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Abraham

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Un ange empêchant le sacrifice d’Isaac. Abraham et Isaac, Rembrandt, 1634

Abraham (en hébreu : אַבְרָהָם /av.ra.'am/, en arabe : إبراهيم /ib.ra.'him/ « père d’une multitude »[1],[2]) est un personnage de la Genèse, le premier livre de la Bible. La littérature rabbinique contient aussi des histoires sur Abraham. Il correspond au personnage Ibrahim du Coran. Il est l'un des principaux patriarches du judaïsme et du christianisme. Il est présenté comme l'ancêtre des peuples hébreu et arabes.

De nombreuses études scientifiques établissent de multiples incohérences entre le récit biblique sur Abraham d'une part, et les données archéologiques et historiques d'autre part. Elles concluent que le récit biblique est légendaire[3]. En l'absence d'inscription, la question de l'existence d'un personnage réel derrière ces légendes reste sans réponse[4]. Quand l'épopée d'Abraham était considérée comme un fait historique, on la datait du XIXe siècle av. J.-C..

Selon la tradition, Abraham est enterré dans le Tombeau des Patriarches, à Hébron[5].

Sommaire

Récit biblique

Abram

Abraham, qui est d'abord nommé Abram (en hébreu : אַבְרָם, ābram, « père haut »), est un descendant de Sem, fils de Noé[6]. Il est fils de Terah et a deux frères, Nahor et Haran. Haran meurt en laissant un fils, Loth. Abram épouse sa demi-sœur Saraï, qui est stérile[7].

Un jour, Abram quitte Ur avec Terah, Saraï et Loth, son neveu[8]. Ils s'installent à Harran, où Terah meurt. À l’âge de 75 ans, sur ordre de Dieu, Abram quitte Harran avec Saraï, Loth, ses bergers et ses troupeaux[9], et va dans le pays de Canaan, à Sichem[10] puis au chêne de Mambré, où Dieu lui promet de donner ce pays à sa descendance. Abram y construit un autel, construit un autre autel entre Béthel et où il fait une invocation, puis atteint le Néguev d’où une famine le chasse vers l’Égypte.

Sur la route, Abram demande à Saraï de déclarer aux égyptiens qu'elle est sa sœur, car il pense être tué s'il se présente comme mari d'une si belle femme, tandis qu'avoir une belle sœur lui vaudra d'être bien traité. À leur arrivée, le Pharaon s'attribue Saraï pour femme, et Abram reçoit de nombreux cadeaux. Mais Dieu inflige de grands maux au Pharaon, qui après avoir reproché son mensonge à Abram, les congédie.

Abram passe par le Néguev pour refaire une invocation à l'autel qu'il avait construit entre Béthel et . Abram et Loth sont devenus si riches en troupeaux que le pays ne subvient plus à l'ensemble de leurs besoins. Une querelle éclate entre leurs bergers, et Abram recommande à Loth de se séparer de lui pour préserver leur fraternité. Loth s’installe à Sodome ; Dieu redit à Abram qu'il lui donne le pays de Canaan et l'incite à le parcourir, puis Abram s'établit au chêne de Mambré, près d'Hébron, et y construit un autel[11].

Un jour, Abram apprend la capture de Loth lors d'un sac de Sodome mené par Kedorlaomer, roi d'Élam et maître de cette ville qui se rebellait. Abram poursuit les ravisseurs avec 318 vassaux, les assaille de nuit à Dan, les bat et les poursuit jusque vers Damas, d'où il ramène Loth parmi d'autres prisonniers, et les biens confisqués lors du sac. À son retour, Abram est béni par Melchisédech, prêtre de Dieu et roi de Salem, et lui donne la dîme de tout ce qu'il a. Puis le roi de Sodome lui dit de conserver les biens récupérés, ce qu'il refuse personnellement, laissant les vassaux qui l'ont accompagné prendre leur part[12].

Après ces évènements, Dieu s'adresse à Abram par une vision et conclut avec lui une alliance. Abram se plaint de ne pas avoir d'enfant, et Dieu lui promet une pléiade de descendants. Lorsqu'Abram lui demande comment il saura que le pays de Canaan lui appartient, Dieu lui donne une liste d'animaux à lui procurer. Abram les coupe en deux, sauf les oiseaux, puis chasse des rapaces qui fondent sur les cadavres. Dieu ajoute alors que ses descendants seront pendant 400 ans esclaves d'un autre pays, dont ils sortiront avec de grands biens pour revenir dans le pays de Canaan qu'il leur a donné, et qui s'étend du Nil à l’Euphrate. À Abram, Dieu prédit une heureuse vieillesse[13].

