Brian De Palma
Brian De Palma
Brian De Palma à la Mostra de Venise 2007
| Nom de naissance | Brian Russell DePalma |
|---|---|
| Naissance | 11 septembre 1940 Newark, New Jersey (États-Unis) |
| Nationalité | |
| Profession | Réalisateur Producteur Scénariste |
| Films notables | Phantom of the Paradise Carrie au bal du diable Pulsions Blow Out Scarface Les Incorruptibles L'Impasse Mission impossible Redacted |
Brian Russell De Palma est un cinéaste américain né le 11 septembre 1940 à Newark (New Jersey).
Sommaire |
Biographie
Fils d'un chirurgien d'origine italienne, il suit des études de physique avant de se consacrer au cinéma. Après quelques productions indépendantes, il connaît son premier grand succès en 1973 avec le thriller Sœurs de sang mais c'est avec Phantom of the Paradise, une adaptation rock du Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux, qu'il accède l'année suivante à la consécration. Après deux films fantastiques qui deviennent rapidement des classiques de l'horreur (Carrie au bal du diable et Furie ), il se tourne vers les thrillers psychologiques, dont le mélange de sexualité et de violence devient sa marque de fabrique (Obsession, Pulsions, Blow Out, Body Double).
À partir des années 1980, il renoue avec le film noir avec Scarface, Mafia Salad et Les Incorruptibles, et plus tard L'Impasse, Snake Eyes et Le Dahlia noir
Il réalise également quelques blockbusters moins personnels comme Mission impossible et Mission to Mars.
Il est actuellement en tournage à Berlin du film Passion, remake de Crime d'amour d'Alain Corneau.
Avant d'être le compagnon de la chanteuse Elli Medeiros, il fut marié de 1979 à 1983 à l'actrice Nancy Allen, qui a joué dans plusieurs de ses films (Carrie, Home Movies, Pulsions et Blow Out), à la scénariste et productrice Gale Anne Hurd (de 1991 à 1993) et à l'actrice Darnell Gregorio (de 1995 à 1997).
Style
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Il est considéré par beaucoup comme le digne héritier d'Alfred Hitchcock tant pour la qualité de ses œuvres, le suspense et sa maestria. On doit aussi noter une certaine ressemblance avec le style de Dario Argento, cinéaste italien qui popularisa le giallo, par ses plans-séquences complexes intimement liés à la musique.
Brian De Palma a su donner un nouveau souffle aux films de genre, particulièrement dans les domaines du suspense et du fantastique. Il n'hésite pas à afficher clairement ses influences, reprenant des thèmes voire des scènes de ses cinéastes préférés (Hitchcock principalement) en allant même jusqu'à les reproduire dans ses films : l'un des exemples les plus marquants est cette scène des Incorruptibles (The Untouchables, 1987) où l'on trouve une allusion à la scène des escaliers d'Odessa du Cuirassé Potemkine de Sergueï Eisenstein (1925).
Le cinéma de De Palma allie outrance et virtuosité, revendiquant un lyrisme exacerbé, dont les dernières œuvres demeurent toutefois inégales. Parmi ses plus grands films, citons Phantom of the Paradise (1974), variation sur le thème de Faust mêlant avec virtuosité comédie musicale, drame psychologique et fantastique. Carrie au bal du diable (1976), adaptation du Carrie de Stephen King, est un modèle du genre horrifique et pousse à son paroxysme l'utilisation du split screen, procédé filmique consistant à une séparation de l'écran pour proposer deux angles de vue différents dans un même espace. Pulsions (1980) rend hommage à Sueurs froides et à Psychose d'Hitchcock. On retrouve aussi dans sa filmographie le grand film Scarface, avec Al Pacino. Avec une particulière attention portée à la scène du meurtre de l'héroïne, sommet d'inventivité technique au service d'un voyeurisme morbide que l'on retrouvera dans Body Double (1984), transposition de Fenêtre sur cour dans le milieu décadent et corrompu du cinéma de genre hollywoodien des années 1980.
