Araméen
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| Araméen ארמית Arāmît, ܐܪܡܝܐ Oromoyo, آرامية Ārāmiya |
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| Parlée en | États-Unis, Europe, Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Arménie, Azerbaïdjan, Iran, Irak, Israel, Palestine, Géorgie, Liban, Russie, Syrie, Turquie, Érythrée |
| Nombre de locuteurs | Plusieurs millions [1] |
| Classification par famille | |
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L’araméen, une des plus anciennes langues au monde et mieux connue comme la langue parlée par Jésus-Christ est contrairement aux croyances encore parlé aujourd’hui par plusieurs millions de locuteurs appartenant principalement au peuple araméen, également connu sous les termes syriaque, assyrien ou chaldéen, descendants des anciennes civilisations mésopotamiennes et mieux connus aujourd'hui comme minorités chrétiennes et peuple autochtone de Mésopotamie (minorités chrétiennes, juives du Moyen-Orient et groupes ethniques mandéens d’Asie occidentale[2]). L'araméen est aujourd'hui considéré comme en voie de disparition, en cause les conflits et persécutions qui ont poussés ses locuteurs, majoritairement chrétiens, à quitter leur région d'origine, la Mésopotamie du Nord[3].
Cette langue, très proche de l'hébreu, est un groupe de langues appartenant au groupe de langue chamito-sémitique, dont le nom[4] est basé sur le nom de l’ancienne région d’Aram[5], au centre de la Syrie. L’araméen appartient à la famille sémitique, et plus particulièrement, à une partie de la sous-famille sémitique du Nord-Ouest, qui comprend également les langues cananéennes telles que l’hébreu et le phénicien. Largement adoptée par les autres langues, l’écriture araméenne est l’ancêtre à la fois des alphabets hébreu et arabe moderne.
Au cours de ses trois millénaires d’histoire écrite[6], l’araméen a servi de langue administrative des empires ainsi que pour le culte divin. De la période du Second Temple (539 avant notre ère à 70 de notre ère), c’était la langue quotidienne d’Israël, certains spéculent qu’il était la langue parlée par Jésus[7],[8], c’est la langue de larges parties des livres de Daniel et d’Esdras et la langue principale du Talmud[9]. Toutefois, l’araméen juif différait des autres formes à la fois dans le lettrage et dans la grammaire. Des parties des manuscrits de la mer Morte sont en araméen juif avec le lettrage unique juif lié à la langue hébraïque.
Sommaire |
Importance historique de l'araméen
Au VIe siècle av. J.-C., l'araméen était la langue administrative de l'Empire perse. Du IIIe siècle av. J.-C. jusqu'à 650 apr. J.-C., c'était la principale langue écrite du Proche-Orient. Elle a donné son nom à l'alphabet araméen avec lequel elle était écrite. L'araméen pouvait servir de langue véhiculaire ou lingua franca[10].
Une des plus grandes collections de pièces en araméen achéménide, au nombre de 6000 lisibles (correspondant à environ 500 textes déchiffrés), est celle des tablettes des fortifications de Persépolis[11],[12].
L’araméen était la « langue de relation » de cette époque, la langue de l’éducation et du commerce parlée partout dans le monde. Au VIIIe siècle av. J.-C., on parlait couramment l’araméen de l’Égypte à l’Asie majeure, jusqu’au Pakistan, et c’était la principale langue des grands empires d’Assyrie, de Babylone et, plus tard, de l’empire chaldéen ainsi que du gouvernement impérial de la Mésopotamie. L’araméen s’est également répandu en Israël, supplantant l’hébreu comme langue la plus couramment parlée entre 721 et 500 avant J.-C. Une grande partie de la loi judaïque a été créée, débattue et transmise en araméen, et c’est aussi la langue à la base du Talmud.
Jésus aurait parlé et écrit ce qu’on désigne aujourd’hui comme l’araméen occidental, le dialecte des Juifs de cette époque. Après la mort du Christ, les premiers chrétiens ont rédigé certaines Écritures en araméen, relatant la vie de Jésus et propageant sa parole dans cette langue, dans de nombreux pays.
