Éthanol
| Éthanol | |||
|---|---|---|---|
Molécule d'éthanol |
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| Général | |||
| Nom IUPAC | Éthanol | ||
| Synonymes | alcool éthylique EtOH |
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| No CAS | |||
| No EINECS | |||
| Code ATC | D01, D08, V03, V03 | ||
| DrugBank | |||
| PubChem | |||
| ChEBI | |||
| No E | E1510 | ||
| FEMA | |||
| SMILES |
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| InChI |
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| Apparence | liquide incolore, d'odeur caractéristique[1]. | ||
| Propriétés chimiques | |||
| Formule brute | C2H6O [Isomères] |
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| Masse molaire[4] | 46,0684 ± 0,0023 g·mol−1 C 52,14 %, H 13,13 %, O 34,73 %, |
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| Moment dipolaire | 1,66 D [2] | ||
| Diamètre moléculaire | 0,469 nm [3] | ||
| Propriétés physiques | |||
| T° fusion | -117 °C[1] | ||
| T° ébullition | 79 °C[1] | ||
| Solubilité | dans l'eau : miscible[1], Complète dans les solvants polaires et apolaires (acétone, éther diéthylique) |
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| Masse volumique | 0,789 [5]
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| T° d'auto-inflammation | 423 à 425 °C; 363 °C (selon les sources)[5] |
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| Point d’éclair | coupelle fermée : 13 °C pur 17 °C 95 %vol. 21 °C 70 %vol. 49 °C 10 %vol. 62 °C 5 %vol[5]. |
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| Limites d’explosivité dans l’air | Inférieure : 3,3 %vol [1] Supérieure : 19 %vol [1] |
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| Pression de vapeur saturante | à 20 °C : 5,8 kPa[1]
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| Viscosité dynamique | 1,20×10-3 Pa·s à 20 °C | ||
| Point critique | 240,85 °C, 6,14 MPa, 0,168 l·mol-1[7] | ||
| Vitesse du son | 1 162 m·s-1 à 20 °C [8] | ||
| Thermochimie | |||
| S0liquide, 1 bar | 159,86 J·mol-1·K[9] | ||
| ΔfH0gaz | -235,3 kJ·mol-1 | ||
| ΔfH0liquide | -77,0 kJ·mol-1[10] | ||
| Cp | 111 J·K-1·mol-1
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| Propriétés électroniques | |||
| 1re énergie d'ionisation | 10,43 ± 0,05 eV (gaz)[12] | ||
| Cristallographie | |||
| Classe cristalline ou groupe d’espace | Pc [13] | ||
| Paramètres de maille | a = 5,377 Å b = 6,882 Å |
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| Volume | 298,57 Å3 [13] | ||
| Propriétés optiques | |||
| Indice de réfraction | 1,3594[3]. |
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| Précautions | |||
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| Phrases R : 11, | |||
| Phrases S : 2, 7, 16, | |||
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Danger |
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| Groupe 1 : Cancérogène pour l'homme[14] | |||
| Inhalation | ébriété, nausée, vomissements | ||
| Peau | aucun effet | ||
| Yeux | dangereux | ||
| Ingestion | ébriété, nausée, vomissements, coma éthylique (pouvant entraîner la mort) | ||
| Écotoxicologie | |||
| DL50 | 5 à 20 g·kg-1[5] | ||
| CL50 | 20 000 à 30 000 ppm pendant 4 à 6 heures[5] | ||
| LogP | -0,32[1] | ||
| Seuil de l’odorat | bas : 49 ppm haut : 716 ppm[18] |
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| Données pharmacocinétiques | |||
| Métabolisme | au niveau du foie en aldéhyde acétique puis acide acétique, à ~100 mg·kg-1 par heure[5] | ||
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L’éthanol, ou alcool éthylique, est un liquide incolore, volatil, inflammable et miscible à l'eau en toutes proportions. C'est un psychotrope et l'une des plus anciennes drogues récréatives. Couramment appelé « alcool », car retrouvé dans toutes les boissons alcoolisées et dans les boissons spiritueuses, il est aussi utilisé dans les thermomètres, comme solvant et comme carburant.