Ses dernières œuvres, souvent plus formelles et policées que les premières, demeurent néanmoins intéressantes ne serait-ce que pour la virtuosité de certaines séquences, à l'image de l'ouverture vertigineuse de Snake Eyes (1998) (un plan-séquence de 17 minutes – en réalité constitué de 3 coupes invisibles), ou de la scène du meurtre de l'agent glace dans Le Dahlia Noir (2006), film tranquille et nostalgique d'un maître à la retraite.
Dans la plupart des films de Brian De Palma, on retrouve une réalisation unique, un style bien personnel, des plans de caméra qui lui sont particuliers apparaissent systématiquement comme la caméra longeant un immeuble de haut en bas ou de bas en haut, un personnage mourant obligé de ramper (Sœurs de sang, Phantom of the Paradise, Les Incorruptibles, ...) un gros plan sur le personnage et en arrière-plan un signe, un décor ou un objet particulier pour mettre en valeur la scène, des musiques de fond qui collent toujours parfaitement à la scène, des plans de personnage uniques (John Travolta tenant dans ses bras Nancy Allen morte sous un feu d'artifice avec ce même air de piano que dans Blow Out, Al Pacino, alias Tony Montana, tenant en main son arme hystérique avant de mourir dans Scarface, ...).
De fait le cinéma de Brian de Palma est un cinéma du questionnement. Le cinéaste questionne à la fois le cinéma de ses illustres ancêtres en se demandant comment « ça » marche et pourquoi « ça » marche. Par exemple, dans L'Esprit de Caïn, on voit une poussette descendre par l'ascenseur et un bébé – en même temps – tomber dans le vide. C'est une allusion-clin d'œil au fim muet soviétique Le Cuirassé Potemkine et à la scène magnifique des Incorruptibles.
Au-delà de l'humour, cultivé et élitiste à peine tempéré par la cible « grand public » de son cinéma, Brian De Palma questionne aussi son propre cinéma qu'il retravaille à l'occasion. Son dernier film, Redacted, est le prolongement de son film de guerre Outrages (1989). C'est de style qu'il s'agit et de la volonté « totalitaire » de mettre un terme au cinéma, ce mensonge permanent.
Filmographie
En tant que réalisateur
- Longs métrages
- 1968 : Murder à la mod - également scénariste
- 1968 : Greetings - également scénariste
- 1968 : The Wedding Party, coréalisation avec Wilford Leach
- 1970 : Dionysus in '69, coréalisation avec Richard Schechner
- 1970 : Hi, Mom! - également scénariste
- 1972 : Attention au lapin (Get to Know Your Rabbit)
- 1973 : Sœurs de sang (Sisters) - également scénariste
- 1974 : Phantom of the Paradise - également scénariste
- 1976 : Obsession - également scénariste
- 1976 : Carrie au bal du diable (Carrie) - également producteur
- 1978 : Furie (The Fury)
- 1980 : Home Movies - également scénariste et producteur
- 1980 : Pulsions (Dressed to Kill) - également scénariste
- 1981 : Blow Out - également scénariste
- 1983 : Scarface
- 1984 : Body Double - également scénariste et producteur
- 1986 : Mafia Salad (Wise Guys)
- 1987 : Les Incorruptibles (The Untouchables)
- 1989 : Outrages (Casualties of War)
- 1990 : Le Bûcher des vanités (The Bonfire of the Vanities) - également scénariste et producteur
- 1992 : L'Esprit de Caïn (Raising Cain) - également scénariste
- 1993 : L'Impasse (Carlito's Way)
- 1996 : Mission impossible (Mission: Impossible)
- 1998 : Snake Eyes - également scénaristeet producteur
- 2000 : Mission to Mars
- 2002 : Femme fatale - également scénariste
- 2006 : Le Dahlia noir (The Black Dahlia)
- 2007 : Redacted - également scénariste
- 2013 : Passion - également scénariste
- Courts métrages
- 1960 : Icarus
- 1961 : 660124 : the story of an IBM card
- 1962 : Woton's wake
- 1964 : Jennifer
- 1964 : Mod (inachevé)
- 1965 : Bridge that gap
- 1966 : The Responsive Eye
- 1966 : Show me a strong town and I'll show you a strong bank
- 1984 : Dancing in the Dark de Bruce Springsteen (clip vidéo)
En tant que producteur
En tant qu'acteur
- 1968 : Greetings : l'homme qui fume face au bureau de l'armée (cameo)
- 1994 : Rotwang muss weg ! de Hans-Christoph Blumenberg : un célèbre réalisateur américain
- 1995 : Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain de Martin Scorsese : lui-même
- 2006 : Le Dahlia noir : le réalisateur lors des essais d'Elisabeth Short (voix VO)
Box-office
Les films réalisés par Brian de Palma ont totalisé 636 millions de dollars de recettes au box-office américain[1] et 16,3 millions d'entrées au box-office français [2].