Langue historiquement employée pour exprimer des idées religieuses, l’araméen constitue un lien entre le judaïsme et la chrétienté. Le Professeur Franz Rosenthal a écrit, dans le Journal of Near Eastern Studies (traduction libre) : « À mon avis, l’histoire de l’araméen représente le triomphe, pur et simple, de l’esprit humain incarné dans la langue (qui est la forme la plus directe de l’expression de l’esprit)… [Cette langue] réussissait, avec force, à promulguer les questions spirituelles ».
Groupe
Les trois groupes dialectaux actuels sont :
- le néo-araméen occidental (syriaque occidental), parlé par quelques milliers de locuteurs de trois villages syriens de l'Anti-Liban (dont Maaloula), et probablement par certaines familles de la diaspora dans les villes syriennes et libanaises et en Amérique ;
- le néo-araméen oriental (néo-syriaque, syriaque vulgaire), qui compterait des centaines de milliers de locuteurs particulièrement dans le nord de l'Irak appelé « soureth », dans le Caucase et dans la diaspora (Europe, Amériques, Australie), membres de diverses églises chrétiennes orientales (voir Assyriens), Juifs targoumis (ou Juifs kurdes, voir Lishán didán et Judéo-araméen) ou Mandéens.
- le néo-araméen central parlé par quelques centaines de milliers de locuteurs des villages du Tur Abdin dialecte Turoyo et de sa diaspora[13]. Aussi, en Syrie dans la province d'Al-Hasaka et en diaspora particulièrement en Suède.
L'arabe, l'hébreu et le persan ont emprunté de nombreux mots à l'araméen.
Propagation
Les papyrus araméens d’Éléphantine, témoins de la vie d'une communauté juive en Égypte à l'époque achéménide, constituent un autre important corpus de textes.
Communauté juive
Le Livre de Daniel et le Livre d'Esdras sont écrits en partie en araméen.
Parmi les manuscrits de Qumran, une centaine est constituée de textes rédigés en araméen, notamment des traductions de la Bible (targoums)[14].
Le Targoum Onkelos, attribué traditionnellement à Onkelos le Prosélyte, est la traduction officielle de la Torah utilisée par la communauté juive. L'araméen était également la langue employée par les rabbins qui ont participé à l'écriture du Talmud de Babylone et du Talmud de Jerusalem, langue dans laquelle les deux Talmuds furent rédigés intégralement. Seule la Mishna est rédigée en hébreu. Ainsi un étudiant talmudique digne de ce nom a souvent de meilleures connaissances en araméen qu'en hébreu moderne.
Époque de Jésus
L'araméen était la langue usuelle en Palestine du temps de Jésus de Nazareth et le resta dans toute la région puisque Mani prêchait en araméen.
On estime que Jésus de Nazareth a prêché en araméen[15].
Une phrase attribuée à Jésus, « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » est rapportée par une transcription différente dans l'évangile selon Marc et l'évangile selon Matthieu.
Le texte de Westcott-Hort rend cette citation ainsi :
- Dans Matthieu 27:46 : « ελωι ελωι λεμα σαβαχθανι[16] » (« elôi, elôi, lema sabachthani »).
- Dans Marc 15:34 : « ελωι ελωι λαμα σαβαχθανι[17] » (« elôi, elôi, lama sabachthani »).
Le Codex Bezae, les versions du Stephanus New Testament (1550) et Scrivener New Testament (1894) donnent une autre version de Matthieu 27:46 : « ηλι ηλι λαμα σαβαχθανι [18] » (« êli, êli, lama sabachthani »). Cette transcription en grec du passage de Matthieu, ηλι, est plus proche de l'hébreu officiel de l'époque.
La TOB met en note sur les deux versets qu'il s'agit d'une citation en araméen de Psaumes 22:2 (en hébreu, אֵלִי אֵלִי לָמָה עֲזַבְתׇנִי ? Eli, Eli, lama azavtani) « mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ». La Bible de Jérusalem met en note sur le verset de Marc 15:34 : « Jésus a dû prononcer en araméen, Élahî, transcrit Élôï, peut-être sous l'influence de l'hébreu Élohim. » Ces deux traductions transcrivent Éli (Eli) pour Matthieu, et Élôï (Eloï) pour Marc.
RACHB"I
Le Zohar, livre ésotérique juif écrit en Israël dans la caverne de rabi Chim'one bar yo'haye près du village de Péki'in[19], est rédigé en araméen.
