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Bruit

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Page d'aide sur l'homonymie - Wikipedia Orange Pour les articles homonymes, voir Bruit (homonymie).

Le bruit est un son complexe produit par des vibrations diverses, souvent amorties et qui ne sont pas des harmoniques[1].

Sommaire

Usage du mot bruit

Étymologie

Le mot bruit vient du verbe bruire qui signifie « faire entendre un son, un murmure confus ». Bruire vient du latin « brugitum », participe passé du latin populaire « brugere » qui a pour traduction « il brame ». Dans ce cas, le verbe bramer est le cri du cerf, du chevreuil ou du daim. « Brugere » est l’association du latin classique « rugire » (rugir) et « bragere » (braire). Au XIIe siècle, le bruit signifie « renommée » ou « éclat » au sens figuré et « son de voix » au sens propre[2].

Synonymes

Le mot bruit se dit aussi barnum, barouf, bastringue, bazar, bordel, boucan, bousin, foin, fracas, pétard, raffut, ramdam, tintamarre, tapage, tintouin, tohu-bohu, pour les synonmes les plus courants, voire familiers. Il peut se préciser en chuintement, claquement, clapotis, cliquetis, craquement, craquètement, crépitation, crépitement, crissement, déclic, froissement, frôlement, frou-frou, gargouillement, gargouillis, grésillement, grincement, grondement, parasites, pétarade, pétillement, ronflement, ronronnement, roulement, sifflement, sonnerie, souffle, stridulation, tapement, tintement, vrombissement[3], et aussi en

  • bruit court et intense : coup (de quelque chose), déflagration, détonation, éclat, éclatement, explosion, fracas ;
  • bruits prolongés : bourdonnement, bruissement ;
  • bruits de voix : chuchotement, cri, hurlement, jacasserie, mugissement, murmure, soupir, vocifération ;
  • bruits de foule : brouhaha, cacophonie, chahut, chambard, clameur, charivari (aussi en musique), esclandre, huée, tollé ;
  • bruits inconvenants : borborygme, flatuosité, râle, râlement ;
  • bruits plaisants : babil, bruissement, gazouillement.

Cette popularité entraîne un bon nombre de métonymies et d'usages spécialisés.

Usages spécialisés

  • En droit: appelé couramment tapage ou nuisance sonore, le bruit fait partie des troubles anormaux du voisinage. Correspond à un désordre accompagné de cris et querelles nuisant à la tranquillité des personnes alentour.
  • Certains sons, principalement dans les media électroniques, sont essentiellement dépourvus de contenu informatif, parce qu'ils sont constitués d'un mélange indéchiffrable de vibrations diverses. Ils existent dans tous les média et jouent un rôle fondamental. Ce sont des bruits dans la mesure où ils ne font pas partie de l'information que le media achemine ; ils sont issus de l'appareillage. On cherche aussi à les réduire à un niveau optimal, qui est très bas, mais pas nul (voir résonance stochastique). On définira ainsi le rapport signal sur bruit, un des indices de la qualité de transmission. En jargon professionnel, on parle de « signaux aléatoires » ou « bruits stochastiques », qu'il s'agisse de signaux représentant des sons ou quoi que ce soit d'autre. Pour effectuer des essais, on crée délibérément de tels bruits (bruit blanc, bruit rose).
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"Bruit" graphique
Exemple — Bruit graphique  :

En photographie ou imagerie numérique: on parle de bruit pour des parasites liés à l'imperfection d'un capteur.

  • La médecine possède tout un vocabulaire de bruits à reconnaître dans l'auscultation.
  • Dans un usage ancien, et aujourd'hui en style littéraire, un bruit est une nouvelle ou une rumeur, d'où l'expression un « bruit qui court ». Un bruit de couloir est une rumeur dans une institution.
  • En intelligence économique, on s'intéressera par exemple aux signaux faibles, en éliminant le bruit constitué par toutes les autres informations inutiles.

Le bruit d'un point de vue acoustique

Article détaillé : Bruit (acoustique).

Différences entre son et bruit

Le bruit est un son indésirable.

Le son est une vibration de l'air ou de tout milieu matériel élastique. La sensibilité au son en fait, pour les êtres humains comme pour tous les animaux, un moyen de connaissance de l'environnement et un moyen de communication, par la parole et par la musique. Sauf dans des situations rares comme les expériences de privation sensorielle, les gens considèrent comme indésirables les sons qui s'opposent à ces deux objectifs, et les appellent bruit.