| Film | Budget | |||
|---|---|---|---|---|
| Sœurs de sang | 500 000 $ [4] | 1 000 000 $ [4] | 34 674 entrées [2] | N/A |
| Phantom of the Paradise | 1 300 000 $ [5] | N/A | 1 114 958 entrées [2] | N/A |
| Obsession | 1 400 000 $ [6] | 4 468 000 $ [6] | 179 469 entrées [2] | N/A |
| Carrie au bal du diable | 1 800 000 $ [3] | 33 800 000 $ [1] | 1 290 685 entrées [2] | N/A |
| Furie | 5 500 000 $ [7] | 24 000 000 $[7] | 511 504 entrées [2] | N/A |
| Pulsions | 6 500 000 $ [1] | 31 899 000 $ [1] | 1 147 059 entrées [2] | N/A |
| Blow Out | 18 000 000 $ [3] | 13 747 234 $ [3] | 613 083 entrées [2] | N/A |
| Scarface | 25 000 000 $ [3] | 45 408 703 $ [1] | 770 544 entrées [2] | 65 884 703 $ [1] |
| Body Double | 10 000 000 $ [3] | 8 801 940 $ [1] | 426 622 entrées [2] | N/A |
| Mafia salad | 13 000 000 $[8] | 8 475 466 $[1] | N/A | N/A |
| Les Incorruptibles | 25 000 000 $ [3] | 76 270 454 $ [1] | 2 459 380 entrées [2] | 186 270 454 $ [9] |
| Outrages | 22 500 000 $ [10] | 18 671 317 $ [1] | 346 196 entrées[2] | N/A |
| Le bûcher des vanités | 47 000 000 $ [1] | 15 691 192 $ [1] | 239 029 entrées [2] | N/A |
| L'Esprit de Cain | 11 000 000 $ [3] | 21 370 057 $ [1] | 202 916 entrées [2] | N/A |
| L'Impasse | 30 000 000 $ [1] | 36 948 322 $ [1] | 274 966 entrées [2] | 63 848 322 $ [1] |
| Mission : Impossible | 80 000 000 $ [1] | 180 981 856 $ [1] | 4 120 262 entrées [2] | 457 696 359 $ [1] |
| Snake Eyes | 73 000 000 $ [1] | 55 591 409 $ [1] | 1 094 735 entrées [2] | 103 891 409 $ [1] |
| Mission to Mars | 100 000 000 $ [1] | 60 883 407 $ [1] | 645 666 entrées [2] | 110 983 407 $ [1] |
| Femme Fatale | 35 000 000 $ [3] | 6 630 252 $ [1] | 420 801 entrées [2] | 16 838 910 $ [1] |
| Le Dahlia noir | 50 000 000 $ [1] | 22 545 080 $ [1] | 409 697 entrées [2] | 49 332 692 $ [1] |
| Redacted | 5 000 000 $[3] | 65 388 $ [1] | 40 587 entrées [2] | 782 102 $ [1] |
Distinctions
Récompenses
- 1969 : Ours d'argent à la Berlinale pour Greetings[11]
- 1975 : Grand prix du jury au Festival international du film fantastique d'Avoriaz pour Phantom of the Paradise
- 1977 : Grand prix du jury au Festival international du film fantastique d'Avoriaz pour Carrie au bal du diable
- 1988 : Blue Ribbon Award du meilleur film en langue étrangère pour Les Incorruptibles
- 2007 : Lion d'argent du meilleur réalisateur à la 64e Mostra de Venise pour Redacted
- 2007 : Prix de la critique, décerné Syndicat français de la critique de cinéma, du meilleur DVD pour Phantom of the Paradise
- 2008 : Prix du jeune jury au Amnesty International Film Festival pour Redacted[12]
Acteurs récurrents
Au fil du temps, Brian De Palma s'est entouré de nombreux acteurs avec lesquels il a travaillé à plusieurs reprises.