Abraham recevant Agar - Wikipedia Orange

Abram accepte la proposition de Saraï qui, pour avoir un fils, lui donne sa servante égyptienne Agar comme femme. Tombée enceinte, Agar méprise Saraï, qui s'en plaint à Abram. Comme il répond qu'elle peut faire d'Agar ce qu'elle veut, elle la maltraite et provoque sa fuite. Après avoir vu un ange, Agar revient et donne naissance à Ismaël[14].

L'alliance d'Abraham

Treize ans après, Abram a 99 ans, Dieu apparaît et lui propose à nouveau une alliance. Il le nomme Abraham, car il lui promet de nombreux descendants[15] parmi lesquels des rois qui régneront sur le pays de Canaan. En échange, Abraham et ses descendants devront le reconnaître comme leur Dieu, et pratiquer la circoncision à l'âge de huit jours de tous leurs mâles, esclaves étrangers compris. Dieu change le nom de Saraï en Sarah et promet qu'elle enfantera dans un an Isaac, par lequel passera l'alliance, puis s'éloigne après avoir prédit d'Ismaël qu'il engendrera douze princes et une grande nation. Le jour même, Abraham circoncit tous ses mâles, dont lui-même, Ismaël et ses esclaves[16].

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Abraham recevant la visite de l’Éternel par Gustave Doré.

Dieu réapparaît pendant la visite de trois hommes passant près des chênes de Mambré, à qui Abraham offre l'hospitalité. Il réitère l'annonciation de la grossesse de Sarah, qui en rit à cause de son âge, ce que Dieu reproche à Abraham[17]. Puis les hommes partent pour Sodome et Gomorrhe.

Sodome et Gomorrhe

Dieu annonce qu'il va à Sodome et Gomorrhe pour juger ces villes, dont on s'est beaucoup plaint. Abraham le supplie de ne pas détruire Sodome s'il y trouve 50 justes. Dieu accepte, puis Abraham négocie jusqu'à obtenir que 10 justes sauvent la cité. Dieu s'éloigne, et Abraham rentre chez lui[18]. Le lendemain, Abraham voit de loin la fumée qui s'élève de Sodome anéantie, mais Dieu a épargné son neveu Loth[19].

Un jour, Abraham va dans la ville de Guérar, et présente Sarah comme sa sœur au roi Abimelech. Le roi enlève Sarah, mais avant qu'il la touche, Dieu lui apparaît en songe et le menace de mort s'il ne rend pas sa femme à Abraham. Le lendemain, Abraham déclare que Sarah est sa demi-sœur par son père, et qu'il pensait être tué à cause de sa femme dans cette ville impie. Abimelech rend Sarah, offre des présents au couple, puis Abraham intercède auprès de Dieu qui avait rendu stériles les compagnes d'Abimelech[20].

Naissance et sacrifice d'Isaac

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L’ange intervient pour stopper le sacrifice d’Isaac, peinture du Caravage

Isaac[21] naît, puis est circoncis à l'âge de huit jours. Alors qu'on fête le sevrage d'Isaac, Sarah demande à Abraham de chasser Ismaël, pour ne pas qu'Isaac ait à partager l'héritage avec Ismaël. Abraham en est contrarié, mais Dieu lui dit de toujours écouter Sarah car l'alliance passe par Isaac, et prédit qu'il fera une nation d'Ismaël. Alors Abraham chasse Agar et Ismaël[22].

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Abraham renvoyant Agar.

Un jour, Dieu dit à Abraham : « Prends ton fils unique ; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai ». Abraham obéit. Ce faisant, il reconnaît ainsi celui dont il tient l’enfant. Comme le jeune garçon, au verset 7, l’appelle avi, « mon père », et que lui répond béni, « mon fils », ils se sont aussi reconnus mutuellement. Au moment du rituel, Dieu intervient par l’intermédiaire d’un ange qui ordonne à Abraham d’épargner Isaac ; Dieu voulait mettre Abraham à l'épreuve[23].