De nos jours
Traitement de texte
Le premier logiciel de traitement de texte en langue araméenne a été élaboré en 1986-1987 au Koweït par Sunil Sivanand, un jeune professionnel des technologies de l'information qui est maintenant directeur général et ingénieur en chef chez Acette, une société implantée à Dubaï. Le projet avait été parrainé par Daniel Benjamin, qui était à la tête d'un groupe de personnes qui s'efforcent de préserver et de faire revivre la langue araméenne.
Le peuple araméen
Depuis la seconde partie du XXe siècle, la majorité des Araméens vit en Occident (en Europe principalement). Il s'agit d'un des seuls peuples apatrides dans le monde.
Notes
- Ethnologue, languages of the world
- Heinrichs 1990: xi–xv; Beyer 1986: 53.
- (en) Eden Naby, « From Lingua Franca to Endangered Language », dans Assyrian International News Agency, 2004
- Cette langue a été connue sous plusieurs noms au cours des siècles. Selon l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, arts et des métiers, « la langue syriaque, appelée en divers tems langue chaldéenne ou babyloniene, araméene, assyriene, fut encore nommée hébraïque, non qu'on la confondît avec l'ancien hébreu, mais parce qu'elle étoit devenue la langue vulgaire des Juifs, depuis leur retour de la captivité de Babylone, & qu'elle l'étoit encore du tems de Jesus-Christ ».
- Oxford English dictionary, http://oed.com/viewdictionaryentry/Entry/10127
- Aramaic appears somewhere between 11th and 9th centuries BCE. Beyer (1986: 11) suggests that written Aramaic probably dates from the 11th century BCE, as it is established by the 10th century, to which he dates the oldest inscriptions of northern Syria. Heinrichs (1990: x) uses the less controversial date of 9th century, for which there is clear and widespread attestation.
- (en) The Eerdmans Bible Dictionary : Aramaic, Allen C. Myers, William B. Eerdmans, 1987 (ISBN 0-8028-2402-1), p. 72 « It is generally agreed that Aramaic was the common language of Israel in the first century AD. Jesus and his disciples spoke the Galilean dialect, which was distinguished from that of Jerusalem (Matt. 26:73). »
- http://markdroberts.com/htmfiles/resources/jesuslanguage.htm
- Beyer 1986: 38–43; Casey 1998: 83–6, 88, 89–93; Eerdmans 1975: 72.
- « Aramaic language » dans l'Encyclopædia Britannica, version en ligne consultable au 4 novembre 2009.
- John A. Matthew Stolper, What are the Persepolis Fortification Tablets?, The Oriental Studies News & Notes, hiver 2007, pp. 6-9, transcrit sur le site Persepolis Archive Project, consulté le 12 février 2007.
- Ces textes ont été édités par R. A. Bowman sous le titre : Aramaic Ritual Texts from Persepolis, Oriental Institute Publications, volume XCI, University of Chicago Press, 1970, (ISBN 978-0-226-62194-4)
- en:Turoyo language
- Ursula Schattner-Rieser, Textes araméens de la mer Morte. Édition bilingue, vocalisée et commentée, Safran, Bruxelles, 2005 (ISBN 978-2-87457-001-8) présentation de l'éditeur, consultée le 14 février 2007
- Black, M., An Aramaic Approach to the Gospels and Acts. 3rd Ed., Hendrickson Publishers, 1967. Burney, C. F., The Aramaic Origin of the Fourth Gospel, Oxford at the Clarendon Press, 1922. Casey, M., The Aramaic Sources of Marks' Gospel, Cambridge University Press, 1998. Casey, M., An Aramaic Approach to Q, Cambridge University Press, 2002. Zimmermann, F., The Aramaic Origin of the Four Gospels, Ktav Publishing House, 1979.
- Matthieu 27:46 sur BibleGateway.com
- Marc 15:34 sur BibleGateway.com
- Matthieu 27:46 d'après le Stephanus New Testament et le Scrivener New Testament sur BibleGateway.com
- Google.
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
- Ursula Schattner-Rieser, Textes araméens de la mer Morte. Édition bilingue, vocalisée et commentée, coll. Langues et cultures anciennes 5, éd. Safran, Bruxelles, 2005, (ISBN 978-2-87457-001-8)
Filmographie
- Robert Alaux, Les derniers Assyriens, Paris, 2003 (film documentaire de 52 minutes évoquant l'origine des langues araméennes et syriaque)
Liens externes