Sommaire |
Formule
L'éthanol est un alcool primaire à deux carbones de formule brute C2H6O et de formule semi-développée CH3CH2OH ou CH3-CH2-OH, indiquant que le carbone du groupe méthyle (CH3-) est attaché au groupement méthylène (-CH2-) lui même attaché au groupement hydroxyle (-OH). C'est un isomère de constitution de l'éther méthylique[19]. L’éthanol est usuellement désigné par l’abréviation EtOH, le groupement éthyle (C2H5-) étant communément abrégé Et en chimie organique.
Nom
Éthanol est le nom systématique défini par la nomenclature des composés organiques pour une molécule avec deux atomes de carbone (préfixe éth-) ayant une liaison simple entre eux (suffixe -ane) et attaché à un groupe hydroxyle (suffixe -ol).
Histoire
La fermentation des sucres en éthanol est l'une des plus ancienne biotechnologie employée par l'homme et a été utilisée depuis la Préhistoire pour obtenir des boissons alcoolisées. Des analyses chimiques de composés organiques absorbés dans des jarres datant du Néolithique trouvées dans un village de la province du Henan en Chine, ont révélé que des mélanges de boissons fermentées composés de riz, de miel et de fruits étaient produits dès le VIIe millénaire av. J.-C.[20].
Bien que la distillation soit une technique bien connue dès le début de la Grèce antique, les premières traces écrites de production d'alcool à partir du vin ne remontent qu'au XIIe siècle avec les travaux des alchimistes de l'école de médecine de Salerne[21]. La première mention de la distinction entre alcool absolu et mélanges eau-alcool est rapportée elle au XIIIe siècle par Raymond Lulle[21].
En 1796, Johann Tobias Lowitz obtient de l'éthanol pur en filtrant sur du charbon actif de l'éthanol distillé. Antoine Lavoisier détermine que l'éthanol est composé de carbone, d'oxygène et d'hydrogène, et en 1808, Nicolas Théodore de Saussure détermine sa formule brute[22]. En 1858, Archibald Scott Couper publie la structure chimique de l'éthanol, qui est l'une des premières structures déterminées[23].
L'éthanol est pour la première fois préparé de façon synthétique en 1826 par les travaux indépendants de Georges Serullas en France et de Henry Hennel au Royaume-Uni[24]. En 1828, Michael Faraday synthétise de l'éthanol par l'hydratation en catalyse acide de l'éthylène, une synthèse similaire au procédé industriel utilisé de nos jours.
L'éthanol a aussi été utilisé comme combustible dans les lampes, et comme carburant pour les automobiles jusque dans les années 1930. Par exemple, la Ford T pouvait fonctionner jusqu'en 1908 avec de l'éthanol pur[25],[26].
Propriétés physico-chimiques
L'éthanol est un liquide volatil, incolore et qui a une légère odeur. Sa combustion est sans fumée et donne une flamme bleutée. Les propriétés physico-chimiques de l'éthanol proviennent principalement de la présence du groupement hydroxyle et de la courte chaîne carbonée. Le groupement hydroxyle peut former des liaisons hydrogène, rendant l'éthanol plus visqueux et moins volatil que des solvants organiques de masses moléculaires équivalentes. L'indice de réfraction de l'éthanol est légèrement plus élevé que l'eau (1,3594 à 25,0 °C[3]). Le point triple de l'éthanol est observé à -123,15 °C pour une pression de 4,3×10-4 Pa.
Propriétés comme solvant
L'éthanol est miscible avec de nombreux solvants organiques, comme les solvants chlorés (tétrachlorure de carbone, chloroforme, trichloroéthane, tétrachloroéthylène), les hydrocarbures aliphatiques (pentane, hexane), les solvants aromatiques (benzène, toluène, pyridine), l'acide acétique, l'acétone, l'éther diéthylique, l'éthylène glycol ou encore le nitrométhane[27]. Néanmoins la miscibilité de l'éthanol avec les hydrocarbures aliphatiques tend à diminuer avec l'augmentation de la longueur de la chaîne carbonée de l'alcane et la diminution de la température, la limite de miscibilité étant par exemple de 13 °C pour le dodécane[28].
Du fait de la nature polaire du groupement hydroxyle, l'éthanol peut aussi dissoudre des composés ioniques, comme les hydroxydes de sodium et de potassium, les chlorures de magnésium, de calcium et d'ammonium ou encore les bromures d'ammonium et de sodium[27]. Les chlorures de sodium et de potassium ne sont eux que légèrement solubles dans l'éthanol[27].