Un bélier[24] est sacrifié à sa place[25]. La tradition juive place ce sacrifice interrompu sur le Mont Moriah, à l’emplacement actuel du Dôme du Rocher à Jérusalem. La tradition musulmane situe le sacrifice, non pas d’Isaac, mais d’Ismaël, dans le désert,

Dans la tradition juive, le sacrifice d’Abraham est plutôt désigné comme la « ligature » d’Isaac (akeda). Le souvenir de ce sacrifice est commémoré à chaque nouvelle année juive, lors de la fête de Rosh Hashana. Dans la tradition musulmane, le sacrifice d’Abraham est l’acte fondateur de l’abandon total de la créature à son créateur : le symbole de la confiance absolue en la volonté divine. Son souvenir est commémoré chaque année par la fête du sacrifice ou Aïd al-Adha où l’on sacrifie rituellement un bélier.

Rappelons que dans la tradition islamique, et bien que le Coran ne le désigne pas nommément et que son nom n'apparaisse pas dans la sourate 37, ce n’est pas Isaac mais Ismaël qui est concerné par cette tentative de sacrifice. Youakim Moubarac, auteur d’une étude sur le sujet, précise que c’est seulement à partir de Omar b. Abd-el Aziz qu’on en est venu à mettre Ismael en tête[26].
C’est une scène souvent représentée dans l’iconographie chrétienne (Rembrandt, Jean Goujon…)[27].

Sacrifice d'Isaac contesté par une partie des musulmans

At-Tabarî et Ibn Kathîr s'opposent sur le fait qu’Isaac ou Ismaël soit le fils conduit par Abraham au sacrifice[28]. Parmi les arguments avancés (entre autres) le Genèse 22.2 : « Dieu dit : Prends ton fils, ton unique », Isaac ne pourrait être fils unique d’Abraham puisqu'Ismaël - son demi-frère né d'une servante - est plus âgé que lui de quatorze ans selon la Bible[29]. Les questions portent simplement sur la définition qui aurait été donnée à l'époque de "fils" : naturel, ou bien légitime.

Sépulture de Sarah et mariage d'Isaac

Après la mort de Sarah (Ge 23), une négociation a lieu entre Abraham et les fils de Het (Hittites) à propos du champ et de la grotte de Hébron où sera enterrée Sarah. Éphron, fils de Het, veut les lui donner, Abraham veut les payer. Finalement, il paye[30]. Le prix payé par Abraham pour le champ et la grotte est de 400 sicles (שקל, shekel) d’argent « au cours du marchand »[31].

Abraham ordonne ensuite (Ge 24) à son serviteur (anonyme, mais que le Midrash assimile à Éliézer), d’aller en Mésopotamie (Aram) pour trouver une femme à Isaac. Éliézer choisit Rébecca, fille de Betouel, près d’un puits de Paddan Aram, pour sa beauté et sa générosité : elle abreuve non seulement les voyageurs, mais aussi leurs chameaux. Il rentre avec elle à Hébron.

Après avoir marié son fils, Abraham prend une nouvelle épouse (Ge 25. 1-10), Ketourah, de laquelle il a de nombreux fils : Zimran, Jokschan, Medan, Madian, Jischbak et Schuach. « Il fit des dons aux fils de ses concubines et, tandis qu’il vivait encore, il les envoya loin de son fils Isaac dans le pays d’Orient » (Ge 25. 6). Puis il meurt à l’âge de 175 ans « dans une vieillesse heureuse ». Il est enterré aux côtés de Sarah au tombeau des Patriarches : « Isaac et Ismaël, ses fils, l’enterrèrent dans la caverne de Macpéla, dans le champ d’Éphron, fils de Tsochar, le Héthien, vis-à-vis de Mamré. »

Abraham dans le Coran

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Sur une enluminure ottomane, Gabriel arrête le bras d’Abraham prêt à sacrifier son fils que la tradition islamique apparente à Ismaël.
Article détaillé : Ibrahim.

Abraham, connu comme Ibrahim par les musulmans est un des prophètes de l'islam les plus importants[32] ; il est appelé « Père » ou « Abouna » par les musulmans qui sont également ses descendants, à la fois en tant que prêcheur du monothéisme et en tant que père d’Ismaël. Le Coran revendique pour Ismaël fils d'Abraham et d'Agar, la "paternité" des Arabes déjà indiquée avant le Coran dans le livre des Jubilés alors qu’Isaac, fils légitime, reçoit celle des Juifs, Juda étant fils de Jacob, lui même fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham (Jacob engendre douze fils, pères des douze tribus d'Israël).