Par métonymie, on décrit un son comme un bruit chaque fois qu'on le ressent comme désagréable, même s'il remplit une fonction de communication.

Bruits  :
  • Une personne écoute de la musique : les cris d'un bébé dans la pièce voisine sont du bruit. Il augmente le niveau de la musique.
  • Les parents de l'enfant sont dans la cuisine : la musique du voisin est un bruit qui les empêche d'entendre la voix de l'enfant dans l'autre pièce et de savoir s'il s'amuse ou s'il pleure.

L'acoustique architecturale, particulièrement l'isolation phonique traitent ce genre de divergence.

  • Les sirènes d'alerte, les avertisseurs de voiture, les signaux sonores en tous genres sont décrits par les gens qui ne sont pas concernés, c'est-à-dire tous ceux qui ont déjà compris le sens de l'avertissement, comme des bruits. Pour l'efficacité de l'alarme, il faut qu'ils le soient.
  • La musique jouée ou reproduite à un niveau suffisamment élevé pour pouvoir engendrer une surdité est, du point de vue de la santé publique, un bruit quelles que soient ses qualités artistiques.

Mesure du bruit

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Échelle des niveaux sonores, voir Décibel (bruit)
Articles détaillés : Décibel (bruit) et Sonomètre.

L'acoustique environnementale se préoccupe de réduire les nuisances sonores. Pour commencer, elle doit les mesurer. Des instruments appelés sonomètre mesurent la pression acoustique, lui appliquent un certains nombre de traitements pour que cette mesure reflète approximativement la perception sonore, et donne un résultat généralement exprimé en décibels.

La sensation de volume sonore s'appelle la sonie. Sa relation à la pression acoustique est complexe ; si à faible niveaux, les humains sont moins sensibles aux sons graves, cette différence s'atténue aux niveaux plus élevés ; le seuil de la douleur est atteint plus rapidement pour ces fréquences[4]. La sonie dépend aussi de la durée des sons, et de leur composition ; on ne ressent pas également les sons composés d'une seule note et ceux composés de plusieurs ou sans note définie. Il en est résulté un assez grand nombre de systèmes de traitement de la pression acoustique pour aboutir à une évaluation de la sonie. Il en résulte que

  1. tous les systèmes donnent un niveau numérique (souvent en décibels, abbréviation dB, suivi d'un suffixe) ;
  2. le niveau zéro correspond à inaudible ;
  3. le niveau augmente avec la sonie ;
  4. pour permettre de régler les litiges sur une base commune, les lois et réglements, dans de nombreux pays, prévoient la mesure des niveaux sonores par des experts agréés, avec des instruments agréés, et exprimés en décibels pondération A (abbrégé  dB A).

Lorsqu'on mesure le bruit émis par un objet, quelqu'il soit, le niveau sonore obtenu dépend avant tout de la distance. C'est ainsi qu'en rapprochant son oreille d'une montre mécanique, on entend son tic-tac, qui serait complètement imperceptible autrement. Il faut donc, dès qu'il s'agit d'un objet en particulier, préciser à quelle distance s'effectue la mesure. De même, le niveau sonore n'est pas en général égal dans toutes les parties d'un lieu particulier. Il faut donc, pour caractériser un lieu, effectuer plusieurs mesures et en préciser les points.

Exploitation des mesures

L'exploitation des mesures acoustiques permet de représenter les niveaux sous forme de cartographie de bruit[5].

Les effets sur la santé

Des effets néfastes

Selon l'INRS[6], le bruit peut affecter les personnes de plusieurs manières :

  • effets traumatiques : le bruit entraine une fatigue auditive qui se manifeste par des bourdonnements ou des sifflements (acouphènes), et au-dessus d'une exposition de 8 heures à 80 dB,une perte d'audition.
  • effets non traumatiques : au-delà des effets sur l'audition, le bruit a également des effets sur le plan psychologique. Il augmente le stress, qui entraine des troubles digestifs et des troubles du sommeil, les risques cardio-vasculaires et fait baisser la concentration. Le bruit est aussi source d'anxiété, de dépression, d'irritabilité voire d'agressivité[7].

Selon l'IFEN[8], le bruit est la deuxième cause de pathologies professionnelles (9,4%). Ces chiffres sont probablement très inférieurs à la réalité, car les examens auditifs sont rares, et les salariés ignorent souvent leur mal, ou le dissimulent[9]. Les jeunes sont aussi très exposés: en 1992, une étude[8] a montré que 22% des élèves en terminale souffraient de troubles auditifs, et que leur nombre a doublé en dix ans.