La partie apolaire de l'éthanol lui permet de dissoudre des substances hydrophobes, et notamment des huiles essentielles et de nombreux composés odorants, colorants et médicinaux[27].
L'éthanol peut être utilisé comme solvant dans de nombreuses réactions chimiques lors de synthèses, comme dans les substitutions nucléophiles SN1, lors des hydrogénations catalytiques, lors des réactions d'aldolisation, lors des réactions de Wittig, lors des réactions de Diels-Alder ou lors de réactions de diazotation[29].
Miscibilité avec l'eau
Les mélanges eau-éthanol occupent un volume inférieur à la somme des volumes des deux composants pris individuellement. Le mélange d'un volume d'eau et d'un volume d'éthanol donne par exemple un volume équivalent de 1,92[30]. La réaction de mélange de l'eau et de l'éthanol est exothermique, et à 24,85 °C jusqu'à 777 J·mol-1 peuvent être libérées[31] Le caractère polaire de l'éthanol le rend hygroscopique, à tel point que pur il absorbe l'humidité de l'air.
Un azéotrope se forme avec l'eau à 89,47 mole-% d'éthanol et 10,53 mole-% d'eau à pression atmosphérique. Le point d'ébullition de l'éthanol est de 78,4 °C et de 100 °C pour l'eau, mais l'azéotrope bout lui à 78,2 °C, ce qui est inférieur aux points d’ébullition de chacun des constituants[32]. Les proportions du mélange azéotropique varient en fonction de la température et de la pression[33].
| Pression | Point débullition | Fraction molaire d'éthanol |
|---|---|---|
| 0,1 MPa | 78,35 °C | 0,894 |
| 0,344 MPa | 112,6 °C | 0,882 |
| 0,689 MPa | 135,7 °C | 0,874 |
| 1,378 MPa | 164,2 °C | 0,862 |
| 2,068 MPa | 182,6 °C | 0,852 |
L'ajout de quelques pour cent d'éthanol dans l'eau diminue de façon drastique la tension superficielle de l'eau. Cette propriété permet d'expliquer le phénomène des larmes de vin. Lorsque l'on fait tournoyer le vin dans un verre, l'éthanol s'évapore plus rapidement dans le film mince le long des parois du verre. La proportion d'éthanol diminue, donc la tension de surface augmente et le film se transforme en gouttelettes. Ce phénomène est appelé effet Marangoni, et a été décrit et expliqué en 1855 par James Thomson[34].
Le titre alcoométrique volumique, aussi appelé degré alcoolique, est le rapport entre le volume d'alcool contenu dans le mélange et le volume total de ce mélange à 20 °C. On l'utilise pour déterminer la proportion d'alcool, c'est-à-dire d'éthanol, dans une boisson alcoolisée. L'unité utilisée pour exprimer le titre est le pourcentage volumique (% vol) ou degré (noté °).
Les mélanges eau-éthanol contenant plus de 50 % d'éthanol sont inflammables à température ambiante, mais en chauffant un mélange contenant moins de 50 % d'éthanol peut s'enflammer. La technique de flambage en cuisine fait appel à cette propriété. L'alcool ajouté dans une poêle chaude se consume en flammes et donne une réaction complexe. La température de l'alcool qui brûle peut alors dépasser les 240 °C et conduit à la caramélisation des sucres présents.
Qualités de l'éthanol
Différentes qualités d'éthanol sont disponibles pour différents emplois :
- l'alcool dénaturé est généralement de l'éthanol auquel est ajouté un dénaturant pour rendre le mélange impropre à la consommation alimentaire. Les dénaturants utilisés peuvent être le méthanol, le diéthylphtalate, le thiophène, le diéthyléther ou encore des condensats de gaz naturels. Il est utilisé pour l'entretien ménager, le nettoyage, la désinfection et dans les réchauds à alcool.
- l'alcool à brûler est un mélange composé d'éthanol et de méthanol. L'alcool à brûler est hautement toxique du fait de la présence de méthanol (en général 5 à 10 %). Il est utilisé pour nettoyer les vitres et les surfaces plastiques.
- l'alcool rectifié est un distillat titrant de 70 à 96 % d'éthanol grâce au procédé de distillation fractionnée. La concentration maximale qui puisse être obtenue par distillation d'alcool brut est de 96 % du fait de la formation d'un azéotrope eau-éthanol. Il est utilisé pour la réalisation de liqueurs ou de vodka, mais également pour l'entretien ménager, le nettoyage, ou la désinfection.