L’islam enseigne que le fils qu’Abraham offert à Dieu en sacrifice est Ismaël en argumentant que le texte de la Bible a été falsifié par les Juifs : elle nomme Isaac mais le présente comme le fils unique. Or Isaac a un frère aîné qui seul, avant qu’Isaac ne vienne au monde, a pu être le « fils unique » du patriarche[33].

Le Hajj (l’un des cinq piliers de l’islam) suit les traces d’Ibrahim, Agar et Ismaël alors qu’ils erraient dans le désert jusqu’à La Mecque.

Sur le point de mourir de soif dans le désert Agar ("Hajar" chez les Musulmans) et son fils sont sauvés par l’intervention divine par une source que les musulmans situent près de la Kaaba et nomment Zamzam.

L’Aïd al-Adha, l'une des deux fêtes principales de l’islam avec Aïd el-Fitr, termine le Hajj et commémore le sacrifice d’Ismaël qu’Abraham voulait faire en signe d’obéissance et de soumission à la volonté de Dieu. Les musulmans sacrifient, dans la mesure de leurs moyens, un mouton, une brebis, une chèvre, une vache ou un chameau pour rappeler le sacrifice d’Abraham et en partagent la viande en famille et, en signe de charité se doivent de donner une partie du mouton aux plus démunis.

Thèses sur la signification du sacrifice demandé

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Laurent de La Hire, Abraham sacrifiant Isaac (1650), Musée des Beaux-Arts d’Orléans.

En obéissant à l’ordre divin, et comme dit plus haut, Abraham "reconnaît ainsi Celui dont il tient l’enfant. Comme le jeune garçon, au verset 7, l’appelle aby, « mon père », et que lui répond bény, « mon fils », ils se sont aussi reconnus mutuellement."

Mais plutôt que cette triple reconnaissance, les enseignements religieux voient dans cet épisode un acte de foi, de confiance totale en Dieu. Le sacrifice demandé à Abraham est ainsi rapproché de deux autres épisodes :

  • La loi juive qui demande que tout premier né soit consacré à Dieu, les hommes sont rachetés ainsi que les animaux impurs, les animaux purs sont sacrifiés (Nombres 18 versets 15 à 17). Dans ce cadre, le sacrifice d’Isaac est l’application de cette loi qui sera ensuite formalisée par Moïse.
  • La mort de Jésus sur la croix : Abraham était prêt à sacrifier son fils Isaac pour Dieu, Isaac se soumettant à son père ; Dieu a de même sacrifié son fils unique Jésus pour sauver les hommes, Jésus s’est soumis à la volonté de Dieu (Philippiens 2:8). Cet acte serait donc une image du futur sacrifice de Jésus.

On a aussi avancé que le sacrifice d’Abraham signifierait la fin des sacrifices humains, pratique qui aurait perduré chez d’autres peuples sémitiques. Les Phéniciens (carthaginois en particulier) continuèrent à sacrifier les premiers nés mâles en gage de fécondité dans les sanctuaires de Tanit et de Baal Hamon. Les lieux où se pratiquaient ces sacrifices sont appelés « tophets ». Ce rite se serait prolongé jusqu’au IIe siècle av. J.-C. d’après les fouilles effectuées en Sardaigne, en Sicile et à Carthage. Dans cette perspective, Abraham aurait accompli un rite ethnique cohérent avec la promesse d’une nombreuse descendance.

D’autres récits relatent de la pratique des sacrifices humains ; le plus remarquable est l’histoire de Tantale : confronté à la même situation qu’Abraham, il réagit en refusant le sacrifice et en truquant le rite. Le résultat de cette révolte contre (les) dieu(x) n’apparaît pas convaincant puisque, si on en croit la mythologie, Tantale sera durement châtié et les sacrifices humains perdureront dans sa lignée et plus généralement chez les Grecs : Iphigénie devra être sacrifiée par Agamemnon par exemple.

De façon plus générale, le geste d'Abraham, bien qu'il ne soit resté qu'intentionnel, constitue historiquement un des premiers exemples de soumission à l'autorité et prend à ce titre valeur d'archétype.

Abraham dans la tradition juive

La brit milah, circoncision au huitième jour, est une cérémonie qui perpétue la seconde alliance que Dieu a conclu avec Abraham et sa descendance.

Le miniane, le quorum nécessaire à toute cérémonie juive, est de dix membres, ce qui rappelle le même nombre de 10 personnes intègres qui aurait permis à Sodome et Gomorrhe de ne pas être détruites.