Des mesures prises pour les travailleurs

L'endroit où les personnes sont le plus exposées au bruit est leur lieu de travail. Depuis 1963, le bruit est reconnu par l'INRS comme cause de maladie professionnelle. De ce fait, il est concerné par la réglementation du Code du travail sur la prévention des maladies professionnelles (articles L.4121-1 à L4121-5). Le décret du 19 juillet 2006 n°2006-892 prévoit de traiter le bruit à sa source (fabriquer des machines moins bruyantes) et d'organiser des mesurages pour fournir un équipement adapté le cas échéant aux salariés. Le mesurage peut être demandé par l'employeur, le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, la médecine du travail ou l'inspection du travail. Il peut être réalisé soit par la Caisse régionale d'assurance maladie, soit par un organisme accrédité par le Comité français d'accréditation ou un organisme équivalent européen[10]. Si selon la loi de santé publique une protection sonore est exigée si les salariés sont exposés à plus de 80 dB pendant 8 heures, il resterait des progrès à faire dans ce sens car en 2005 en France, 6,8% des salariés étaient exposés durant de longues durées à plus de 85 dB[11].

Protection contre le bruit

Aspect juridique du bruit (France)

Le bruit, s'il est excessif et donc dérangeant pour autrui, devient une nuisance sonore pouvant être définie comme un trouble anormal du voisinage. Le trouble anormal du voisinage est considéré par la jurisprudence comme un abus du droit de propriété définit par l'article 544 du Code civil[12]. Le caractère anormal du trouble est laissé à l'appréciation des juges du fond[13]. Le trouble peut être de plusieurs natures dont sonore, par exemple les bruits divers pouvant provenir d'une habitation (radio, aspirateur, instrument de musique, pas et chocs, etc.), d'une usine, d'un lieu public (comme un cinéma), ou encore le chant d'un coq[14]. La responsabilité impute au propriétaire ainsi qu'à l'ensemble des habitants de l'immeuble mis en cause, quel que soit leur statut[15]. Il est possible de règlementer la production de bruit chez les particuliers par des arrêtés municipaux en limitant à certains horaires les travaux comme tondre son gazon, utiliser un marteau-piqueur, etc.[16]. Cela n'a rien de général cependant.
Une Directive européenne impose aux 25 états membres de faire faire par les grandes collectivités des cartes de bruit.

Le bruit dans les compositions musicales

Origines

Certains musicologues voyaient déjà dans la musique de Janequin au XVIe siècle des connotations de bruit dans les moyens stylistiques qu'il utilisait à l'époque, notamment des onomatopées. Dès cette époque, la musique devient expressive ce qui peut expliquer qu'on ait tenté d'imiter certains bruits naturels (le chant des oiseaux par exemple). Les titres des œuvres de Janequin étaient assez évocateurs (La chasse, La guerre, Les cris de Paris,...). La guerre, connue aussi sous le titre La bataille, et qui célèbre peut-être la victoire de François Ier à Marignan en 1515, contribue également de façon significative au développement, à travers toute l'Europe, d'un type de musique imitant la marche militaire, le vacarme des armes et les cris des combattants[17].

Dans la musique du XIXe siècle

Selon Denis de Touzé, « Le bruit, dans la musique tonale, est conçu comme l’irruption d’un désordre au sein d’un langage ordonné. ». Les notions de chaos, de désordre ou de bruit ont souvent été utilisées pour décrire la musique de certains compositeurs comme Beethoven, précurseur du mouvement romantique, Liszt, Schubert, Berlioz ou encore Wagner. « Le châtiment suprême, les affres des enfers vers lesquels des démons diaboliques entraînent les damnés, les flots déchaînés, le tonnerre qui gronde son mécontentement, la foudre implacable qui s’abat dans un éclair destructeur pendant que le vent siffle la terreur : tous ces tumultes et diableries n’ont pas échappé à des mises en musique savoureusement évocatrices de Berlioz, Liszt, Moussorgski, Rimski-Korsakov, Rossini, Saint-Saëns, Tchaïkovski, Wagner... »[18] La tempête sera l'élément le plus utilisé chez les musiciens du XIXe siècle. Beethoven en 1812 composa la symphonie n°6 dite Pastorale dont le mouvement Allegro s'intitule « Orage-Tempête ». Il utilisera beaucoup les cordes graves pour illustrer les bruits sourd de l'orage ainsi que les timbales et les cymbales. De même, Rossini avec la « Tempesta », dernier mouvement de ses Six sonates à quatre voix en 1804. Quelques gouttes de pluie tombent sur le sol puis s'accélèrent avec le vent jusqu'à une tempête, annonciatrice de celle qui, vingt-cinq ans plus tard, servira de décor à son opéra Guillaume Tell. Dernier exemple, Richard Wagner qui, dès les premières mesures de l'opéra « Le vaisseau Fantôme », nous plonge dans l’ambiance de la tempête qui tourmente Le Hollandais volant.