- l'alcool absolu est de l'éthanol pur, contenant un maximum d'eau allant d'un pour cent à quelques ppm. Il est employé comme solvant pour des applications dans les laboratoires et dans l'industrie, et comme combustible.
Production
L'éthanol peut être produit industriellement à partir de la pétrochimie, ou par hydratation de l'éthylène, et par fermentation alcoolique de levures[35]. Le procédé le plus économique dépend principalement du marché pétrolier.
Hydratation de l'éthylène
Catalyse directe
Ce procédé développé dans les années 1970 a complètement supplanté les autres méthodes de production. L'éthanol ainsi produit est utilisé par l'industrie comme matière première ou comme solvant. Il est produit par grâce à la pétrochimie, en utilisant l'hydratation par catalyse acide de l'éthylène, suivant la réaction :
Le catalyseur le plus communément utilisé est l'acide phosphorique, adsorbé sur un support poreux comme un gel de silice ou de la célite[30]. Une augmentation de la température aide à déplacer l'équilibre vers la production d'éthanol, suivant le principe de le Chatelier, et il est donc nécessaire d'utiliser le catalyseur à des hautes températures (250 à 300 °C) sous haute pression de vapeur d'eau pour approcher l'équilibre rapidement. Le produit final est un mélange eau-éthanol contenant entre 10 % et 25 % d'éthanol en masse.
Catalyse indirecte
Un procédé plus ancien, mais aujourd'hui obsolète, est développé dans les années 1930 par Union Carbide, et sera utilisé durant une grande partie du XXe siècle[30]. L'éthylène est estérifié par l'acide sulfurique pour produire du sulfate d'éthyle, qui est ensuite hydrolysé pour donner de l'éthanol et de l'acide sulfurique, qui sert donc de catalyseur lors de cette réaction :
H2C=CH2 + H2SO4 → CH3CH2SO4H
CH3CH2SO4H + H2O → CH3CH2OH + H2SO4
Ce procédé consomme de grandes quantités d'acide sulfurique et nécessite en entrée un mélange gazeux de bonne qualité.
Fermentation
Dans ce cas, on parle de bioéthanol. La majorité du bioéthanol produit aujourd'hui provient du traitement des plantes sucrières (betterave, canne à sucre, …) ou des céréales (maïs, blé, …). La production de bioéthanol à partir de la biomasse se divise sommairement en trois étapes.
- L'hydrolyse de la céréale : contrairement aux plantes sucrières qui donnent du sucre directement, il est nécessaire d'hydrolyser l'amidon (polymère du glucose) contenu dans les céréales afin d'obtenir du glucose. Cette hydrolyse peut se faire par des enzymes (hydrolyse enzymatique) ou par de l'acide (hydrolyse acide, nécessite que le mélange soit porté à ébullition).
- La fermentation du glucose : on utilise pour cette étape des levures que l'on insère dans un mélange de sucre et d'eau. La durée de fermentation varie mais tourne aux alentours de quelques semaines. À l'issue de cette étape on obtient un éthanol très dilué, inutilisable pour l'instant.
- La distillation : pour extraire l'éthanol du mélange d'éthanol et d'eau on peut procéder à une distillation fractionnée. Cette distillation s'appuie sur la température d'ébullition de l'éthanol, inférieure à celle de l'eau. Le mélange appelé parfois alcoolat est porté à ébullition, et l'éthanol s'évapore avant que l'eau ne commence à bouillir. En pratique, une certaine proportion d'eau et de produits plus volatils que l'éthanol entrent dans le liquide obtenu après la première distillation qu'on appelle parfois flegme, la flegmasse étant le résidu de cette distillation. D'autre part, de multiples distillations ne permettent pas d'obtenir un éthanol à plus de 96 % car il forme avec l'eau un azéotrope (96 %, PE:78,17 °C[36]). Pour obtenir de l'éthanol plus pur, il faut déshydrater l'azéotrope, par exemple en le distillant sur CaO. Si le point azéotropique est dépassé, les distillations sont de nouveau opérationnelles.