| Acteur | Films | Rôles |
|---|---|---|
| Al Pacino |
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| Robert De Niro |
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| William Finley |
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| Kirk Douglas |
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| Nancy Allen |
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| John Travolta |
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| Sean Penn |
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| Dennis Franz |
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| Gregg Henry |
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| John Lithgow |
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| Ving Rhames |
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| John Leguizamo |
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| Kevin Dunn |
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| Melanie Griffith |
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| Gerrit Graham |
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| Peter Maloney |
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| Charles Durning |
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| Gary Sinise |
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| Luis Guzmán |
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| Keith Gordon |
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| Steven Bauer |
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Notes et références
- Box Office Mojo
- http://www.jpbox-office.com/fichacteur.php?id=42&affich=france
- http://www.the-numbers.com/people/directors/BDEPA.php
- http://www.imdb.com/title/tt0070698/business
- http://www.imdb.fr/title/tt0071994/business
- http://www.imdb.fr/title/tt0074991/business
- http://www.imdb.fr/title/tt0077588/business
- http://www.imdb.com/title/tt0092226/business
- http://www.jpbox-office.com/fichfilm.php?id=5945
- http://www.jpbox-office.com/fichfilm.php?id=5559
- http://www.berlinale.de/en/archiv/jahresarchive/1969/03_preistraeger_1969/03_Preistraeger_1969.html
- http://www.imdb.com/name/nm0000361/awards
Annexes
Bibliographie
En français
- Sur Brian De Palma
- Dominique Legrand, Brian De Palma, le rebelle manipulateur, éd. du Cerf, Paris, 1995, 247 p. (Collection 7e art ; 100). (ISBN 2-204-05148-9)
- Samuel Blumenfeld et Laurent Vachaud, Brian de Palma : entretiens, Calmann-Lévy, Paris, 2001, 212 p. (ISBN 2-7021-3061-5)
- Leonardo Gandini, Brian De Palma, coll. Grands cinéastes de notre temps, Gremese, Rome, 2002, 127 p. (ISBN 88-7301-493-3)
- Luc Lagier, Les Mille Yeux de Brian de Palma, Dark Star, Paris, 2003, 255 p. (ISBN 2-914680-06-6)
- Nouvelle éd. augmentée, Cahiers du cinéma, Paris, 2008, 197 p. (ISBN 978-2-86642-499-2)
- Sur les films de Brian De Palma
- Marvin Hubert Albert, Les Incorruptibles, Presses de la Cité, Paris, 1987, 208 p. (ISBN 2-258-02079-4)
- Brian De Palma et Campbell Black, Pulsions / trad. Herbert Draï, J'ai lu, Paris, 1989, 250 p. (J'ai lu Policier ; n° 1198). (ISBN 2-277-21198-2)
- Peter Barsocchini, Mission impossible / trad. Carole d'Yvoire, Pocket, Paris, 1996, 170 p. (ISBN 2-266-07058-4)
- David M. Jacobs, Snake Eyes : 14.000 témoins, personne n'a rien vu / trad. Michelle Charrier, Pocket, Paris, 1998, 190 p. (Pocket n° 10525) (ISBN 2-266-08526-3)
- Luc Lagier, Visions fantastiques : Mission impossible de Brian de Palma, Ciné-films n° 1, Dreamland, Paris, 1999, 128 p. (ISBN 2-910027-52-X)
- Brian De Palma, Femme fatale / trad. Stephen Levine, Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma n° 72, Paris, 2002, 173 p. (ISBN 2-86642-342-9)
- Luc Lagier, Scarface : Le Livre officiel du film, Dark star, Paris, 2004, 88 p. (ISBN 2-914680-08-2)
En anglais
- Brian de Palma's Interviews, University of Mississippi, 2003
Liens externes
- Brian De Palma sur l’Internet Movie Database - Version plus complète en anglais
- Brian De Palma, le virtuose du 7e art
- (en) De Palma à la Mod
- Brian De Palma sur AlloCiné