Abraham dans la tradition chrétienne

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Abraham se prosterne devant les trois Anges (mosaïque de la cathédrale de Monreale, XIIe siècle)

Abraham (en grec: Ἀβϱαάμ ; en latin: Abraham) est considéré comme un patriarche de l'Ancien Testament, prototype au plus haut degré de la piété de l'Ancien, comme du Nouveau Testament. Selon Jean Chrysostome, Abraham est le protecteur et le maître de son peuple entouré de païens[34]. Augustin d'Hippone, quant à lui, écrit dans La Cité de Dieu que la promesse de Dieu faite à Abraham de multiplier sa descendance et sa bénédiction[35] s'étend à chaque homme sur lequel descend la bénédiction divine[36]. Lorsque Abraham est béni après qu'on eut apporté le vin et le pain au grand prêtre Melchisédech, les chrétiens à la suite des Pères de l'Église y voient une préfiguration de l'Eucharistie. La prosternation d'Abraham à Mambré devant les trois Anges est un épisode particulièrement médité par les Églises d'Orient, orthodoxes ou non[37]. Grégoire de Nysse dans son Sur la divinité du Fils et de l'Esprit et la louange d'Abraham le Juste considère que l'ange au moment du sacrifice d'Isaac est une manifestation de la Trinité. Traditionnellement le sacrifice d'Isaac est reçu par le christianisme primitif comme une annonce du sacrifice de Jésus. Jean Chrysostome fait l'éloge du courage d'Abraham[38].

L'Église d'Orient fête deux fois la mémoire d'Abraham: le 9 octobre selon le calendrier julien avec son neveu Loth, et le deuxième dimanche avant Noël.

Travail des historiens

La question de l’historicité ou non du personnage biblique Abraham a fait l’objet d’un travail scientifique considérable par les archéologues. L’existence d’archives extraordinairement abondantes (tablettes d’argile) a permis de conclure que le nom « Abraham » se retrouve à différentes époques et en différents lieux de Mésopotamie, sans qu’aucune utilisation particulière à Ur puisse être notée[39]. De plus, les migrations en Mésopotamie sont désormais assez bien connues et aucune ne correspond[40] au trajet du récit biblique, depuis Ur jusqu’en Palestine. Les archéologues constatent également que la géographie de la Palestine à l'époque supposée d'Abraham ne correspond pas au récit biblique (la ville de Beer Sheva n'existait par exemple pas au XIXe siècle av. J.-C.). La conclusion des études scientifiques[3] est la non-historicité d’Abraham, personnage biblique, donc, et non pas personnage historique[41],[42].