Éthanol cellulosique
La fermentation alcoolique peut aussi être obtenue à partir de la cellulose[37],[38], mais jusqu'à récemment le coût de la cellulase, une enzyme capable de décomposer la cellulose, n'a pas permis à la filière de se développer industriellement. En 2004, la compagnie canadienne Iogen Corporation a construit la première usine basée sur la production d'éthanol à partir de cellulose[39]. Le développement de cette technologie pourrait permettre d'utiliser et de recycler de nombreux déchets végétaux provenant de l'agriculture contenant de la cellulose, comme la sciure de bois ou la paille. D'autres entreprises de biotechnologie développent actuellement des champignons capables de produire de larges quantités de cellulase et de xylanase afin de permettre de convertir d'autres résidus agricoles en cellulose, comme les déchets de maïs ou la bagasse de la canne à sucre[40].
Utilisation
Carburant
En Amérique du Sud et surtout au Brésil, certaines essences disponibles à la pompe peuvent comporter jusqu'à 25 % d'éthanol et portent le nom d’ethanol blend.
En France, le gouvernement a lancé officiellement fin 2006 l'E85, un mélange de 85 % d'éthanol et de 15 % d'essence comme biocarburant. Il est disponible dans plusieurs centaines de stations-service depuis la fin de l'année 2007. Un mélange E10 avec 10 % d'éthanol est disponible depuis avril 2009.
Boissons alcoolisées
Antiseptique
Chimie
L'éthanol est utilisé comme intermédiaire de synthèse dans l'industrie chimique et comme solvant.
Pharmacologie
Dans la pharmacopée européenne, "éthanol" désigne l’éthanol absolu, c'est-à-dire pur à 100 % (sans eau), en opposition à l'éthanol à 95 % ou 70 % que l'on trouve en pharmacie. À cela, s'ajoute la qualité "alcool Ph. Eur." (Pharmacopée européenne) qui désigne une qualité d'éthanol dont on a quantifié de nombreuses traces et impuretés. La norme Pr Eur autorise un certain pourcentage d'eau (4 %). Ses synonymes sont esprit de vin, alcool de grain.
Propriétés physiologiques
La prise de boissons alcoolisées entraine différents effets, l'alcoolisme étant la consommation excessive de boissons contenant de l'éthanol qui entraîne une dépendance, ce qui classe l'éthanol parmi les drogues. Celle-ci serait la plus nocive des drogues pour les sociétés[41].
Mécanismes neurologiques
La plupart des drogues agissent sur un certain type de récepteur. Le principal ingrédient de l'alcool : l'éthanol, influe sur presque tout le système. Il agit sur les récepteurs de la sérotonine, du glutamate, de l'acétylcholine, de la dopamine et surtout du GABA. Le GABA est un grand ralentisseur de l'activité des neurones (à l'opposé du glutamate qui est un accélérateur de l'information); ainsi, en se fixant sur les récepteurs du GABA, l'éthanol exagère le ralentissement du cerveau. Le monde scientifique qualifie l'alcool de "drogue sale" car son action dans le cerveau est archaïque et très neurotoxique dans le cas d'une consommation excessive et/ou régulière. Des études ont mis en évidence que l'alcool entrainait des modifications visibles à l’œil nu de la taille de la matière grise. Les scientifiques ne savent pas pour l'instant si ces données sont réversibles. [42]
Utilisation médicale
L'éthanol absolu est parfois injecté dans des tumeurs afin de provoquer leur nécrose. Il n'a toutefois pas une activité ciblée puisqu'il provoque indifféremment la nécrose des tissus sains et cancéreux.
L'éthanol est aussi utilisé comme antidote dans le cas d'intoxication au méthanol ou à l'éthylène glycol (antigel), afin de saturer l'ADH (Alcool déshydrogénase)
Notes et références
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- Marcus, 1998, p. 88.
- Masse molaire calculée d’après Atomic weights of the elements 2007 sur www.chem.qmul.ac.uk.
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- Drogues et cerveau: tabac et alcool, des poisons en vente libre. Diffusé sur Arte (mars 2009)
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ethanol » (voir la liste des auteurs)
Annexes
Articles connexes
Autres alcools :
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Divers :
Liens externes
- ONG spécialisée sur les impacts sociaux et environnementaux
- Liste des départements dont les points de vente proposent du Super Éthanol E85 (avec tarifs mis à jour), sur le site du Ministère de l'économie et des finances français
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