Dans la musique populaire

Nous avons pu le voir dans la musique savante du XIXe siècle, le bruit dans la musique est essentiellement l'imitation de bruits. On retrouve bien sur cela dans la musique populaire, notamment dans les comptines comme Frère Jacques dans laquelle on imite les cloches (« Ding ding dong ») ou encore dans Trois jeunes tambour avec justement l'imitation du tambour (« Et ri, et ran, ran-pa-ta-plan »). Avec les nouvelles techniques, les instruments électroniques et notamment la guitare électrique, l'imitation dans la musique populaire se fait plus réaliste : sirène de police grâce au trille, bombe (effet dive bomb), train (dans Hamburger train de Primus par exemple),... Mais les techniques modernes permettent d'enregistrer et d'intégrer directement des bruits aux compositions. Dans la musique populaire, il illustre souvent les paroles, comme dans Money des Pink Floyd où on entend le tintement des pièces et les bruits des machines à sous. Mais il peut aussi être utilisé comme instrument : dans le même morceau des Pink Floyd, le bruit des pièces de monnaie servent de rythmique, et exemple plus flagrant, le groupe les Tambours du Bronx qui utilise des objets comme des bidons pour faire de la musique.

Compléments et notes

Articles connexes

Liens externes

  • (fr) www.bruit.fr Site de l'association du Centre d’information et de Documentation sur le bruit (CIDB, France). Créé en 1978 à l’initiative du ministère chargé de l’Environnement Français (réf).

Bibliographie

  • Luigi Russolo, L’Art des bruits, textes réunis et préfacés par Giovanni Lista, bibliographie établie par Giovanni Lista, L’Age d’Homme, Lausanne, 1975
  • Giovanni Lista, Le Futurisme : création et avant-garde, Éditions L’Amateur, Paris, 2001
  • Giovanni Lista, Journal des Futurismes, Éditions Hazan, Paris, 2008 (ISBN 978-2-7541-0208-7)
  • L'Art des bruits. Manifeste de 1913, comprenant un cd audio, Éd. Marguerite Waknine, Angoulême, 2010.

Notes

  1. Marc Honneger, Science de la musique, paru en 1976
  2. Dictionnaire encyclopédique Quillet, Paris, 1968
  3. Ces quelques exemples sont tirés des 138 synonymes trouvés par le Dictionnaire électronique des synonymes.
  4. Mario Rossi, Audio, Lausanne, Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, 2007, 1re éd., p. 126 .
  5. Dossier "Le bruit" sur le site de l'INRS
  6. Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles
  7. http://www.ffsa.fr/ffsa/jcms/p1_10991/comment-prevenir-les-mefaits-du-bruit?cc=pb_5234
  8. a et b Institut Français de l'Environnement,L'environnement en France, p.228
  9. La France Toxique, André Aschieri, Ed. La découverte, (ISBN 978-2707-13067-9)
  10. Source INRS
  11. Enquête SUMER 2003 utilisée dans le rapport 2007 du ministère de la santé: http://www.sante.gouv.fr/drees/santepop2007/objectifs/03-obj-16.pdf
  12. Voir Code civil Dalloz 2008, p. 731, jurisprudence 29.
  13. Dalloz, op. cit., p. 732, jurisprudence 34, décision de la troisième chambre civile de la Cour de Cassation du 24 octobre 1990.
  14. Dalloz, op. cit., p. 733, jurisprudence 36.
  15. Dalloz, op. cit., p. 733-734, jurisprudence 41 et suivantes.
  16. Voir par exemple à ce sujet les arrêtés municipaux de la ville de Strasbourg.
  17. Clément Janequin, Marie-Alexis Colin, professeure adjointe de musicologie à l'Université de Montréal, Centre d'études supérieures de la Renaissance Tours, http://www.culture.fr/sections/regions/aquitaine/articles/clement-janequin-1
  18. http://opus100.free.fr/fr/romantiques.html
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