Notes et références

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Abraham et les trois anges, préfiguration selon les chrétiens de la Trinité
  1. Pierre Norma, Dictionnaire encyclopédique de la Bible, Maxi-Livres, La Flèche, 2001, (ISBN 978-2-7434-6267-3), p. 10.
  2. « According to the biblical account, Abram (“The Father [or God] Is Exalted”), who is later named Abraham (“The Father of Many Nations”), a native of Ur in Mesopotamia, is called by God (Yahweh) to leave his own country and people and journey to an undesignated land, where he will become the founder of a new nation. », André Parrot, article « Abraham » dans l'Encyclopædia Britannica, version en ligne consultable au 28/11/2009.
  3. a et b Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l’archéologie, Bayard, 11 avril 2002), 431 p. (ISBN 978-2-227-13951-0), p. 47-50 et p. 361-367 
  4. "Un mystère rassembleur", entretien avec Israel Finkenstein pour le Monde des religions
  5. Ge 23. 16-18 ; Ge 25. 9-10
  6. Gn XI,10-29
  7. Gn XI,29-30
  8. Genèse XI,31
  9. Genèse XII,5
  10. Genèse XII,6
  11. Gn XIII
  12. Gn XIV
  13. Gn XV,1-19
  14. Gn XVI
  15. en hébreu, « foule » se dit hamon, et ham est la fin du mot Abraham et le début du mot hamon
  16. Gn XVII
  17. Gn XVIII,1-15
  18. Gn XVIII,16-33
  19. Gn XIX,27-29
  20. Gn XX
  21. Le nom d'Isaac (en hébreu « rire, joie ») est lié à toutes les sortes de rires que provoque l’annonce de l’enfant : joie, émerveillement, mais aussi étonnement, incrédulité de Sarah qui est ménopausée et ne couche plus avec son mari.
  22. Gn XXI
  23. Gn XXII
  24. Thomas Römer, Dieu obscur : Cruauté, sexe et violence dans l'Ancien Testament, éd. Labor et Fides, p. 60, extrait en ligne
  25. Dictionnaire encyclopédique du judaïsme [détail des éditions], 1996, p. 83
  26. Y. Moubarac, attaché de recherches au CNRS, Abraham dans le Coran, Librairie philosophique J. Vrin, p. 87, Paris 1958.
  27. Le dossier pédagogique de la BNF
  28. Qui est le fils de Abraham qui faillit être sacrifié : Isaac ou Ismaël ?
  29. Genèse 16,16 : Abram était âgé de 86 ans, lorsque Agar lui enfanta Ismaël - 21, 5 : Abraham était âgé de 100 ans lorsque Isaac son fils vint au monde
  30. Eber, ŒBR עבר (de ŒBR עובר, ‘Over, passer) est l’ancêtre d’Abram l’Hébreu, ABRM HŒBRY אברם העברי, Avram ha’Ivry.
  31. ŒBR, over, littéralement « passant » chez le marchand) De même que l’hébreu, la langue, « passe » de l’un à l’autre, l’argent « passe » de main en main.
  32. Comment Abraham aurait-il pu être un "musulman", alors que le Coran n'était pas encore révélé à son époque ?
  33. Lire à ce sujet : Le sacrifice d’Isaac, ou d’Ismaël ?.
  34. Jean Chrysostome, Commentaire du livre de la Genèse
  35. Genèse 12, 1-3
  36. Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVI, 15
  37. L'Église y voit une annonce du mystère de la Sainte Trinité
  38. Entretien 48 dans le commentaire sur la Genèse
  39. Cf. article « Chaldée »
  40. Dominique Charpin dans La Bible dévoilée (épisode 1 Les Patriarches), coffret 2 DVD, Thierry Ragobert, Éditions montparnasse (22 février 2006). (ASIN B000EBFVNG)
  41. 1800 avant J.-C. : Abraham inaugure l’Histoire des Hébreux
  42. Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Flammarion, coll. « Champs essais », 2010 (ISBN 978-2-08-122882-5) 

Annexes

Bibliographie

Historiens et chercheurs

  • (de) Thomas Römer
    • Israels Väter. Untersuchungen zur Väterthematik im Deuteronomium und in der deuteronomistischen Tradition (OBO 99), éd. Academic Press/Vandenhoeck & Ruprecht, Fribourg/Göttingen, 1990
    • Qui est Abraham ? Les différentes figures du patriarche dans la Bible hébraïque, iAbraham. Nouvelle jeunesse d'un ancêtre, coll.Essais bibliques n°28, éd. Labor et Fides, 1997, pp. 13 à 33

Essais

Vidéographie

Liens vers le récit biblique

Livre de la Genèse

  • Généalogie, Ur, Harran Ge 11. 26-32
  • Canaan, Égypte Ge 12
  • Séparation d’avec Loth Ge 13
  • Défaite des rois de Sodome et Gomorrhe, victoire d’Abram, Melchisédek Ge 14
  • alliance avec l’Éternel Ge 15
  • Naissance d’Ismaël, fils d’Abram et d’Agar Ge 16
  • Renouvellement de l’alliance, Abram devient Abraham, Saraï devient Sarah, circoncision des mâles Ge 17
  • Chênes de Mamré, annonce de la naissance d’Isaac, annonce de la destruction de Sodome et Gomorrhe Ge 18
  • Sodome, sauvetage de Loth, statue de sel, Inceste de Loth et de ses filles Ge 19
  • Abimélec roi de Guérar, Abraham fait à nouveau passer Sarah pour sa sœur Ge 20
  • Naissance d’Isaac, conflit de Sarah avec Agar et Ismaël, promesses de Dieu envers Ismaël Ge 21
  • Sacrifice d’Isaac, renouvellement de l’alliance Ge 22
  • Mort et sépulture de Sarah Ge 23
  • Mariage d’Isaac et de Rebecca Ge 24
  • Fin de la vie d’Abraham, Ketourah Ge 25. 1-10
  • le Temps des Patriarches (1948 / 2255 : Les "Chlochach Avoth" ou les Trois Patriarches : Avraham, Isaac, Jacob )

Liens vers les parachiot

Articles connexes

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Enfant de :
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Abraham (XIXe siècle av. J.-C. selon la Bible)*
épouse Sarah
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Parent de :
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