1974 (ISBN 2020026775).

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- Thierry Piel et Bernard Minéo, Et Rome devint une République, LEMME edit, 2011 (ISBN 978-2-917575-26-0).

- Roger Remondon, La crise de l’Empire romain, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio – l’histoire et ses problèmes », 1970, 2e éd. (1re éd. 1964).
